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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 13:00

LE SPD, FOSSOYEUR DE LA REVOLUTION

 

Au risque de me répéter, j’affirme qu’on ne peut pas expliquer l’attitude du KPD durant l’entre-deux-guerres seulement par les instructions venues de la « patrie du socialisme ». La répression sanglante de la révolution de 1919, organisée par les sociaux-démocrates, qui marquera durablement les esprits, est à l’origine la méfiance des communistes envers leurs « camarades » socialistes.

Même un historien bourgeois, dans un livre qui n’a pas pour objet cette période1, fait allusion au rôle peu glorieux de la social-démocratie allemande. « A la fin de 1918, le SPD apparaît aussi plus soucieux d’ordre que de bouleversement. » On trouve en 1919 « un collège de commissaires du peuple (…) dans lequel Noske, un autre social-démocrate, exerce les fonctions de commissaire de la Défense. Le spartakisme est vite vaincu. Ses deux principaux chef, Karl Liebknecht, fils d’un des fondateurs du SPD, et Rosa Luxemburg sont arrêtés et assassinés le 15 janvier 1919. La victoire a été remportée, les meurtres ont été perpétrés par des unités militaires d’élite dont les cadres n’étaient pas seulement antirévolutionnaires, mais profondément antidémocrates et antilibéraux. »

Au passage, Alfred Grosser estimait qu’en Allemagne de l’Ouest, depuis cette époque, les révolutionnaires étaient considérés comme des barbares tandis qu’en France « même dans les manuels d’histoire des écoles catholiques, le bilan de la révolution de 1789 [étaient] présenté en termes positifs ».

Evidemment, Gilbert Badia a nettement plus de sympathie pour les spartakistes et leurs alliés. Là où Grosser jette le voile pudique de l’hypocrisie bourgeoise, Badia se fait un devoir d’avancer des chiffres et de donner des précisions sur ces fameuses « unités d’élite » chargées par les sociaux-démocrates de liquider la révolution.2

« [Noske] refuse par ailleurs toute médiation si bien que, selon ses propres chiffres, 1 200 ouvriers berlinois seraient tombés au cours de ces journées [mars 1919] sous les balles des troupes de Lüttwitz ».

« [Dans la capitale de la Bavière], l’armée rouge se battit vaillamment du 1er au 3 mai [1919] à un contre deux. Plus de 100 ouvriers furent tués au combat. »  « Dans Munich, où l’état de siège avait été proclamé, les massacres organisés par les troupes gouvernementales occupant la ville, continuèrent jusqu’au 8 mai [1919] (plus de 500 morts]. »

Berlin, 1919. Chars d’assaut anglais employés contre les révolutionnaires.

Voici à présent quelques détails sur ces joyeux lurons qui composaient les « unités d’élite ». « Ne restent dans les casernes que des aventuriers, des officiers et des soldats qui ne tiennent pas à revenir à la vie civile (Hitler par exemple), quelques troupes souvent très jeunes (…) ». « Les officiers réactionnaires, encouragés par le gouvernement central, soutenus par leurs chefs hiérarchiques, vont alors constituer les premiers "corps francs" : troupes de mercenaires qui joueront un rôle capital dans l’écrasement de la révolution. »

« Les troupes des généraux von Lüttwitz et Maercker, encadrés souvent par des cadets et des junkers, se livrèrent alors à un véritable massacre. Les nids de résistance seront réduits les uns après les autres au canon et même au lance-flammes. Pas de prisonniers. » »[En mars], Noske laisse carte blanche aux forces de Lüttwitz qui, quelques mois plus tard, va tenter de renverser la République. »

Exécutions sommaires en mars 1919

Sources :

1.     L’Allemagne de notre temps, Alfred GROSSER, librairie Arthème Fayard, 1970, pp. 28-29.

2.     Histoire de l’Allemagne contemporaine, tome 1, dir. Gilbert BADIA, Messidor-Editions sociales, 1987, pp. 48, 63 et 66.

Source des illustrations :

 

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Published by Joseph - dans politique
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commentaires

thomas 14/04/2013 23:16

le fait d'avoir livre des communsite allemand en 40 qui ont finit dans les camps nazy! c'était idéologique

: Margarete Buber-Neumann

Thomas 10/04/2013 20:56

citation femme de Trotski (Natalia Sedova
) critique le rôle de position URSS prise pouvoir nazi :

"
n 1932 et 1933, pour justifier leur capitulation honteuse devant l’hitlérisme, les staliniens ont déclaré qu’il importait peu que les fascistes viennent au pouvoir, parce que le socialisme
viendrait après et à travers le règne du fascisme. Seules des brutes dépourvues d’humanité et d’un atome de pensée ou d’esprit révolutionnaire pouvaient s’exprimer ainsi. "

Joseph 12/04/2013 13:05



Allons, je vais être charitable…


Les trotskystes n’ont jamais eu beaucoup de clairvoyance, mais ils ont fait preuve d’un anticommunisme inébranlable sous couvert de « lutte
contre les Staliniens ». Leurs déclarations, quel que soit leur degré de sincérité, n’ont de crédit que si on veut bien leur en donner…


