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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 09:36

                               

Karl Peglau est né en 1927. Après s’être orienté vers l’ajustage et le dessin technique, il reprend ses études après la Seconde Guerre mondiale pour suivre une formation de psychologie à l'Université Humboldt de Berlin. Il obtient son diplôme en 1954. De 1957 à la fin de la RDA, il travaille comme psychologue des transports au Service de la circulation de la RDA (Dienst des Verkehrswesens der DDR).

Karl Peglau.

Au début des années 1960, les feux de signalisation en RDA dataient pour la plupart d’entre eux des années 1930. Ils ne pouvaient pas faire face à l’accroissement du trafic qui rendait les rues plus dangereuses tant pour les conducteurs que pour les piétons.

Une commission de trafic de Berlin-Est demandé alors au psychologue de créer un nouveau feu de signalisation pour diminuer le nombre d'accidents de la route en ville.

En 1961, afin de mieux capter l'attention des enfants sur les feux de signalisation destinés aux piétons, il proposa, pour le feu rouge, un petit bonhomme qui écarte les bras comme pour barrer le passage et, pour le feu vert, un petit bonhomme qui se met en marche. Les enfants obéissent plus facilement aux ordres de ce personnage à la fois amical et accessible. Ces caractéristiques expliquent sa popularité en Allemagne de l'Est. Peglau a dit que les Ampelmannchen dégageaient « une aura de confort et la chaleur humaine ».

Un ampelmänn à Berlin.

Plus prosaïquement, la position de l’Ampelmann vert ressemble à une flèche, tandis que l'Ampelmann rouge, avec ses bras allongés fait penser à une barricade. Les Ampelmannchen sont plus faciles à voir par temps de brouillard, de pluie ou de neige.

Si le chapeau de l’Ampelmann pouvait avoir une connotation bourgeoise, il ressemblait aussi à celui porté par Erich Honecker !

Dans les années 1980, les Ampelmannchen « font des petits » et s’échappent de Berlin-Est et envahissent toute l'Allemagne de l'Est.

La ville d’Hückeswagen en Allemagne de l’Ouest.

Le petit bonhomme a connu un grand succès jusqu'à la disparition de la RDA. Il passa même à la télévision. Après la disparition de l’Etat socialiste, les autorités, après « épuré » le père des Ampelmannchen en lui « offrant » une retraite prématurée, avaient décidé d’exterminer ces affreux complices du défunt régime. Cependant, ils furent sauvés par l’action opiniâtre d’un comité de soutien et il faut l’avouer d’une initiative mercantile. En effet, le designer Markus Heckhausen récupéra in extrémis de nombreux verres destinés à la destruction pour en faire des lampes. Le succès fut rapide, les Ampelmannchen déclinés sous toutes les formes se mettent à proliférer dans Berlin.

L'Ampelmann, devenu une célébrité, le designer, qui avait tout compris du nouveau système, s’est empressé de demander l'octroi d'une licence…

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:55

La France souhaite créer un Institut Français à Berlin, à l’instar de ceux qui existent depuis longtemps à Varsovie et à Budapest. Mais si les autorités est-allemandes sont évidemment favorables aux échanges culturels, elles ne veulent pas offrir aux Occidentaux des moyens pour leur propagande.

A la suite de la visite de Jean François-Poncet, Erich Honecker donne son accord à l’ouverture d’un centre culturel français à Berlin-Est et à celui d’un centre culturel est-allemand à Paris. Un protocole prévoyant l’intensification des échanges d’enseignants et de chercheurs entre les deux pays est signé le 28 février 1980 dans le cadre d’une commission mixte franco-est-allemande pour la coopération scientifique et technique. Deux autres accords sont signés en 1984, ils concernent l’un la coopération sportive, l’autre les relations entre le CNRS et l’Académie des Sciences de RDA.

Les effets de ces accords sont rapides. Des échanges d’enseignants ont lieu et des stages pédagogiques pour l’enseignement de la langue du partenaire se déroulent à Erfurt, Weimar, Grenoble, Dijon et Paris. Le lycée Herder de Berlin-Est a des contacts étroits avec le lycée Albert Schweitzer de Mulhouse. Dans l’enseignement supérieur, la coopération se traduit par des échanges de lecteurs entre Paris et Berlin, Lyon et Leipzig, et par des colloques comme celui de Halle sur Diderot en 1984. De nombreux accords inter-universitaires sont signés, mais les échanges d’étudiants dans le sens RDA-France restent très limités.

Les Centres culturels symbolisent cette volonté de coopération. C’est Claude Cheysson, ministre des Affaires étrangères, qui vient en personne inaugurer le Centre culturel français de Berlin le 26 janvier 1984. Son collègue est-allemand, Oskar Fischer, est reçu lors de l’inauguration du Centre culturel est-allemand par le président Mitterrand. Ces deux centres richement dotés permettent de connaître l’autre de façon plus authentique.

Les échanges artistiques poursuivent le même but. Les deux pays échangent, en 1984 et 1985, des expositions de photographie. La France accueille, en janvier 1984, l’Orchestre symphonique de Berlin-Est et l’Orchestre philharmonique de Radio-France se rend en RDA en octobre 1984. Mais on se heurte à des obstacles sérieux: il est difficile pour un citoyen de RDA de se rendre en France et les médias français ne donnent pas une image positive de cette autre Allemagne, dont on ne connaît que le côté répressif.

Après la disparition de la RDA, l’Institut français de Berlin-Ouest et le centre culturel français à Berlin-Ouest ne font plus qu’un dans l’actuelle Maison de France rue Kurfürstendamm qui abrite aussi le cinéma Paris.

 

D’après http://www.deuframat.de/parser/parser.php?file=/deuframat/francais/3/3_2/metzger/kap_6.htm

http://www.lagazettedeberlin.de/www.lagazettedeberlin.de/typo3/typo3/index.php?id=6325&L=0&type=1

Photo : http://www.wissen.wortschlag.net/dokuwiki/doku.php?id=recherche-wiki:politik-geschichte:ccf-start

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 12:13

Ci-dessous, le second article consacré à l'ouverture du centre culturel. Il est presque aussi précieux qu'un incunable !

« « L’ombre portée de la bougie »

Le premier centre culturel de la R.D.A. en France a ouvert ses portes, cette semaine, à Paris, quelques jours après son homologue français à Berlin. Inauguré par le ministre des Affaires extérieures des deux pays. Il devrait en principe contribuer à mieux promouvoir une culture qui reste presque totalement méconnue du public français. A l’heure où, dans l’autre Allemagne, le gouvernement du chancelier Kohl lance une grande opération de normalisation des Instituts Goethe - les établissements culturels de la RFA à l'étranger, jugés trop pluralistes - on attend de ce centre qu'il présente l'image la plus complète possible d'une culture à la fois diverse et riche en contradictions

Hermann Kant, le président de l'Union des écrivains de la R.D.A., est venu à Paris pour la circonstance. Romancier, à juste titre réputé pour son brillant, son impertinence et le mordant de son trait, il n'hésite pas à déranger certaines habitudes de pensées en abordant dans ses œuvres des sujets restés longtemps tabous en R.D.A., comme les départs à l'Ouest, le soulèvement du 17 juin 1953 ou la passivité de nombreux ouvriers allemands face aux atrocités commises par les nazis dans les territoires occupés. Il considère en effet que la littérature doit vérifier la validité des limites de tous ordres auxquelles elle se heurte : il lui appartient alors de les repousser, voire d'en montrer la caducité. Il suffit de jeter un regard sur le passé pour mesurer l'importance de cette contribution.

