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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 00:25

 

L’article ci-après est intéressant. Cependant, on peut regretter que la journaliste reproche au régime est-allemand le fait que l’égalité des sexes ne se soit pas établie dans les foyers de RDA comme elle l’aurait souhaité.

 

Femmes en RDA : sois belle, mère, active, et tais-toi

La femme, en République Démocratique d’Allemagne (RDA), est au centre de la société. Une position sociale qui contraste avec celle qu’elle a en Allemagne de l’Ouest. La journaliste Julia Korbik explique ces différences culturelles.

 

En 1945, elles déblayent Berlin toutes ensemble. Les Berlinoises, au lendemain de la guerre, sont unies au milieu des ruines, qu’elles font disparaître seau par seau, brouette par brouette. Elles ont même hérité d’un surnom : les « Trümmerfrauen » (femmes des ruines). Elles ne se doutent pas qu’à peine trois ans plus tard, elles n’appartiendront pas toutes à la même Allemagne.

 

La « Mutti-Politik »

La RDA est surtout connue pour la Stasi (Staatssicherheit, Sécurité d’Etat), la répression des dissidents, les écoutes systématiques… C’est pourtant dans cet Etat à la réputation liberticide que les femmes ont obtenu la possibilité juridique d’avoir des enfants tout en travaillant. À la fois mères et femmes actives, elles ont multiplié les rôles.

Julia Korbik est journaliste. Elle vient de publier l’ouvrage sur le féminisme Stand Up! Feminismus für Anfänger und Fortgeschrittene (Stand up ! Le féminisme pour débutants et avancés, Rogner et Bernhard). Elle explique : « En RDA, plus de 90 % des femmes sont devenues mères, un effet de la politique familiale du régime. Les femmes pouvaient décider d’avoir des enfants : les contraceptifs étaient gratuits. Donc la majorité des bébés étaient des enfants désirés. Il était normal d’avoir des enfants et d’avoir un emploi. Il n’y avait pas à faire de choix entre “travailler” ou “être mère”. » L’avortement est même autorisé jusqu’à trois mois de grossesse à partir de 1972. La loi est considérée comme une mesure de « planification familiale ».

 

La « Mutti-Politik », politique nataliste d’Allemagne de l’Est, se manifeste par l’augmentation des allocations familiales et l’attribution systématique de logements pour les nouveaux parents. Les places en crèches sont plus nombreuses qu’à l’Ouest : en 1990, 57 % des moins de 3 ans sont accueillis dans de telles structures, et 81 % des 3-4 ans sont scolarisés. « Aujourd’hui encore, le taux de natalité est plus élevé dans l’Est de l’Allemagne que dans l’Ouest. En conséquence, le taux d’activité des mères à l’Est est plus élevé que celui des mères à l’Ouest. »

 

« Sans les femmes, un Etat ne peut pas être fait. »

L’égalité des sexes n’est cependant pas respectée en RDA. « Premièrement, parce qu’une femme était obligée d’avoir des enfants – sinon, elle n’était pas vraiment considérée comme une femme. Deuxièmement, c’était toujours à la femme de concilier le travail et la famille. Elle travaillait à plein temps et, en rentrant à la maison, s’occupait de la famille, du ménage. L’Etat avait besoin d’enfants pour atteindre ses objectifs socialistes, il ne s’agissait pas de faire progresser l’égalité entre les sexes », selon la journaliste.

On a surtout retenu le féminisme ouest-allemand : le Code civil n’est modifié qu’en 1957 pour déclarer l’égalité homme-femme. Dans les faits, la place de la femme est en cuisine. Le féminisme en RFA, avec pour figure de proue Alice Schwarzer, apparaît dans le but de critiquer cette assignation à domicile.

Julia Korbik rappelle : « Une des devises du mouvement était la phrase “Le privé est politique” (Das Private ist politisch) – une critique de la séparation entre vie publique et privée, par laquelle les femmes étaient classées dans le domaine privé en tant que ménagères et mères. »

« L’homme et la femme sont égaux et ils ont la même condition juridique dans tous les domaines de la vie sociale, étatique et personnelle. La promotion de la femme, surtout concernant la qualification professionnelle, est une tâche sociale et étatique. » (Art 20, talon 2 de la Constitution de la RDA)

 

3K et mères-corbeaux

Une expression est même inventée pour désigner les assignations de la femme à l’Ouest : les 3K, pour « Kinder, Kirche, Küche » (enfants, église, cuisine). Dès lors, le choc culturel à la réunification le 3 octobre 1990 est inévitable. Christian Petzold en rend compte en une phrase dans son film Barbara.

