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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 12:21

C’est l’été. Si, si, on me l’a dit.

Quelles que soient les humeurs du temps, je vous invite au voyage. Réel ou virtuel.

 

 Halle-Neuestadt, Gottwald-strasse. Vous remarquerez la grisaille des immeubles délabrés…

 

 

 

Autoroute Leipzig-Dresdre. Le manque de transports en commun oblige tous les Allemands de l’Est à utiliser leur Trabant polluante…

 

Je vais séjourner quelques semaines dans ma Heimat d’outre-Loire.

 

A bientôt.

 

Joseph

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 12:46

Assez rapidement, les Etasuniens tournèrent le dos à leur propre directive , la directive « JCS 1017 », qui prévoyait, d’une part, d’éliminer ou de contrôler toute industrie allemande qui pourrait avoir des fins militaires et, d’autre part, d’épurer la fonction publique et de chasser les nazis des postes de responsabilité dans les grandes entreprises.

Les capitalistes étasuniens, qui avaient des liens anciens et durables avec l’Allemagne, et qui avaient investi 1 milliard de dollars dans ce pays en 1945, s’opposèrent à toute socialisation et s’allièrent même avec certains nazis. Ainsi, les Etasuniens refusèrent la création d’un tribunal international chargé de juger les industriels et les financiers nazis. Hjalmar Schacht semble également avoir bénéficié de cette « surprenante magnanimité » en étant acquitté par le tribunal de Nuremberg.

Dès octobre 1945, dans la zone américaine, les chefs d’entreprise furent autorisés à reconstituer leurs associations au plan local –en accord avec les syndicats réformistes. L’année suivante, se furent les syndicats patronaux de branches qui se reconstituèrent.

Cette politique économique, contraire à l’esprit des accords de Potsdam, eu son pendant militaire. Je ne prendrai qu’un exemple afin d’être bref : à Fürstenfeldbruch, près de Munich, des aérodromes militaires furent réparés et agrandis au lieu d’être détruits !

Le problème des réparations a déjà été évoqué sur ce site. Nous pourrons y revenir. De même pour le plan Marshall.

Ces alliances plus que douteuses et ce non-respect patent des traités n’ont pas heurté la bonne conscience des « leaders du Monde libre » car leurs intérêts de classe étaient, à juste titre, menacés. Ils ne sont honnêtes et affables que quand les nations et les peuples sont « under control » de leur impérialisme…

 

Cf. Gilbert BADIA, Histoire de l’Allemagne contemporaine, éd. sociales, 1962, vol. 2, pp. 261-264.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:37

Dans un article précédent nous avons abordé la chasse aux sorcières dans la fonction publique. Bien sûr, les revanchards se sont également attaqués aux milieux scientifiques. Mais laissons maintenant la plume à Franck BOCHOW, ancien dirigeant de la FDJ. « Les scientifiques de la RDA ont été chassé de leur chaire et souvent remplacés par des scientifiques de qualification moindre provenant de l’Ouest. (…) Dès les trois premiers mois qui ont suivi « l’unification » 70 000 enseignants ont été mis en « disponibilité » qui s’est ensuite transformée en chômage. De nombreuses institutions scientifiques ont été fermées et, dans celles qui sont restées ouvertes, des professeurs en provenance des Länder de l’Ouest ont occupé les postes rendus vacants. (…) » Il faut souligner « l’humiliation subie par les scientifiques de la RDA. (…) Il leur fallait se présenter devant une « commission d’évaluation » composée majoritairement de personnages ouest-allemands, et souvent peu compétents, pour apporter la preuve de leurs capacités et cela après des décennies d’activité scientifique reconnue, y compris sur le plan international ».