 


 



thomas 10/04/2013 20:36

question d'alliance avec extrême droit Staline bonne exemple. grâce a son alliance avec Hitler il a manger la moitié de la Pologne les pays baltes, une partie de la roumie, ainsi que la
Finlande.

pas oublier les russe ont envoyer des céréales, pétroles au nazi (permit contourner le blocus des alliées)

Joseph 12/04/2013 12:51



La politique des dirigeants soviétiques était à la fois nationale, « géopolitique » et idéologique. Nécessairement, cette vision
complexe du monde engendrait parfois des contradictions et n’était pas toujours facile à décrypter, et, aujourd’hui encore, elle suscite de nombreux débats et est à l’origine de quelques
controverses.


Symétriquement, on retrouvait ces différentes lectures du monde dans la réflexion et l’action des dirigeants étasuniens. La fin de la Guerre
froide n’a guère changé cette manière de gouverner.



thomas 30/03/2013 14:08

cette idée que moscou dirifeant du'n mai nde fer les parite communiste étiat confrimer par un militant communsite de l'époque :

En décembre 1931, le KPD refuse de participer au Front de fer républicain contre le Front de Hazburg (nationaliste

Boris Souvarine (Militant communiste jusqu'aux années 1930) écrivait en décembre 1931 : « La défaite du faux communisme est acquise avant tout combat. Un parti asservi n’a jamais fait de
révolution. Mais, en particulier, ce parti qui a renié l’enseignement de ses fondateurs, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, qui s’est fait l’instrument docile de la bureaucratie soviétique » (La
Critique sociale n°4, page 147

Joseph 12/04/2013 12:42



Le Front national et le Parti communiste français ont contesté et contestent l’Union européenne. Pour autant, doit-on les placer dans la
catégorie « Fascistes » voire « Totalitaires » en compagnie de Jean‑Pierre Chevènement et de Marie-France Garraud ?



thomas 30/03/2013 14:06

l'explciation des ces contradictions et les ambigüités est suivant il haissiait telelemnt la démocratie socialsite qui a écrase la révoltion 1918-1919, qui se sont mener a avori des actions communs
avec les nazis (pas bessoin de faire des alliance pour meenr un combat contre un enmmies commun)

Joseph 12/04/2013 12:58



Ce sont les dirigeants sociaux-démocrates qui ont utilisé des « proto‑fascistes » pour écraser la révolution (je parle à dessein
d’« utilisation » pour ne pas me servir de la notion d’« alliance » qu’il ne faut pas galvauder).



thomas 26/03/2013 19:27

ils ont auss (les communsite ) mener des actions communs avec les nazis contre la république :
le référendum contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en août 1931, la motion de censure contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en mars 1932, la motion provoquant la
dissolution du Parlement allemand de juillet 1932, la grève commune des transports de Berlin en novembre 1932.

des historiens soulignent également une attitude ambivalente à la base du parti. D'un côté, des combats de rue sans concession entre militants nazis et militants communistes. En 1931, on relève
ainsi la mort de 103 militants communistes et de 79 militants nazis [ Thierry Wolton, Rouge-Brun, le mal du siècle, JC Lattès, 1999, page 102] . De l'autre, une partie de la base prolétarienne
oscille entre le parti communiste et le parti nazi [Thierry Wolton écrit : « À cette époque, s’opère une sorte de symbiose entre les communistes et les nazis avec des allers-retours significatifs
entre les deux partis. » (Rouge-Brun, le mal du siècle, JC Lattès, 1999, page 99) Voir aussi l'historien américain Timothy S. Brown sur les SA et sur le cas Scheringer] . Le parti communiste tente
à plusieurs reprises de séduire la gauche nazie [Thierry Wolton écrit : « Durant l’hiver 1930-1931, une majorité des 5 000 membres d’une organisation nazie de gauche entre au KPD » (Wolton,
Rouge-Brun, page 99). Des partisans d'Otto Strasser ou du chef SA Stennes.] et en particulier les SA [ la « Lettre ouverte aux électeurs ouvriers du NSDAP » (Die Rote Fahne du 1er novembre 1932)
dans laquelle Walter Ulbricht (futur dirigeant de la RDA) écrit : « Les membres prolétariens du NSDAP sont entrés dans les rangs du front uni du prolétariat. » (Wolton, Rouge-Brun, page 101)] . Le
cas le plus célèbre est celui de Richard Scheringer, héros nazi, converti au communisme et futur dirigeant communiste ouest-allemand après 19458.

Joseph 27/03/2013 12:46



Il ne faut pas se méprendre, les orientations stratégiques su DKP étaient inspirées du marxisme-léninisme et il ne pouvait y avoir d’alliance
avec l’extrême-droite.


Toutefois, dans votre commentaire vous notez avec une certaine justesse les contradictions et les ambigüités –souvent inévitables– qui étaient
celles du Parti et même d’une grande partie de la classe ouvrière.


