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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 21:43

Petits et grands, amis et camarades, à vos crayons !

Redonnez ses couleurs au Sandmännchen (le Marchand de sable de la télévision de la RDA). N'oubliez pas le rouge !

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 13:00

 

Source de l’image : https://www.bild.bundesarchiv.de/dev06/barchpic/2009/09-10/dd/6f/f0/athene-5qx3bb14wro4g0qvdop_layout.jpg

 

Je tiens à donner des précisions sur une initiative intéressante du conservatoire Frédéric-Chopin (http://conservatoirechopin.free.fr/). D’ailleurs, vous trouverez ci-dessous son pré-programme complet.

Bien sûr, en le lisant  on n’échappera pas à la « vision policière » du régime. Le film La vie des autres, qui n’est guère apprécié sur ce blog (http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-la-vie-des-autres-ou-l-histoire-malmenee-61224334.html), étant la version cinématographique de cette obsession. Cela dit, les initiateurs de ce projet ont le mérite de montrer et de démontrer que la RDA n’était pas un avatar de la zone d’occupation soviétique.

C’est loin d’être par hasard que certains dirigeants de cette république la présentaient comme une « nation cultivée »…

 

Joseph a supprimé les illustrations du document original pour les remplacer par les illustrations de son choix.

 

« Musique d'un pays qui a disparu, musique et chant de la RDA : 1949-1989 »

Samedi 8 et dimanche 9 novembre 2014 au Conservatoire Frédéric-Chopin,

43 rue Bargue - 75015 PARIS (information : 01 42 73 15 32)

Introduction / Vorwort

Le Traité d'unification signé entre la Chambre du Peuple de la République démocratique allemande (RDA) et le gouvernement de la République fédérale d'Allemagne est entré en vigueur le 29 septembre 1990. Le soir même à 20h, au Centre culturel de la RDA, boulevard Saint-Germain à Paris, se sont retrouvés pour la dernière fois quelques amis de l'autre culture allemande pour un concert d'adieu en présence des derniers représentants du pays, c'est-à-dire la bibliothécaire et le chauffeur. Ce fut un moment très fort : une page se tournait sous nos yeux, un livre se fermait.

Une barrière artificielle et infranchissable entre les deux moitiés d'un peuple, d'une ville et parfois d'une famille, voire d'une maison a été érigée dans la nuit du 13 août 1961. Appelée par les autorités « Mur de protection antifasciste » pour empêcher l'un d'aller vers l'autre, elle a été vécue de façon cruelle par des millions de nos frères d'Europe, qu'ils fussent à l'est ou à l'ouest. Cependant, et pour continuer à vivre et à espérer, les citoyens de la République démocratique allemande ont dû faire face à cette situation avec les moyens du bord et dans les circonstances qu'ils étaient bien obligés d'accepter. Nous sommes nombreux à avoir vu dans le film remarquable La Vie des Autres jusqu'où le pouvoir est allé pour assurer que cette douleur ne déborde jusque dans la rue.

Et pourtant, comme partout où l'homme vit sous le joug d'un autre, la culture de ce pays complexe ne se résume pas à un film, quand bien même il puisse s'agir d'un chef-d’œuvre. D'autres voies se sont creusées pour permettre l'espoir et un moment d'évasion privé afin d'échapper au regard du voisin dont nul ne pouvait être sûr qu'il ne fût un pion au service de l'Etat. Parmi celles-ci, la musique a joué un grand rôle. Qu'il s'agisse de chant choral ou de chanson populaire, de musique d'orchestre ou de chambre, d'un récital d'orgue ou d'une marche militaire, elle a permis de penser à autre chose et de partager, au-delà des idées politiques, un horizon unique. Dans cette aventure culturelle, dont le monde non-communiste s'est toujours étonné, la musique de Bach a été une présence permanente. Représentante, en quelque sorte, de la foi des pères fondateurs de l'Allemagne protestante, cette musique a porté en elle la foi de milliers de citoyens allemands qui n'avaient plus d'autres prétextes légitimes pour se rendre à l'église.

Nous espérons que cette bien modeste contribution à la mémoire de la musique allemande nous permettra de mieux connaître ce patrimoine dont toute une partie reste à découvrir. Car nous avons l'impression que, lorsque les deux Allemagnes se sont réunies, non sans peine, un peuple a disparu, dont le témoignage musical est cependant essentiel.

Je tiens à remercier pour leurs précieux soutien et collaboration l'ambassade d'Allemagne et son ambassadeur, Susanne Wasum-Rainer, l'Institut Goethe et son directeur Joachim Umlauf, la paroisse de l'Église protestante allemande et ses pasteurs Gesine et Martin Beck, le député-maire du XVe, Philippe Goujon et son adjointe à la culture Elisabeth de Fresquet, les services de la Mairie du XVe, l'administration et tous mes collègues et amis des conservatoires du XVe et du IXe qui m'ont suivi bénévolement dans cette aventure musicale et humaine et enfin le professeur Kurt Masur, dont l'exceptionnel courage au moment du soulèvement populaire a permis à son peuple d'éviter le pire.

Alles in Ordnung. Keiner weiß Bescheid1.