Comme la plupart de ses confrères est-allemands, Hermann Kant est méconnu en France. Un seul de ses romans, L'Amphithéâtre (paru en 1965 !), a trouvé grâce auprès d'un éditeur français (Gallimard). Un créateur talentueux, président de l'Union des écrivains, intéresse moins qu'un dissident à la plume épaisse. Mais à ces raisons purement idéologiques, Hermann Kant en ajoute une autre, d'ordre économique: Il y a dans les pays capitalistes entre la littérature et le lecteur une barrière tellement infranchissable - celle du prix des livres - qu'un éditeur y regarde à deux fois avant de mettre sur le marché, un livre de la R.D.A., à fortiori quand l'auteur en est inconnu.

A cet égard, il faut aussi évoquer le poids du passé, dans la mesure où la littérature est-allemande a longtemps tendu à donner une image flattée de la réalité, qui n'était pas faite pour susciter la curiosité du lecteur étranger. En mai dernier, lorsdu dernier Congrès des écrivains, Hermann Kant lui· même y faisait allusion, en. déclarant que « L'enjeu, ce n'est pas un éclairage plus favorable des événements, mais leur mise en lumière ». Il s'adressait moins aux écrivains eux-mêmes qu'à une partie de ceux qui forment l'opinion en R.D.A. et qui ne comprennent pas que l'on éclaire d'une lumière crue, comme dans une salle d'opération, des choses peu agréables qu'il faudrait plutôt embellir.

Nous écrivons des livres...

Et quand on rappelle à Hermann Kant la phrase de Christa Wolf: « Il faut s'habituer au fait qu'en R.D.A. aussi il y a des gens qui meurent », il répond: « Presque tout le monde cite cette phrase; seulement chez nous, on ne l'a pas encore tout à fait entendue. »

D'autres pratiques peuvent constituer une gêne pour la diffusion de la littérature de la R.D.A., comme récemment ces deux articles de Wilhelm Girnus parus dans Sinn und Form, qui tendaient à discréditer, dix mois avant sa parution en R.D.A., le dernier livre de Christa Wolf, Cassandre. Pour Hermann Kant, toute cette affaire ressortit à une question d'optique: « Mettez sur une table une petite bougie derrière une petite bouteille et vous aurez une ombre portée considérable. De l'extérieur, on voit cette ombre gigantesque, mais on oublie qu'il s'agit d'une petite bougie et d'une petite bouteille ... Wilhelm Girnus a raison de critiquer Christa Wolf dans la mesure où, quand on veut parler d'un balai, il faut l'appeler un balai; mais là où il a tort, c'est quand il postule qu'un écrivain doive se servir d'un balai comme on s'est toujours servi d'un balai ! »

On peut tout de même remarquer que des écrivains se tiennent maintenant à l'écart. Cette situation ne préoccupe-t-elle pas le président de l'Union des écrivains ? Hermann Kant voit les choses de manière plutôt pragmatique: « Je ne me lasse pas de répéter que toute absence, toute disparition d'un talent est une perte, parfois énorme, comme dans le cas de Jurek Becker. A son propos, je vais vous raconter une histoire absurde; cela deviendra peut-être le sujet d'un livre: L'autre jour, je me suis rendu en voiture à Berlin-Ouest pour le compte de l'Union des écrivains; au Check Point Charlie, s'arrête dans la file opposée une voiture dans laquelle se trouvait Jurek Becker, il venait faire un tour à Berlin-Est. Nous sommes sortis pour nous serrer la main et je me suis alors mis à penser à nos itinéraires respectifs: moi, venant de Hambourg, m'établissant en R.D.A. et me rendant aujourd'hui à Berlin-Ouest; lui, venant de l'Est, s'établissant en R.F.A., et se rendant aujourd'hui à Berlin-Est ! Et je me suis dit que l'important, c'était que nous écrivions des livres et que nous fussions partie prenante d'une même littérature... ! »

Incontestablement, Hermann Kant reconnaît et revendique la diversité de la littérature de la R.D.A. - « Il ne viendrait à l'esprit de personne de ne pas considérer Hemingway comme un auteur américain, et pourtant, il a vécu des années à Paris, puis en Espagne ! » - mais il pense que l'on a trop tendance - alors que l'on sous-estime les questions littéraires dans les pays capitalistes - à les surestimer quand il s'agit d'un pays socialiste comme la R.D.A.

L'ouverture du nouveau Centre culturel doit permettre de donner une image plus fidèle de ce qui s'écrit et se publie, aujourd'hui, en R.D.A. Elle devait aussi, en facilitant un contact direct entre les auteurs invités et le public français, réduire les effets de la « pankowlogie », cette désinformation à laquelle Hermann Kant fit, non sans ironie, souvent allusion au cours de cet entretien.

Entretien réalisé par

JEAN-CLAUDE LEBRUN » 

L’Humanité du 17 décembre 1983.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 12:40

 

J’ai exhumé deux reliques ! Il s’agit d’articles datant du méso-marchaisien…

Plaisanterie mise à part, il est pratiquement impossible de les trouver sur la Toile.

Voici le premier article in extenso.

« Nouvelle étape de la coopération

Centres culturels de la RDA à Paris el de la France à Berlin

Le premier a été inauguré par le ministre des Affaires étrangères de la République démocratique allemande Entretien Mitterrand-

Oskar Fischer, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique allemande, est arrivé hier à Paris. Dans l'après-midi, il a été reçu à l'Elysée par le président François Mitterrand. Il s'est d'autre part entretenu avec Claude Estier, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, ainsi qu'avec Alain Savary, ministre de l'Education nationale.

Dans la soirée, Oskar Fischer a inauguré le centre culturel de la RDA à Paris. Claude Cheysson, ministre français des Relations extérieures, est attendu prochainement à Berlin où va s'ouvrir un centre culturel français. Claude Cheysson offre aujourd'hui un déjeuner en l'honneur d'Oskar Fischer.

Le centre culturel de la RDA est installé 117, boulevard Saint-Germain, à deux pas du métro Odéon, dans un bel immeuble construit au siècle dernier par Charles Garnier, l'architecte de l'Opéra. Des salles d'exposition, de conférences, de concerts, de cinéma et de lecture y ont été aménagées. C'est là que s'est tenue, hier soir, la cérémonie d'inauguration à laquelle ont pris part de nombreuses personnalités.

« Notre centre culturel, a dit notamment Oskar Fischer, dans son allocution inaugurale, prolongera les traditions antifascistes profondément humaines par lesquelles nos peuples sont liés. Il contribuera ainsi, dans l'esprit de l'acte final d'Helsinki, à j'enrichissement intellectuel et culturel par le dialogue. »

Oskar Fischer a rappelé que, voici près de trente-cinq ans, « Wilhelm Pieck, premier président de notre pays, avait dit que la RDA « n'admettrait jamais, plus jamais, qu'une autre guerre soit déclenchée contre le peuple français à partir du sol allemand ». Nous agissons de façon conséquente dans le sens de cet engagement ».