Son héroïne, qui travaille à l’Est, entend son fiancé de l’Ouest lui dire, envisageant son arrivée à l’Ouest : « Tu n’auras plus besoin de travailler, je gagne suffisamment pour nous deux. » Active et indépendante, l’héroïne éponyme du film ne s’imagine pas profiter du salaire de son compagnon.

 Aujourd’hui encore, la femme allemande reste à la maison pour s’occuper des enfants, principalement à l’Ouest. « Le fait que les responsables politiques féminines en Allemagne se font plus nombreuses est un signe positif. », commente Julia Korbik. « Mais pour Ursula von der Leyen (ancienne ministre de la Famille aujourd’hui ministre de la Défense, ndlr), qui a sept enfants, par exemple, il reste important de se présenter en tant que bonne mère. En tout cas, la société change, les femmes aujourd’hui sont plus revendicatrices et donc un plus grand nombre de responsables politiques féminines est positif. »

L’attribution des places en crèches reste problématique. Les mères qui ont grandi en Allemagne de l’Est et travaillent tout en ayant des enfants peuvent encore être qualifiées de « Rabenmütter », mères-corbeaux. La mère est encore supposée être dévouée à son enfant. Bien qu’une loi garantisse désormais une place en crèche pour les moins de 3 ans, son efficacité reste discutable selon Julia Korbik.

« La loi est entrée en vigueur en 2008, mais aujourd’hui il n’y a pas encore assez de places en crèches. Un autre problème, c’est la qualité de la garde d’enfants. On a besoin de plus de places, et on a donc aussi besoin de plus de personnel, mais souvent celui-ci n’est pas suffisamment qualifié. » Une nouvelle Mutti-Politik semble s’imposer.

Source de l'article : https://ijsbergmagazine.com/hebdo/article/11322-femmes-en-rda-sois-belle-mere-active-tais-toi/

Source des photos :

http://s31.dawandastatic.com/Product2/42600/42600070/big/1361625300-732.jpg

 

http://www.kaz-online.de/uploads/article_picture/picture/417/thumb_Kranf_hrerin.png

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 23:55

En ces temps de célébration ad nauseum de la chute du ci-devant Mur de Berlin, Joseph a décidé de vous narrer une histoire qui décevra les uns sans enchanter les autres…

 

 

« (…) C'est le Vopo qui avait choisi la liberté. Il s'appelait Conrad Schumann. Au musée de Checkpoint Charlie consacré au mur de Berlin et à ses martyrs, on voit la photo qui l'a fait entrer dans l'Histoire. C'était en 1961, juste avant que le mur ne coupe Berlin en deux villes et en deux peuples. Conrad saute les barbelés,  coiffé de son casque de la RDA, et se retrouve à l'Ouest, dans le secteur français. Pendant quinze jours, on le célèbre, on le fête. Et puis on l'oublie. Conrad n'a pu s'adapter à l'Occident, à cette ville alors opulente qui n'était pas faite pour lui. Il mourra quelques années plus tard, alcoolique et clochard. Il avait cru rejoindre ses frères, et il n'avait croisé que des Wessis indifférents (Allemands de l'Ouest). Pauvre Conrad, il aura été le premier des « ostalgiques », ces ressortissants de l'ancienne RDA qui regrettent le communisme. (…) »1

 

 

 « (…) Quand le mur est tombé en novembre 1989, Hans Conrad Schuman tente de revenir chez lui, à Leutewitz. Il découvre que ses amis et le village en général l'ont rejeté, le considérant comme un traître plutôt que comme un héros, lui reprochant son geste de plus de vingt-huit ans auparavant.

 

Par la suite, il se met à déprimer et se pend le 20 juin 1998 dans un verger près d'Ingolstad »2

 

 http://honneur-a-l-armee-rouge.over-blog.com/ ou http://coterue.over-blog.com/article-15009659.html

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Conrad_Schumann

htt


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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 21:43

Petits et grands, amis et camarades, à vos crayons !

Redonnez ses couleurs au Sandmännchen (le Marchand de sable de la télévision de la RDA). N'oubliez pas le rouge !

