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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 15:30

ChateauLeuchtenAnnees1960.jpgLe travail est un droit mais les vacances aussi. En 1979, la loi fixe une période minimale de congé de 21 jours ouvrables par an, et prévoit une période de congé variable en fonction de critères sociaux et des résultats économiques.

De nombreux centres de vacances sont gérés par les syndicats et les entreprises. La première destination est la mer. Malgré le climat, des millions de vacanciers envahissent les côtes. Certaines familles jettent leur dévolu sur les lacs fort nombreux, d’autre se rendent à la montagne, celle-ci étant plus propice à la randonnée qu’au ski. Ceux qui n’apprécient pas les charmes de la mer Baltique optent pour les côtes roumaines ou bulgares, ou choisissent des séjours culturels en RDA ou à l’étranger. Ce type de voyages n’est pas réservé à une élite, en 1983 on compte près de 500 000 séjours à l’étranger.

Au début des années 1980, plus de la moitié des vacanciers séjournant à la mer bénéficient de subventions qui prennent en charge deux tiers du prix réel. Ces aides peuvent paraître démesurées mais elles permettent à plus de 80% de la population de partir.

Des centaines de milliers d’enfants partent pour une somme symbolique dans les camps de vacances des entreprises. Les jeunes peuvent se loger dans les auberges de jeunesse à un prix « camarade ».

Les vacances ne se déroulent pas à un rythme trépidant, cela peut entraînerOberwiesenthalAnees1960.jpg des frustrations mais, le plus souvent, on apprécie cette atmosphère « provinciale »…

La grande majorité des citoyens de RDA font ce que font une grande partie des Français, ils bronzent et obtiennent parfois un bronzage intégral en pratiquant le FKK (naturisme).

L’échange de résidences secondaires n’est pas inconnu. Les vacanciers apprécient les moyens de transport originaux, du bateau au train à vapeur en passant par le téléphérique. Le sport et la culture ne sont pas oubliés : terrains de sport, bibliothèques, conférences, théâtre, etc.

Les voyages dans les pays capitalistes sont en général réservés aux personnes n’exerçant plus d’activité professionnelle (retraités et invalides). En 1987, 5 millions d’Allemands de l’Est (dont 3,8 millions de retraités) visitent StationBaltiqueAnnees1960.jpgl’Allemagne fédérale. Ce n’est pas la crainte d’une éventuelle « contamination idéologique » qui entraîne une restriction de ces voyages mais la peur légitime du débauchage. Cette pratique avait coûté, selon une estimation avancée en 1960 par l’économiste ouest-allemand, Baade, 20 milliards de deutschemarks à la RDA tout en enrichissant la RFA !

Enfin, on se demande pourquoi, durant les années 1970 et 1980, plusieurs centaines de milliers d’étrangers (environ 930 000 en 1983) venaient profiter de l’air et de l’eau pollués de la « prison à ciel ouvert »…

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 10:56

MémorialRecadré

Les lecteurs attentifs de mon bloc-notes reconnaîtront ce monument...

 

Pendant cette semaine les martyrs allemands tombés pour la cause du socialisme seront en haut de l’affiche.

 

Poursuivons le combat pour l’émancipation !

 

A bientôt.

 

Joseph

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 17:17

RameAutomotriceDieselIntervillesGarrLeipzig.jpgTout le monde est « bien » informé du fait que les Wartburg et les Trabant fabriquées en RDA, dotées d’une carrosserie en plastique et de moteur à deux temps, ne peuvent pas obtenir le label « vert ». On sait moins qu’un projet de moteur à quatre temps ne survivra pas au Tournant…

Les autorités est-allemandes, en fixant un prix élevé pour ces véhicules et le carburant (quel que soit le prix du pétrole), tentent –vainement- de freiner la montée du « tout auto » longtemps favorisé par nos dirigeants. En 1983, seulement 41,6 % des familles possèdent une voiture.