 

Le Dr Hans SCHMIDT, maître de conférences en économie à l'Université Humboldt de Berlin s’est suicidé le 8 mai 1996. Le professeur William KRELLE, ancien nazi, criminel« manque de qualification professionnelle » bien que des universitaires occidentaux ait salué le haut niveau théorique du travail de ce dernier. Cet acte désespéré de l’universitaire est-allemand est peut-être une conséquence de cette « chasse à l’homme ». Malheureusement, il n’est pas le seul dans ce cas…

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:17

Je m’efface devant cette critique de Barbara qui dépasse de loin tout ce que j’aurais pu écrire sur ce film ! En effet, les subtilités cinéphiliques  sont loin de constituer mon point fort.

Le lecteur assidu de ce bloc-notes se doute bien que je ne cautionne pas toutes les analyses politiques du critique…

Par ailleurs, j’estime que Good bye Lenin ! n’est pas « niais » mais volontairement naïf. De la même façon, La Vie des autres me semble plus glauque que « schématique ».

On remarquera que la RDA continue d’intéresser, voir de fasciner, un large public. Le nombre des entrées de ces long métrages en témoigne : environ 1 million 200 mille entrées pour Good bye Lenin !, presque 1 million 500 mille pour La Vie des autres et plus de 180 mille pour Barbara (entre le 2 et le 22 mai 2012).

 

« Barbara : « un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse »

 null

Récompensé de l’Ours d’argent de la mise en scène à la dernière Berlinale, Barbara de Christian Petzold propose une vision colorée, sensible et pleine de justesse de ce que fut la vie de milliers d’allemands en RDA. Interprété et réalisé avec brio, rien ne manque à cette vraie bouffée d’air frais tranchant avec le reste des films abordant cette époque. Allemagne de l’Est, 1980. Barbara, pédiatre dans un hôpital de Berlin Est, soupçonnée de vouloir rejoindre l’Ouest, est mutée dans un hôpital de province, on ne sait où. Réservée et peu sociable, elle se tient à l’écart, entretenant le mystère autour des raisons de son arrivée et apparaissant aux autres comme une berlinoise hautaine, elle a exercé à l’hôpital de renom la Charité. André, le médecin chef, ours inoffensif, admire seul son professionnalisme et tombe sous le charme de cette nouvelle recrue.

 

De son côté, Barbara apparaît comme une opposante au régime communiste, portant un œil critique et amer sur les méthodes médicales archaïques exercées à l’Est dont le manque d’humanité l’insupporte, en témoigne, au contraire, l’amitié qu’elle nouera avec une jeune patiente. Dans sa vie privée, on apprend qu’elle entretient une relation passionnée avec son amant de l’Ouest, avec lequel elle organise son départ clandestin.

 

Christian Petzold propose une grille de lecture sans fard, très vraisemblable, dans laquelle le contexte historique, sans totalement disparaître, ne constitue pas pour autant le leitmotiv. Si les éléments historiques sont bel et bien présents, en témoignent la surveillance et les humiliations subies par l’héroïne par les autorités, le film intègre avant tout les aspects positifs de la vie de ses personnages, la promenade d’André et de Barbara à vélo dans les sous bois, l’instant où Barbara joue au piano… Ce film rompt avec la vision niaise et schématique développée dans Good bye Lénin ! (2003) et La Vie des autres (2007). Ainsi, il n’est pas non plus surprenant d’apprendre qu’André soigne la fille du policier en charge de surveiller Barbara. Nul besoin de s’attarder sur cet élément, car le propos se situe ailleurs, dans la difficulté qu’éprouve Barbara à orienter ses propres choix.

 

Si celle-ci semble au début prête à tout, distante et critique face à cette société malade, il lui apparaît in fine avoir autant de raisons de rester en RDA que d’en partir. À voir la relation ambiguë, presque vaine, qu’elle entretient avec son amant, rien n’est, en réalité, moins sûr qu’elle trouvera en RFA son bonheur. Sans doute est-il en effet tout aussi louable de rester pour s’investir auprès des malades et sans doute existe-t-il, pour d’autres, la nécessité de trouver véritablement refuge en RFA. Dans un environnement plus complexe qu’il n’y paraît, aucun choix ne résiste au doute. Le style suffisamment contemplatif, intimiste et l’atmosphère ouverte permettent d’être au plus près de la vérité de notre héroïne et des doutes qui traversent son esprit comme celui d’André, la scène lors de laquelle André livre à Barbara son interprétation de la Leçon d’Anatomie de Rembrandt en constitue un exemple probant.

