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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 09:36

                               

Karl Peglau est né en 1927. Après s’être orienté vers l’ajustage et le dessin technique, il reprend ses études après la Seconde Guerre mondiale pour suivre une formation de psychologie à l'Université Humboldt de Berlin. Il obtient son diplôme en 1954. De 1957 à la fin de la RDA, il travaille comme psychologue des transports au Service de la circulation de la RDA (Dienst des Verkehrswesens der DDR).

Karl Peglau.

Au début des années 1960, les feux de signalisation en RDA dataient pour la plupart d’entre eux des années 1930. Ils ne pouvaient pas faire face à l’accroissement du trafic qui rendait les rues plus dangereuses tant pour les conducteurs que pour les piétons.

Une commission de trafic de Berlin-Est demandé alors au psychologue de créer un nouveau feu de signalisation pour diminuer le nombre d'accidents de la route en ville.

En 1961, afin de mieux capter l'attention des enfants sur les feux de signalisation destinés aux piétons, il proposa, pour le feu rouge, un petit bonhomme qui écarte les bras comme pour barrer le passage et, pour le feu vert, un petit bonhomme qui se met en marche. Les enfants obéissent plus facilement aux ordres de ce personnage à la fois amical et accessible. Ces caractéristiques expliquent sa popularité en Allemagne de l'Est. Peglau a dit que les Ampelmannchen dégageaient « une aura de confort et la chaleur humaine ».

Un ampelmänn à Berlin.

Plus prosaïquement, la position de l’Ampelmann vert ressemble à une flèche, tandis que l'Ampelmann rouge, avec ses bras allongés fait penser à une barricade. Les Ampelmannchen sont plus faciles à voir par temps de brouillard, de pluie ou de neige.

Si le chapeau de l’Ampelmann pouvait avoir une connotation bourgeoise, il ressemblait aussi à celui porté par Erich Honecker !

Dans les années 1980, les Ampelmannchen « font des petits » et s’échappent de Berlin-Est et envahissent toute l'Allemagne de l'Est.

La ville d’Hückeswagen en Allemagne de l’Ouest.

Le petit bonhomme a connu un grand succès jusqu'à la disparition de la RDA. Il passa même à la télévision. Après la disparition de l’Etat socialiste, les autorités, après « épuré » le père des Ampelmannchen en lui « offrant » une retraite prématurée, avaient décidé d’exterminer ces affreux complices du défunt régime. Cependant, ils furent sauvés par l’action opiniâtre d’un comité de soutien et il faut l’avouer d’une initiative mercantile. En effet, le designer Markus Heckhausen récupéra in extrémis de nombreux verres destinés à la destruction pour en faire des lampes. Le succès fut rapide, les Ampelmannchen déclinés sous toutes les formes se mettent à proliférer dans Berlin.

L'Ampelmann, devenu une célébrité, le designer, qui avait tout compris du nouveau système, s’est empressé de demander l'octroi d'une licence…

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Published by Joseph
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commentaires

Colas BREUGNON 16/07/2011 01:40


Merci à Joseph, « charpentier - philosophe », pour avoir redécouvert, « deux ans après », l’article qu’un élu « extra, lucide » consacrait à des souvenirs de jeunesse.
[ http://www.jeanmariedarmian.fr/un-mur-en-cache-toujours-dautres/ - comments ]

C‘est un grand bonheur de lire ce texte plein de finesse et de perspicacité, qui reste d’un étonnante actualité, bien que daté du 25 octobre 7 novembre 2009 !