Peter Vizard

Directeur du Conservatoire

 

1 dicton populaire entendu à Leipzig en 1972.

Samedi / Samstag

Samedi 8 novembre 2014 à 14h

Kammermusik für junge Musiker Musique de chambre pour jeunes musiciens

Œuvres pour guitare, piano et chœur de : Theodor Hlpuschek, Andre Asriel, Hanns Eisler, Jürgen Golle et Johann Sebastian Bach.

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Samedi 8 novembre 2014 à 16h

Stimmen /Voix

Œuvres pour voix et chœur d'hommes de : Reiner Bredemeyer, Hanns Eisler et Johann Sebastian Bach.

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Samedi 8 novembre 2014 à 18h

Georg Katzer erzählt / Rencontre avec Georg Katzer

Georg Katzer, pionnier de la musique électronique en Allemagne de l'Est et grande personnalité musicale, parle de son œuvre et l'acte de composer sous un régime communiste.

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Samedi 8 novembre 2014 à 20h

Récital pour piano, Franck Gutschmidt

Oeuvres pour piano et piano avec électronique de : Paul Dessau, Georg Katzer, Friedrich Goldmann, Christfried Schmidt et Johann Sebastian Bach.

 

Frank Gutschmidt est né en 1971 à Brandebourg-sur-la-Havel (Allemagne). En 1986 et 1988, il remporte le premier prix du Concours national « Johann Sebastian Bach » à Leipzig et « Franz Liszt » à Weimar. Il obtient le Prix Parke Davis en 1991 et le prix de l’Académie de Musique de Rheinsberg (Allemagne) en 1995. Soliste passionné de musique de chambre, il se consacre à des œuvres phares de musique nouvelle. C’est aux Cours internationaux Stockhausen à Kürten (Allemagne) que Frank Gutschmidt est récompensé, en 2001 et 2002, pour son interprétation des Klavierstücke de Stockhausen. Depuis l’été 2003, il enseigne aux Cours Stockhausen en tant que maître de conférences. En 2006, il participe à la première de la nouvelle œuvre pianistique Natürliche Dauern 1–15. De ce cycle, il enregistre sur CD sept pièces – qui lui sont dédiées – dans le cadre de l’édition des œuvres complètes de Stockhausen. Avec le soutien de l'Institut Goethe.

 

 Source : http://www.briefmarken-bilder.de/ddr-briefmarken-1950-bilder/johann-sebastian-bach-bachjahr.jpg

Dimanche / Sonntag

Dimanche 9 novembre 2014 à 10h

Table ronde, « La liberté de créer en RDA »

Animée par Georges Schneider (journaliste), Georg Katzer (compositeur), Peter Vizard (directeur) et d'autres intervenants. Une discussion sur les contraintes de la liberté, son prix et sa valeur.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 14h

Die neuen Leiden des Jungen W. / Les nouvelles souffrances du jeune W.

Extraits de la pièce de théâtre d'Ulrich Plenzdorf, produite en catimini en 1972 pour la première fois à Halle, qui a tant fait pour l'ouverture du régime après le départ du président Walther Ulbricht.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 16h

Kammermusik / Musique de chambre

Oeuvres pour piano et harpe de Tilo Medek, Jörg Herchet et Johann Sebastian Bach.

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Dimanche 9 novembre 2014 à 18h

Friedensgebet / Prière pour la paix

Reprenant les prières pour la paix (Friedensgebete) qui ont eu lieu à l'église Saint‑Nicolas de Leipzig à partir de 1982 où chrétiens et non-croyants se réunirent pour imaginer ensemble une vie meilleure, notre week-end se clôt avec une réflexion musicale et poétique en compagnie des deux pasteurs de l'église protestante allemande au 25 rue Blanche, 75009 PARIS (métro Trinité).2

2 Rencontre organisée à l'Eglise évangélique allemande, 25 rue Blanche, 75009 PARIS - Métro Trinité

 

Le 15 décembre 1981, côte à côté sur un banc de la cathédrale de Güstrow, le chancelier fédéral Helmut Schmidt et le président du conseil d’Etat de la RDA Erich Honeckerécoutent la musique jouée par l’orgue.

Source : http://www.mitteldeutsche-kirchenzeitungen.de/2011/12/12/%C2%BBals-kirche-dem-druck-standgehalten%C2%AB/

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 20:23

Pour une fois, on peut trouver quelques chose d’intéressant dans un papier du Monde. Le correspondant du célèbre quotidien du soir a visité une exposition de photographies de presse au Musée d’histoire à Berlin et en a tiré un article judicieusement intitulé « Plus belle la vie en RDA » qui a paru dans l’édition datée du 14 juin 2014.