La RDA investit avec constance dans les transports en commun. On fera remarquer aux édiles français, aussi « écologistes » aujourd’hui qu’ils avaient été « industrialistes » naguère, que le tramway n’a jamais quitté les rues de RDA. Il est même le premier mode de transport urbain dans les années 1980, il transporte deux fois plus de voyageurs que les autobus ; le métro et les trolleybus sont moins employés. TramwayBerlinAnnees1960.jpg

Le réseau ferré de la RDA est un des plus denses d’Europe. Proportionnellement, la longueur exploitée est comparable à celle de la RFA. Un important réseau secondaire a été conservé. Les voies uniques ne sont pas exceptionnelles, le diesel est encore prépondérant, mais l’électrification du réseau est un objectif économique prioritaire de la décennie 80 (durant quelques années, le réseau est-allemand est plus électrifié que celui du Royaume-Uni ou de l’Espagne).

DieselRostock.jpgPar ailleurs, les déplacements liés au travail sont relativement limités car les autorités nationales et locales veillent à maintenir l’équilibre entre la population active et les postes de travail à chaque niveau territorial, dans les villes comme à la campagne. Les entreprises, en fonction de leur taille, proposent différents services sur le lieu de travail ou proches de celui-ci : places de crèche (environ 50 000 places *), cantines (63 % des actifs les fréquentent*), 4 214 bibliothèques**. En outre, les réseaux de transport des entreprises viennent utilement compléter le réseau de transports en commun ce qui a pour heureux effet de faire baisser le nombre de trajets en véhicule individuel coûteux, polluants et dangereux.

Dès les années 1980, les responsables est-allemands innovent : l’utilisation des poids lourds est progressivement réduite au profit des chemins de fer, et les marchandises lourdes et peu pressées passent du wagon à la péniche.DresdeAnnees1960.jpg

Il est de bon ton de relever la relative vétusté des trains et des autobus ou d’insister sur un trafic parfois à la limite de la saturation dans certaines grandes villes. Sur ce bloc-notes virtuel nous préférons mettre l’accent sur les mérites et les succès de la RDA. Par exemple, il serait de bon aloi de souligner l’efficacité des Allemands de l’Est dans le développement de certains types de transport.

Ainsi, en 1966, la RDA dispose déjà de 150 navires alors que sa flotte marchande comptait un seul navire en 1952 ! A sa fondation, la RDA ne dispose plus de véritables ports (ils sont situés en RFA et en Pologne). En 1960, le port de haute mer de Rostock est inauguré.****

On retrouve le même type d’effort dans le secteur du transport aérien ; les lignes de la compagnie Interflug passant de cinq en 1956 à une cinquantaine au début des années 1970.

 

Beaucoup d’éléments contenus dans cet article proviennent de La RDA au quotidien de Paul LAVEAU, Messidor-éditions sociales, 1985.

*Chiffre de 1981.

**Chiffre de 1983.

***La République démocratique allemande, 300 question, 300 réponses, éd. Zeit im Bild, 1968.

****cf. [Je cherche la source !] ouverture du port de Rostock.

Illustrations :
1 Rame automotrice dans la gare de Leipzig (source : La vie du rail).
2 Tramway à Berlin dans les années 1960.
3 Locomotive diesel à Rostock (source : Le chemin de fer allemand, éd. Atlas, 2006).
4 Différents moyens de transport à Dresde dans les années 1960.

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:17

PionniersSymboles.jpgEn RDA, la grande majorité des enfants sont membres de cette organisation. Les plus petits, âgés de 7 à 9 ans, sont accueillis chez les Jungpionieren (jeunes pionniers), les plus grands, âgés de 10 à 13 ans, rejoignent les Thälmann-Pionieren (pionniers Ernst Thälmann).

Ils n’ont pas la chance de « zoner » dans une ville du « monde libre ». Ils ne connaissent pas, ou peu, les joies de la (sous-)culture de masse ! Nos jeunes pionniers empruntent un autre chemin…

L’action multiforme de l’organisation est complémentaire de celle de l’Ecole.

L’organisation s’occupe de l’instruction civique [j’invite les âmes sensibles à passer directement au paragraphe suivant], c’est-à-dire qu’elle met en avant le patriotisme, le goût du travail et de l’ordre, le respect des parents, etc.

Elle encourage la découverte des arts et des sciences.

Elle incite ses membres à avoir des préoccupations sociales (ex. : aide aux anciens).

Enfin, le mouvement des pionniers n’oublie pas de s’occuper des loisirs des enfants (ex. : camps de vacances).

