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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 15:30

En 1969, La France, abrégé historique est édité par le VEB Deutscher Verlag der Wissenschaften (Berlin).

Mais ce ne sont pas Walter Ulbricht ni les dirigeants du SED qui rédigent ce pavé mais deux historiens. Ils sont contactés en 1967 par les éditions scientifiques allemandes. Le premier, Heinz Köller, se charge de l’histoire contemporaine, le second, Berhard Töpfer est un spécialiste du moyen-âge.

Heiz Köller précise : « Les deux parties [de l’ouvrage] furent un produit de nos idées, il n’y eut absolument pas de propositions restrictives. Partant de positions fondamentalement matérialistes, nous avons tous les deux pris parti ouvertement pour l’exploitation d’études scientifiques solides, celles d’historiens français de toutes tendances. » On retrouve en effet dans sa liste Tocqueville, Michelet, Lavisse ou Soboul…

Berhard Töpfer nous indique qu’il a soutenu une thèse en 1954 sur « la trêve de Dieu en France aux Xe et XIe siècles » et il souligne le fait que c’est bien lui qui a choisi ce sujet.

On s’aperçoit que le régime est parfois laxiste… Ainsi, en 1950, à l’université Humboldt, le professeur Fritz Röring, spécialiste de la Hanse, était un historien « aux idées très nationales » qui « faisait peu de cas de la conception marxiste de l’histoire » !

Toutefois, Berhardt Töpfer rappelle que cette conception devait être respectée dans une publication comme L’abrégé d’histoire. Mais notre brave historien n’a pas eu trop de mal pour se plier à cette contrainte car il affirme : « En réalité, je dois ajouter qu’en mon for intérieur, j’ai vraiment accepté certaines catégories de la conception marxiste de l’histoire. » Il ajoute qu’aujourd’hui (en 1995), à ses yeux, le marxisme, débarrassé de ses déformations dogmatiques, est toujours un bon outil d’analyse.

Le médiéviste, véritable Adolf Henneche de la plume, contraint l’éditeur, qui ne voulait faire qu’un seul volume, à faire paraître l’ouvrage en deux volumes.

Heinz Köller fait état de ses divergences avec des spécialistes d’un institut proche du SED après la première édition qui n’avait pourtant pas rencontré d’objections au niveau du contenu. Ces désaccords aboutirent à un « compromis inévitable ». Pour la quatrième édition il fut obligé d’utiliser une « langue réservée et pâle » sans pour autant faire des concessions fondamentales.

Cet ouvrage écrit relativement librement, très épais, rédigé par des universitaires jouant à cache-cache avec la censure, pris en compte dans les recensions occidentales, ne peut être réservé qu’à un petit cercle de spécialistes…

Eh non !

L’abrégé connaît quatre éditions, il fut édité sous licence et largement diffusé dans les bibliothèques. Au total, il fut tiré à 75 000 exemplaires…

 

 

 

Source : les citations des historiens et les faits que j’ai utilisés sont extraites de commentaires datés de 1995 et publiés dans Images de la France en République démocratique allemande, une histoire oubliée paru en 2004.

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 13:14

Le 30 juin 1946, plus de 77 % des électeurs de ce Länd se prononcent pour l’expropriation sans indemnisation des meneurs nazis et des criminels de guerre. Ce résultat prend toute son importance quand on sait que la Saxe concentre 40 % du potentiel industriel de la zone soviétique.

 

Cette demande fait l’objet d’un large consensus : le Bloc démocratique, la FGDB et certains représentants des Eglises le soutiennent.

Ce référendum entraîne l’adoption de lois en Saxe et dans les autres provinces de la zone d’occupation soviétique.

Entre 1946 et 1948, plus de 9 000 entreprises, représentant 40 % de la production industrielle sont nationalisées et deviennent propriété des Länder avant d’être converties en Volkseigen, propriétés du peuple, c’est-à-dire celles de l’Etat. Environ 30 000 petites et moyennes entreprises seront laissées à leur propriétaire.