L’auteur nous confirme qu’en RDA, à la différence de nos sociétés bourgeoises d’Occident, la propagande est définie et assumée officiellement ; ainsi, dans une revue spécialisée de 1959 il est écrit qu’elle a pour but « (…) de contribuer à l’amitié entre les peuples, assurer la paix et accélérer le bouleversement socialiste en RDA ». J’ai choisi deux exemples de cette forme d’agit-prop parmi ceux présentés par le journaliste. Une photo d’un couple amoureux pour inciter la population à manger du poisson. Un cliché d’une jeune agricultrice radieuse pour tenter de retenir les jeunes femmes à la campagne. On peut chercher longtemps ce qui caractérise le mieux ce type de travail : souci du bien commun, naïveté, volontarisme, etc. Afin de ne pas se perdre dans cette réflexion on peut se reporter avec profit à la fin de l’article. En effet, la conclusion de l’auteur est pleine de bon sens, elle sort du manichéisme en vigueur et, à ce titre mérite d’être citée dans son intégralité : « Lors de la réunification, les Allemands de l’Ouest prétextèrent en effet la présence d’amiante dans [le Palais de la République] pour le détruire. Et, aujourd’hui, qu’y construit-on à sa place ? A nouveau le château des rois de Prusse. Même si celui-ci est censé abriter non pas les bureaux de la chancelière Angela Merkel mais un musée d’ethnologie et des collections d’art asiatique, on ne peut s’empêcher de penser que l’ex-RDA n’avait décidément pas le monopole de la propagande. ». Nous sommes effectivement submergés par la propagande, mais celle-ci est multiforme, intrusive et ne dit pas toujours son nom.

A l’heure où les grands moyens d’informations en bons militants de la mondialisation capitaliste font résonner les tambours de guerre, notre regard que nous portons sur ces clichés peut être empreint d’indulgence voire même de nostalgie.

 Exposition : « Couleurs pour la République ».

Musée d’histoire allemande, Unter den Linden 2, Berlin.

Cette exposition est visible jusqu’au 31 août 2014. Joseph a peut-être pris un peu trop de recul !

 

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 12:33

Je remercie la personne qui m'a informée que le conservatoire Frédéric Chopin, situé dans le quinzième arrondissement de Paris, nous proposait une idée originale pour les 8 et 9 novembre 2014 :

« Un week-end de musique d'Allemagne de l'Est, afin de ne pas oublier ce que fut ce pays et son peuple artiste entre 1949 et 1989.

 

 

Musique d'un pays disparu

Une rencontre musicale autour des compositions issues de la RDA. 30 ans de création musicale souvent dans des conditions très difficiles, peu connues à l'Ouest du temps du mur de Berlin et encore moins connues après la réunification. Avec la participation des élèves du conservatoire et du CNSMDP.

Entrée gratuite, comme toujours, mais sur réservation.... »

 

„Eine musikalische Erinnerung an die DDR. Damit die Schöpfung dieses Landes nicht verloren geht, werden uns die Studenten des Conservatoire Frédéric Chopin und des pariser Conservatoire Musik aus dieser Zeit hören lassen.

Jedes Konzert klingt mit einem Werk von JS Bach aus.

Das Programm vom 8. und 9. November 2014 steht ab September 2014 zur Verfügung, auch auf unserer Website - http://conservatoirechopin.com/

Eintritt, wie immer, frei. Es wird empfohlen, zu reservieren“

 

Informations pratiques

Lieu : conservatoire Frédéric Chopin

Adresse : 43, rue Bargue 75015 PARIS

Numéro de téléphone : 01 42 73 15 32

Métro : station Volontaires (ligne 12) ou station Pasteur (ligne 6)

Autobus : lignes 88 et 95 ou 70, 39, 80

Site : http://conservatoirechopin.free.fr/

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:16

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J’ai profité de quelques nuits calmes dans mon Poitou pour lire. Ce faisant je n’ai pas perdu mon temps. Dans la montagne de livres, j’ai jeté mon dévolu sur L’honneur perdu de Katharina BlumDie verlorene Ehre der Katharina Blum oder Wie Gewalt entstehen und wohin sie führen kann– paru en 1974. Sa lecture est, comme on le dit plaisamment, édifiante.

L’auteur de ce roman, Heinrich Böll, reçut le prix Nobel de littérature et son œuvre fut adaptée pour le cinéma. Sur un site destiné aux enseignants, il est écrit « On ne peut donc faire l'impasse sur ce contexte pour le moins pesant dans l'écriture du roman et celle du film : une première piste  d'analyse peut prendre tout simplement le film comme témoignage d'un moment de l'histoire allemande - et du cinéma allemand, voire européen. ». L’œuvre, sans être la réalité, est considérée comme un témoignage valide et c’est à ce titre que je vais l’employer.

 

Le livre a pour cible principale la « presse de caniveau », il permet aussi au lecteur de constater à quel point les autorités de la RFA avait persuadé de nombreux citoyens ouest-allemands de la dangerosité du communisme, voire de son caractère proprement démoniaque ! null

En RDA, la propagande attaquait, parfois violemment, le camp d’en face, avec une efficacité relative. En revanche, à l’Ouest, la haine du « rouge » était largement partagée. En voici un exemple tiré du livre. « (…) le passé de Mme Woltersheim n’était guère plus vierge que celui de Mme Blorna. Née à Kuir en 1930, Else Woltersheim était fille naturelle d’une ouvrière, laquelle vivait encore. Mais où ? En RDA et ce nullement par contrainte mais au contraire de son plein gré ; à plusieurs reprises en effet, d’abord en 1945, puis en 1952 et enfin en 1961 peu avant l’édification du mur, on lui avait offert de revenir à Kuir, son pays natal où elle possédait une petite maison et un arpent de terre. Mais elle l’avait toujours refusé et chaque fois catégoriquement. ». Etonnant, non ?