Le ministre de la RDA a conclu: « Peut-il y avoir de meilleure attestation de notre volonté d'appliquer fidèlement nos engagements dans j'intérêt de la paix, que j'inauguration de ces lieux consacrés à la culture ? »

Répondant au ministre de la RDA, Claude Cheysson a exprimé la volonté de connaissance mutuelle et de compréhension réciproque que reflète la création des deux centres culturels. Il en a souligné l'importance au moment où les relations internationales connaissent une période de tension.

Message d'Erich Honecker

A l'occasion de l'événement, Erich Honecker, secrétaire génér.al du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), et président du Conseil d'Etat de la RDA, a publié un message saluant le développement de la coopération entre la France et son pays.

« Notre époque, écrit notamment Erich Honecker, exige de telles impulsions » à la coopération. « La paix a besoin de la culture, et la culture ne peut exister sans la paix. »

« La situation internationale est aujourd'hui lourdement affectée. La politique de confrontation et la course aux armements mettent en cause les acquis de la coopération et menacent sérieusement la paix. »

La seule issue, continue le message, c'est la coexistence pacifique. « L'ouverture des centres culturels correspond à la nécessité, pour les citoyens des deux pays, d'apprendre à mieux se connaître et à mieux se comprendre. »

Honecker souligne ensuite l'estime dont la France, avec ses grandes traditions historiques et culturelles, jouit en RDA. Il évoque le siècle des lumières, 1789, la Commune de Paris et « la résistance héroïque du peuple français contre la barbarie fasciste ». Il rappelle comment, « après 1933, lorsque la terreur fasciste faisait rage dans leur patrie allemande, des persécutés politiques et des émigrés trouvèrent asile en France. Des antifascistes allemands ont combattu dans les rangs de la Résistance française ».

« Ces traditions historiques et culturelles communes unissent nos deux peuples. Elles offrent une base solide pour une coopération confiante, chacun respectant l'ordre politique et les conceptions de son partenaire. Un large champ est ainsi ouvert à l'activité des centres culturels des deux Etats. »

Délivrance

Ce mardi soir, en présence du Dr Werner Fleck, ambassadeur de la République démocratique allemande, aura lieu, au centre culturel de la RDA, le vernissage d'une exposition de sculptures, d'aquarelles et de dessins de Fritz Cremer.

La RDA a envoyé à Paris une centaine d'œuvres de cet artiste. Parmi celles-ci on remarque plusieurs dessins et sculptures de ces vingt dernières années sur le thème de la crucifixion. Dans les œuvres les plus anciennes, le martyr demeure rivé à la croix où il a été cloué; dans Is plus récentes, il s'en dégage, se libère, rejette les épines dont on avait couronné son front.

Il est bien que l'une des plus fortes images que présente le centre culturel de l'Allemagne socialiste soit celle de cette délivrance.

N.B. – « L’Humanité » reviendra, bien entendu, sur le centre culturel de la RDA et informera ses lecteurs de son riche programme d’activités. »

Source de la photo : http://img.over-blog.com/450x600/0/38/68/97/batiments/CercleLibrairie.jpg

 

L’Humanité du 13 décembre 1983.

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:30

Je ne peux pas ignorer la sortie du livre de Maxim Leo, Histoire d'un Allemand de l'Est aux éditions Actes Sud. Certains journalistes, pas forcément bienveillants, l’ont utilisé pour envoyer une fois de plus le régime socialiste en Enfer ! L’un d’entre eux écrit ceci : « (…) le cas le plus frappant est celui du grand-père, Werner, qui passe sans coup férir d'une incontestable sympathie pour le régime nazi à un engagement volontariste dans le "socialisme réel".(…) »...

Maxim Leo.

Je n’ai pas dû lire le même livre que le journaliste. En effet, Maxim Leo se garde bien de « cracher dans la soupe » car il a bénéficié du système socialiste qui lui a donné les moyens de faire son trou dans cette nouvelle Allemagne. Ce parcours singulier rend son anticommunisme subtil et presque sympathique ! J’ai d’ailleurs apprécié ce livre-témoignage qui montre, à ceux qui voudront bien le voir, la réalité contrastée de la RDA. Le rapprochement avec le film La vie des autres , que font certains, est mal venu, au moins sur le plan esthétique. En effet, Maxim Leo, dans son texte, respecte les vraies couleurs de son pays d’origine.

 

Voici quelques « morceaux choisis » que notre ami du Monde n’a pas dû lire…

La figure du père, Wolf, est souvent mise en arrière plan ou carrément absente dans les critiques : elle a moins gênée la Stasi que les admirateurs du capitalisme réel ! Wolf a eu une jeunesse pour le moins agitée. Lors de son service militaire, il est arrêté en excès de vitesse sans bon de permission (p. 78). Il n’y aura pas de suites judiciaires. Maxim Leo, tout en rappelant la fiabilité plus qu’incertaine des dossiers de la Stasi (p. 186) indique que le MfS le considérait comme « un esprit critique mais pas hostile » (p. 80). Il sera d’ailleurs plusieurs fois approché par les services de sécurité. Cette forte personnalité, avoue qu’il « a eu l’espoir (…) de voir quelques chose bouger [en RDA] » (p. 215). Enfin, après l’absorption de la RDA, on apprend que « Wolf ne pouvait pas jouir de cette nouvelle liberté : elle l’exténuait (…). Les organismes publics qui avaient été ses commanditaires étaient en cours de démantèlement. » (p. 286). Il ne fut pas le seul à (re-)découvrir que la liberté d’expression n’existait pas « en l’air » mais qu’elle reposait sur les droits réels qui avaient disparu avec la RDA… même si ces droits ne garantissaient pas automatiquement ladite liberté.

 

L’auteur relativise l’aspect « dictatorial » du régime socialiste, notamment lorsqu’il compare son arrestation liée aux activités de Nouveau Forum et le véritable calvaire que les fascistes firent subir à son grand-père Gerhard (p. 131). De la même façon, on peut être surpris par le sort de sa mère, Anne, qui est rejetée par ses camarades de classe parce qu’elle et sa famille soutiennent le régime, « Ses condisciples l’évitent : elle est la « rouge », la fayote (…) » (p. 30). Quelques années plus tard, après la construction du Mur, en 1961, lesdits condisciples n’ont pas l’aire de craindre énormément le « pouvoir totalitaire » : « C’est une sorte de tribunal. Elle sent l’hostilité et la colère des élèves. L’un d’eux crie que la RDA est une prison, une dictature minable dans laquelle les seuls à bien se porter sont les fonctionnaires rouges. Elle se retrouve toute seule devant la meute en colère (…) » (p. 32)

 

Pour finir, il faut tordre le cou à la légende des « deux grands-pères ». L’un, nazi devenu stalinien, Werner, l’autre communiste devenu dissimulateur, Gerhard. Werner, comme de nombreux Allemands, a eu de la sympathie pour le régime hitlérien. Après la guerre, l’homme a vieilli et a subi « l’envers du fascisme ». Son engagement pour le socialisme n’a pas la même finalité que son soutien au nazisme. Il adhère au Parti et milite activement en son sein sacrifiant même des jours de repos.

