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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 12:34

Ce match a été la seule rencontre entre les équipes nationales des deux états nés de la division de l'Allemagne à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. L'ambiance pendant le match est explosive

Les deux équipes sont certes déjà qualifiées pour le deuxième tour, mais ce duel fratricide a pour enjeu la première place du groupe et, bien sûr, le prestige. Pour la RFA, qui s'est imposée face au Chili (1:0) et à l'Australie (3:0), un match nul serait suffisant pour prendre la tête de la poule. Pour la RDA, en revanche, il faut absolument gagner. La sélection de Georg Buschner a en effet battu l'Australie (2:0) mais n'a ramené qu'un nul (1:1) de sa rencontre avec le Chili.

Au Volksparkstadion de Hambourg, il y a 60 000 spectateurs, dont 1 500 citoyens est-allemands.

MarchRDA-RFA-1974-1.jpg

Dès le début, le match est empreint de respect mutuel. Aucune des deux équipes n'a l'intention de quitter le terrain vaincue ce soir-là et les deux formations se neutralisent. Les occasions de but se font rares.

C'est finalement dans le dernier quart d'heure, que tout se joue. Jürgen Sparwasser, bien placé, contrôle de la tête, des épaules et de la poitrine à la fois. Les défenseurs Berti Vogts et Horst-Dieter Höttges sont si surpris par cette manœuvre que Sparwasser peut pénétrer dans la surface de séparation et place une frappe imparable à cinq mètres, offrant ainsi la victoire (1:0) à son équipe. C'est le premier but encaissé par la RFA après 481 minutes de jeu.

 

MatchRDA-RFA-1974-2.jpg

Jürgen Sparwasser, est apprenti constructeur de machines âgé de 26 ans en 1974 a disputé en tout 53 matches sous le maillot de la sélection est-allemande (15 buts).

La première place du groupe, acquise par la RDA grâce à cette victoire sur la RFA, ne s'est pas vraiment avérée être un avantage : les Allemands de l'Est ont été confrontés à des adversaires difficiles, les Brésiliens (0:1), les Argentins (1:1) et les futurs vice-champions néerlandais (0:2), et ont dû se contenter de la troisième place de leur poule.

 

D'après le site de la FIFA.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:07

La RDA a connu trois principaux types de commerce de détail :La particularité essentielle des coopératives est d’accorder à la fin de l’année une ristourne à leurs adhérents proportionnelle au montant de leurs achats.

-      le commerce privé ;

-      le commerce nationalisé (Handelsorganisation, HO) ;

-      la coopérative de consommation.

Vers la fin des années 1950, un quatrième type de commerce sera créé, l’entreprise commissionnée : l’entrepreneur restant juridiquement indépendant, il touche une commission sur la vente des marchandises bien que ces dernières ne lui appartiennent pas.

 

MagasinDePoupee.jpgTous les magasins du secteur socialiste sont entourés de commissions visant principalement à contrôler leurs activités et à faire valoir les désirs de la population.

La part de chacun de ces types de commerce variera en fonction duKonsum.jpg développement socialiste, des besoins économiques et des choix politiques. L’imbrication de ces facteurs rend parfois hasardeuse l’analyse de ces variations. On peut cependant dégager quelques lignes de force. La construction du socialisme [–et son accélération-] explique que la part du secteur privée passe de 37,9 % en 1950 à 6,6 % en 1964. Cette tendance se poursuit encore quelques années puis, dans les années 1970, est jugée excessive, les commerçants privés ayant une expérience professionnelle et une connaissance de la clientèle irremplaçables. En 1983, la part des entreprises privées dans ce secteur est de 5,4 %.

 

1konsument.jpg

Un Konsument à Cottbus.

 

Dès le début des années 1970 des grandes surfaces sont ouvertes. En 1984, on en compte trente ; elles s’appellent Centrum si elles appartiennent au secteur nationalisé et Konsument si elles dépendent des coopératives.

Les camions-bazars sillonnent pendant de longues années les campagnes.