 

En Allemagne de l’Ouest il était facile de devenir communiste, même si on ne l’était pas. Mais laissons l’héroïne principale décrire ce processus. « (…) j’ai pensé à mon père qui passait son temps à rouspéter et à vitupérer contre tout, l’Etat, l’Eglise, les autorités, les fonctionnaires, les officiers et que sais-je encore, mais qui, dès qu’il avait affaire à l’un d’eux, se jetait à plat ventre et c’est tout juste s’il n’en pleurnichait pas d’obséquiosité (…) Et bien entendu j’ai pensé aussi au curé qui à l’école m’appelait toujours “notre petite rouge” ; je ne comprenais pas ce qu’il entendait par là et toute la classe s’esclaffait parce qu’alors je devenais rouge pour de bon. ». Il faut ajouter que son pauvre bougre de père avait eu le malheur d’affirmer dans un bistrot de village que « le socialisme [n’était] certainement pas ce qu’il y [avait] de pire ». Point besoin de Stasi, s’occupant de la « vie des autres » pour être marqué au fer… rouge !

 

Enfin, la dernière citation me semble liée à ce climat d’anticommunisme violent et permanent. La voici : « Il s’agit en vérité d’un aveu spontané de Konrad Beiters qui en cette occasion a reconnu être un ancien nazi, seule qualité qui lui vaille probablement de n’avoir attitré l’attention de personne. »

 

Cet anticommunisme, à la fois institutionnel et viscéral ainsi que cette attitude « compréhensive » envers les nazis ont cimenté la RFA qui, depuis la fin des années 1990, est parvenue à asseoir, petit à petit, « l’hégémonie douce » de la nouvelle Grande Allemagne…

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 12:33

Ma route a croisé celles d’artistes qui, lors d’un spectacle à mi-chemin entre le théâtre et le cirque, posent les bonnes questions sur la chute du Mur. J’ai même l’impression qu’à travers elles, les spectateurs peuvent trouver des réponses sensées ou du moins celles que je considère comme telles…

 

Je vous invite à vous rendre sur le site de la compagnie Escale qui vous donnera un aperçu du spectacle :

http://www.escaletheatregestuel.net/spectacle/spectacles-au-repertoire/122-est-ou-ouest-proces-d-intention

 

La compagnie sera bientôt dans la capitale :

- du 27 au 30 septembre : Cirque électrique - La dalle aux chapiteaux (Paris 20e) – jeudi 27 au samedi 29 à 21 heures, dimanche à 16 heures ;

 

-         du 5 au 23 décembre : la Cartoucherie - théâtre de l'Epée de Bois (Paris 12e) - du mardi au samedi à 21 heures, le dimanche à 18 heures, relâche le lundi.

 

Bonne rentrée…

Et joyeuse agit-prop !

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:17

Je m’efface devant cette critique de Barbara qui dépasse de loin tout ce que j’aurais pu écrire sur ce film ! En effet, les subtilités cinéphiliques  sont loin de constituer mon point fort.

Le lecteur assidu de ce bloc-notes se doute bien que je ne cautionne pas toutes les analyses politiques du critique…

Par ailleurs, j’estime que Good bye Lenin ! n’est pas « niais » mais volontairement naïf. De la même façon, La Vie des autres me semble plus glauque que « schématique ».

On remarquera que la RDA continue d’intéresser, voir de fasciner, un large public. Le nombre des entrées de ces long métrages en témoigne : environ 1 million 200 mille entrées pour Good bye Lenin !, presque 1 million 500 mille pour La Vie des autres et plus de 180 mille pour Barbara (entre le 2 et le 22 mai 2012).

 

« Barbara : « un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse »

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Récompensé de l’Ours d’argent de la mise en scène à la dernière Berlinale, Barbara de Christian Petzold propose une vision colorée, sensible et pleine de justesse de ce que fut la vie de milliers d’allemands en RDA. Interprété et réalisé avec brio, rien ne manque à cette vraie bouffée d’air frais tranchant avec le reste des films abordant cette époque. Allemagne de l’Est, 1980. Barbara, pédiatre dans un hôpital de Berlin Est, soupçonnée de vouloir rejoindre l’Ouest, est mutée dans un hôpital de province, on ne sait où. Réservée et peu sociable, elle se tient à l’écart, entretenant le mystère autour des raisons de son arrivée et apparaissant aux autres comme une berlinoise hautaine, elle a exercé à l’hôpital de renom la Charité. André, le médecin chef, ours inoffensif, admire seul son professionnalisme et tombe sous le charme de cette nouvelle recrue.

 

De son côté, Barbara apparaît comme une opposante au régime communiste, portant un œil critique et amer sur les méthodes médicales archaïques exercées à l’Est dont le manque d’humanité l’insupporte, en témoigne, au contraire, l’amitié qu’elle nouera avec une jeune patiente. Dans sa vie privée, on apprend qu’elle entretient une relation passionnée avec son amant de l’Ouest, avec lequel elle organise son départ clandestin.