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 13:00

 

Source de l’image : https://www.bild.bundesarchiv.de/dev06/barchpic/2009/09-10/dd/6f/f0/athene-5qx3bb14wro4g0qvdop_layout.jpg

 

Je tiens à donner des précisions sur une initiative intéressante du conservatoire Frédéric-Chopin (http://conservatoirechopin.free.fr/). D’ailleurs, vous trouverez ci-dessous son pré-programme complet.

Bien sûr, en le lisant  on n’échappera pas à la « vision policière » du régime. Le film La vie des autres, qui n’est guère apprécié sur ce blog (http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-la-vie-des-autres-ou-l-histoire-malmenee-61224334.html), étant la version cinématographique de cette obsession. Cela dit, les initiateurs de ce projet ont le mérite de montrer et de démontrer que la RDA n’était pas un avatar de la zone d’occupation soviétique.

C’est loin d’être par hasard que certains dirigeants de cette république la présentaient comme une « nation cultivée »…

 

Joseph a supprimé les illustrations du document original pour les remplacer par les illustrations de son choix.

 

« Musique d'un pays qui a disparu, musique et chant de la RDA : 1949-1989 »

Samedi 8 et dimanche 9 novembre 2014 au Conservatoire Frédéric-Chopin,

43 rue Bargue - 75015 PARIS (information : 01 42 73 15 32)

Introduction / Vorwort

Le Traité d'unification signé entre la Chambre du Peuple de la République démocratique allemande (RDA) et le gouvernement de la République fédérale d'Allemagne est entré en vigueur le 29 septembre 1990. Le soir même à 20h, au Centre culturel de la RDA, boulevard Saint-Germain à Paris, se sont retrouvés pour la dernière fois quelques amis de l'autre culture allemande pour un concert d'adieu en présence des derniers représentants du pays, c'est-à-dire la bibliothécaire et le chauffeur. Ce fut un moment très fort : une page se tournait sous nos yeux, un livre se fermait.

Une barrière artificielle et infranchissable entre les deux moitiés d'un peuple, d'une ville et parfois d'une famille, voire d'une maison a été érigée dans la nuit du 13 août 1961. Appelée par les autorités « Mur de protection antifasciste » pour empêcher l'un d'aller vers l'autre, elle a été vécue de façon cruelle par des millions de nos frères d'Europe, qu'ils fussent à l'est ou à l'ouest. Cependant, et pour continuer à vivre et à espérer, les citoyens de la République démocratique allemande ont dû faire face à cette situation avec les moyens du bord et dans les circonstances qu'ils étaient bien obligés d'accepter. Nous sommes nombreux à avoir vu dans le film remarquable La Vie des Autres jusqu'où le pouvoir est allé pour assurer que cette douleur ne déborde jusque dans la rue.

Et pourtant, comme partout où l'homme vit sous le joug d'un autre, la culture de ce pays complexe ne se résume pas à un film, quand bien même il puisse s'agir d'un chef-d’œuvre. D'autres voies se sont creusées pour permettre l'espoir et un moment d'évasion privé afin d'échapper au regard du voisin dont nul ne pouvait être sûr qu'il ne fût un pion au service de l'Etat. Parmi celles-ci, la musique a joué un grand rôle. Qu'il s'agisse de chant choral ou de chanson populaire, de musique d'orchestre ou de chambre, d'un récital d'orgue ou d'une marche militaire, elle a permis de penser à autre chose et de partager, au-delà des idées politiques, un horizon unique. Dans cette aventure culturelle, dont le monde non-communiste s'est toujours étonné, la musique de Bach a été une présence permanente. Représentante, en quelque sorte, de la foi des pères fondateurs de l'Allemagne protestante, cette musique a porté en elle la foi de milliers de citoyens allemands qui n'avaient plus d'autres prétextes légitimes pour se rendre à l'église.

Nous espérons que cette bien modeste contribution à la mémoire de la musique allemande nous permettra de mieux connaître ce patrimoine dont toute une partie reste à découvrir. Car nous avons l'impression que, lorsque les deux Allemagnes se sont réunies, non sans peine, un peuple a disparu, dont le témoignage musical est cependant essentiel.