 

Magnifiquement interprétée par une Nina Hoss aux traits tendus et à la sensualité débordante, Barbara n’est pas sans nous rappeler les Trois vies de Rita Vogt (2000) de Volker Schlondorff et le jeu d’actrice de Bibian Biglau. La valeur ajoutée de Barbara, tant au cinéma allemand qu’à la filmographie traitant de cette époque, réside dans sa tension et la force de son propos. Renouant par son style avec le cinéma d’auteur, Christian Petzold offre un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse pour plusieurs générations d’allemands, qui montre avec psychologie la complexité de la situation à laquelle la population a été confrontée, tant sur un plan professionnel, moral que privé. De très bons, et beaux, acteurs, en particulier Nina Hoss. De quoi avoir envie de découvrir la filmographie de Christian Petzolz. »

 

Par Dextarian, publié le 28 mai 2012.

Sources :

·        http://www.news-de-stars.com/barbara/barbara-un-temoignage-authentique-et-juste-d-une-epoque-douloureuse_mrm380594.html

·        Site allociné pour la fréquentation des salles.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 12:42

nullLe 11 mai 1968, plus de 100 000 manifestants venus de toute la RFA se rassemblaient à Bonn contre les lois d’urgence, ce rassemblement s’appelait « Sternmmarsch ». Ces lois furent adoptées par le Parlement le 30 mai par 384 voix contre 100 et 1 abstention. Près des trois quarts des sociaux-démocrates ont voté pour.

En dépit de ce vote, le SPD et Willy Brandt prétendirent alors éviter les abus éventuels et se posèrent en gardiens de la démocratie et de la liberté !

Rappelons que lesdites lois d’urgence donnaient aux administrations allemandes « les moyens de garantir la sécurité des troupes et de prévenir toute perturbation sévère de la sécurité et de l’ordre publics ». L’armée fédérale pouvait, en se basant sur cette législation, intervenir contre unenull insurrection populaire, dans le cas d’une crise internationale ou face à un danger pour l’ordre constitutionnel. Bien sûr, cette énumération, peu conforme au style juridique, était faite à dessein.

Même les juges de Tribunal constitutionnel, peu suspects de bolchévisme, ne validèrent ces textes –en 1970– qu’à une courte majorité…

 

Origine des images :

-         http://www.dw.de/image/0,,526136_4,00.jpg (affiche) ;

-         http://www.daserste.de/cmspix/bildgalerie/20042009655240_535.jpg (manifestation).

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:23

 

Nombreux sont ceux qui glosent et qui n’ont pas fini de gloser sur les atteintes aux droits de l’Homme en RDA, parfois à juste titre, souvent à tort.

Dans tous les cas, ces discours univoques sont bien commodes pour escamoter les pratiques plus que douteuses des autorités de la RFA. L’interdiction du KPD en 1956 a déjà fait l’objet d’un article. On pourrait écrire sur la reconstitution des grands groupes industriels qui avaient très largement soutenus Hitler, sur l’encouragement aux mouvements irrédentistes et revanchards, sur le maintien de nazis patentés dans les sphères du pouvoir et dans la haute administration…

Aujourd’hui, c’est la figure de Philipp Müller qui sera évoquée.

Etant quelque peu lassé d’errer entre une langue maternelle et trois autres peu, voire très peu maîtrisées, je demande au lecteur d’être indulgent et de me contacter s’il y a des erreurs factuelles.