Plus généralement, il faut rappeler que si on voulait construire l’Allemagne avec des Allemands, il fallait accepter le passé nazi. Cette « amnistie à la base » eut pour contrepartie une large dénazification notamment dans l’administration. L’Allemagne fédérale, fleuron du « monde libre », n’a pas fait ce travail et les responsables nazis peuplaient la fonction publique et les conseils d’administration des grandes sociétés…

Gerhard Leo.

Maxim Leo a une admiration évidente et bien compréhensible pour Gerhard, résistant antifasciste. L’auteur est en revanche beaucoup plus réservé sur son attitude face au régime socialiste. Mais, selon moi, les silences et les certitudes du héros font partie du combat politique. En face, on ne peut pas dire que les adversaires jouaient « cartes sur table » ! Ce sentiment d’être un combattant n’empêchait pas Gerhard, quand il l’estimait nécessaire, de s’exprimer assez librement. Ainsi en 1956, dans certaines conversations, il fait l’éloge de la Hongrie ! (p 195) Plus tard, en 1967, il juge antisémite un reportage de la télévision est-allemande ! (p. 255)

Il n’y a donc pas d’antagonisme entre les deux grands-pères mais des parcours différents. Le régime socialiste, sans se compromettre, a su unir les Allemands pour construire un monde meilleur !

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 13:00

Certains, pas toujours bien intentionnés, sont dubitatifs quand on leur présente la RDA comme une Allemagne pacifique. Pourtant, l’Etat socialiste s’inscrit dans un courant pacifiste existant chez nos voisins d’outre-Rhin. Malheureusement, son existence, sujette à des variations importantes, n’a jamais pesé bien lourd face à l’impérialisme. La déclaration de Liebknecht devant ses « collègues » du Reichstag et un haut fait de cette mouvance. Il est alors le seul à prendre cette position !

D’ailleurs, Cette déclaration fut rejetée par le groupe, et son inscription dans le sténogramme des débats, refusée. Le texte fut donc distribué clandestinement, sous forme de tract.1

 

Déclaration de Karl Liebknecht au Reichstag: « Je refuse les crédits militaires demandés »

Je motive ainsi qu'il suit mon vote sur le projet qui nous est soumis aujourd'hui.

Cette guerre, qu'aucun des peuples intéressés n'a voulue, n'a pas éclaté en vue du bien-être du peuple allemand ou de tout autre peuple. Il s'agit d'une guerre impérialiste, d'une guerre pour la domination capitaliste du marché mondial et pour la domination politique de contrées importantes où pourrait s'installer le capital industriel et bancaire. Au point de vue de la surenchère des armements, c'est une guerre préventive provoquée solidairement par le parti de guerre allemand et autrichien dans l'obscurité du demi-absolutisme et de la diplomatie secrète.

C'est aussi une entreprise de caractère bonapartiste tendant à démoraliser, à détruire le mouvement ouvrier grandissant. C'est ce qu'ont démontré, avec une clarté sans cesse accrue et malgré une cynique mise en scène destinée à égarer les esprits, les événements des derniers mois.

Le mot d'ordre allemand : " Contre le tsarisme " tout comme le mot d'ordre anglais et français : " Contre le militarisme ", a servi de moyen pour mettre en mouvement les instincts les plus nobles, les traditions et les espérances révolutionnaires du peuple au profit de la haine contre les peuples. Complice du tsarisme, l'Allemagne, jusqu'à présent pays modèle de la réaction politique, n'a aucune qualité pour jouer le rôle de libératrice des peuples.

La libération du peuple russe comme du peuple allemand doit être l'oeuvre de ces peuples eux-mêmes.

Cette guerre n'est pas une guerre défensive pour l'Allemagne. Son caractère historique et la succession des événements nous interdisent de nous fier à un gouvernement capitaliste quand il déclare que c'est pour la défense de la Patrie qu'il demande les crédits.

Une paix rapide et qui n'humilie personne, une paix sans conquêtes, voilà ce qu'il faut exiger. Tous les efforts dirigés dans ce sens doivent être bien accueillis. Seule, l'affirmation continue et simultanée de cette volonté, dans tous les pays belligérants, pourra arrêter le sanglant massacre avant l'épuisement complet de tous les peuples intéressés.

Seule, une paix basée sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur la liberté de tous les peuples peut être une paix durable. C'est dans ce sens que les prolétariats de tous les pays doivent fournir, même au cours de cette guerre, un effort socialiste pour la paix.

Je consens aux crédits en tant qu'ils sont demandés pour les travaux capables de pallier à la misère existante, bien que je les trouve notoirement insuffisants.

J'approuve également tout ce qui est fait en faveur du sort si rude de nos frères sur les champs de bataille, en faveur des blessés et des malades pour lesquels j'éprouve la plus ardente compassion. Dans ce domaine encore, rien de ce que l'on pourra demander ne sera de trop à mes yeux.

Mais ma protestation va a la guerre, à ceux qui en sont responsables, à ceux qui la dirigent ; elle va à la politique capitaliste qui lui donna naissance ; elle est dirigée contre les fins capitalistes qu'elle poursuit, contre les plans d'annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique et du Luxembourg, contre la dictature militaire, contre l'oubli complet des devoirs sociaux et politiques dont se rendent coupables, aujourd'hui encore, le gouvernement et les classes dominantes.

Et c'est pourquoi je repousse les crédits militaires demandés. »2

  http://einestages.spiegel.

Pour mes compatriotes sourcilleux, je précise que l’ami Karl et ses camarades ne confondaient pas le chauvinisme -et le militarisme- et le patriotisme ; il avait conscience de la nécessité pour les nations et leur prolétariat de se respecter :

« Bebel et Liebknecht, sans jamais se lasser ni se laisser abattre, menèrent cette campagne contre Bismarck. La guerre franco-prussienne donna à leur opposition un caractère qui intéresse spécialement les Français. Bebel et Liebknecht refusèrent de voter les crédits que Bismarck demandait au Reichstag pour commencer les hostilités. Quand, Napoléon noyé dans la boue de Sedan, la République fut proclamée, ils protestèrent contre la continuation de la guerre, entreprise contre le gouvernement impérial et non contre le nouveau gouvernement républicain. Les chefs du parti socialiste furent arrêtés et emprisonnés préventivement pendant des mois, sous l'inculpation de crime de haute trahison. Sortis de prison, ils protestèrent contre l'annexion de l'Alsace-Lorraine, que Marx dénonçait comme un crime et une faute politique, qui serait une cause de discorde entre la France et l'Allemagne, les deux nations qui devaient rester unies pour la paix de l'Europe et l'émancipation du Prolétariat. »3

 

 

1.      http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=224.

2.      Texte extrait des annexes de l'ouvrage Le mouvement ouvrier pendant la première guerre mondiale d'Alfred Rosmer (publié à l’adresse suivante : http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-declaration-de-karl-liebknecht-au-reichstag-je-refuse-les-credits-militaires-demandes-61119825.html).

3.      Passage extrait de l’avant-propos de Paul Lafargue pour l’édition française de La femme et le socialisme d’August  Bebel (publié à l’adresse suivante : http://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs1.htm).

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:07

Amis et Camarades,

joyeux Noël et bonne année !