 

Aujourd’hui, en France, les enfants considèrent l’entreprise comme un lieu où les parents se font exploiter entre deux périodes de chôPionniersSalleReunion.jpgmage, ou, pire, comme un endroit où les autres sont chargés de travailler à leur place ! Pour les pionniers, c’est différent. Des rencontres sont organisées avec les travailleurs de l’usine qui parraine l’école en présence de retraités ou de militaires. Les enfants parlent avec ceux-ci de leur travail et de leur vie.

 

Le fait que l’adhésion soit quasi-obligatoire vient essentiellement du fait que l’organisation des pionniers est étroitement liée à la vie de l’école.

Le fait que l’encadrement soit systématique peut irriter. Quelques précisions s’imposent donc.

Dans l’immédiat après-guerre, le mouvement des pionniers est évidemment une œuvre de redressement moral après les horreurs de la période nazie. Cet engagement initial est déterminant et sera encore longtemps valable. Malheureusement, on constate que l’enseignement officiel actuel en France et en Allemagne (et un peu partout d’ailleurs) prend à contrepied de cette démarche en faisant la promotion du « refus du totalitarisme » au dépens de l’antifascisme…

PionniersJardinEcole.jpgL’organisation des pionniers est un des nombreux dispositifs visant à empêcher les inégalités sociales que l’on connait dans les pays capitalistes.

Le fait que le mouvement des pionniers encourage les loisirs instructifs, l’acquisition des connaissances en utilisant les différents centres d’intérêt des enfants favorise la structuration des individus. A terme, ce passage chez les pionniers peut aussi profiter à l’économie (plus de créativité dans le travail) et permettre, s’il n’y a pas d’ingérence étrangère, de réformer voire de bousculer le système socialiste pour le pérenniser !

PionniersRDA.jpg

On peut légitimement pourquoi vingt ans après la disparition de la RDA, des enfants arborent le foulard des pionniers, même si c'est le plus souvent dans des « DDR-museum » censés rappeler les affres de la « SED-diktatur » mais qui semblent parfois servir de supports à l'Ostalgie...

 


Source des photos :
http://www.ddr-geschichte.de/Bildung/Schule/Pionierorganisation/pionierorganisation.html
(je rappelle encore une fois que l'emploi de ces photos n'engage que le responsable de ce bloc-notes virtuel).
http://www.morgenpost.de/berlin/article1077799/Wie_Kinder_jetzt_den_DDR_Alltag_kennenlernen.html

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 17:17

KommunistPlattform-Logo.jpgLa Plate-forme communiste (Kommunist Plattform) est une association fondée début 1990 à l’intérieur du PDS devenu Die Linke après sa fusion avec le WASG en juin 2007.

Confrontés à leur passé les communistes de la KPF ne pratiquent pas la « repentance » mais assume l’héritage.

L’héritage pacifiste en s’opposant à toutes les guerres soutenues par l’Allemagne capitaliste à l’image d’un Karl Liebknecht  votant seul contre les crédits militaires en 1914.

L’héritage social qui se traduit notamment dans la volonté d’aboutir à l’abrogation de la loi Hartz-IV.

Ils sont également, avec d’autres, les héritiers, de l’antifascisme, du combat contre le racisme, de la démocratisation de la culture.

S’ils estiment nécessaire un débat franc –et parfois douloureux- sur la RDA, ils jugent que cet Etat trouvait sa légitimité dans la construction du socialisme. Ainsi, ils se sont opposés en 2001 à une déclaration du PDS condamnant la construction du mur de Berlin.

La KPF a aujourd’hui environ 1 100 membres (ils étaient 850 en 2007) mais son influence sur la base du Parti est loin d’être négligeable. Elle édite un mensuel tiré à 1 500 exemplaires Mitteilungen der Kommunistichen Plattform. Ses activités l’amènent parfois à entrer en contact avec le DKP. SarahWagenknechtSchule.jpg

Sa représentante la plus connue est Sarah Wagenknecht. Cette adhérente de la KPF, née en 1969 à Iéna (RDA), fait une brillante carrière politique : depuis 1991, on la retrouve régulièrement dans les instances nationales du PDS pus de Die Linke, elle est députée au Parlement européen entre 2004 et 2009, enfin elle a été élue au Bundestag en 2009.