 

On remarquera que les « démocrates » états-uniens qui occupent la Hesse ignorent le vote de 72 des électeurs de ce Länd qui demandent la nationalisation des grandes industries. Des lois allant dans le même sens, adoptées par les parlements provinciaux des zones occidentales, ne sont pas appliquées du fait de l’opposition des occupants qui favorisent déjà la renaissance de l’impérialisme allemand.

En outre, ce refus d’entendre la volonté populaire va contre l’esprit des accords de Postdam signés par tous les Alliés. Le chancelier Adenauer explique crûment cette attitude dans ses mémoires : « Si ces décisions [les accords de Postdam] avaient été réellement appliquées, les trois zones occidentales, c’est-à-dire toute l’Allemagne, seraient devenues communistes également. » 1

 

 

1 Erimerungen 1945-1953, Konrad Adenauer, 1965.

source de l'image pour l'affiche : site de l'Haus der geschichte.

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 16:12

Cette description des groupes de combat de la classe ouvrière (Kampfgruppen ou KG) provient pour l'essentiel d’Un pays méconnu : la République démocratique allemande de Gilbert BADIA et Pierre LEFRANC paru en 1966.

«  (…) peu de temps après la journée du 17 juin 1953 on a créé en RDA des formations ouvrières armées, les Betriebskampfgruppen ou groupes de combat d’entreprise, qu’on voit défiler, le 1er mai par exemple, armés de leurs mitraillettes.

Leur mission ? Protéger les usines devenues aujourd’hui « bien du peuple » contre toute tentative de sabotage, défendre plus généralement les conquêtes socialistes de la RDA, on a vu ces « groupes de combat » en août 1961, au moment de la construction du mur de Berlin, protéger les ouvriers qui l’érigeaient. Il s’agit bien d’ouvriers armés et non d’une force supplémentaire, c’est-à-dire qu’ils continuent de se livrer à leur activité professionnelle et, en outre, assurent la défense de leur entreprise, la formation militaire est donnée par des instructeurs de l’armée ou de la police populaire.

L’octroi d’armes à ces hommes est la preuve de la confiance que le régime à en eux. Depuis 1958, ils sont groupés en centuries, bataillons et dépendent d’un commandement central, subordonné au ministère de l’Intérieur.

Les membres de ces groupes de combat sont des volontaires qui prêtent le serment suivant : « Combattant de la classe ouvrière, je suis prêt à exécuter les ordres du SED, à protéger en toute circonstance, au besoin par les armes, la République démocratique allemande et ses conquêtes socialistes et à donner ma vie dans ce combat, j’en fais le serment. »(…) »

Quelques informations supplémentaires.
 Généralement, Les armes et les munitions sont dans les locaux sur le site d'usine ou dans les locaux de police

En 1985, on comptait 400 000 volontaires. Les KG ont entre 25 et 60 ans. Ils s’entraînent hors des heures de travail aux exercices militaires.

La création de ses milices armées se fait à l’initiative du comité central du SED qui tire les enseignements des évènements de 1953.

SymboleKampfgruppen.jpgD’après Paul LAVEAU le terme de « centurie » renvoie à l’époque de la République de Weimar.

A la veille de la disparition de la RDA, les Kampfgruppen comptaient environ 200 000 hommes. Ces unités ont été définitivement dissoutes durant l'été 1990.

Source des photos : NVA forum (je rappelle que l'emploi de ces photos n'engage que le responsable de ce bloc-notes virtuel).

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 12:42

« Ya bon RDA ! »

Les graves dysfonctionnements du système économique est-allemand ne sont plus à démontrer. Le fait que ce pays vive, ou plutôt vivote, aux crochets des autres Etats est patent. En outre, ma réactivation des traditions prussiennes, dans l’armée notamment, fleure bon l’idéologie rouge-brune !


On est d’autant plus étonné de l’accord de jumelage conclu en 1966 entre Magdebourg et une improbable ville malienne, Kayes !1


Les Teutons orientaux, après quelques balades dans cette contrée subsaharienne, s’emparent de nos pauvres bougres d’Africains et leur font visiter leur terre désolée de Rostock à Leipzig.