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 12:43

Voici la seconde partie du texte écrit par le camarade Jean Grimal à l’occasion de l'anniversaire de la chute du Mur de Berlin

II/ Causes externes et internes de la défaite du « socialisme réel »

 

« 6. la RDA au cœur du combat idéologique international

Mais, la RDA était située à la frontière même de la bataille idéologique, sur le front, et cela durant toute son existence. Ainsi elle dut fournir un effort financier particulièrement important au moment où le déploiement de missiles Pershing par l’OTAN obligeait le pacte de Varsovie à des efforts militaires (1979). Elle fut en permanence sous le feu des officines idéologiques de la CIA, comme les stations de radio « Radio free-Europe » et « Voice of America » qui abreuvaient de mensonges les citoyens des pays socialistes qui pouvaient les capter.

Ainsi, peu à peu, certains habitants de la RDA se sont fait une idée fausse de ce que pourrait être leur retour dans le "monde libre" ; pensant qu’ils conserveraient leur système social et, en plus, obtiendraient le droit de voyager et de consommer. Cette crédulité ne peut être l’apanage des seuls Est-allemands : la réussite des opérations de matraquage idéologique des impérialistes fait que nombre de citoyens des pays socialistes prenaient pour de la propagande mensongère le fait qu’il existait un nombre important de chômeurs en France du temps de Mitterrand, puisque ce dernier était « socialiste ».

 

La question s’est posée de manière brûlante au moment de l’érection du mur (1961) et, vingt-huit ans plus tard, quand les impérialistes obtinrent la peau de la RDA. Il existe aujourd’hui des millions de gens, en Europe de l’ouest notamment, qui croient sincèrement que le monde est neutre et libre et que chacun peut y avoir l’avis qu’il veut sur une question donnée. Le retour en force de la religion monothéiste, sous toutes ses formes et la quasi-disparition du combat laïque pour en empêcher les ravages en est un exemple typique. Les victimes qui suivent cet obscurantisme n’ont en réalité pas plus le choix que celles qui quittèrent la RDA juste avant l’érection du mur ou qui, par leurs manifestations, contribuèrent à la chute de l’Etat socialiste. Le libre  arbitre n’existe pas dans ce monde où chacun est soumis au battage infernal de l’idéologie dominante, où toutes les aspirations populaires, si légitimes soient-elles, sont déformées et utilisées à l’encontre de ceux qui les expriment. « Les idées dominantes sont celles de la classe dominante », disait Marx, et, en 1989 comme en 1961, la classe dominante sur la planète était la bourgeoisie impérialiste.

La démocratie capitaliste est un leurre et l’affrontement de classe, à l’échelle internationale, est terrible : une lutte au couteau, où tous les coups sont permis. C’est pourquoi l’érection du mur n’était qu’un moyen de défense face à l’intense bataille idéologique des impérialistes.

 

7. Les causes externes de la fin de la RDA

 

Dans ce combat, on le sait, les prolétaires ont perdu une manche avec la disparition des pays socialistes d’Europe de l’est, et notamment de la RDA. Cela, en aucune manière n’indique l’échec du socialisme, mais seulement, qu’à ce moment de l’Histoire, les capitalistes étaient les plus forts. Malgré tout ce que nous savons de son caractère progressiste, l’Etat socialiste allemand est tombé, comme ses frères d’Europe de l’est.

 

Mais il faut rappeler les conditions de la défaite de l’URSS et du monde socialiste. Bien qu’ayant gagné sur le terrain la seconde guerre mondiale, l’Union soviétique était exsangue lorsque sa fin fut sonnée avec ses vingt-sept millions de morts et, son territoire ravagé. Au contraire, les Impérialistes US dont le sol n’avait pas servi pour les combats, étaient dans un état économique florissant. Leurs dirigeants, suivis de leurs valets britanniques, dès lors prêts à conserver la deuxième place dans le monde capitaliste, lancèrent alors la guerre froide. Il faut le savoir, dès le début, les USA s’opposèrent à ce que l’on fasse payer des réparations à l’Allemagne officiellement parce qu’elles auraient mis en danger « la restauration de l’économie européenne après la guerre » qui n’aurait pu se concevoir sans « reconstruction économique » préalable et prioritaire « de l’Allemagne ». Cet argument servit de simple masque aux objectifs américains réels, qui demeuraient antagoniques avec l’octroi de réparations aux vainqueurs militaires en 1945 pour les mêmes raisons qu’en 1919 : empêcher que les rivaux impérialistes (Grande-Bretagne et France) ou socialiste (URSS) ne puissent bénéficier de cet apport financier. Les motifs du veto étaient encore renforcés en 1945 par le fait que le principal vainqueur avait soustrait ses 22,4 millions de km2 à la propriété privée et à la libre circulation des capitaux — ce qui n’était pas le cas des deux rivaux (et gros débiteurs) français et anglais de 1919. Un apport matériel conséquent de « réparations » aurait bénéficié à des nations rivales (en premier lieu à la France en 1919, en premier lieu à l’URSS en 1945 — sans parler de l’Angleterre et des autres) : il aurait amélioré leur position concurrentielle dans le commerce international et, plus largement, dans l’économie mondiale. Il aurait grandement nui au rendement maximal des capitaux que les Américains projetaient d’exporter comme naguère et dans les meilleurs délais dans le Reich, pays européen au capitalisme le plus puissant et le plus concentré.

L’Allemagne était déjà un enjeu essentiel : l’Etat tout subordonné aux impérialistes US, créé autour de Bonn fut le cheval de Troie des USA au sein de la CEE, mais aussi le poste avancé de la lutte idéologique anti-socialiste, sans cacher les appétits de territoires des expansionnistes germaniques qui, jamais, ne dénazifièrent leur pays.

 En plus de cette bagarre idéologique sans précédent, l’URSS et les autres pays socialistes furent entraînés dans la course aux armements, subirent les conséquences des crises économiques du capitalisme, notamment en 1974, car ils ne vivaient pas en autarcie. Tout ceci mit en difficulté l’économie soviétique et le système global du COMECON, en particulier à l’époque de Brejnev. null

    Hans Globke un des "pères" des lois anti-juives nazies,

devenu "par hasard" bras droit du premier chancelier de

l'allemagne capitaliste, Konrad Adenauer.

Une bonne recrue pour les défenseurs de la démocratie !

 

8. Le rôle criminel de Gorbatchev

 

Il faut enfin évoquer les causes internes. En ce qui concerne précisément la RDA, le rôle de Gorbatchev et de ses partisans dans la direction du SED fut énorme, mais aussi l’habitude qu’avaient les vieux militants communistes allemands de faire confiance à l’URSS. La confiance inébranlable des membres de l’appareil d’Etat et du Parti envers l’Union Soviétique fut détournée de ses finalités pour servir à la capitulation. Ainsi, les dirigeants historiques de la RDA acceptèrent sans révolte d’être démis de leurs fonctions et emprisonnés ; tous restèrent communistes jusqu’au bout.