Espérons que les Allemands qui veulent, comme nos amis de la Plate-forme, faire fructifier l’héritage soit de plus en plus nombreux.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 17:17

3/ Des grèves pour la paix à la fondation du KPD (janvier1918-janvier 1919)

Du 28 janvier au 3 février 1918, des centaines de milliers d’ouvriers cessent le travail, passant outre les directives des syndicats, pour exiger une paix sans annexion. Le mouvement est brisé par l’armée qui pose un ultimatum aux grévistes, procède à des arrestations et menace de faire usage des armes. Les dirigeants sociaux-démocrates, compromis avec la bourgeoisie, laissent faire.

Fin octobre 1918, une révolte lancée par les marins de Kiel se répand dans de nombreuses villes, Lubeck, Hambourg, Brême, Munich, etc. entraînant la formation de conseils de soldats et d’ouvriers. Les sociaux-démocrates majoritaires, s’ils semblent alors « courir après la révolution » placent néanmoins leurs hommes dans ces nouvelles structures, ce qui leur permettra de retourner le mouvement le moment opportun…

Le 9 novembre, le prince Max de Bade annonce l’abdication de l’empereur. Alors que d’immenses cortèges gagnent le centre de Berlin, le social-démocrate Scheidemann du Reichstag proclame la République d’une fenêtre du Reichstag tandis que Liebknecht devant la foule massée devant le château royal s’écrie : « Vive la République socialiste libre ! ». Le 10, les sociaux démocrates prennent le pouvoir, un conseil de six commissaires du peuple avec à sa tête Ebert ; celui-ci prend la direction du gouvernement révolutionnaire tout en alliant secrètement avec l’armée dans le but de préserver l’ordre bourgeois !

Les dirigeants de l’armée imputent la défaite militaire à cette situation révolutionnaire pour nier leurs responsabilités et celles de leurs commanditaires. Cette fable sur « l’armée trahie par l’arrière » explique en grande partie la dérive de la République de Weimar.

Sous la pression populaire, les patrons et les dirigeants syndicaux, de sensibilité sociale-démocrate, signent un accord le 18 novembre 1918. Ce texte codifie certaines conquêtes déjà acquises : journée de 8 heures, reconnaissance des syndicats comme partenaires légaux, etc. Mais l’essentiel est préservé, les usines restent propriété des industriels, de plus les conseils ouvriers sont ignorés. Dames donnant à boire au soldats (1918-1919)

Mais, mis à part Berlin et quelques grandes villes où les conseils ouvriers détiennent effectivement le pouvoir, la plus grande partie de l’Allemagne reste sous le contrôle des anciennes autorités. Presque aucun haut fonctionnaire ne sera licencié, aucun juge, aucun commissaire ne sera limogé.

A partir de décembre 1918, les journaux et les partis de droite redressent la tête et font campagne pour l’assemblée nationale contre les conseils ouvriers. Le 12 décembre, les premiers « corps francs » (troupes de mercenaires) sont constitués. Le Congrès des conseils ouvriers, réuni du 16 au 21 décembre, est contrôlé par les Majoritaires qui lui font reconnaître le pouvoir du Conseil du peuple et accepter l’idée d’une assemblée nationale constituante.

Le 29 décembre 1918, les trois commissaires USPD démissionnent pour ne pas cautionner l’assaut qui fit cinquante morts parmi les marins venus réclamer le paiement de leur solde. Ils sont immédiatement remplacés par 3 SPD dont un se récusera.

Du 29 décembre 1918 au 1er janvier 1919 se déroule le Congrès de fondation du Parti communiste allemand (DKP). S’il est heureux que les Spartakistes se soient enfin détachés de l’USPD pour bâtir un véritable parti révolutionnaire, cette création arrive bien tard et la décision de ne pas participer aux élections à l’Assemblée nationale, contre l’avis de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, ou le fait de sous-estimer l’importance de l’appareil d’Etat se paieront très cher.

 

 

4/ Après l’élection de la Commission révolutionnaire (à partir du 5 janvier 1919)

Le 5 janvier 1919, une commission révolutionnaire est élue. Elle est dirigée par Ledebour (USPD) et Liebknecht (KPD) et doit remplacer le Conseil des commissaires.

Entre le 6 janvier et la mi-janvier, des manifestations, des grèves et des combats, perdus par les insurgés, ont lieu dans plusieurs grandes villes.