Ils contraignent certains d’entre eux à se former trois années durant pour qu’une fois arrivés au Mali ces malheureux citoyens de Kayes soient en mesure de faire fonctionner une usine de retraitement des eaux. Ce cadeau made in GDR ,d’une de valeur de 150 millions de francs maliens, mis en service en août 1974 fait disparaître, dans ce coin du Mali, des traditions locales pourtant bien ancrées comme les infections dues à la consommation d’eau non traitée…


Les Nègres, tout le monde le sait, sont de grands enfants, peu rancuniers de surcroît. Malgré tout ce que le colonisateur est-allemand leur fait endurer, ils lui offrent des cadeaux, comme le crocodile Théophile offert par le maire2, et donnent le nom de Magdebourg à une rue…

 

Ci-contre, la rue Magdebourg.
 

1 Source principale : Impressions, naissance et devenir de la RDA, 1979, éditions Zeit im Bild, Dresde, RDA

2 A propos du crocodile :http://www.stadtwerke-schoenebeck.de/daten/pdf/01-2003/0103_03.pdf

 

 


Théophile a apprécié l'hospitalité de ses hôtes...

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 17:18

De nos jours, et il faut l’avouer depuis trop longtemps, pour les adeptes de la pensée libérale, qu’elle soit sociale ou non, il est de bon ton de renvoyer la RDA et les autres pays socialistes chez les « totalitaires ». Ainsi, Hitler et le Duce sont donc priés d’accueillir à bras ouverts leurs frères, Gramsci et Honecker, en enfer !

Cette « analyse » du « phénomène totalitaire » que l’on nous sert à toutes les sauces médiatiques est aussi ridicule qu’ignominieuse. Elle est mille fois démentie par l’histoire. Pour cet article on se contentera de deux fois !

Des personnalités peu suspectes de collectivisme, Churchill et de Gaulle, ont reconnu que le rôle fondamental de l’Union soviétique, de son peuple, de son armée, qui ont fait pencher la balance du bon côté et qui ont sauvé « leurs » démocraties.1

C’est donc ce « jury » réactionnaire haut-de-gamme qui a refusé de décerner le brevet de « totalitaire » à l’URSS et à son premier dirigeant…


 

Alors que l’Etat «  qui répand et défend la Liberté dans le monde » (comprenez les Etats-Unis d’Amérique) utilisait la CIA pour faciliter (c’est un euphémisme) le coup d’Etat du 11 septembre 1973 qui amena au pouvoir le très libéral Pinochet, à l’appel de leurs dirigeants « totalitaire », plusieurs centaines de milliers de « totalitaires » se rassemblaient devant l’université Humboldt à Berlin pour soutenir les Chiliens qui ne semblaient pas apprécier tous les bienfaits de ce rétablissement de l’« ordre » qui leur permettait de réintégrer le « monde libre. » D'autres manifestations auront lieu comme à Dresde le 4 novembre (photo Bundesarchiv).

La RDA n’étant pas à moitié « totalitaire » se permit d’accueillir, de loger, de former et d’employer plusieurs milliers de ces ingrats qui crachaient sur la Liberté !


 

Certains se souviendront de ces gestes de solidarité. « [Pour éviter l’extradition] Erich Honecker se réfugie le 12 décembre 1991 à l’ambassade du Chili où il trouve assistance pour avoir accueilli lui-même quelques 6 000 Chiliens en RDA après le coup d’Etat du général Pinochet en 1973. Il est néanmoins reconduit à Berlin le 29 juillet 1992, accusé de meurtres - les victimes du mur de Berlin- et emprisonné. Son procès, commencé le 12 novembre, est interrompu le 13 janvier 1993 pour raison médicale. Erich Honecker, qui souffre d’un cancer du foie, part pour le Chili en compagnie de son épouse pour y rejoindre leur fille. Un millier de communistes chiliens chanteront l’Internationale le 31 mai 1994 autour de son cercueil rendant ainsi un dernier hommage à celui qui n’aura jamais  renié ses convictions. » 2

 

 

1 Winston Churchill, premier ministre britannique : « (…) C'est l'armée russe qui a brisé la machine de guerre allemande (…).-Le général Charles de Gaulle : « Les Français savent ce qu'a fait la Russie soviétique et ils savent que c'est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération ! »

2 http://www.rfi.fr/contenu/20091102-erich-honecker-le-dernier-communiste-allemand

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 16:45

Le 7 mars 1946 est fondée la Jeunesse allemande libre (Freie Deutsche Jugend, FDJ). Elle est alors dirigée par Erich Honecker.