 

Philipp Müller est né le 5 avril 1931 à Munich dans une famille catholique, Il a appris le métier de serrurier et travaillait dans l'atelier de chemin de fer de Neu Aubing.

En 1950 il allait comme délégué de la FDJ munichoise à la rencontre de la jeunesse d'Allemagne en RDA et participait aussi en 1951 aux 3e Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est. Il y épousa une Berlinoise de l’Est, Ortrud Voß. En décembre 1951 naissait leur fils Joachim. Müller déposait une demande d'émigration en RDA et perdait après cela son poste. Jusqu'à sa mort, il a été impliqué dans la lutte contre le réarmement de l'Allemagne occidentale.

 

Le 11 mai 1952, un rassemblement en faveur de la paix dans la ville d'Essen a été attaqué par la police, d'abord avec des chiens et des matraques puis à balles réelles. Philipp Müller, un membre de la jeunesse allemande libre, est devenu la première personne à être tuée à une manifestation dans la nouvelle République fédérale. Comme un signe des choses à venir, aucun policier ne ferait jamais face aux charges pour la mort de Müller mais onze manifestants ont été par la suite emprisonnés pour un total de six ans et quatre mois pour conduite contraire aux bonnes mœurs  et « crimes de trahison contre la Constitution. »

De nombreux communistes et militants de la gauche radicale allemands (dont le DKP et Die Linke) appellent à une manifestation en hommage à Phlipp Müller le 12 mai 2012 sur les lieux du drame à Essen.

Ne laissons pas l’histoire à nos adversaires ! 

 


 

Voici une illustration des pratiques démocratiques du « monde libre ».

Le 12 mai 2012, à Essen, lors de la manifestation à la mémoire de Philpp Müller, les policiers interviennent contre des militants de la FDJ.

Un camarade de cette organisation devait passer devant le tribunal le 26 octobre 2012.

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 12:49

Voici, en guise d’invitation au voyage, deux images emplies de quiétude.

Pour ma part, je vais poursuivre ma quête au sud de la Loire.

A bientôt.

 

 Vallée de la Rauschenbach.

 

Parc de Wörlitz.

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 12:47

Je fais encore quelques petits emprunts à Guillaume MOURALIS. J’en profite pour recommander la lecture de son ouvrage Une épuration allemande qui, par certains aspects, remplira d’aise mes adversaires politiques. C’est un livre complet sur le sujet  qu’il sera difficile de dépasser.

 

«Le traité d’Union, signé le 31 août 1990 ; donnait aux Länder ou au Bund le pouvoir de dissoudre « les organes administratifs et institutions politiques de la RDA2. Les employés des institutions dissoutes se virent accorder un sursis de six mois (…), pendant lequel ils percevaient 70 % de leur salaire3 ; si au terme de ce délai, ils n’avaient pas été réembauchés dans une institution publique, leur contrat de travail prenait fin4. En pratique, plus d’un million d’agents de l’Etat perdirent leur emploi5.

nullVoici la destination réelle de nombreux travailleurs de l'Est, fonctionnaires ou non : l'agence pour l'emploi !

Cette disposition suscita un important contentieux. Plusieurs centaines de recours individuels furent déposés devant les juridictions administratives et du travail. Les tribunaux donnèrent en général raison à l’administration6. »

Ces licenciements massifs avaient plusieurs causes :

-         « dégraissage » de la fonction publique ;

-         restructuration des services ;

-         disparition des emplois liés directement au régime socialiste (ex. enseignement du marxisme-léninisme).

« Quant aux agents des institutions publiques conservées, ils furent tous soumis à un double examen individuel : des commissions évaluèrent leurs compétences, mais aussi leur comportement sous la dictature.