Le 14 janvier, les révoltés sont vaincus à Berlin. Le 15, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés par les corps francs.

Le 16 janvier, Die Rote Fahne est interdit. Le 19, les élections à l’Assemblée nationale constituante, auxquelles le KPD ne participe pas, sont remportées par le SPD qui y détient la majorité relative.

Le mouvement révolutionnaire est écrasé dans le sang. Les intérêts de la bourgeoisie militariste et impérialistes sont préservés et le social-démocrate Ebert, ayant bien mérité du capital, est élu président de la République par l’Assemblée.

Le martyre continue en mars. Comme en janvier, les révolutionnaires, désunis, privés de chefs, longtemps sans parti sont battus séparément dans les diverses villes et les militants les plus courageux sont massacrés. On compte 55 morts dans Halle entre le 1er et le 3 mars, 1 200 révolutionnaires sont fusillés à Berlin du 12 au 15 mars.

La République des conseils de Bavière ne durera qu’un mois, avril. Ses dirigeants seront fusillés.

Le triomphe de la réaction semble alors total lorsque la Constitution de Weimar est adoptée le 11 août 1919. Mais, dans son article posthume paru dans Die Rote Fahne Karl Liebknecht « Serons-nous encore en MonumentMartyrsRevolution1919.jpgvie quand notre but sera atteint ? Notre programme lui, vivra : il dominera le monde où vivra une humanité libérée. Malgré tout ! »

Les communistes allemands, en dépit d’une histoire tragique, ont conservé cette certitude et l’ont même fait vivre à l’échelle d’un pays, la RDA, qui fut le poste avancé du camp socialiste. 

Aujourd’hui, le combat pour l’émancipation continue. Ces expériences dramatiques, ces exploits, ces réussites nous sont indispensables pour construire une société socialiste…

 

Illustrations :
Femmes servant à boire aux soldats d'une patrouille révolutionnaire (Histoire de l'Allemagne contemporaine, Editions sociales) ;
Monuments aux martyrs de la Révolution (Bundesarchiv).

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 12:54

1/ L’Allemagne au début du vingtième siècle

En Allemagne, au début du XXe siècle, on assiste à la montée en puissance de la grande bourgeoisie et au lent déclin de la noblesse terrienne.

Si l’Allemagne est un pays moderne dans le domaine scientifique et technique, elle est arriérée dans le domaine social et politique. La société est divisée en classes qui se mélangent difficilement. Le modèle hérité des rois prussiens perdurent et l’empereur est au sommet d’une société où règnent la discipline, voire le dressage, et la toute-puissante armée.

Entre 1870 et 1914, en dépit du fait que les profits augmentent plus vite que les salaires, le sort des ouvriers s’est, en général, amélioré. En revanche, le prolétariat agricole connait la misère.

La guerre va bouleverser cet équilibre. Dès 1915, des révoltes éclatent à cause du mauvais ravitaillement. Durant le conflit, les prix augmentent plus vite que les salaires. CantinesMunicipalesBerlin1918.jpgLa production agricole baisse (par exemple, on récolte 89 quintaux de pommes de terre à l’hectare en 1916-1917 au lieu de 131 avant la guerre). Le prolétariat urbain n’a que ses rations pour vivre alors que certains peuvent s’approvisionner au marché noir. Cette dégradation des conditions de vie de cette catégorie sociale explique aussi le fait que certains de ses éléments se laisseront séduire par les avantages matériels procurés par l’enrôlement dans les corps francs destinés à écraser la révolution.

Pendant que de nombreux travailleurs des villes et des campagnes tombent sur les champs de bataille, les gros industriels comme Krupp, Thyssen ou Stinnes font d’énormes bénéfices.

La révolution bolchévique sera une lueur d’espoir dans la nuit de la guerre. Ainsi, en janvier 1918, les révolutionnaires de Brême écrivent dans leur journal que tout le pouvoir doit aller aux conseils ouvriers après le renversement du pouvoir capitaliste !

 

2/ Partis politiques représentant les masses populaires

A cette époque, trois formations politiques représentant les masses populaires.