Quarante ans de RDA

Évidemment pour ceux de ma génération qui ont eu le privilège de connaître la RDA des années Ulbricht, les vacances partagées [1/2 récolte des "patates", 1/2 en centre de vacances] et les séjours
linguistiques, constituent d'excellents souvenirs.
Les amis que j'ai gardés là-bas, sont tous des individus riches de grandes qualités, et sur tous les plans :
sportif, technique, littéraire, musical ... mais surtout politique et émotionnel.
La plupart sont nés après guerre, enfants de « triangles rouges » rescapés des camps nazi, des prisons ou de la clandestinité — en Allemagne ou dans le reste de l'Europe — en particulier en France
!
En 1964, on entra dans les années « Brejnev », avec leurs lots d'ambiguïtés :
• d'une part, la lutte justifiée contre l'impérialisme américain et ses larbins,
• de l'autre, la « résistible » reconstitution de la maffia des apparatchiks alimentaires, mêlant opportunisme et autoritarisme.
En 1975, mes amis de Halle, Leipzig ou Berlin, ne pouvaient venir en France, que séparément, la femme sans le mari, ou les enfants sans les parents ...
Après 81, vinrent les années noires ; les communistes - les « vrais » - étaient de plus en plus étroitement surveillés, voire persécutés, par une STASI complètement « fonctionnarisée » et
instrumentalisée par un KGB lui-même déliquescent.
Le courrier ne passa plus ... les numéros de téléphone avaient changé, parfois même les adresses, rendant aléatoires les visites de notre part, théoriquement toujours possibles ..

La catastrophe annoncée

Puis ce fut la catastrophe [au sens que lui donne René Thom] du 9 novembre 1989.
Le 10 au matin, je reconnus la voix d’une amie de Köpenick, interviewée sur les ondes de France Inter : elle exprimait à la fois sa joie ... et son inquiétude pour l'avenir de son pays, la RDA.
Et elle avait raison : pour tous, ce fut d'abord la perte de leur emploi.
Sauf pour un certain nombre d'apparatchiks [Angela Merkel et les « chrétiens » en tête], qui se mirent, quasi immédiatement, au service de « l'ouest ».
Nos « persécutés de la STASI » devinrent des « victimes de la réunification ».

Ce qu’ils [nous] ont perdu

Je garde au coeur cette image de novembre 1989 : c'était place de l'Étoile.
Ce professeur de l'Université Humbolt était assis sur un banc public ; près de lui, ses adolescents profitaient des explications données par leur mère, très francophile, l'arc de triomphe, la
plaque commémorative de la manifestation des étudiants le 11 novembre 1940, toute cette foule de gens, toutes ces voitures ...
Ils étaient heureux, c'était leur premier voyage, en famille, en France.
Mais lui, le père,
... prenant soudain conscience de la présence d'un SDF allongé sur son carton, au-dessus de la bouche de ventilation du métro,
... comprenant brutalement ce qu'ils venaient (tous) de perdre,
se mit à pleurer ... sous le regard surpris de ses enfants.
Sa génération n'aura pas su transmettre, avec l'héritage de la lutte antinazie, l'utopie concrète de leur patrie, « unsere DDR » !

2009 : La nausée

Comme cet élu lucide et perspicace, j'ai moi aussi, senti monter la nausée devant le dégueulis de Berlinades sans fin que nous imposèrent en novembre 2009, les maîtres du monde sous le matraquage
de leur Propagandastaffel.

« Ô mia patria, bella e perduta »

Avec, derrière moi, deux générations de « hussards noirs de la République » - bourguignons et germanophiles - j'ai appris à lire sur le « Jean Christophe » de Romain Rolland, ce « Zimmerwaldien »,
Nobel de littérature en 1915, auquel j'ai emprunté mon « pseudo ».
Aujourd'hui retraité, je reste très attaché au Service Public de l'Électricité et du Gaz, auquel j'ai consacré l'essentiel de ma carrière.
Également très attaché à l'esprit du Conseil National de la Résistance, que mes parents, après deux longues années de clandestinité, ont tenu à me transmettre ... avec un amour de la patrie ...
tout à fait « germano compatible ».
En novembre 2009, comme 10 ans auparavant, je me suis senti « orphelin » de ma seconde patrie, « unsere DDR » .
Elle représentait l'Allemagne, la « vraie », celle de Rosa Luxemburg, de Brecht et de Zweig, celle de Schiller et de Beethoven.
Celle qui reconstruisait pierre après pierre le Zwinger de Dresde, incendié gratuitement par le phosphore britannique, celle de Bruno Apitz, « nu parmi les loups », à Buchenwald, celle de Christa
Wolf et de Volker Braun ... et de son Kast à « la vie sans contrainte ».
Rien à voir avec la RFA où le businessman vert-de-gris se recyclait facilement sous une cascade dollars, de ketchup, de rock et de coca cola.
Je crois que c’est le même constat qui a inspiré à Thibault Soulcié son dessin de circonstance dans Télérama.