 

2. La liberté d’appréciation laissée aux Länder étaient très grande (…).Art. 13 du traité d’Union (…).

3. Le sursis était de neuf mois pour les employés de cinquante ans ou plus.

4. Traité d’Union, annexe 1, chap. 19, A, III, 1 (2) et (3).

5. D’après une estimation faite au printemps 1991, soit à une date où le processus de liquidation institutionnelle et d’examen des cas individuels n’étaient pas encore achevé, plus de la moitié des 2,2 millions d’agents de l’Etat et des collectivités locales que comptait la RDA au jour de l’unité avait déjà perdu leur emploi (1,2 million), cf. Roenne "Die Praxis der Entscheidung über die Übernahme von Personal in den öffentlichen Dienst im Beitrittsgebiet während der Übergangsphase nach 1990—unter Berücksichtigung der Bereiche der Justiz, der Bildung und der Polizei am Beispiel der Landesverwaltungen in den neuen Ländern und Berlin,” in Materialien der Enquete-Kommission “Überwindung der Folgen der SED—Diktatur im Prozess der deutschen Einheit,” vol. 2/1 Nomos, 1999, p. 546, n. 5.

 6. Arrêt sur la « dissolution des institutions de RDA » du Tribunal constitutionnel fédéral, 24/4/1991 (BVerGE, 84, 133). »

 

A Leipzig, en 2004, un manifestant reprend un slogan du Tournant :

"Wir sind das Volk !" ("Nous sommes le peuple !").

Il rajoute "Verrat !" qui veut dire "trahison !"...

 

Ainsi, pour de nombreux citoyens de la RDA la « liberté » avait un goût amer.

Et nos « défenseurs des droits de l’Homme », prompts à dénoncer véhémentement les abus réels et surtout supposés du régime socialiste, n’ont pas commenté ces violations massives d’un droit réel par un Etat… de droit !

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:18

Ce n'est plus la période des étrennes mais je me fais un plaisir d’offrir à tous les défenseurs de la « démocratie et du marché » ce nouveau morceau de bravoure !

Et n’allez pas imaginer que c’est moi qui l’ai imaginé…

 

« L'inégal accès aux archives d'État des deux Allemagnes

Le choix des sources a été autant conditionné par les partis pris assumés dans ce travail que par un contexte documentaire particulier. En raison des politiques archivistiques qui précédèrent et accompagnèrent l'unification (lesquelles, bien entendu, firent partie intégrante des politiques publiques du passé), les archives est-allemandes - État, Parti et organisations de masse, ministère de la Sécurité d'État (Stasi) - bénéficient d'un régime très libéral : hormis quelques exceptions, leur accès est libre. Cela crée une dissymétrie Est/Ouest, dans la mesure où les archives d'État ouest-allemandes restent soumises à un délai au minimum trentenaire (archives gouvernementales).

Pour cette raison, il n'était pas possible d'étudier de près le travail des bureaucraties fédérales et régionales après le 3 octobre 1990. Pour les mois qui précédèrent l'unité, du fait des contacts croissants entre Bonn et Berlin-Est à partir de février-mars 1990, des documents ouest-allemands en principe inaccessibles se trouvent dans les archives de RDA.

Compte tenu de cette situation et de l'attention particulière portée dans cette étude aux « genèses » de l'épuration, nous avons recouru à deux types d'archives d'Etat: les archives est-allemandes pour la période octobre 1989-septembre 1990 (chapitres II et III) et les archives ouest-allemandes des années 1950 jusqu'au début des années 1970 (chapitre IV). »

« [Les] archives est-allemandes (…) bénéficient d'un régime très libéral ». Vous voyez, même les universitaires savent rire.

Source : Une épuration allemande, La RDA en procès, 1949-2004, Guillaume MOURALIS, Paris, Fayard, 2008.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:12

 Durant la période 1989-1990 la bourgeoisie ne se laisse pas tourner la tête par sa victoire face à l’ennemi communiste. Ainsi, elle fait le « ménage » dans les dossiers du MfS afin que tous, juristes, historiens, journalistes, simples citoyens sachent que le Mal était à l’Est, et seulement à l’Est…

Ce « tri sélectif » permettra la « développement durable » de l’anticommunisme !