Au début des années 1970 des maisons de vente par correspondance sont actives ; les deux  principales, situées respectivement à Leipzig et Karl­‑Marx‑Stadt génèrent un chiffre d’affaire de 468 millions de mark en 1972. Au milieu des années 1980 ce secteur a pratiquement disparu.

Le recours au crédit est peu fréquent. D’après un document daté de 1969, l’achat à tempérament concerne les produits manufacturés de grande valeur, il est tenu compte du revenu mensuel du débiteur, une partie de la somme doit être payée comptant et le crédit doit être remboursé en deux ans maximum.

SacDelikat.jpgIl existe des magasins qui vendent des produits rares, Exquisit et Delikat (il n’y en a pas dans les années 1950). Ces commerces sont plus chics donc plus chers ! On y va pour les grandes occasions ou pour faire un petit « extra ».

Les Intershops proposent des produits –souvent importés- contre des devises « importées »… je veux dire convertibles !

Comme souvent, les Allemands de l’Est sont priés de ne pas rester des « citoyens passifs ». Ainsi, les consommateurs sont invités à participer à diverses instances (ex. groupes de membres des coopératives de consommation).

On ne peut que se féliciter de cette volonté des autorités de faire participer le peuple aux affaires du pays, mais les contraintes extérieures et certaines rigidités idéologiques, empêchent la pleine réalisation de cet objectif.

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 13:29

Fussball1974.jpg

 

En 1974, l’équipe de football de la RDA accède au second tour en compagnie de la RFA. Toutefois, pour y arriver l’équipe est-allemande bat son homologue ouest-allemande 1-0 sur son terrain à Hambourg. C’est l’équipe du Brésil qui arrête la vaillante équipe de la RDA.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:17

Vous en avez assez de ces représentations pléthoriques, stéréotypées et souvent très orientées de la RDA !

Vous ne supportez plus ces photos, ces films et ces récits saturés de poncifs malveillants : les habitants déambulent tristement dans un univers de grisaille, les enfants défilent en uniforme devant des autocrates séniles, les gens sont entassés dans d’immenses cités-dortoirs à l’aspect carcéral, etc.

 

Moi aussi j’en ai assez.

Et je réagis. Dans cet article, j’ai sélectionné quelques clichés du milieu des années 1970 qui montrent une autre RDA, une RDA fraîche et EN COULEUR !

Ce n’est qu’un début…

 


   

 

Ci-dessous, on voit des enfants des jeunes. Ceux-ci bénéficient des nombreux avantages sociaux et culturels rendus possibles par l’instauration du socialisme.ElevesSurLePont.jpg

PetitsStructure.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  ParcoursEnfants.jpg                            EnfantsCiteFleurs.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Voici des habitations variées, souvent fleuries. FenetresArbre.jpg

DifferentsTypesHabitats.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  CiteFleurie.jpg  CitePlantationArbre.jpg  EnfantsResidence.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos extraites de Berlin heute, haupstadt der DDR, Berlin Information, 1977.

 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 17:17

Nous avons déjà évoqué dans un autre article le fait que la seule richesse minière abondante en RDA est le lignite.

ReconstitutionTerres.jpgSon extraction, sans mesures d’accompagnement, a de graves conséquences sur l’environnement. Les millions de tonnes de lignite produites exigent la mise en friche de dizaines de milliers d’hectares.

Dès 1969, le Code mineur pose les fondements juridiques de la remise en état des terrains. Dans son article 13, il stipule notamment qu’« immédiatement après l’exploitation, les terrains utilisés à des fins de prospection, d’extraction et de retenue seront restitués dans leur qualité première, en priorité à l’agriculture. »

Ces textes ne sont pas que des vœux pieux, ils traduisent une volonté politique. Ainsi, de 1965 à 1985, 44 000 hectares affectés par l’extraction minière, soit près de 80 % du sol utilisé à cette fin, sont reconstitués.