 

Christian Petzold propose une grille de lecture sans fard, très vraisemblable, dans laquelle le contexte historique, sans totalement disparaître, ne constitue pas pour autant le leitmotiv. Si les éléments historiques sont bel et bien présents, en témoignent la surveillance et les humiliations subies par l’héroïne par les autorités, le film intègre avant tout les aspects positifs de la vie de ses personnages, la promenade d’André et de Barbara à vélo dans les sous bois, l’instant où Barbara joue au piano… Ce film rompt avec la vision niaise et schématique développée dans Good bye Lénin ! (2003) et La Vie des autres (2007). Ainsi, il n’est pas non plus surprenant d’apprendre qu’André soigne la fille du policier en charge de surveiller Barbara. Nul besoin de s’attarder sur cet élément, car le propos se situe ailleurs, dans la difficulté qu’éprouve Barbara à orienter ses propres choix.

 

Si celle-ci semble au début prête à tout, distante et critique face à cette société malade, il lui apparaît in fine avoir autant de raisons de rester en RDA que d’en partir. À voir la relation ambiguë, presque vaine, qu’elle entretient avec son amant, rien n’est, en réalité, moins sûr qu’elle trouvera en RFA son bonheur. Sans doute est-il en effet tout aussi louable de rester pour s’investir auprès des malades et sans doute existe-t-il, pour d’autres, la nécessité de trouver véritablement refuge en RFA. Dans un environnement plus complexe qu’il n’y paraît, aucun choix ne résiste au doute. Le style suffisamment contemplatif, intimiste et l’atmosphère ouverte permettent d’être au plus près de la vérité de notre héroïne et des doutes qui traversent son esprit comme celui d’André, la scène lors de laquelle André livre à Barbara son interprétation de la Leçon d’Anatomie de Rembrandt en constitue un exemple probant.

 

Magnifiquement interprétée par une Nina Hoss aux traits tendus et à la sensualité débordante, Barbara n’est pas sans nous rappeler les Trois vies de Rita Vogt (2000) de Volker Schlondorff et le jeu d’actrice de Bibian Biglau. La valeur ajoutée de Barbara, tant au cinéma allemand qu’à la filmographie traitant de cette époque, réside dans sa tension et la force de son propos. Renouant par son style avec le cinéma d’auteur, Christian Petzold offre un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse pour plusieurs générations d’allemands, qui montre avec psychologie la complexité de la situation à laquelle la population a été confrontée, tant sur un plan professionnel, moral que privé. De très bons, et beaux, acteurs, en particulier Nina Hoss. De quoi avoir envie de découvrir la filmographie de Christian Petzolz. »

 

Par Dextarian, publié le 28 mai 2012.

Sources :

·        http://www.news-de-stars.com/barbara/barbara-un-temoignage-authentique-et-juste-d-une-epoque-douloureuse_mrm380594.html

·        Site allociné pour la fréquentation des salles.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:15

 

Christa Wolf et Walter Ulbricht le 7 octobre 1964. L'écrivain obtint ce jour-là le

Prix national de la République démocratique allemande. 

 

Ces derniers jours, nombre de publicistes et de commentateurs, patentés ou non, en arriveraient presque à décerner à titre posthume à l’écrivain Christa Wolf le diplôme de « dissidente » ! Pour eux, on ne peut pas être à la fois un grand écrivain et une communiste fidèle, douter et croire en même temps. Cette dualité n’échappe pourtant pas à mon curé de campagne.

Si Christa Wolf fut parfois critique à l’égard du régime, elle défendait le socialisme et dans une large mesure ceux qui le « mettaient en musique ».

De 1963 à 1967 elle fut membre suppléante du comité central du SED et, à partir de 1974, membre de l'Académie des arts de la RDA 1. Selon les sources, son départ du comité central était soit une démission, soit une exclusion. Les deux interprétations me semblent valables et ont le même effet ! En revanche, les causes du départ de l’écrivain, connue pour ses avis parfois « hétérodoxes », ne me paraissent pas aussi évidentes que pour certains…

En 1976, elle recevait un « blâme sévère » de la direction du SED en raison de son soutien public à Wolf Biermann.

Le 26 novembre 1989, elle soutenait l'appel « Für unser Land » (« Pour notre pays ») [la RDA] et « contre le bradage de nos valeurs matérielles et morales ». Cet appel affirmait qu’il était encore possible de construire une alternative socialiste à la RFA en se référant aux idéaux antifascistes et humanistes 2.

Dans Auf dem Weg nach, Adieu aux fantômes, paru en 1994, elle critiquait vivement la façon dont s'était faite la réunification : « Beaucoup de gens qui vivaient en RDA se sont sentis bafoués, humiliés, exclus, on ne les pas reconnus. C'est sûrement ce qui m'a fait le plus mal » 3

 

Sources :

1. « Von 1963 bis 1967 war sie Kandidatin des ZK der SED und seit 1974 Mitglied der Akademie der Künste der DDR. », http://de.wikipedia.org/wiki/Christa_Wolf#Politisches_Leben_und_Literaturstreit ;

2. http://www.ddr89.de/ddr89/texte/land.html ;

3. http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/12/01/christa-wolf-ecrivain-de-l-ex-rda-laisse-une-uvre-marquee-par-le-doute-et-l-espoir_1612135_3382.html.