Le Parti social-démocrate, majoritaire, bien organisé, ayant une grande influence dans les milieux syndicaux est également solidement implanté chez les fonctionnaires et influence une partie des classes moyennes. Les thèses Bernstein.jpgdes droitiers comme Bernstein triomphent après 1905, et arrime définitivement ce mouvement à la bourgeoisie. L’appareil dirigeant en vient à soutenir l’expansion du capitalisme allemand. Ce glissement explique sa politique d’union sacrée.

Les Indépendants de l’USPD, exclus du Parti social-démocrate en janvier 1917, sont plus proches des préoccupations ouvrières dans les grands centres. Mais ils ont une attitude hésitante car ils ne souhaitent pas couper les ponts avec la social-démocratie.

Enfin, les Spartakistes –tirant leur appellation des Lettres de Spartacus publiées depuis 1916 par l’extrême-gauche de la social-démocratie-, bien que membres de l’USPD jusqu’à la fin de l’année 1918, ont des positions plus tranchées, ils militent pour l’instauration d’un régime socialiste. Ils sont relativement peu nombreux mais peuvent réussir à entraîner une grande partie des masses prolétariennes. En revanche, un grand nombre de paysans les ignorent ou leur sont hostiles, en sens inverse, la gauche radicale méconnait leur situation et ne parvient pas à les sensibiliser.

DieRoteFahneFevrier1919NousAccusons.jpg

Illustrations :
1/ Cantines municipales de Berlin pour les habitants affamés en 1918 (source : http://www.deuframat.de/deuframat/images/3/3_2/schneider/HUNGER27.jpg) ;
2/ Eduard Bernstein, un des pères du glissement à droite du SPD (source : http://nuke.europariformista.eu/) ;
3/ Numéro de Die Rote Fahne dénonçant l'assassinat de Liebknecht et Luxemburg (source : http://www.udo-leuschner.de/zeitungsgeschichte/kpd/rotefahne.htm).

(à suivre) 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 12:34

PierreKaldor.jpg
Pierre Kaldor vient de s’éteindre à l’âge de 97 ans.

Son parcours politique et professionnel a rencontré plusieurs reprises celui de l’Allemagne.

En 1935 déjà il assistait Marcel Willard dans la défense de Georges Dimitrov face aux juges nazis.

Parce qu’il est communiste, il est arrêté et emprisonné en 1939. Il s’évade pour participer à la lutte contre l’occupant allemand et ses soutiens français.

Enfin, l’avocat Pierre Kaldor participe au combat victorieux contre les interdits professionnels frappant les citoyens de l’Allemagne fédérale suspectés d’être liés au mouvement communiste.

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 13:46

Livres de Romain RollandQu’est-ce qui peut pousser un nombre non négligeable de citoyens d’un pays socialiste comme la RDA à célébrer le 100e anniversaire de la naissance d’un écrivain français, non marxiste, mort il y a plus de vingt ans ?

Il est difficile de répondre à cette question. Manfred Naumann, professeur à l’Université Humboldt, président du Comité Romain Rolland en RDA nous donne une idée de cette difficulté quand il avoue au détour d’un discours « qu’on ne peut étreindre le "fleuve Romain Rolland".

Néanmoins, nous allons tenter de dégager quelques lignes de force.

 

Un écrivain socialiste

C’est au nom de l’humanisme, au nom de sa foi en la force créatrice de l’Homme, que l’écrivain se range au côté du socialisme. Et il choisit résolument son camp. Ainsi, en juin 1917, il interpelle les socialistes français : «  La démocratie française – qui ne l’est que de nom- retarde sur l’horloge du monde. Qu’elle aille à Petrograd, comme Cachin, pour remettre sa montre à l’heure !... Que l’Europe travaille à des organisations nouvelles, comme ces "Soviets" de Russie, noyau d’une internationale des peuples… »

Un auteur pacifiste, internationaliste et antifasciste

En décembre 1914, il note dans son Journal : « le courageux Liebknecht, seul, refuse de voter les crédits pour la guerre. Son parti le désavoue. Toute l’Allemagne l’insulte et le bafoue. On lui jette à la face, comme une injure, le nom de solitaire et d’étranger. Que ce soit pour lui, plus tard, un surnom glorieux ! »

Je ne peux m’empêcher de citer une formule célèbre de l’écrivain : « Les peuples, qui se sacrifient, meurent pour des idées. Mais ceux qui les sacrifient vivent pour des intérêts… »

En mai 1917, il écrit « Pour moi, j’estime que l’impérialisme est une peste qui ronge tous les peuples du monde. »

N’oublions pas que Romain Rolland combat résolument le fascisme. En 1937,Livre il écrit la préface de l’édition française de Das deutsche Volk klagt an (Le peuple allemand accuse) écrit par des antifascistes allemands qui dresse le bilan des premières années du fascisme en Allemagne.