Un plan de reconstitution des sols doit être préparé par l’entreprise avant le début des travaux et la responsabilité de cette dernière ne prend fin qu’à la remise des terrains à l’agriculture. Ce souci de l’écologie a un coût, c’est pour cela que le calcul de son amortissement se fait sur une période allant de 6 à 10 années.ReconstitutionTerres-2.jpg

La reconstitution des sols n’est pas toujours orientée vers l’agriculture ou la sylviculture, elle profite parfois au tourisme populaire. En lieu et place des mines on trouve des centres de vacances, les fosses d’extraction devenant de petits lacs bordés de forêts…

Dans d’autres secteurs, les responsables du pays n’ont pas été aussi prévoyants. Toutefois, en ce qui concerne l’extraction du lignite, la RDA nous donne une leçon de « développement durable » !

Source des illustrations : brochure intitulée Protection de l'environnement : objectif et résultats, éditions Zeit im Bild,1985.
Sur la photo, on peut voir des bulldozers recouvrant les terrils d'une couche de un à deux mètres de terre végétale.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 13:17

Sans vergogne, je me permets de copier un article d'un autre bloc-notes qui complète mes textes sur la révolution de 1918-1919 et celui sur la commémoration du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain Romain Rolland.

 

RevueCommuneRosaLuxemburg

 

 

 

En mai 2000, la revue La Commune consacrait son numéro à Rosa Luxemburg. Le premier article est un document: un article de Romain Rolland publié en février 1919 après l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Il s'ouvre sur la mise en garde face à la résurrection des forces du militarisme, de la monarchie et sur la description d'une foule nationaliste à l'œuvre (on y décèle déjà les forces qui permettront l'émergence d'Hitler) et se termine par ces mots :

 

... Et dans combien d'esprits devaient retentir les dernières paroles du chef, le dernier article écrit par Liebknecht  dans   la Rote Fahne la veille de sa mort, « Malgré tout » de Spartacus expirant.

 

Malgré tout.

 

Spartacus écrasé ! Oui, ils ont été écrasés. Les ouvriers révolutionnaires. Oui, cent de leurs meilleurs ont été massacrés. Cent de leurs plus fidèles ont été jetés en prison. Oui, ils ont été écrasés. C'était une nécessité historique qu'ils fussent écrasés. Les temps n'étaient pas mûrs encore ... Mais il y a des défaites qui sont des victoires; et il y a des victoires qui sont plus funestes encore que des défaites. Les vaincus de la semaine sanglante de janvier ont lutté pour des choses grandes, pour le plus noble but de l'Humanité souffrante, pour la rédemption morale et matérielle; ils ont versé pour des choses saintes leur sang qui est devenu saint. Et de chaque goutte de sang surgiront les vengeurs... Le chemin de croix de la classe ouvrière allemande n'est pas encore fini. Mais le jour de la rédemption approche. Le jour du jugement universel pour Ebert, Scheidemann, Noske, et pour les potentats capitalistes qui se cachent derrière eux. Si nous ne vivons plus quand le but sera atteint, notre programme vivra. Il dominera le monde de l'humanité rachetée. Malgré tout.

 

Plus d'une fois ce malgré tout retentira comme un cri de ralliement, dans les batailles sociales de l'avenir. Les répressions sanglantes ne l'étoufferont jamais. Mais c'est la première fois que le socialisme se trouve du côté du pouvoir contre le prolétariat. Situation bien grave qui en accentuant l'isolement du prolétariat, risque de donner à ses luttes un caractère d'âpreté désespérée dont le monde souffrira. Ces frères ennemis ne le comprendront-ils pas ? Les passions personnelles n'abdiqueront-elles pas devant l'intérêt commun ? Le récit que je viens de faire de ce « janvier rouge » à Berlin, montre qu'en tout cas, le peuple ouvrier voit plus clair que ses chefs et voudrait l'union de tous les travailleurs. Ce n'est pas d'aujourd'hui que nous savons qu'il y a plus de bon sens dans le peuple qui travaille que dans la bourgeoisie qui est sortie de lui et se hâte de le renier. Ces cinq années de guerre ont mis en pleine lumière sa supériorité de raison saine et humaine sur ses chefs empoisonnés d'orgueil et d'idéologie.

