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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 13:00

Certains, pas toujours bien intentionnés, sont dubitatifs quand on leur présente la RDA comme une Allemagne pacifique. Pourtant, l’Etat socialiste s’inscrit dans un courant pacifiste existant chez nos voisins d’outre-Rhin. Malheureusement, son existence, sujette à des variations importantes, n’a jamais pesé bien lourd face à l’impérialisme. La déclaration de Liebknecht devant ses « collègues » du Reichstag et un haut fait de cette mouvance. Il est alors le seul à prendre cette position !

D’ailleurs, Cette déclaration fut rejetée par le groupe, et son inscription dans le sténogramme des débats, refusée. Le texte fut donc distribué clandestinement, sous forme de tract.1

 

Déclaration de Karl Liebknecht au Reichstag: « Je refuse les crédits militaires demandés »

Je motive ainsi qu'il suit mon vote sur le projet qui nous est soumis aujourd'hui.

Cette guerre, qu'aucun des peuples intéressés n'a voulue, n'a pas éclaté en vue du bien-être du peuple allemand ou de tout autre peuple. Il s'agit d'une guerre impérialiste, d'une guerre pour la domination capitaliste du marché mondial et pour la domination politique de contrées importantes où pourrait s'installer le capital industriel et bancaire. Au point de vue de la surenchère des armements, c'est une guerre préventive provoquée solidairement par le parti de guerre allemand et autrichien dans l'obscurité du demi-absolutisme et de la diplomatie secrète.

C'est aussi une entreprise de caractère bonapartiste tendant à démoraliser, à détruire le mouvement ouvrier grandissant. C'est ce qu'ont démontré, avec une clarté sans cesse accrue et malgré une cynique mise en scène destinée à égarer les esprits, les événements des derniers mois.

Le mot d'ordre allemand : " Contre le tsarisme " tout comme le mot d'ordre anglais et français : " Contre le militarisme ", a servi de moyen pour mettre en mouvement les instincts les plus nobles, les traditions et les espérances révolutionnaires du peuple au profit de la haine contre les peuples. Complice du tsarisme, l'Allemagne, jusqu'à présent pays modèle de la réaction politique, n'a aucune qualité pour jouer le rôle de libératrice des peuples.

La libération du peuple russe comme du peuple allemand doit être l'oeuvre de ces peuples eux-mêmes.

Cette guerre n'est pas une guerre défensive pour l'Allemagne. Son caractère historique et la succession des événements nous interdisent de nous fier à un gouvernement capitaliste quand il déclare que c'est pour la défense de la Patrie qu'il demande les crédits.

Une paix rapide et qui n'humilie personne, une paix sans conquêtes, voilà ce qu'il faut exiger. Tous les efforts dirigés dans ce sens doivent être bien accueillis. Seule, l'affirmation continue et simultanée de cette volonté, dans tous les pays belligérants, pourra arrêter le sanglant massacre avant l'épuisement complet de tous les peuples intéressés.

Seule, une paix basée sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur la liberté de tous les peuples peut être une paix durable. C'est dans ce sens que les prolétariats de tous les pays doivent fournir, même au cours de cette guerre, un effort socialiste pour la paix.

Je consens aux crédits en tant qu'ils sont demandés pour les travaux capables de pallier à la misère existante, bien que je les trouve notoirement insuffisants.

J'approuve également tout ce qui est fait en faveur du sort si rude de nos frères sur les champs de bataille, en faveur des blessés et des malades pour lesquels j'éprouve la plus ardente compassion. Dans ce domaine encore, rien de ce que l'on pourra demander ne sera de trop à mes yeux.

Mais ma protestation va a la guerre, à ceux qui en sont responsables, à ceux qui la dirigent ; elle va à la politique capitaliste qui lui donna naissance ; elle est dirigée contre les fins capitalistes qu'elle poursuit, contre les plans d'annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique et du Luxembourg, contre la dictature militaire, contre l'oubli complet des devoirs sociaux et politiques dont se rendent coupables, aujourd'hui encore, le gouvernement et les classes dominantes.

Et c'est pourquoi je repousse les crédits militaires demandés. »2

  http://einestages.spiegel.