L’écrivain participe au Congrès de la paix en 1932 et 1933, il intervient en faveur de Dimitrov, de Thälmann, il soutient également d’autres communistes et des démocrates persécutés par les fascistes. N’omettons pas son action en faveur de la République espagnole.

Un ami de l’Allemagne

« Jean-Christophe » est un jeune allemand qui se rend en France pour échapper à l’Allemagne militariste de Guillaume.

Romain Rolland apprécie la musique et la littérature classiques allemandes. Pour lui, cette « Vieille Allemagne » ne correspond pas à l’Allemagne de Bismarck.

En février 1919, l’écrivain note dans son Journal : « Il y a, il peut y avoir, partout des attentats. Mais la caractéristique de ceux d’Allemagne, c’est qu’ils sont le fait d’une caste militaire. Jusqu’à ce qu’elle soit brisée, il n’est pas de démocratie, il n’est pas de République possible. Les actes d’hier… en imposant la conviction aux esprits les impartiaux… Cette conviction ne pouvait être ébranlée que par une nouvelle Révolution allemande. »

Au cours de son discours prononcé lors de la cérémonie en l’honneur du 100e anniversaire de la naissance de l’écrivain, le professeur Naumann peut lui répondre : « Cette "nouvelle Révolution allemande" a été accomplie dans une partie de l’Allemagne, dans notre Etat. Dès nos débuts, Romain Rolland a été pour nous un compagnon de route. Il est vivant en nous, il vit à nos côtés. Il a aidé beaucoup d’entre nous à trouver la voie de ce nouveau monde dont, jadis, il apercevait bien au loin les rivages.

Pour cela et pour son œuvre tout entière disons à ce grand Français toute notre gratitude. »

 

A lire ces paroles prononcées par un distingué professeur on peut croire que la lecture de Romain Rolland n’est réservé qu’à une élite. Erreur. N’oublions pas que nous sommes en RDA et que, par conséquent, la culture est démocratique.

L’œuvre du grand écrivain est largement connue en RDA. Les titres-phares comme Jean-Christophe ou Colas Breugnon sont publiés, des textes moins connus comme le Journal des années de guerre 1914 à 1919 ou Mémoires et souvenirs le sont également.

Mais le phénomène « Romain Rolland » ne se limite pas au monde de l’édition. L’attrait de l’auteur d’Au dessus de la mêlée peut aussi s’exercer sur l’Allemand de l’Est « moyen ». Ainsi, une serveuse de restaurant confie lors d’une discussion dans un club de Berlin qu’elle a échangé l’Annonciatrice, qui était épuisé, contre une bonne bouteille de cognac !

Cette anecdote savoureuse est un raccourci saisissant des forces, des faiblesses et des particularités de la société est-allemande.

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 17:52

C’est une solution pour favoriser le développement de certains pays à condition que ladite immigration puisse être librement choisie… par l’immigré !

Son mode d’emploi nous est fourni par un ministre de la République algérienne quand celle-ci se piquait de socialisme. Je le cite « Nous avons conclu avec la RDA, des accords qui sont pour nous une aide importante, par exemple sur la qualification de jeunes Algériens dans les entreprises de la RDA. C’est un apport à la solution du problème de la formation du personnel spécialisé pour le développement de notre économie et de notre société, l’un des plus urgents de l’Algérie. » 

Quand je constate l’écart persistant du développement entre les deux rives de la Méditerranée, je me dis que notre pays s’honorerait à recourir à ce type d’immigration choisie.

Etudiants algériens à Leipzig en juin 1960 (donc avant
la date des déclarations du ministre).

AlgerischeStudentenLeipzig1960.jpg




        












Etudiants étrangers à l'Université de Rostock en 1969.
                       studentenRostock1969.jpg                                                                                 

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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