KarlLiebknechtHaus.jpg

 

Source : http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-l-article-de-romain-rolland-apres-les-assassinats-de-r-luxemburg-et-k-liebknecht-51065044.html

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 13:26

Les contempteurs du « socialisme réel sont souvent silencieux quand il s’agit de répertorier les crimes et les abus du « capitalisme réel ».

PlakatKpd-Verbot.jpgLa plupart des anticommunistes ne s’encombrent pas de nuance pour envoyer en enfer la « RDA totalitaire » pendant qu’ils encensent la « vertueuse RFA ». Dans leur représentation allégorique celle-ci incarne la Liberté terrassant le Mal.

Les chroniqueurs de l’air du temps « oublient » que cet Etat, dans les années 1950, est infiltré par les nazis (régulièrement démasqués par le Mfs – la Stasi-), ne trouve rien de plus urgent que de persécuter l’opposition anticapitaliste et d’interdire le Parti communiste (KPD).

Dès le 19 septembre 1951, les communistes sont chassés des emplois fédéraux. Cette situation durera des années.

Un peu plus tard, les dirigeants communistes sont condamnés pour avoir rédigé, avec des responsables du SED, et diffusé un programme de réunification nationale. C’est étrange, nos médias qui sont tous allés à Berlin n’ont pas pensé à saluer ces courageux précurseurs. On se demande bien pourquoi…

Le tribunal constitutionnel, après avoir subi des pressions de l’exécutif, prononce le 17 août 1956 une sentence d’interdiction du KPD. Certes, ce parti, affaibli par la persécution nazie et la guerre, subissant une terrible campagne anticommuniste digne des régimes franquiste et salazariste, est passé de 5,7 % des voix en 1949 à 2,2 % en 1953. Mais la répression ne frappe pas que le KPD, elle s’étend à des gens de gauche non communistes et vise à empêcher toute velléité d’opposition au système. Sont interdits : l’Union démocratique des femmes, le Jeunesse libre allemande, la Société d’amitié avec l’Union soviétique, etc. des membres du Mouvement de la paix seront condamnés à de la prison ferme en avril 1960.

PlakatKpd-Verbot-1977.jpgOn ne peut faire « l’impasse » sur l’attitude de la social-démocratie.  Celle-ci explique en partie l’acharnement anticommuniste. Malheureusement, force est de constater que le SPD, une fois débarrassé de ses éléments de gauche, poursuit sa politique d’alliance avec la bourgeoisie. C’est déjà cette stratégie qui avait permis l’écrasement de la révolution spartakiste, la répression du mouvement de 1923 dans lequel apparaissent les centuries prolétariennes et l’avènement du fascisme.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 17:17

Ces derniers temps, les journaux ont utilisé beaucoup d’encre pour analyser les contacts entre Günter Grass et le Mfs. Une majorité de personnes croient, souvent sincèrement, que les grandes maisons d’édition de la RDA n’éditent que des œuvres respectant le « réalisme socialiste » ou les écrits des auteurs marxistes ou sympathisants… Le nombre de préjugés, de malentendus et de critiques fondées ou non est impressionnant. Mais les faits correspondent peu à ces constructions de l’esprit. Ce petit pays de dix-sept millions d’habitants peut s’enorgueillir de donner à tous ses citoyens la possibilité de faire partie de l’élite culturelle. Le livre et la littérature illustrent parfaitement cette démarche.

zimmering-1-.jpgLe manque de ressources naturelles, les obligations de la RDA vis à vis des autres pays socialistes et notamment vis-à-vis de l’Union soviétique, les effets négatifs de son insertion dans le commerce international et certaines décisions malheureuses dans le domaine de l’économie ont des répercussions dans le monde de l’édition, la principale étant le contingentement du papier et, par voie de conséquence, le tirage souvent insuffisant des livres. Mais c’est pratiquement le seul frein matériel au succès jamais démenti du livre.