C’est alors une organisation anti-fasciste ouverte à tous les jeunes. Elle servira aussi de « vivier » pour le SED.

Elle patronne l’organisation des pionniers de Thälmann qui regroupe les écoliers. A 14 ans, les jeunes peuvent devenir membre de la FDJ et sont acceptés jusqu’à 25 ans.

Elle a pour mission de former de jeunes patriotes ayant des convictions internationalistes

Elle est aussi chargée de défendre les intérêts de toute la jeunesse. Elle est représentée à la Chambre du peuple où elle dispose d’un groupe de députés.

Elle encourage l’intervention des jeunes dans les entreprises et les établissements scolaires.

D’après la célèbre encyclopédie « libre » qui règne sur la Toile, la FDJ ne compte aujourd’hui que quelques centaines de membres. La FDJ dénonce la réunification de l'Allemagne comme une «annexion de la RDA» et réclame la création d'un État socialiste sur le modèle de la RDA. L'actuelle Jeunesse libre défend la RDA tout en critiquant globalement la République fédérale allemande.

 

Les contempteurs du « contrôle social de la jeunesse par la dictature » font comme si le contrôle social n’existait pas dans nos sociétés capitalistes.

Ce contrôle se fait de différentes manières et utilise plusieurs vecteurs ; des structures publiques comme l’Ecole, des organisations confessionnelles comme celle des scouts, des organismes relayant la culture de masse (idéologiquement orientée) pour ces tranches d’âges fabriquée par les multinationales et même les cultures alternatives ou « rebelles » qui sont soit suscitées, soit récupérées par le marché capitaliste.1

« L'Europe allemande c'est la guerre ! »
L’unanimisme de rigueur en RDA a tendance à minimiser voire à occulter certains problèmes et à brider la créativité. Cette affirmation doit tout de même être nuancée. Ainsi, dans une brochure éditée en RDA et destiné au public français on peut lire ceci : «  (...) [la jeunesse] ne connaît pas les problèmes de places dans les écoles, de formation, de chômage, l’oisiveté appauvrissante. Elle a d’autres problèmes*, mais solubles. Il y a des écoliers qui ne font pasFdjPancartesReferendum.jpg tout ce qu’ils devraient et pourraient. Il y a des jeunes filles qui ne trouvent pas ce qui leur plait (…). Voici encore ce jeune couple qui se casse le nez sur la porte d’un bal surpeuplé. Et il y a aussi de nombreux souhaits matériels des jeunes qui ne peuvent être satisfaits. (…) »2

Par ailleurs, si l’immense majorité se laisse « contrôler par la dictature » c’est parce qu’elle consciente que celle-ci trouvait sa légitimité dans la garantie des « droits réels » des habitants de l’Allemagne de l’Est.

 

* souligné par Joseph.

1 Sur cette problématique on lira avec profit Le capitalisme de la séduction écrit par Michel CLOUSCARD en 1981 et réédité par les éditions Delga en 2009.

2 Une politique au service de la population, 1978, Panorama DDR.

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 15:49

Sous le mur de Berlin, le tunnel de la CIA

Le 24 avril 1956, Le Figaro annonçait, en page quatre : «Les Russes accusent : Les Américains écoutaient les transmissions soviétiques.» Et, dans la foulée : «De source américaine, on rejette ces accusations comme ridicules.» Un demi-siècle plus tard, une exposition au Musée des Alliés à Berlin fait enfin toute la lumière sur cet épisode de la guerre froide qui aurait pu être imaginé par John Le Carré tant il plonge dans l'univers glauque des services secrets et en illustre les priorités souvent paradoxales.

Associés aux «cousins» britanniques, les Américains de la CIA avaient en effet réussi en 1955, à partir de leur zone dans Berlin la quadripartite, à creuser dans le quartier de Altglienicke un tunnel jusqu'au secteur soviétique pour mettre sur écoutes les communications de l'Armée rouge. Un boyau de 449,88 mètres, dont les deux tiers sous le territoire de la RDA, creusé avec d'immenses précautions de camouflage, de crainte d'alerter l'ennemi. Il s'agissait de déplacer 3 000 tonnes de terre sans attirer l'attention. Au courant de l'hiver 1955-1956, il a même fallu introduire de toute urgence un système de refroidissement dans l'excavation car, à la surface, le tracé du souterrain apparaissait grâce aux neiges fondues sous l'effet de la chaleur humaine.