 

Ceux qui les avaient remplacé et parlaient de "tournant" ou de "modernisation de la RDA" (les Modrow, Krenz, Gysi et compagnie), qu’ils fussent sincères ou non, furent balayés par une opération qu’ils avaient servie sans la décider. Comme l’écrivit Erich Honecker dans ses mémoires : « Tandis qu’Hans Modrow, pressenti pour devenir Premier Ministre de la R.D.A. sur les conseils de Gorbatchev, rêvait à une meilleure R.D.A., Gorbatchev lui-même déclarait déjà ouvertement que l’unité de l’Allemagne était l’affaire des Allemands eux- mêmes. » Ainsi, beaucoup de citoyens de la RDA, qui voulaient plus de liberté furent utiliser comme masse de manœuvre pour la réunification de l’Allemagne qui ne pouvait avoir qu’un but impérialiste. Avec la désindustrialisation forcée et le chômage, ils tombèrent de Charybde en Sylla.

 

L’argumentation des rénovateurs de tous poils, en RDA comme ailleurs, est bien connue : faire comme s’il n’y avait pas eu de démocratie dans le Socialisme ou affirmer que la démocratie bourgeoise serait supérieure à la démocratie socialiste ne correspond pas à la réalité. Chacun, dans l’ancienne RDA, a pourtant pu se rendre compte des réalités si dures de la société capitaliste.

Non, il n’existe pas de démocratie "au-dessus des classes". Pas de véritable démocratie là où les hommes qui créent la valeur ne possèdent pas les principaux moyens de production. Là où elle fonctionne, la démocratie bourgeoise ne consiste qu’en ces espaces de liberté que les travailleurs ont pu arracher au capital par leurs luttes. Le peuple est bâillonné là où le capital détient le pouvoir. Structures et mécanismes démocratiques n’y changent rien. Leur fonction s’arrête là où le profit et les intérêts de classe sont en cause. Le peuple détient au contraire la parole sous le Socialisme. Sa volonté n’y est soumise à aucune contrainte extérieure. Il est propriétaire des moyens de production. Il s’est débarrassé de rapports d’exploitation qui, ailleurs semblent éternels comme s’ils résultaient de lois naturelles.

 

Dans cette entreprise de prise de distance radicale avec l’histoire du Socialisme, qui se déroula au travers des médias mais aussi par la diffusion de livres, au cours de représentations théâtrales, Gorbatchev, nous l’avons dit, joua un rôle essentiel. Vingt ans après son crime, le voici qui se pavane dans une interview au Figaro, au cours de laquelle il se vante d’avoir évité une guerre mondiale : le premier dirigeant soviétique qui n’a rien fait pour empêcher les USA et leurs alliés d’envahir l’Irak en 1991 serait un apôtre de la paix. Il a d’ailleurs été reconnu ainsi par les vieilles badernes au service de l’idéologie dominante du jury du prix Nobel de la paix : il s’est retrouvé en joyeuse compagnie avec les Kissinger, De Klerk, Begin et Obama, le président de l’impérialisme le plus puissant du monde. Mais, surtout, à aucun moment, Gorbatchev le repu, actionnaire principal de deux sociétés florissantes, ne parle jamais du socialisme, mais il évoque l’Europe, l’unification allemande, à laquelle il est fier d’avoir participé, même s’il nie sans grande conviction l’avoir organisée. Pas un mot pour dénoncer le chômage et la mal  vie, mais au contraire, notre renégat se réjouit que, selon lui, la majorité des Russes soit d’accord avec l’économie de marché.

 

Les paroles d’un tel personnage ne font qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que la RDA fut victime d’attaques tous azimuts de la part de l’impérialisme et qu’elle tomba non parce que le socialisme y était erroné ou criminel mais parce que les grands capitaliste ne toléraient pas l’existence d’un pays moderne dans lequel les moyens de production étaient aux mains des travailleurs. A preuve l’acharnement à effacer les traces de l’existence d’un Etat socialiste allemand, en niant toutes ses juridictions, en détruisant ou vendant à l’encan ses réalisations industrielles les plus modernes à faire passer pour des criminels les dirigeants de la RDA. A cet égard, la destruction du mur est un symbole heureux pour les tenants de l’impérialisme, comme l’emprisonnement d’Erich Honecker dans la prison de Moabit, en 1990, dans cette même prison qu’il avait connue en 1933 sous le nazisme…

 null Erich Honecker, fidèle à ses convictions communistes,

fait face à la "justice" des revanchards.

 

Nous laisserons pour terminer la parole à ce militant communiste : voici un extrait de ce qu’il a pu écrire lors de sa seconde détention à Moabit. Il s’agit d’un extrait d’un écrit publié à Berlin en 1994, après la mort d’Erich Honecker, sous le titre "Notes de Moabit".

« Depuis que le capitalisme existe, les communistes appartiennent au camp des persécutés de cette terre mais pas au camp de ceux qui n’ont pas d’avenir. Ce que nous avons réalisé pour faire vivre le socialisme sur le sol allemand n’a pas été fait en vain. Nous avons travaillé avec les partis chrétiens démocrates et libéraux de l’Est dont divers responsables se sont précipités rapidement vers les nouveaux maroquins gouvernementaux après 1989. Nous avons agi pendant quarante ans dans de difficiles conditions. Ce qui fut réalisé jouera un rôle dans l’avenir. Je pense aux rapports de production socialistes qui offraient à tous un travail, une sécurité sociale digne de ce nom, des logements aux loyers abordables, qu’ils soient ou non en béton, des crèches, des écoles maternelles, des clubs de jeunes et une vie culturelle et spirituelle de haut niveau.

Il existera une société qui offrira des perspectives valorisant l’existence de tous : ouvriers et paysans, scientifiques, techniciens, enseignants, artistes, femmes, jeunes et vieux. Le capitalisme est arrivé à ses limites. On le qualifie d’"économie de marché" parce qu’on a honte de sa vraie nature. Sa disparition demeure certaine malgré les défaites que nous avons subis et les erreurs et les insuffisances dont nous aurions pu nous passer... malgré aussi toutes les trahisons d’individus dont la duplicité a dépassé toutes les bornes.

Le monde est devenu complètement chaotique et désorienté depuis que le socialisme a disparu du sol européen. S’autoproclamant les gendarmes du monde, les Etats-Unis agissent à leur guise et imposent, çà et là, le "nouvel ordre mondial" à coup de bombes et de missiles. Bien que de nombreux "théoriciens" aient surgi du néant pour se réclamer d’un marxisme rénové, bien qu’ils se soient efforcés de dérober le cœur même de la théorie marxiste ou de la réfuter entièrement, les faits restent têtus. Il y a des lois objectives qui décident de l’évolution des sociétés humaines. Le capitalisme présente une contradiction fondamentale : celle qui oppose le caractère social du travail et le caractère privé de l’appropriation. Cette contradiction demeure malgré la capacité du système capitaliste à changer notablement d’apparence au cours de son développement.

C’est seulement lorsque cette contradiction sera dépassée, lorsque ce ne sera plus le profit qui dirigera le monde, que les conditions d’une vie véritablement humaine seront créées pour chaque individu. On parle beaucoup de réalisation de soi-même. Cela ne peut évidemment pas consister dans la perspective d’une situation où, du fait, de l’utilisation croissante et des progrès constants des technologies de pointe, seuls 10% à 20% de la population auraient encore un travail. Une société nouvelle devra trouver à chacun une place. En tenant compte de toutes ces évolutions technologiques, mais en tenant compte aussi d’autres contraintes. Cela signifie en premier lieu un travail pour chacun. Le capitalisme en est incapable, c’est plus évident aujourd’hui que jamais. La course au profit, elle-même fixe désormais des limites au système capitaliste. Il existe donc des raisons sociales profondes et déterminantes pour que s’ouvre le chemin d’une société alternative. Celle-ci sera de nature socialiste, quelles que soient les spécificités de sa structure et les modalités de son organisation concrète.