Les livres entrent dans la catégorie des produits ayant des prix fortement subventionnés. Le réseau des bibliothèques est particulièrement dense, il y a les bibliothèques des syndicats, les bibliothèques de l’Etat ouvertes à tous (près de 13 500*) et celles réservées aux chercheurs (33*). Les principaux fournisseurs des bibliothèques sont les maisons d’édition de la RDA (78**). Contrairement à une idée reçue, elles ne sont pas toutes étatisées, certaines appartiennent à des institutions religieuses, d’autres sont propriété privée.

Déjà, au milieu des années 1960, les éditeurs imprimaient 8 à 9 000 ouvrages à cent millions d’exemplaires ! Il faut inclure dans ce chiffre quinze millions d’exemplaires destinés à la jeunesse.BitriebBibliothek.jpg

Que publie-t-on ? Les classiques allemands (Goethe, Schiller, etc.), les auteurs plus récents (Berthold Brecht, Anna Seghers, Stephan Heim, Christa Wolf, Volker Braun, Heiner Müller, etc.) et aussi de nombreuses traductions. Les auteurs français tirent leur épingle du jeu, on retrouve sans surprise Aragon et Romain Rolland et les autres écrivains de la même famille de pensée ; la présence de Voltaire, de Balzac ou de Daudet ne surprend pas vraiment ; des écrivains comme Robert Merle ou Jean-Paul Sartre connaissent des hauts et des bas ; enfin le fait que l’on rencontre le Marquis de Sade, Louis-Ferdinand Céline ou Eugène Ionesco dans certaines anthologies prouve que rien n’est simple en RDA.

Si l’approche de la littérature souffre parfois d’étroitesse, elle permet, d’une part, de faire un sort à la « littérature de gare » et, d’autre part, d’empêcher les auteurs de se réfugier dans leur « tour d’ivoire ».

 

*chiffres de 1983.

**chiffre de 1979.

J’invite le lecteur à lire ou à relire les articles abordant des sujets en rapport avec celui de ce texte :

Une date, une image : 24 avril 1959, conférence de Bitterfeld

Une date, une image : 1966, 100e anniversaire de la naissance de Romain Rolland

Une date, une image : 1969, parution de La France, abrégé historique  

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:17

 

 

 Les quelques notes biographiques ci-dessous constituent un élément de plus dans cette question qui a animé l’« allemagnesocialiste » entre décembre 2009 et janvier 2010 (http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/25-index.html).

Elles vont même dans d’autres directions...

 

EmilFuchs.jpgEmil FUCHS, né le 13 mai 1874 à Beerfelden (Odenwald), décédé le 13 février 1971 à Berlin. Théologien, socialiste, quaker et écrivain.

De 1894 à 1898, il étudie la théologie protestante de l'Université de Giessen. Durant son année de service militaire, il atteint le grade de sergent. A Rüsselsheim, il cofonde une académie populaire. En 1921, en Thuringe, il fonde un groupe de travail, les « religieux socialistes ». Fuchs est également actif dans le Mouvement populaire pour la culture et l'éducation des adultes.

Après la Première Guerre mondiale, en 1921, Fuchs rejoint le SPD qu’il quittera en 1947* (ou 1949). Il participe à la Ligue nationale des socialistes religieux, dans laquelle il est longtemps actif comme membre du conseil.

En 1933, Fuchs est exclu de l'Association des professeurs d'université. La même année, il est arrêté et condamné à un mois d'emprisonnement pour avoir « insulté le Gouvernement ». Il sera désormais sous la surveillance de la Gestapo.

Après la Seconde Guerre mondiale, il obtient un poste de professeur à l'Université de Leipzig, où il enseigne la théologie et la sociologie de la religion de 1949 jusqu'à sa retraite en 1958.