Pour mes compatriotes sourcilleux, je précise que l’ami Karl et ses camarades ne confondaient pas le chauvinisme -et le militarisme- et le patriotisme ; il avait conscience de la nécessité pour les nations et leur prolétariat de se respecter :

« Bebel et Liebknecht, sans jamais se lasser ni se laisser abattre, menèrent cette campagne contre Bismarck. La guerre franco-prussienne donna à leur opposition un caractère qui intéresse spécialement les Français. Bebel et Liebknecht refusèrent de voter les crédits que Bismarck demandait au Reichstag pour commencer les hostilités. Quand, Napoléon noyé dans la boue de Sedan, la République fut proclamée, ils protestèrent contre la continuation de la guerre, entreprise contre le gouvernement impérial et non contre le nouveau gouvernement républicain. Les chefs du parti socialiste furent arrêtés et emprisonnés préventivement pendant des mois, sous l'inculpation de crime de haute trahison. Sortis de prison, ils protestèrent contre l'annexion de l'Alsace-Lorraine, que Marx dénonçait comme un crime et une faute politique, qui serait une cause de discorde entre la France et l'Allemagne, les deux nations qui devaient rester unies pour la paix de l'Europe et l'émancipation du Prolétariat. »3

 

 

1.      http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=224.

2.      Texte extrait des annexes de l'ouvrage Le mouvement ouvrier pendant la première guerre mondiale d'Alfred Rosmer (publié à l’adresse suivante : http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-declaration-de-karl-liebknecht-au-reichstag-je-refuse-les-credits-militaires-demandes-61119825.html).

3.      Passage extrait de l’avant-propos de Paul Lafargue pour l’édition française de La femme et le socialisme d’August  Bebel (publié à l’adresse suivante : http://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs1.htm).

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Published by Joseph - dans politique
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commentaires

thomas 01/11/2013 22:49

si dans ce discours il a refuser les crédit militaire. il a malgré tout voté par respect disciple partie.

le respect disciple partie est l'un des principe du partie communiste.

Joseph 05/11/2013 13:25



Dans la revue Communisme 80-81-82 publiée par l’Age d’Homme il est écrit :


« La majorité du SPD se prononça pour la « défense de la patrie » et donc pour une
trêve. En conséquence, la social-démocratie du Palatinat condamna publiquement le vote de Karl Liebknecht contre les crédits de guerre en 1914. Cette attitude resta la même quand, en mars 1915,
Otto Rühle joignit sa voix à celle de Liebknecht contre d’autres crédits de guerre et que trente députés du SPD quittèrent la salle avant le scrutin. »


Source :
http://books.google.fr/books?id=6gtOchP3hmsC&pg=PA208&lpg=PA208&dq=vote+cr%C3%A9dits+de+guerre+1914+karl+liebknecht&source=bl&ots=cvNhf0Ss_N&sig=y-1cF547zYVXM2pslkR5aoUke58&hl=fr&sa=X&ei=gOB4Usr5PIbR0QX53oHYDg&ved=0CGMQ6AEwBg#v=onepage&q=vote%20cr%C3%A9dits%20de%20guerre%201914%20karl%20liebknecht&f=false


 



thomas 19/04/2013 11:41

un point souvent ignoré . Marx admirait napoléon
Marx est admiratif de Napoléon Ier qu’il qualifie de génie au contraire de son neveu qu’il considère idiot, médiocre et grotesque. Pour Marx Napoléon Ier est révolutionnaire, ainsi il fixe les
dates de 1789-1814 pour parler de la Révolution française. L’Empire représente à ses yeux l’achèvement de la société féodale. Il admire la Révolution pour la nouveauté, le bouleversement qu’elle
apporte. Et c’est pourquoi il est très critique quant à la révolution de 1848 en ce sens qu’elle « ne fut que le retour du spectre de la vieille révolution ». Mais cette révolution suit un ordre
inverse c'est-à-dire qu’elle ne va pas toujours vers un plus, vers un approfondissement de la révolution mais plutôt vers la réaction.

Joseph 19/04/2013 12:38



Il y a du vrai dans ce commentaire. Voici un extrait du 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Karl
Marx.


 


« L'examen de ces conjurations des morts de l'histoire révèle immédiatement une différence
éclatante. Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint-Just, Napoléon, les héros, de même que les partis et la masse de la première Révolution française, accomplirent dans le costume romain et
en se servant d'une phraséologie romaine la tâche de leur époque, à savoir l'éclosion et l'instauration de la société bourgeoise moderne. Si les premiers brisèrent en morceaux les institutions féodales et coupèrent les têtes féodales, qui avaient poussé sur ces institutions,
Napoléon, lui, créa, à l'intérieur de la France, les conditions grâce auxquelles on pouvait désormais développer la libre concurrence, exploiter la
propriété parcellaire du sol et utiliser les forces productives industrielles libérées de la nation, tandis qu'à l'extérieur, il balaya partout les institutions féodales dans la mesure où cela
était nécessaire pour créer à la société bourgeoise en France l'entourage dont elle avait besoin sur le continent européen »


 


Source : http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm



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