Mais n’oublions jamais que les acteurs de ce drame ne connaissaient pas la suite de l’histoire…


 



thomas 23/03/2013 00:19

mais je suis d'accord aussi pour dire que la sociale démocratie a une part de responsabilité elle aussi dans cet échec

Joseph 27/03/2013 12:38



C’est le moins que l’on puisse dire.



thomas 23/03/2013 00:16

vous ne comprenez pas que ce que disait le camarade Staline avait force lois pour les partie communiste . si staline avait donnez comme insturction de faire front populaire en 28 voir en 32 avec la
sociale-démocratie, la partie aurait obéie

les seul qui ont désobéient a Staline furent les yougoslaves (rupture 1948) et les chinois

Joseph 27/03/2013 12:37



Le fait que pendant plusieurs décennies les directives de l’Internationale communiste étaient importantes ne suffit pas à expliquer l’histoire
de chaque parti communiste.



thomas 18/03/2013 17:02

je n'est pas dit qui ont soutenu ouvertement les nazi mais pa leur action ils ont (involontairement) favorisier leurs victoires :

Au sixième congrès de l'Internationale communiste à Moscou en septembre 1928, Staline décide de donner priorité à la lutte contre la social-démocratie.


novembre 1931, la Rote Fahne, l’organe communiste, écrit : « le fascisme de Brüning n’est pas meilleur que celui de Hitler… C’est contre la social-démocratie que nous menons le combat principal. »
»

Jacques Droz, Le Socialisme démocratique 1864-1960, Armand Colin, 1968 p. 209.

En décembre 1931, le KPD refuse de participer au Front de fer républicain contre le Front de Hazburg (nationaliste

Boris Souvarine (Militant communiste jusqu'aux années 1930) écrivait en décembre 1931 : « La défaite du faux communisme est acquise avant tout combat. Un parti asservi n’a jamais fait de
révolution. Mais, en particulier, ce parti qui a renié l’enseignement de ses fondateurs, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, qui s’est fait l’instrument docile de la bureaucratie soviétique, qui a
[…] favorisé l’élection de Hindenburg […], qui récemment encore soutenait l’initiative de plébiscite des nationaux-socialistes […], incapable de réaliser avec l’ensemble de la classe ouvrière une
action commune contre le danger nazi, il ne saura que laisser son élite se sacrifier trop tard » (La Critique sociale n°4, page 147)


malgré le martyre que subira le parti sous le Troisième Reich, certains historiens ont jugé très sévèrement la stratégie du Parti communiste allemand face au nazisme . L'historien du socialisme
Jacques Droz écrit ainsi : « De cette évolution qui aboutissait à l’effondrement des deux grands partis de la gauche allemande, c’est incontestablement le Parti communiste qui porte la plus lourde
responsabilité. En dénonçant la social-démocratie, et non le nazisme, comme l’ennemi à abattre, il avait certes contribué à assouvir les haines personnelles de Staline, mais il avait fait preuve
d’une servilité et d’une cécité dont l’histoire doit lui demander compte1

Joseph 19/03/2013 12:45



Effectivement, certains aspects sectaires de la ligne du KPD ont entravé la lutte contre le national-socialisme. Et le sectarisme ne venait pas
forcément de Moscou. Il y avait des partisans d’une ligne « dure » en Allemagne même…


Cette sous-estimation du nazisme est partagée par la plupart des courants de pensée. On se rappellera notamment du témoignage du pasteur Martin Niemöller recueilli par Berthold Brecht (il existe plusieurs versions pour expliquer l’origine du texte) :


 


« Quand ils sont venus chercher
les communistes,


je n'ai rien dit.


je n'étais pas communiste


Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,


je n'ai rien dit.


je n'étais pas  syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs,


je n'ai rien dit.


je n'étais pas juif


Quand ils sont venus chercher les catholiques,


je n'ai rien dit.


je n'étais pas catholique


Et, puis ils sont venus me chercher.


Et il ne restait plus personne pour protester ».


 



thomas 17/03/2013 16:35

quand je lit cella j'ai l'impression de "revoir" l'écrament de la Commune par les troupe qui ont livre la france au prussiens !

mais en débit de ce carnage, de ce massacre. en ayant refuser de former avec eux un front populaire en 32-33, les communsitye se sont rendu couplice éclenchement de la plus grand catastrophe de
l'europe : prise de pouvori des nazis, repression, guerre mondial, shoah .

Joseph 18/03/2013 13:00



Je pense que l’article répond en grande partie à votre questionnement.


 


Pour aller vite, d'un point de vue économique, la montée du fascisme, et notamment du nazisme, est une conséquence de la crise de 1929. Par
ailleurs, le NSDAP et les autres formations « nationalistes »ont profité des largesses des konzerns (Krupp, Thyssen,
etc.).


Les partis de gauche, et surtout le KPD, sont des victimes et non des « complices »...  Et les victimes de ce régime innommable
se recrutent bien au-delà de ce cercle.


 


 



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