C’est pourquoi, d’un point de vue historique, mon jugement n’est pas aussi pessimiste que celui, compréhensible, de la plupart de ceux qui furent surpris par le "tournant" de 1989. La question sociale restera dans l’avenir au centre des controverses publiques dans tous les pays capitalistes. Certains ont consacré leurs forces à la réalisation de ce fameux "tournant" contre-révolutionnaire. Ils croient encore aujourd’hui ou pour le moins affirment qu’ils voulaient ainsi améliorer le socialisme, qu’ils agissaient pour que les choses aillent mieux en RDA. Ils doivent aujourd’hui faire face à d’amères réalités. Tous, nous voulions un socialisme qui soit encore meilleur. Ce qui avait été atteint ne nous a jamais suffit. Tous ces petits "réformateurs" n’ont cependant réussi qu’à livrer le socialisme à ses ennemis parce qu’ils ont écouté le grand "réformateur" : en 6 ans, celui-ci a réussi à désarmer le P-C-U-S-, dont il était Secrétaire Général et à mener l’U.R.S.S. à l’anéantissement. » »

 

Fin

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 12:12

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un texte écrit par le camarade Jean Grimal à l’occasion de l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Vous ne serez pas sans remarquer que l’auteur a des opinions plus tranchées que les miennes

Toutefois, on trouve bien un témoignage d’une « simple » citoyenne dans la « RDA vue d’en bas » ou une critique de film d’un autre camarade dans « La vie des autres ou l’histoire malmenée », alors pourquoi n’accueillerait-on pas une analyse « orthodoxe » de la fin de la RDA prise dans le contexte plus général de la défaite du camp socialiste ?

 

 

I/ RDA et pays socialistes : rétablir la vérité face à la propagande capitaliste

 

« La chute du mur de Berlin : que commémorentils ?

 

Un tapage sans précédent est organisé, notamment par mes media, véhicules habituels de l’intoxication et de la désinformation, autour de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. On sent bien que, pour les capitalistes du monde, et spécialement de France, cet événement fait chaud au cœur. A tel point que Radio France, organe de l’Etat capitaliste au service des actionnaires, va se fendre d’une journée d’émissions spéciales pendant l’ensemble de la journée. Bien sûr, les journalistes protestent… Mais c’est seulement parce qu’ils veulent dix émissions différentes au lieu d’une seule sur toutes les chaînes de radio.

Evidemment, pour les héritiers des Wendel, Prouvost, Renault, Lehideux, Schneider, qui, depuis les années trente jusqu’en 1945 pour certains d’entre eux, ont choisi Hitler, ont vendu la France pour cela, puisque leurs dividendes augmentaient, la destruction du mur est un souvenir bien plus suave que la victoire de l’Armée rouge contre le nazisme les 8 et 9 mai 1945…

Voyons un peu ce que cherchent les idéologues de l’impérialisme à travers cette commémoration.

 

1. Il faut enterrer l’idée communiste

 

Le message est spécialement à l’attention des peuples des pays capitalistes d’Europe de l’ouest, spécialement le nôtre. Il s’agit de rappeler à celles et ceux qui auraient des velléités de contester le capitalisme, ce que les religieux monothéistes appellent la « doxa », la loi immuable. Cette loi immuable consiste en un article unique : « Le communisme est mort. »

 

Avec celui de la chute du mur de Berlin, nous fêtons l’anniversaire de la fameuse déclaration de l’historien américain Fukuyama qui proclama la « fin de l’Histoire ». L’obsession de nos dirigeants politique, de la bourgeoisie qu’ils représentent et de tous les parasites à leur service, historiens stipendiés ou journalistes, est d’empêcher la perception par les salariés de l’existence d’une autre conception du monde basée sur la propriété collective des moyens de production et d’échange.

 

Cette affirmation renouvelée qu’il n’y a plus de socialisme, plus d’idée communiste, révèle, si on l’analyse entre les lignes, la peur perpétuée de voir renversé le pouvoir de la bourgeoisie. Marx et Engels l’écrivirent en leur temps, dans le Manifeste du parti communiste  : « Un spectre hante l’Europe : le communisme. »

 

Il n’y a là rien de neuf. C’est la même « peur de la sociale » qui avait motivé les grands capitalistes Krupp et Thyssen allant chercher Hitler et fabriquant le parti nazi ; Reagan écrasant le régime populaire de l’Ile de la Grenade et finançant les « Contras » au Nicaragua ou encore Robert Schuman, ancien ministre de Pétain et valet des maîtres de forges créant la Communauté européenne…

 

2. Il faut faire oublier que tout ne va pas si bien pour l’impérialisme

 

Plusieurs émissions de télévision, notamment sur la très anticommuniste Arte, nous ont alertés sur un phénomène qui court dans l’est de l’Allemagne baptisé l’ostalgie. Voilà donc des gens qui vivent dans le paradis de la liberté capitaliste et ont le culot de regretter les temps de l’ancienne RDA, qui était pourtant un régime qualifié de totalitaire.

Mesurant concrètement la différence de leur condition de vie entre avant et après 1989, un nombre non négligeable d’Allemands de l’est pensent qu’ils ont beaucoup plus perdu que gagné à la chute du mur. Ils ont troqué une société sans chômage, dans laquelle les besoins essentiels étaient satisfaits contre une liberté de consommer totalement illusoire, puisque l’on n’a pas les moyens d’acheter.

 

Tout cela n’est pas de nature à rassurer les idéologues de l’impérialisme, alors nos journalistes français glosent sur les mauvaises raisons des « ostalgiques », se moquent d’eux avec un rien de mépris ; mais les faits sont là…

 

3. Il faut encore et toujours mentir, déformer la vérité sur le socialisme

 

Au milieu de tas d’autres opérations, notamment autour de la seconde guerre mondiale, les idéologues bourgeois ne se privent pas d’en rajouter une louche dans l’anticommunisme. Ils font feu de tout bois et l’occasion de taper encore sur les sociétés collectivistes ne se refuse pas.

 

4. Rétablissons la vérité historique

 

La RDA était la 7e puissance économique mondiale, et, contrairement à ceux de certains des pays socialistes voisins, ses habitants disposaient d’un niveau de vie le plus haut de tous les pays socialistes et comparable à celui des grands pays capitalistes de l’ouest, encore même au moment de sa fin ; et ce malgré les effets de ralentissement de l’économie socialiste soviétique dus à la période dite de la stagnation (le temps de Brejnev) et au fonctionnement du COMECON, où, depuis les années soixante-dix, les décisions se prenaient un peu trop en fonction des seuls intérêts soviétiques.

 

En 1989, la RDA était un pays industriel moderne, doté d’une agriculture compétitive et d’un système social quasiment sans exemple nullailleurs dans le monde. L’aciérie à convertisseur d’Eisenhüttenstadt était la plus moderne d’Europe. L’agriculture nationale approvisionnait, depuis les années 1980, le commerce alimentaire. Le chômage était, pour les citoyens de la RDA, un mot exotique. Tout cela dans un pays qui ne disposait d’aucune matière première économiquement stratégique et devait donc les importer.