Recyclage des déchets

On m'objectera que le « recyclage » n'est pas une pratique spécifiquement allemande … Vérifions !
Avec un épinglé de la francsique, puis la descendance d’un semi hobereau hongrois [sous la dictature Horty], émigré [à la Libération], l’Élysée n’est pas mal placé non plus !
Et c’est en ce début d’année 2011 que les héritiers des collaborateurs notoires Louis Renault et François Lehideux ont obtenu de la cour d'appel de Limoge, qu'elle censure le musée d'Oradour sur
Glane…. pour « défendre la mémoire de grand’papa ».
Au rythme où avance la réécriture de l’Histoire de France, ils seront indemnisés avant les prochaines présidentielles, pour le « dol » subit en 1945 à la création de la Régie Renault !

« Rupture », vous avez dit « rupture » ?

Selon Alain Badiou, la « rupture » se définit par « le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne
les coudées franches aux affairistes ».
Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé, en « révolution nationale », relève en soi du « pétainisme », au sens formel.

Mais puisque nous traitions de la RFA, permettez-moi une petite digression se rapportant justement à la Haute-Vienne.

Mention spéciale pour le SS-Brigadeführer Heinz Lammerding [rien à voir avec le ketchup du même prénom ...] commandant de la division SS « Das Reich » qui s'illustra, les 9 et 10 juin 1944 par la
pendaison de 99 civils à Tulle et le massacre des 642 habitants d'Oradour.
Cet ingénieur d'affaires se remit, dès 1946, à brasser du béton et des dollars à Dusseldorf.
En janvier 1971, il s'éteignit tranquillement dans son lit, à Bad Tölz, en Bavière, sous la protection conjointe de l'armée américaine et de la Démocratie Chrétienne.
Ses obsèques donnèrent lieu à une belle manifestation de nostalgiques de la Waffen SS.
Pour mémoire, la ville de Bad Tölz, siège d'une école d'officiers SS jusqu'en 1945, est aujourd'hui jumelée avec la ville française de Vichy [ça ne s'invente pas !]

Les cultures nationales sont appelées à s’effacer
devant la « logique » des marchés .

Nous avons d’abord assisté, pendant la première moitié du XX° siècle, l'éradication du domaine Yiddish de notre patrimoine culturel européen.
Cette perte sèche, les peuples d’Europe, la doivent à l'action conjointe
• des promoteurs de « la solution finale »
• et de ceux du « foyer national juif en Palestine ».
Trente ans ont suffi ensuite à l'empire anglo-américain, pour transformer la partie ouest de l'Allemagne, en vitrine de la société de la consommation.
La violence et l'acharnement que mis la RFA à faire disparaître, en dix ans, toute trace de l' « ehemalige DDR », constitue une troisième galop d'essai.
La méthode est maintenant rodée, qui permettra de réaliser rapidement l'Anschluss de chacune des cultures nationales de notre « vieux » continent.
En commençant par une des plus anciennes : La Grèce.
L'oligarchie financière, par la voix d' Ernest Antoine-Seillière[] président du nouveau « comité des forges », rebaptisé BusinessEurop, a indiqué le sens de l'histoire, en imposant, sous prétexte
d'économies budgétaires, l'usage d'une novlangue unique, le « Wall street english » ou « globish », au sein de la nébuleuse bureaucratique de la Gro߀uropa.

Le slogan attribué à Göring « Quand j'entends parler de culture, je brandis mon pistolet » est recyclé, en ce début de XXI° siècle, par « the masters of the world »

[] L’héritier de Wendel a commencé sa carrière dans le même bureau que Jospin au Ministère des Finances ; il a bien connu Jacques Delors « aux cabinets » de Chaban-Delmas et de Maurice
Schumann.

Donnez-moi le droit d'émettre et de contrôler l'argent d'une nation, et alors peu m'importe qui fait ses lois.
Mayer Anselm Rotschild - Banquier

Depuis près de quarante ans, l’oligarchie financière s’


Joseph 16/07/2011 13:45



Ce commentaire est très émouvant. Il me touche personnellement.


Je remercie son auteur.


 


Joseph


 



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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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