Je tiens à remercier pour leurs précieux soutien et collaboration l'ambassade d'Allemagne et son ambassadeur, Susanne Wasum-Rainer, l'Institut Goethe et son directeur Joachim Umlauf, la paroisse de l'Église protestante allemande et ses pasteurs Gesine et Martin Beck, le député-maire du XVe, Philippe Goujon et son adjointe à la culture Elisabeth de Fresquet, les services de la Mairie du XVe, l'administration et tous mes collègues et amis des conservatoires du XVe et du IXe qui m'ont suivi bénévolement dans cette aventure musicale et humaine et enfin le professeur Kurt Masur, dont l'exceptionnel courage au moment du soulèvement populaire a permis à son peuple d'éviter le pire.

Alles in Ordnung. Keiner weiß Bescheid1.

Peter Vizard

Directeur du Conservatoire

 

1 dicton populaire entendu à Leipzig en 1972.

Samedi / Samstag

Samedi 8 novembre 2014 à 14h

Kammermusik für junge Musiker Musique de chambre pour jeunes musiciens

Œuvres pour guitare, piano et chœur de : Theodor Hlpuschek, Andre Asriel, Hanns Eisler, Jürgen Golle et Johann Sebastian Bach.

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Samedi 8 novembre 2014 à 16h

Stimmen /Voix

Œuvres pour voix et chœur d'hommes de : Reiner Bredemeyer, Hanns Eisler et Johann Sebastian Bach.

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Samedi 8 novembre 2014 à 18h

Georg Katzer erzählt / Rencontre avec Georg Katzer

Georg Katzer, pionnier de la musique électronique en Allemagne de l'Est et grande personnalité musicale, parle de son œuvre et l'acte de composer sous un régime communiste.

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Samedi 8 novembre 2014 à 20h

Récital pour piano, Franck Gutschmidt

Oeuvres pour piano et piano avec électronique de : Paul Dessau, Georg Katzer, Friedrich Goldmann, Christfried Schmidt et Johann Sebastian Bach.

 

Frank Gutschmidt est né en 1971 à Brandebourg-sur-la-Havel (Allemagne). En 1986 et 1988, il remporte le premier prix du Concours national « Johann Sebastian Bach » à Leipzig et « Franz Liszt » à Weimar. Il obtient le Prix Parke Davis en 1991 et le prix de l’Académie de Musique de Rheinsberg (Allemagne) en 1995. Soliste passionné de musique de chambre, il se consacre à des œuvres phares de musique nouvelle. C’est aux Cours internationaux Stockhausen à Kürten (Allemagne) que Frank Gutschmidt est récompensé, en 2001 et 2002, pour son interprétation des Klavierstücke de Stockhausen. Depuis l’été 2003, il enseigne aux Cours Stockhausen en tant que maître de conférences. En 2006, il participe à la première de la nouvelle œuvre pianistique Natürliche Dauern 1–15. De ce cycle, il enregistre sur CD sept pièces – qui lui sont dédiées – dans le cadre de l’édition des œuvres complètes de Stockhausen. Avec le soutien de l'Institut Goethe.

 

 Source : http://www.briefmarken-bilder.de/ddr-briefmarken-1950-bilder/johann-sebastian-bach-bachjahr.jpg

Dimanche / Sonntag

Dimanche 9 novembre 2014 à 10h

Table ronde, « La liberté de créer en RDA »

Animée par Georges Schneider (journaliste), Georg Katzer (compositeur), Peter Vizard (directeur) et d'autres intervenants. Une discussion sur les contraintes de la liberté, son prix et sa valeur.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 14h

Die neuen Leiden des Jungen W. / Les nouvelles souffrances du jeune W.

Extraits de la pièce de théâtre d'Ulrich Plenzdorf, produite en catimini en 1972 pour la première fois à Halle, qui a tant fait pour l'ouverture du régime après le départ du président Walther Ulbricht.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 16h

Kammermusik / Musique de chambre

Oeuvres pour piano et harpe de Tilo Medek, Jörg Herchet et Johann Sebastian Bach.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 18h

Friedensgebet / Prière pour la paix

Reprenant les prières pour la paix (Friedensgebete) qui ont eu lieu à l'église Saint‑Nicolas de Leipzig à partir de 1982 où chrétiens et non-croyants se réunirent pour imaginer ensemble une vie meilleure, notre week-end se clôt avec une réflexion musicale et poétique en compagnie des deux pasteurs de l'église protestante allemande au 25 rue Blanche, 75009 PARIS (métro Trinité).2

2 Rencontre organisée à l'Eglise évangélique allemande, 25 rue Blanche, 75009 PARIS - Métro Trinité

 

Le 15 décembre 1981, côte à côté sur un banc de la cathédrale de Güstrow, le chancelier fédéral Helmut Schmidt et le président du conseil d’Etat de la RDA Erich Honeckerécoutent la musique jouée par l’orgue.