En RDA, Fuchs est de nouveau politiquement actif. En collaboration avec les quakers, il veille à ce que les soldats puissent refuser de porter les armes dans l'Armée populaire, en effectuant leur service national comme « soldats de construction » (ou soldats du génie). En 1954, il est nommé membre d'honneur de la CDU par Otto Nuschke.

Le 2 septembre 1961, il est à la tête d'une délégation de citoyens chrétiens, dignitaires de l'Eglise et théologiens, qui ont des entretiens avec le président du Conseil d'État, Walter Ulbricht sur le statut des chrétiens. Fuchs meurt à Berlin-Est en 1971.

La reconnaissance publique se traduit par l’attribution de nombreux prix. Entre autres, il obtient en 1953 la médaille de la paix, il est reçu dans l'Ordre du Mérite de la patrie en 1954. En 1964, il reçoit le Drapeau de travail. Cinq ans plus tard on lui attribue le doctorat honorifique de l'Université Humboldt de Berlin et l’Etoile de l'amitié internationale.

Klaus Fuchs est le troisième fils d'Emil Fuchs . Très jeune, il s’intéresse à laKlausFuchs.png politique et devient membre du Parti communiste allemand. Lorsque les nazis arrivent au pouvoir, il se réfugie en Angleterre via la France. En 1943, il est transféré aux Etats-Unis d’Amérique où il commence à travailler sur le projet Manhattan. Durant cette période il fournit des notes très détaillées sur le projet atomique aux Soviétiques.

L’union soviétique étant envahie par l’Allemagne nazie, Klaus Fuchs estime que l'URSS est en droit de savoir ce que les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni préparent.

Une fois son réseau démantelé par le FBI, il avoue ses activités et est condamné à quatorze ans d’emprisonnement, le maximum prévu par la loi britannique pour avoir fourni des secrets militaires à une nation alliée. Après avoir effectué neuf ans de sa peine, il est autorisé à rentrer en Allemagne de l’Est. Il s’installe à Dresde et reprend sa carrière scientifique et donne des cours de physique à l'université.

Depuis 1967, il est membre du Comité central du SED, depuis 1972, entre 1974 et 1978 il fait partie du Présidium de l'Académie des sciences de la RDA. En 1984, il est nommé chef des conseils scientifiques pour la recherche sur l'énergie et sur les principes de la microélectronique. Il reçoit plusieurs décorations officielles. En 1983, il devient membre du comité sur les questions scientifiques relatives à la sauvegarde de la paix et le désarmement et membre honoraire du Conseil de recherche de la RDA. Il meurt en 1988 à Berlin-Est. Son urne de trouve dans le cimetière Lichtenberg Friedrichsfelde à Berlin.

 

On le voit, la religion, la politique et les activités de renseignement sont étroitement imbriquées, ce qui ne facilite pas l’interprétation des faits. Cependant, dans l’état actuel de mes connaissances, et sans fausse naïveté, je considère que ces deux citoyens de la RDA ont « bien mérité de la Patrie » !

 

 

 

Sources :

* http://www.uni-leipzig.de/unigeschichte/professorenkatalog/leipzig/Fuchs_608

-   http://fr.wikipedia.org/wiki/Emil_Fuchs ;

-   http://www.bbkl.de/f/fuchs_em.shtml ;

-   http://de.wikipedia.org/wiki/Klaus_Fuchs ;

-    http://de.wikipedia.org/wiki/Klaus_Fuchs ;

-     http://school.kiweo.com/1/576/ ;

-      http://www-personal.umich.edu/~sanders/214/other/handouts/chr_spy.html .

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:17

Manuel En 1951, parait en deux tomes le premier manuel de français, Ici la France, aux éditions Volk und Wissen.

Dès 1947, Madeleine Wintgen-Belland et Georg Wintgen se mettent à élaborer un manuel de français. La première est institutrice, elle a été membre de l’UJFF et elle a eu des contacts avec la Résistance ; le second a étudié la philologie romaine, la physique et les mathématiques à l’Université de Leipzig, en 1945 il est membre du Parti communiste. Tous deux choisissent délibérément de s’installer en zone d’occupation soviétique.