 

 

Après ces quelques mises au point, l’article paru dans l’Humanité ne me semble pas inintéressant. Et surtout je n’ai pas eu trop de mal à l’écrire !

 

J’ajouterais à la liste donnée par l’Huma la nouvelle traduction de Der geteilte Himmel parue récemment chez Stock sous le titre Le ciel divisé.

 

« Christa Wolf, la plus grande romancière est-allemande est morte

Elle est morte jeudi à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Une des figures incontournable de la littérature allemande, mais aussi de l’engagement politique s’est éteinte.

Il n’y a pas si longtemps, elle fêtait son quatre-vingtième anniversaire à l’académie de Berlin des Beaux Arts, c’était l’occasion pour l’Humanité de lui rendre à hommage, en compagnie d’écrivains, politiques et universitaires du monde entier qui considèrent Christa Wolf non seulement comme [un grand écrivain], mais aussi comme une maître à penser. François Mathieu écrivait alors plein d’espoir à son sujet : « On vient de fêter le quatre-vingtième anniversaire d'un grand auteur de langue allemande. Le jury Nobel, qui attribua récemment son prix à Günter Grass et Elfriede Jelinek, pourrait en raison d'une vie et d'une œuvre, miroir de tous nos combats, lui attribuer son prix 2009. » (…)

 Auteur qu’on a connue très tôt en France. Dès son premier ouvrage, Le Ciel partagé, un roman d'amour avec pour fond la division de l'Allemagne, est publié en RDA en 1963 et paraît l'année suivante aux Éditeurs français réunis. Par la suite, ses romans ont été très vite traduits et édité en France. Née en Prusse Orientale en 1929, Christa Wolf fuit en 1945 avec sa famille devant l'Armée rouge dans le Mecklembourg. De nombreux thèmes hérités de cette période, comme la guerre, la captivité, la perte du pays natal, de la confiance et du sens de la vie, les illusions, la peur de la mort, seront au cœur de ses romans.  Après des études de germanistique, Christa Wolf travaille dans l'édition. Communiste convaincue, elle s'oppose néanmoins à la soumission de l'art et de la culture au pouvoir politique. Son opposition lui vaut la perte de son siège au comité central du Parti socialiste unifié, et sa mise sous surveillance par la sécurité - d'État. C’est alors qu’elle « revisite » le romantisme allemand et nombre de ses œuvres et vies d'écrivains. Jusqu’à proposer un dialogue entre deux des plus grands suicidés de la littérature romantique allemande.

En 1990, elle publie Ce qui reste où elle révélait ses accointances avec la STASI en tant que «collaboratrice non officielle» de 1959 à 1962, soulevant une vague d'indignation dans les médias. Un peu après, elle s’en est expliquée dans une conférence terriblement émouvante : Ils ne m'auront pas, article publié dans l’Humanité en 1996.

(…)

Bibliographie sélective

- Correspondance entre Christa Wolf et Franz Fühmann (1968-1984). Monsieur, nous nous retrouverons, Aufbau-Verlag, Berlin, octobre 1995.

- Ce qui reste, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1990.

- Cassandre, roman traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein.

- Christa T., roman traduit par Marie-Simone Rollin, Seuil, 1972.

- Le Ciel partagé, roman traduit par Bernard Robert, Editeurs français réunis, 1964.

- Trame d'enfance, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1971.

- Aucun lieu, nulle part, traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein, Alinéa, 1985.

 

                                                                                      

                                                                                 Jean-Claude LEBRUN

Source : http://www.humanite.fr/culture/christa-wolf-la-plus-grande-romanciere-est-allemande-est-morte-485087 »

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 12:13

Ci-dessous, le second article consacré à l'ouverture du centre culturel. Il est presque aussi précieux qu'un incunable !

« « L’ombre portée de la bougie »

Le premier centre culturel de la R.D.A. en France a ouvert ses portes, cette semaine, à Paris, quelques jours après son homologue français à Berlin. Inauguré par le ministre des Affaires extérieures des deux pays. Il devrait en principe contribuer à mieux promouvoir une culture qui reste presque totalement méconnue du public français. A l’heure où, dans l’autre Allemagne, le gouvernement du chancelier Kohl lance une grande opération de normalisation des Instituts Goethe - les établissements culturels de la RFA à l'étranger, jugés trop pluralistes - on attend de ce centre qu'il présente l'image la plus complète possible d'une culture à la fois diverse et riche en contradictions

Hermann Kant, le président de l'Union des écrivains de la R.D.A., est venu à Paris pour la circonstance. Romancier, à juste titre réputé pour son brillant, son impertinence et le mordant de son trait, il n'hésite pas à déranger certaines habitudes de pensées en abordant dans ses œuvres des sujets restés longtemps tabous en R.D.A., comme les départs à l'Ouest, le soulèvement du 17 juin 1953 ou la passivité de nombreux ouvriers allemands face aux atrocités commises par les nazis dans les territoires occupés. Il considère en effet que la littérature doit vérifier la validité des limites de tous ordres auxquelles elle se heurte : il lui appartient alors de les repousser, voire d'en montrer la caducité. Il suffit de jeter un regard sur le passé pour mesurer l'importance de cette contribution.