Source : http://www.mitteldeutsche-kirchenzeitungen.de/2011/12/12/%C2%BBals-kirche-dem-druck-standgehalten%C2%AB/

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 20:23

Pour une fois, on peut trouver quelques chose d’intéressant dans un papier du Monde. Le correspondant du célèbre quotidien du soir a visité une exposition de photographies de presse au Musée d’histoire à Berlin et en a tiré un article judicieusement intitulé « Plus belle la vie en RDA » qui a paru dans l’édition datée du 14 juin 2014.

L’auteur nous confirme qu’en RDA, à la différence de nos sociétés bourgeoises d’Occident, la propagande est définie et assumée officiellement ; ainsi, dans une revue spécialisée de 1959 il est écrit qu’elle a pour but « (…) de contribuer à l’amitié entre les peuples, assurer la paix et accélérer le bouleversement socialiste en RDA ». J’ai choisi deux exemples de cette forme d’agit-prop parmi ceux présentés par le journaliste. Une photo d’un couple amoureux pour inciter la population à manger du poisson. Un cliché d’une jeune agricultrice radieuse pour tenter de retenir les jeunes femmes à la campagne. On peut chercher longtemps ce qui caractérise le mieux ce type de travail : souci du bien commun, naïveté, volontarisme, etc. Afin de ne pas se perdre dans cette réflexion on peut se reporter avec profit à la fin de l’article. En effet, la conclusion de l’auteur est pleine de bon sens, elle sort du manichéisme en vigueur et, à ce titre mérite d’être citée dans son intégralité : « Lors de la réunification, les Allemands de l’Ouest prétextèrent en effet la présence d’amiante dans [le Palais de la République] pour le détruire. Et, aujourd’hui, qu’y construit-on à sa place ? A nouveau le château des rois de Prusse. Même si celui-ci est censé abriter non pas les bureaux de la chancelière Angela Merkel mais un musée d’ethnologie et des collections d’art asiatique, on ne peut s’empêcher de penser que l’ex-RDA n’avait décidément pas le monopole de la propagande. ». Nous sommes effectivement submergés par la propagande, mais celle-ci est multiforme, intrusive et ne dit pas toujours son nom.

A l’heure où les grands moyens d’informations en bons militants de la mondialisation capitaliste font résonner les tambours de guerre, notre regard que nous portons sur ces clichés peut être empreint d’indulgence voire même de nostalgie.

 Exposition : « Couleurs pour la République ».

Musée d’histoire allemande, Unter den Linden 2, Berlin.

Cette exposition est visible jusqu’au 31 août 2014. Joseph a peut-être pris un peu trop de recul !

 

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 17:07

En 1929, le parti communiste d’Union soviétique de Krivoï Rog, ville et région minières du bassin de Donetsk (situé dans le Donbass en Ukraine) a offert un drapeau rouge au KPD pour les mineurs de la région de Mansfeld.


Il a été remis à la section de Gerbstedt et, durant la République de Weimar, il fut de toutes les manifestations ouvrières. Il fut porté par les ouvriers à chaque 1er mai.

Pendant la période nazie, il fut caché par différentes familles de mineurs de cette localité. En 1934, après un séjour dans le camp de concentration de Lichtenburg, Otto Brosowski, responsable du KPD, pris le risque de dissimuler astucieusement la bannière chez lui.

A la Libération, Otto Brosowski a accueilli l’Armée Rouge avec le précieux drapeau.


Cette histoire a inspiré plusieurs artistes. En 1953, Karl Kothe a peint un tableau intitulé Remise du drapeau à l’Armée Rouge. En 1960 ; Otto Gotsche a publié un roman Le drapeau de Krivoï Rog et, en 1967, Kurt Maetzig a réalisé un film éponyme.

En 1964, le drapeau a été exposé au muée de l’Histoire allemande à Berlin avant de « disparaître » en magasin après le Tournant. En 2007, il réapparut à l’occasion d’une exposition spéciale du musée.

Une caserne (en 1972) et un bataillon (en 1986) ont reçu le nom d’« Otto Brosowski ».