Diplomate retourné

Le plan «Gold» est devenu opérationnel le 11 mai 1955. Financé par Washington et exécuté par Londres au prix de 6 millions de dollars de l'époque, il a permis d'engranger secrètement quelque 50 000 bobines d'enregistrements. En réalité, les Soviétiques étaient déjà au courant depuis plus d'un an, dès avant le premier coup de pelle. Moscou en effet avait dès la fin 1953 des informations de première main : George Blake, un diplomate britannique retourné par le KGB pendant qu'il était en captivité en Corée du Nord, était de retour à Londres et affecté aux services secrets. Il venait de livrer à ses commanditaires soviétiques «sept pages» de croquis du futur tunnel anglo-américain, se souvient le général Sergueï Kondrachov, qui dirigeait alors l'antenne du KGB à Berlin.

Son dilemme : Intervenir, c'était griller Blake qui était un atout à Londres. «Il était trop important», se souvient son officier traitant. Résultat : Le KGB n'a «rien dit» au GRU, le service secret concurrent de l'armée dont les communications ont ainsi été écoutées par les Occidentaux onze mois et onze jours durant. Pendant près d'un an, l'Armée rouge a livré ainsi à son insu des informations vitales sur ses forces en RDA et en Pologne, voire sur l'uranium est-allemand destiné au programme nucléaire du Kremlin. Une source «inestimable», juge David Murphy qui était alors numéro deux de la CIA à Berlin. De peur d'exposer George Blake à Londres, le KGB s'est même abstenu de faire passer par ce canal de la «désinformation», explique le général Kondrachov, responsable de l'Allemagne au KGB de 1955 à 1957 et de 1963 à 1967.

Il fallait pourtant faire cesser l'affaire du tunnel. Le 22 avril 1956, jour d'anniversaire de Lénine, les Soviétiques ont ainsi profité des pluies de printemps pour faire faire des travaux de terrassement. La tranchée a ainsi été découverte «par hasard» par des soldats du génie est-allemand. Dans un dialogue enregistré par la CIA aux abois et transcrit à Berlin, l'un d'eux porte le coup de pioche qui met à nu le tunnel et s'exclame : «Regarde-moi ça !» «C'est fantastique !», répond un de ses camarades en voyant la centaine de magnétophones «Ampex 350».

Cinquante ans plus tard, il ne subsiste plus rien du tunnel, si ce ne sont deux tronçons récupérés bien plus tard et exposés au Musée des Alliés. Trahi par un transfuge polonais, George Blake a été condamné à quarante-deux ans de prison en 1961, mais a réussi à s'enfuir. Il vit toujours à Moscou.

Source de l’article : http://www.lefigaro.fr/international/20060617.FIG000000748_sous_le_mur_de_berlin_le_tunnel_de_la_cia.html

Source des photos : Bundesarchiv.

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 10:40

La RDA favorise dès les années 1950 le sport de masse qui est considéré comme indispensable à la formation d’individus sains.

On retrouve cette préoccupation à l’école, dans les entreprises, dans les clubs.

Les Spartakiades, organisées par la FDJ, le ministère de l’Education et le mouvement sportif, s’inscrivent dans cette politique.

Lancées en 1965, les Spartakiades des enfants et des adolescents voient les élèves et les apprentis participer tous les ans aux éliminatoires dans les écoles et les localités afin d’être sélectionnés pour les Spartakiades d’arrondissement. Les meilleurs participent aux Spartakiades de district et aux Spartakiades nationales.

La compétition à l’échelon national à lieu tous les deux ans. Il y a des Spartakiades d’été et des Spartakiades d’hiver.

Lors de la 9e rencontre nationale à Leipzig en 1983, des médailles furent attribuées dans 865 disciplines (sports d’été). Les 10 000 jeunes compétiteurs avaient été sélectionnés par étapes successives parmi 997 000 sportifs en herbe qui avaient participé aux éliminatoires.