Comme la plupart de ses confrères est-allemands, Hermann Kant est méconnu en France. Un seul de ses romans, L'Amphithéâtre (paru en 1965 !), a trouvé grâce auprès d'un éditeur français (Gallimard). Un créateur talentueux, président de l'Union des écrivains, intéresse moins qu'un dissident à la plume épaisse. Mais à ces raisons purement idéologiques, Hermann Kant en ajoute une autre, d'ordre économique: Il y a dans les pays capitalistes entre la littérature et le lecteur une barrière tellement infranchissable - celle du prix des livres - qu'un éditeur y regarde à deux fois avant de mettre sur le marché, un livre de la R.D.A., à fortiori quand l'auteur en est inconnu.

A cet égard, il faut aussi évoquer le poids du passé, dans la mesure où la littérature est-allemande a longtemps tendu à donner une image flattée de la réalité, qui n'était pas faite pour susciter la curiosité du lecteur étranger. En mai dernier, lorsdu dernier Congrès des écrivains, Hermann Kant lui· même y faisait allusion, en. déclarant que « L'enjeu, ce n'est pas un éclairage plus favorable des événements, mais leur mise en lumière ». Il s'adressait moins aux écrivains eux-mêmes qu'à une partie de ceux qui forment l'opinion en R.D.A. et qui ne comprennent pas que l'on éclaire d'une lumière crue, comme dans une salle d'opération, des choses peu agréables qu'il faudrait plutôt embellir.

Nous écrivons des livres...

Et quand on rappelle à Hermann Kant la phrase de Christa Wolf: « Il faut s'habituer au fait qu'en R.D.A. aussi il y a des gens qui meurent », il répond: « Presque tout le monde cite cette phrase; seulement chez nous, on ne l'a pas encore tout à fait entendue. »

D'autres pratiques peuvent constituer une gêne pour la diffusion de la littérature de la R.D.A., comme récemment ces deux articles de Wilhelm Girnus parus dans Sinn und Form, qui tendaient à discréditer, dix mois avant sa parution en R.D.A., le dernier livre de Christa Wolf, Cassandre. Pour Hermann Kant, toute cette affaire ressortit à une question d'optique: « Mettez sur une table une petite bougie derrière une petite bouteille et vous aurez une ombre portée considérable. De l'extérieur, on voit cette ombre gigantesque, mais on oublie qu'il s'agit d'une petite bougie et d'une petite bouteille ... Wilhelm Girnus a raison de critiquer Christa Wolf dans la mesure où, quand on veut parler d'un balai, il faut l'appeler un balai; mais là où il a tort, c'est quand il postule qu'un écrivain doive se servir d'un balai comme on s'est toujours servi d'un balai ! »

On peut tout de même remarquer que des écrivains se tiennent maintenant à l'écart. Cette situation ne préoccupe-t-elle pas le président de l'Union des écrivains ? Hermann Kant voit les choses de manière plutôt pragmatique: « Je ne me lasse pas de répéter que toute absence, toute disparition d'un talent est une perte, parfois énorme, comme dans le cas de Jurek Becker. A son propos, je vais vous raconter une histoire absurde; cela deviendra peut-être le sujet d'un livre: L'autre jour, je me suis rendu en voiture à Berlin-Ouest pour le compte de l'Union des écrivains; au Check Point Charlie, s'arrête dans la file opposée une voiture dans laquelle se trouvait Jurek Becker, il venait faire un tour à Berlin-Est. Nous sommes sortis pour nous serrer la main et je me suis alors mis à penser à nos itinéraires respectifs: moi, venant de Hambourg, m'établissant en R.D.A. et me rendant aujourd'hui à Berlin-Ouest; lui, venant de l'Est, s'établissant en R.F.A., et se rendant aujourd'hui à Berlin-Est ! Et je me suis dit que l'important, c'était que nous écrivions des livres et que nous fussions partie prenante d'une même littérature... ! »

Incontestablement, Hermann Kant reconnaît et revendique la diversité de la littérature de la R.D.A. - « Il ne viendrait à l'esprit de personne de ne pas considérer Hemingway comme un auteur américain, et pourtant, il a vécu des années à Paris, puis en Espagne ! » - mais il pense que l'on a trop tendance - alors que l'on sous-estime les questions littéraires dans les pays capitalistes - à les surestimer quand il s'agit d'un pays socialiste comme la R.D.A.

L'ouverture du nouveau Centre culturel doit permettre de donner une image plus fidèle de ce qui s'écrit et se publie, aujourd'hui, en R.D.A. Elle devait aussi, en facilitant un contact direct entre les auteurs invités et le public français, réduire les effets de la « pankowlogie », cette désinformation à laquelle Hermann Kant fit, non sans ironie, souvent allusion au cours de cet entretien.

Entretien réalisé par

JEAN-CLAUDE LEBRUN » 

L’Humanité du 17 décembre 1983.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 12:40

 

J’ai exhumé deux reliques ! Il s’agit d’articles datant du méso-marchaisien…

Plaisanterie mise à part, il est pratiquement impossible de les trouver sur la Toile.