Cette touchante histoire d’amitié entre mineurs, entre communistes allemands et Ukrainiens est bien rafraîchissante. Elle nous fait oublier quelques instants le soutien –notamment militaire– de l’actuel Etat allemand au gouvernement de Kiev noyauté par des fascistes et même des nazis…

Vive le Donbass rouge !

Vive l’Allemagne socialiste


 

Sources :

http://www.nva-interessengemeinschaft-halle.com/fahne.htm

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Ukraine-Donetsk-Lugansk-Kharkov-Mariupol-Dnipropetrovsk-se-soulevent-contre-les-putschistes-de-Kiev-et-contre-les_a7570.html

http://de.wikipedia.org/wiki/Fahne_von_Kriwoi_Rog

 

 


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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 12:29

Ces derniers jours certains se lamentent sur la percée électorale du Front national. Beaucoup reprochent à Marine LE PEN et à ses conseillers, notamment à Florian PHLIPPOT, leur rhétorique sur le social ; le nationalisme ayant en quelque sorte avalé ce dernier. Il fut une époque où, en France, cette opération aurait été rendue très difficile du fait positionnement patriotique du Parti communiste français et des gaullistes. On se souviendra qu’un autre Front national fut fondé en 1941, à l’initiative du PCF, et qu’il attira des militants venant de diverses familles politiques.

La République démocratique allemande avait aussi son Front national qui regroupait les partis politiques et les principales organisations populaires.

En RDA, à l’inverse de la situation que nous connaissons aujourd’hui en France, c’était le social qui avait inclus le nationalisme ! Le régime avait eu l’intelligence de ne pas confondre dénazification et masochisme national. C’est ainsi que le NDPD put voit le jour. En voici une brève présentation.

Le National-Demokratische Partei Deutschlands (Parti national-démocrate d'Allemagne) ou NDPD a été fondé par Lothar Bolz et Wilhelm Adam en 1948. Il s’adressait à des groupes sociaux qui avaient été attirés par le parti nazi (comme les militaires et certains individus appartenant aux classes moyennes) en leur fournissant un débouché politique, afin qu'ils ne soient pas tentés de soutenir à nouveau l'extrême-droite.

Durant la campage électorale de 1990, comme on le voit sur cette affiche, le NDPD préférait la confédération à la confrontation.

D’après http://en.wikipedia.org/wiki/National_Democratic_Party_of_Germany_(East_Germany) et http://www.ddr.urlaub.pm/ddr-fdp-dfp-ndpdbundfreierdemokratenplakate/ddr---plakate-der-fdp-dfp-ndpd-bund-freier-demokraten---seite-2

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:48

 

Devant l’enthousiasme suscité par mon précédent article, je me vois contraint d’apporter quelques précisions techniques. Je sens que ce nouvel article va avoir un succès planétaire !

J'ai reproduit ci-après la fiche technique du pipeline Droujba rédigée par l'agence de presse RIA Novosti à Moscou le 9 janvier 2007. Les légendes des photos sont de Joseph.

L'oléoduc Droujba, long de quelque 6.000 kilomètres, est le plus important pipeline au monde.

Le tronçon nord de l'oléoduc passe par le territoire de la Biélorussie, de la Pologne et de l'Allemagne, le tronçon sud, par l'Ukraine, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie.

L'accord sur la construction de ce réseau de tuyaux a été signé le 18 décembre 1959 par les dirigeants des pays membres du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM ou Comecon): URSS, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne et République démocratique d'Allemagne.


Partie de footbal.  on aperçoit les drapeaux de la RDA, de l'Union soviétique et de la République socialiste soviétique d'Ukraine.

La construction a commencé le 10 décembre 1960 à Samara. Le tube de 1.020 millimètres de diamètre passait par le territoire russe de Samara à la région de Briansk, qui était relié par une branche de 800 millimètres de diamètre avec Ventspils (Ounetcha-Polotsk-Mazeikiai-Ventspils. Le tuyau principal allait vers l'ouest, pour se diviser en Biélorussie en deux branches, dont l'une (nordique) passait via la Pologne vers l'Allemagne et l'autre (méridionale), via l'Ukraine vers la Tchécoslovaquie et la Hongrie.

La construction de l'oléoduc a pris quatre ans, bien que certains tronçons aient été mis en exploitation plus tôt: les premières tonnes de brut ont été acheminées dans les réservoirs de Budkovce en Tchécoslovaquie en février 1962. Environ six mois plus tard, la Hongrie a elle aussi reçu du pétrole soviétique. Dans le courant de 1963, les constructeurs ont achevé les tronçons Mozyr-Brody et Mozyr-Brest, ce qui a permis d'entamer les livraisons de pétrole vers la Pologne et la République démocratique d'Allemagne.