 

Pourtant, ce petit pays de 17 millions d’habitants était né sur les décombres laissés par la seconde guerre mondiale : en 1945, 40 % des installations industrielles et 70 % des centres de production d’énergie étaient détruits sur le territoire de ce qui devait devenir la RDA. Lançant la politique de guerre froide, les dirigeants US organisèrent un véritable blocus contre la zone d’occupation soviétique, puis contre la RDA. La division en deux Etats de l’Allemagne fut le fait des impérialistes états-uniens et britannique qui décidèrent unilatéralement la création de la RFA conservant le cœur industriel et énergétique de l’ancien Reich en mai 1949.

 

La riposte des soviétiques et des Allemands de l’est fut, en octobre 1949, la création de la RDA. Elle fut portée sur les fonts baptismaux par Wilhelm Pieck, Otto Grotewohl et Walter Ulbricht (dirigeants communistes et sociaux-démocrates réunis en 1946 dans le parti socialiste unifié S.E.D.) mais aussi par Otto Nuschke, Wilhelm Kuelz et Johannes Dieckmann (dirigeants chrétiens-démocrates et libéraux restés en R.D.A.) Il s’agissait de rendre une vie meilleure possible pour la population qui habitait désormais la RDA : 17 millions de personnes dont 4,3 millions de personnes déplacées. Dans cette action, le SED fut soutenu par des partis traditionnellement implantés dans la bourgeoisie. La RDA fut fondée à l’initiative du bloc antifasciste des partis démocratiques grâce à un mouvement de masse très large « pour l’unité et une paix juste ».

Les fondateurs de la RDA se lançaient dans une entreprise titanesque : il fallait réorganiser de fond en comble la société que leur avaient léguée les capitalistes et les propriétaires fonciers, cette société marquée par le fascisme et par la guerre.

L’Allemagne de l’est ne disposait pas, en 1945, des cadres nécessaires pour diriger l’industrie et l’agriculture. Personne ne savait qui pourrait prendre la tête d’entreprises comme Buna ou Zeiss. Cette question ne fut résolue que plus tard, après un puissant effort de formation et, dans beaucoup de secteurs, pas avant la fin des années 50.

 

5. Quels besoins la société socialiste avait-elle satisfaits en RDA ?

 

Il existait une totale sécurité en matière sociale, garantie par le caractère socialiste des rapports de production.  Les réalisations furent exemplaires en matière de construction de logements, de conventions collectives, de possibilités de vacances offertes à tous à des prix abordables. L’Etat socialiste a ouvert la voie des universités aux enfants d’ouvriers et de paysans. La condition des femmes était une des plus avantageuses en Europe (salaire égal, contraception, divorce, etc.). On y vit la création systématique de crèches pour les enfants, d’écoles maternelles ainsi que d’autres institutions leur étant destinées, la mise en place de l’école de dix classes, moderne et d’enseignement général qui nivelait le chemin de la vie devant tous les enfants issus du peuple, un système de formation professionnelle initiale correspondant aux besoins, englobant toutes les branches professionnelles et débouchant pour tous sur un emploi, la multiplication des grandes écoles et l’extension du système de santé. Il y eut et il reste de grandes réalisations culturelles, ce qui fut reconnu dans le monde entier.

Les créateurs de la RDA étaient des Résistants, de farouches antinazis, bien plus que leurs collègues de l’ouest. Aussi, au nom du socialisme, renoncèrent-ils à la tradition impérialiste et dominatrice des gouvernants allemands. La contribution à la paix mondiale et spécialement européenne de l’Etat socialiste allemand fut sans commune mesure. Par exemple, la reconnaissance internationale de la ligne Oder-Neisse n’aurait pas été possible sans la politique de la RDA Celle-ci négocia et ratifia le traité de Görlitz (traité par lequel la RDA reconnut sa frontière avec la Pologne, 100 000 km2 au détriment de l’Allemagne) et se préoccupa de garantir le caractère pacifique de la nouvelle frontière avec la Pologne. Cela ne fut pas sans mal, et il fallut se heurter à l’incompréhension des citoyens parmi lesquels on comptait près de 4,3 millions de "personnes déplacées" de ces régions. »

A suivre...

 

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 17:17

Un de mes camarades me fait parvenir un texte à l’occasion de la rediffusion de La vie des autres.

« ARTE, la petite chaine franco-allemande, reprogramme jeudi 28 novembre La vie des autres réalisé par Florian Hencke von Donnersmarck en 2006, avec Ulrich Mühe, Thomas Thieme, Martina Gedeck.

Martina Gedeck.

 

Synopsis : au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georges Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa‑Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent pas aux idées du parti.

Le ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...

 

 Le réalisateur du film, conscient des limites de ce type d’exercice, précise qu'il n'a pas fait un film historique : « Mon but, dit-il, était de raconter une histoire sur des personnes réelles, mais en sublimant cette réalité et en adoptant un point de vue émotionnel ».

 

En effet ce n’est pas un film historique, quelques remarques :

 

Sur le scénario du film : au milieu des années 1980 l’histoire du ministre de la Culture envoie la STASI surveiller un grand intellectuel du théâtre pour le piéger. En effet il cherche à se substituer dans le lit de sa femme (je fais court sur l’intrigue). Et bien le ministre de la Culture de l’époque, Klaus Höpcke, qui en a été aussi le dernier ministre, est un intellectuel de haut vol, intègre et sans reproche, je l’ai encore vu dans une interview sur ARTE il y a quatre ans. Il n’a évidemment rien à se reprocher et ni même à lui reprocher. Malgré les suggestions occidentales après la chute du mur, personne n’a eu de tels accusassions (harcèlement sexuel, etc.) à formuler contre les élites de la RDA. Dans la réalité aucune intrigue de ce genre n’a existé, c’est totalement invraisemblable. Cela n’enlève rien à la qualité du film et au magnifique jeu des acteurs.

 

Sur le personnage principal, Gerd Wiesler, interprété par le regretté Ulrich Mühe (allemand de l’Est) brillant officier de la STASI : ses convictions et sans doute ses propres sentiments pour l’actrice compagne du dramaturge –convoité par le ministre lubrique- le pousse à ne pas faire se qu’on lui demande. En somme, il désobéit à un ordre qui lui demandait d’organiser une intrigue à des fins personnelles du ministre.

 

J’apporte donc une critique « sublimant cette réalité et en adoptant un point de vue émotionnel ». Merveilleuse démonstration de l’homme nouveau du socialisme, pétri d’un l’humanisme militant. Gerd Wiesler, n’a fait qu’appliquer sa raison d’être de communiste allemand, soldat politique de la STASI et sa devise: « l’esprit clair, le cœur chaud, les mains propres ».

 

Références :

http://www.ascinema.ch/index.php?option=com_content&view=article&id=106:la-vie-des-autres--florian-henckel-von-donnersmarck&catid=78&Itemid=178 ;

http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=55&PN=7

http://fpbchb.wordpress.com/

http://www.csis-scrs.gc.ca/pblctns/cmmntr/cm04-fra.asp »

 

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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