Voici le premier article in extenso.

« Nouvelle étape de la coopération

Centres culturels de la RDA à Paris el de la France à Berlin

Le premier a été inauguré par le ministre des Affaires étrangères de la République démocratique allemande Entretien Mitterrand-

Oskar Fischer, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique allemande, est arrivé hier à Paris. Dans l'après-midi, il a été reçu à l'Elysée par le président François Mitterrand. Il s'est d'autre part entretenu avec Claude Estier, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, ainsi qu'avec Alain Savary, ministre de l'Education nationale.

Dans la soirée, Oskar Fischer a inauguré le centre culturel de la RDA à Paris. Claude Cheysson, ministre français des Relations extérieures, est attendu prochainement à Berlin où va s'ouvrir un centre culturel français. Claude Cheysson offre aujourd'hui un déjeuner en l'honneur d'Oskar Fischer.

Le centre culturel de la RDA est installé 117, boulevard Saint-Germain, à deux pas du métro Odéon, dans un bel immeuble construit au siècle dernier par Charles Garnier, l'architecte de l'Opéra. Des salles d'exposition, de conférences, de concerts, de cinéma et de lecture y ont été aménagées. C'est là que s'est tenue, hier soir, la cérémonie d'inauguration à laquelle ont pris part de nombreuses personnalités.

« Notre centre culturel, a dit notamment Oskar Fischer, dans son allocution inaugurale, prolongera les traditions antifascistes profondément humaines par lesquelles nos peuples sont liés. Il contribuera ainsi, dans l'esprit de l'acte final d'Helsinki, à j'enrichissement intellectuel et culturel par le dialogue. »

Oskar Fischer a rappelé que, voici près de trente-cinq ans, « Wilhelm Pieck, premier président de notre pays, avait dit que la RDA « n'admettrait jamais, plus jamais, qu'une autre guerre soit déclenchée contre le peuple français à partir du sol allemand ». Nous agissons de façon conséquente dans le sens de cet engagement ».

Le ministre de la RDA a conclu: « Peut-il y avoir de meilleure attestation de notre volonté d'appliquer fidèlement nos engagements dans j'intérêt de la paix, que j'inauguration de ces lieux consacrés à la culture ? »

Répondant au ministre de la RDA, Claude Cheysson a exprimé la volonté de connaissance mutuelle et de compréhension réciproque que reflète la création des deux centres culturels. Il en a souligné l'importance au moment où les relations internationales connaissent une période de tension.

Message d'Erich Honecker

A l'occasion de l'événement, Erich Honecker, secrétaire génér.al du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), et président du Conseil d'Etat de la RDA, a publié un message saluant le développement de la coopération entre la France et son pays.

« Notre époque, écrit notamment Erich Honecker, exige de telles impulsions » à la coopération. « La paix a besoin de la culture, et la culture ne peut exister sans la paix. »

« La situation internationale est aujourd'hui lourdement affectée. La politique de confrontation et la course aux armements mettent en cause les acquis de la coopération et menacent sérieusement la paix. »

La seule issue, continue le message, c'est la coexistence pacifique. « L'ouverture des centres culturels correspond à la nécessité, pour les citoyens des deux pays, d'apprendre à mieux se connaître et à mieux se comprendre. »

Honecker souligne ensuite l'estime dont la France, avec ses grandes traditions historiques et culturelles, jouit en RDA. Il évoque le siècle des lumières, 1789, la Commune de Paris et « la résistance héroïque du peuple français contre la barbarie fasciste ». Il rappelle comment, « après 1933, lorsque la terreur fasciste faisait rage dans leur patrie allemande, des persécutés politiques et des émigrés trouvèrent asile en France. Des antifascistes allemands ont combattu dans les rangs de la Résistance française ».

« Ces traditions historiques et culturelles communes unissent nos deux peuples. Elles offrent une base solide pour une coopération confiante, chacun respectant l'ordre politique et les conceptions de son partenaire. Un large champ est ainsi ouvert à l'activité des centres culturels des deux Etats. »

Délivrance

Ce mardi soir, en présence du Dr Werner Fleck, ambassadeur de la République démocratique allemande, aura lieu, au centre culturel de la RDA, le vernissage d'une exposition de sculptures, d'aquarelles et de dessins de Fritz Cremer.

La RDA a envoyé à Paris une centaine d'œuvres de cet artiste. Parmi celles-ci on remarque plusieurs dessins et sculptures de ces vingt dernières années sur le thème de la crucifixion. Dans les œuvres les plus anciennes, le martyr demeure rivé à la croix où il a été cloué; dans Is plus récentes, il s'en dégage, se libère, rejette les épines dont on avait couronné son front.

Il est bien que l'une des plus fortes images que présente le centre culturel de l'Allemagne socialiste soit celle de cette délivrance.

N.B. – « L’Humanité » reviendra, bien entendu, sur le centre culturel de la RDA et informera ses lecteurs de son riche programme d’activités. »

Source de la photo : http://img.over-blog.com/450x600/0/38/68/97/batiments/CercleLibrairie.jpg

 

L’Humanité du 13 décembre 1983.

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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