En d’autres termes on appelle cela l’écriture de l’histoire par les vainqueurs.

    « Contrôle et fermeture des dossiers de la Stasi (avril-juillet)

 Dans le même temps, les députés cherchèrent à (re)prendre le contrôle sur les fonds d'archives de la Stasi. Il s'agissait d'en limiter l'accès au nom du respect de la vie privée (Datenschutz) 1. Les élus entendaient mettre un terme au contrôle citoyen (initié en décembre) et limiter les « indiscrétions » grassement payées par les médias ouest-allemands. Cette position, défendue au cabinet (Ministerrat) par Maizière et Diestel, avait l'appui d'une bonne partie du gouvernement ouest-allemand 2. Le 28 mars, le gouvernement fédéral avait d'ailleurs donné l'ordre au principal service de contre-espionnage (verfassungsschutz) de détruire sans délai toutes les informations en sa possession qui provenaient de la Stasi et portaient sur des citoyens ouest-allemands. Pour le gouvernement fédéral, la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. De son côté, le ministre de l'Intérieur est-allemand, Peter-Michael Diestel, encouragea en sous-main des campagnes de destruction, et ce au moins jusqu'en août3.

Le gouvernement de Maizière renforça le dispositif mis en place par Hans Modrow : le « Comité [gouvernemental] chargé de la liquidation du MfS » - au sein duquel œuvraient d'anciens officiers de la Stasi conservait la haute main sur les archives. Malgré la création de deux commissions (dont l'une, parlementaire, était présidée par Joachim Gauck) chargées de contrôler le travail du Comité, l'accès aux archives fut étroitement limité. Seuls les membres des commissions d'enquête parlementaires et les magistrats furent autorisés à les consulter. Les particuliers devaient attendre, pour leur part, de quatre-vingts à cent ans.

1. Cette position faisait l'objet d'un large consensus au sein de la Chambre du peuple - seul Bündnis 90, parti issu des mouvements de citoyens, défendait le principe d'une ouverture des archives. Cf. « Grundsatze der Koalitionsvereinbarung zwischen den Fraktionen der CDU, der DSU, dem DA, den Liberalen, DFP, BFD, FDP und der SPD vom 12.4.1990 », reproduite in : Münch, Ingo (dir.), Dokumente der Wiedervereinigung Deutschlands, Stuttgart, Kröner, 1991, p. 170.

2. Tandis que Horst Teltschik, conseiller de Helmut Kohl, plaidait auprès de Maizière pour l'ouverture d'un « débat public sur le passé », plusieurs ministres, notamment Wolfgang Schauble (Intérieur), étaient d'un autre avis. Cf. leurs souvenirs in : Teltschik, H., 329 Tage. Innenansichten der Einigung, Berlin, Siedler Verlag, 1991, p. 199 et Schauble, W., Der Vertrag, op. cit 

3. Sur ce point, voir Richter, M., Die Staatssicherheit, op. cit. p. 214-217. Au nom du Datenschutz (protection des données individuelles), Diestel avait à maintes reprises refusé aux députés de la commission de contrôle l'accès à certains documents. À la fin de septembre, il fut accusé d'avoir ordonné des destructions. D'autres ministres – comme Eppelmann - contribuèrent aussi à ces destructions, poussés en cela par Diestel, Maizière et Bonn (le gouvernement fédéral étant d'avis que les documents de la Stasi concernant des Allemands de l'Ouest devaient être détruits).

1. Voir le récit détaillé du combat mené par Gauck de juillet à septembre 1990, in : Bock, P., op. cit.  p. 283-303.

2. L'opposition à cette loi réunissait une coalition hétéroclite de députés de la majorité et du PDS » »

J’aime bien ce passage : « la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. »

Source : Une épuration allemande, La RDA en procès, 1949-2004, Guillaume MOURALIS, Paris, Fayard, 2008, 430 pages.

 

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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