Les principaux ouvrages du système Droujba-1 ont été mis en exploitation au milieu de 1964, et le 15 octobre 1964, l'oléoduc a été inauguré.

Cinq ans après, l'Union soviétique a souhaité accroître ses capacités d'exportation, mais les capacités de l'oléoduc existant ne pouvaient pas garantir un tel accroissement. Un système de tuyaux baptisé Droujba-2, avec des tubes de 1.220 millimètres de diamètre, a été donc construit en parallèle. La construction de Droujba-2 a commencé au printemps 1969 et s'est achevée en 1974, ayant permis de doubler les capacités d'exportation soviétiques.

Dernière soudure...

Après la désintégration du camp socialiste et de l'URSS, le poste de commande central de la partie russe de l'oléoduc a été transféré de Lvov à Briansk. En Russie, le pipeline traverse 32 districts dans huit régions. Presque la moitié des exportations de pétrole russe s'effectuent par ce système. 70 à 80 millions de tonnes de pétrole sont exportées via la partie occidentale (essentielle) de Droujba. Ce pétrole est canalisé vers les raffineries de Mozyr (Biélorussie), de Plotzk (Pologne) et de Schwedt (Allemagne).

 

Source : http://fr.ria.ru/business/20070109/58744202.html

Source des images : http://www.lindebox.de/index.php?menuid=9&reporeid=113

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:18

Il est bon de rappeler que, du temps de la RDA, des responsables politiques bien avisés proposaient à la jeunesse allemande une autre relation avec l’Ukraine et ses habitants.

Un « disc jockey très loin à l'est »…

 

Lors de la construction Drushba-Trasse, premier grand gazoduc partant de l'Oural et arrivant en Europe occidentale en passant par l’Ukraine, des milliers de jeunes de la RDA ont été employés dans les années 1975-1979 en Ukraine.

Ce projet de la jeunesse a demandé beaucoup de moyens. Cet investissement était aussi culturel. Il y avait, entre autres choses, une ancienne voiture de cinéma (de la milice populaire nationale) modifiée pour servir de discothèque mobile. Celle-ci était utilisée pour animer les chantiers de construction.

La musique, trop occidentale au goût de certains esprits étroits, a parfois créée des problèmes. Mais, avec le recul, ce genre d’incidents est plutôt à ranger dans la catégorie « folklore idéologique », et ne pèse pas grand chose face à cet exemple de coopération.

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 12:33

Je remercie la personne qui m'a informée que le conservatoire Frédéric Chopin, situé dans le quinzième arrondissement de Paris, nous proposait une idée originale pour les 8 et 9 novembre 2014 :

« Un week-end de musique d'Allemagne de l'Est, afin de ne pas oublier ce que fut ce pays et son peuple artiste entre 1949 et 1989.

 

 

Musique d'un pays disparu

Une rencontre musicale autour des compositions issues de la RDA. 30 ans de création musicale souvent dans des conditions très difficiles, peu connues à l'Ouest du temps du mur de Berlin et encore moins connues après la réunification. Avec la participation des élèves du conservatoire et du CNSMDP.

Entrée gratuite, comme toujours, mais sur réservation.... »

 

„Eine musikalische Erinnerung an die DDR. Damit die Schöpfung dieses Landes nicht verloren geht, werden uns die Studenten des Conservatoire Frédéric Chopin und des pariser Conservatoire Musik aus dieser Zeit hören lassen.

Jedes Konzert klingt mit einem Werk von JS Bach aus.

Das Programm vom 8. und 9. November 2014 steht ab September 2014 zur Verfügung, auch auf unserer Website - http://conservatoirechopin.com/

Eintritt, wie immer, frei. Es wird empfohlen, zu reservieren“

 

Informations pratiques

Lieu : conservatoire Frédéric Chopin

Adresse : 43, rue Bargue 75015 PARIS

Numéro de téléphone : 01 42 73 15 32

Métro : station Volontaires (ligne 12) ou station Pasteur (ligne 6)

Autobus : lignes 88 et 95 ou 70, 39, 80

Site : http://conservatoirechopin.free.fr/

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Published by Joseph - dans culture
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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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