Je plains ceux qui se contenteraient d’une lecture ironique de la phrase suivante extraite d’une brochure est-allemande : « La campagne pour les Spartakiades a pour but d’affermir la santé et la résistance des jeunes, d’éveiller en eux le goût de la compétition honnête et d’encourager les filles et les garçons talentueux. »

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 13:10

Pour traiter de la Jugendweihe je vais utiliser la plume de Marina Chauliac qui traite parfaitement du sujet même si elle a parfois la dent dure pour le régime.

 

« (…) Rite étatique quasi-obligatoire pour les élèves de la huitième année scolaire en RDA, la Jugendweihe – littéralement « consécration de la jeunesse » – peut être définie comme une « introduction solennelle [des adolescents sortant de l’école primaire] dans le monde des adultes ».

Mise en place et organisée sous la tutelle du SED à partir de 1954, elle était considérée comme un outil de propagande et une arme efficace pour contrer l’influence de l’Église sur la population et notamment sur les jeunes. Elle concernait, à partir de la fin des années 1950, plus de 80 % des élèves Est-allemands. Mais, plus qu’une simple obligation vis-à-vis de l’État, elle était devenue très populaire à partir des années 1970 et s’accompagnait de festivités importantes dans la sphère privée.

Chaque année, à l’époque où les adolescents de l’Ouest font leur confirmation protestante, la Jugendweihe continue d’être pratiquée dans les nouveaux Länder et se compose à la fois d’une cérémonie publique qui rassemble quelques centaines de personnes dans une même salle et d’une fête privée, généralement une réunion familiale.

Dans la première phase, un spectacle et un orateur, le plus souvent une personnalité locale, sont là pour donner toute sa solennité au moment. Chaque adolescent est alors appelé individuellement sur une scène où des fleurs, un livre et un certificat lui sont remis. Dans la deuxième phase, l’adolescent est réintégré dans la famille au moyen notamment d’un repas ainsi que de cadeaux dont la valeur témoigne de l’importance de l’événement

(…)

On peut estimer que la Jugendweihe, alors appelée encore largement « confirmation », trouve sa source au début du 19e siècle, dans deux mouvements religieux dissidents : l’un catholique, désirant s’affranchir de la tutelle de Rome, et l’autre protestant, influencé par les nouvelles découvertes scientifiques et le rationalisme des Lumières.

(…)

Grâce à la répression et surtout à une propagande active, la Jugendweihe voit son taux de participation augmenter de façon considérable. Afin d’assurer le succès de son « nouveau rituel », le SED crée, en 1954, une organisation proclamée indépendante, le « Comité central pour la Jugendweihe en RDA » (ZAJ : Zentraler Ausschuß für die Jugendweihe in der DDR), chargé de la mise en place des cours préparatoires et des cérémonies.

[entre autres choses] la distribution d’un ouvrage destiné à l’éducation civique et politique des adolescents sera également systématisée. (…) De 1954 à 1974, les jeunes participants à la Jugendweihe reçoivent tous le livre Weltall-Erde-Mensch (Univers-Terre-Homme). Deux autres ouvrages lui succéderont en 1975 et en 1983 : Der Sozialismus-Deine-Welt (Le Socialisme-Ton monde) dans lequel, avec l’arrivée de Erich Honecker à la tête du Parti, les attaques contre l’Église sont moins virulentes et, en 1982-1983, Vom Sinn unseres Lebens (Du sens de notre vie), marqué par la volonté de rapprocher l’idéologie du Parti des intérêts des jeunes. (…) »

 

En ce qui concerne les raisons de la persistance de cette cérémonie après la disparition du régime, si je lui donne une certaine interprétation politique, je conseille de lire l’intégralité de l’article dans lequel l’auteur nous donne une série d’explications qui semblent judicieuses et qui s’appuie notamment sur des témoignages de personnes ayant assisté à des Jugendweihen.

 

Source : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2003-3.htm (Revue française de science politique, « La Jugendweihe : continuités et changements d’un rite hérité de la RDA », Presses de Sciences Po, Marina Chauliac, 2003)

Sur la couverture de Weltall-Erde-Mensch on peut
voir les conditions de vie des Allemands de l'Est avant
l'arrivée du capitalisme...