Un officier de l’Armée rouge supervise leur travail et donne des directives « soviétiquement correctes ». Néanmoins, cette tutelle ne doit pas être trop pesante car Georg Wintgen confie en 1993 « Nous avons choisi ce que nous connaissions et ce qui nous plaisait. »

L’apparition de la guerre froide et la division de l’Allemagne va favoriser le russe, qui deviendra première langue obligatoire, au détriment du français.

En 1951, le ministère de l’Education publie les directives anglais-français pour le second cycle. En voici deux extraits significatifs : « L’apprentissage des langues étrangères favorise la compréhension mutuelle entre les peuples. », « [la langue étrangère] permet l’accès à des créations littéraires de grande importance pour l’humanité en général. ». Le manuel s’inscrira dans cette démarche.

Les auteurs d’Ici la France essaient de légitimer leur travail et da valoriser le français. Ainsi, ils écrivent « le peuple français d’aujourd’hui, sous la conduite de la classe ouvrière, est à la tête des peuples d’Europe occidentale pour la paix et le progrès. Par leurs œuvres et leurs actions, les grands écrivains vivants, les artistes et les savants mènent ce même combat. »

Dans le manuel, environ 20 % des textes sont à caractère littéraire. Toutefois, une anthologie de Werner Krauss, parue en 1952, complètera Ici la France dans ce domaine.

Le manuel présente une famille ouvrière habitant à Pantin. Sa structure est patriarcale. Le père et un de ses fils sont engagés, l’un à la CGT, l’autre à l’UJRF. Cependant, les auteurs évitent la caricature.

La paix est le thème principal de ce manuel. Frédéric Joliot-Curie, récipiendaire de la première médaille Staline pour la paix, est particulièrement honoré, aussi bien pour ses mérites scientifiques que pour son engagement en faveur de la paix et pour le bannissement des armes nucléaires. Grâce à lui, la France semble être une force dirigeante du combat pour la paix.

Les guerres coloniales occupent aussi une place conséquente car elles altèrent l’image de la France considérée comme le pays des Droits de l’Homme. Mais ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui sont visés en premier lieu : « Le gouvernement français, poussé par les impérialistes américains, donne l’ordre de combattre la jeune République vietnamienne ».

Le manuel cite Fils du peuple de Maurice Thorez et consacre deux pages à la Fête de L’Humanité.

L’histoire de France commence à la Révolution française. Curieusement Robespierre et les Jacobins sont ignorés. Les guerres franco-allemandes sont abordées, la collaboration entre les classes servant à expliquer à la fois les conflits internes à la France et les conflits entre la France et la Prusse. Les différentes facettes de la France durant la Seconde Guerre mondiales sont évoquées : l’occupation, la Résistance, mais aussi Pétain, la collaboration, la déportation, etc.

La littérature est représentée par Molière, La Fontaine, Verlaine, Vigny, Zola, la comtesse de Ségur, Aragon, etc.

Ampelm__nnchenNeu_1-1-.jpg 

En résumé, c’est une France laïque et républicaine qui sert de base à l’entente franco-allemande. L’impérialisme est l’ennemi en soi, tandis que l’URSS devient l’amie et l’alliée de la France républicaine et révolutionnaire. Bien que différentes l’Allemagne socialiste et la France républicaine empruntent en toute fraternité le chemin du Progrès !

 

Ne soyez pas triste…

C’était hier (ou avant-hier).

 

Ce sera demain (ou après-demain) !

 

Faits extraits de Image de la France en République démocratique allemande, une histoire oubliée, dir. Dorothee RÖSEBERG, éditions L'Harmattan, 2004. Ces fait ont été –très- librement sélectionnés et interprétés…

Couverture du livre : http://www.agrotinas.de/shop/articlelist.aspx?vt=Lehrbuch

 

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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