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:32

Le mémorial situé à Treptow (Berlin) a été inauguré en présence d’une délégation du SED qui comprenait Otto Grotewohl et Paul Merker. Il a été construit à la mémoire des victimes soviétiques de la Seconde guerre mondiale.

Pour ne pas être accusé d’être partial, les lignes suivantes proviennent d’un site de l’Education nationale

« 1. Le tournant de Stalingrad (hiver 1942-1943) : stoppée par l'hiver aux portes de Moscou à la fin de 1941, la Wehrmacht reprend l'offensive, déborde l'Armée rouge par le sud au cours de l'été 1942, franchit le Don, atteint la Volga, parvient au cœur du Caucase et menace Bakou.
Mais encerclée à Stalingrad, la VIe armée allemande de Von Paulus doit capituler en février 1943 après des combats acharnés.
Le mythe de l'invincibilité de l'Allemagne nazie s'effondre.

 

2. La contre offensive de l'Armée rouge : après la victoire de Koursk où s'affrontent près de 1 000 chars, l'Armée rouge fait reculer la Wehrmacht sur tout le front, dégage Leningrad, libère l'Ukraine et la Crimée.
Au cours de l'été 1944, elle s'avance en Europe centrale et en Pologne où elle tarde à venir au secours de l'insurrection de Varsovie.
Fin 1944, la Finlande, la Roumanie et la Bulgarie, alliées de l'Allemagne, signent un armistice. Au début de 1945, l'Armée rouge libère la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, et s'avance en Autriche et en Allemagne.

Les troupes soviétiques font leur jonction avec les troupes anglo-saxonnes à Torgaü sur l'Elbe et prennent Berlin où l'acte définitif de la capitulation allemande est signé dans la nuit du 8 au 9 mai au quartier général du maréchal Joukov.

 

3. Le bilan de la guerre pour l'Union soviétique : Staline, présent aux conférences de Téhéran, Yalta et Potsdam, y fait reconnaître le nouveau rapport de force créé en Europe par la puissante Armée rouge.
La victoire de 1945 renforce le prestige de Staline et de l'Union soviétique. Elle lui permet de conserver toutes ses conquêtes de 1939-1940 et d'étendre son influence sur toute l'Europe centrale.

Conclusion : L'Union soviétique est devenue dans et par la Seconde Guerre mondiale l'une des deux superpuissances qui vont dominer le monde d'après-guerre.

Mais dans l'immédiat, elle est saignée (près de 20 millions de morts), en partie dévastée, et son économie est ruinée. » (source du texte : http://www.crdp-reims.fr/memoire/bac/2gm/sujets/04unionsovietique.htm)

 

Ce texte met en avant la personnalité de Staline ou insiste sur le fait que l’Union soviétique devint une superpuissance. Elle « oublie » les souffrances indicibles du peuple soviétique, les exploits et les souffrances de l’Armée rouge, elle oublie également le dévouement des communistes qui permirent de terrasser l’hydre fasciste.

La RDA ne l’a jamais oublié…

 

Je remets ma réponse située dans l'artcicle « 21 décembre 1965, adoption du code de la famille » qui est bien mieux placée ici.

Effectivement.


Plus généralement l'historiographie dominante à tendance à laisser penser que Staline aurait « profité » de la guerre pour étendre « l'empire soviétique ».
Ce faisant cette école de pensée évacue la responsabilité écrasante du grand capital qui a favorisé le fascisme.

 

D’après le site http://www.canalacademie.com/sommaire.html fondé par Jean Cluzel, alors secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques et dirigé par ce dernier, il y avait au début de la bataille « trois armées allemandes regroupant 800 000 hommes soit 70 divisions (50 divisions dont 19 blindées et motorisées, et 20 divisions de réserve) et 2 700 chars [face à] trois armées blindées de 3 600 chars et (…) une armée d’infanterie regroupant 1,3 millions d’hommes, soit 2 millions de combattants sur un front long de 270 km.

(http://www.canalacademie.com/Koursk-la-plus-grande-bataille-de.html)

 

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