Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 12:13

Souvenirs de jeunesse : une ancienne habitante de la « Banlieue rouge » évoque la RDA sans haine, ni nostalgie.

 

Au début années 1970, je suis allée deux fois en RDA. Une fois dans les environs de BERLIN et une autre fois vers POSTDAM, à la campagne. Je trouvais intéressant le fait que, contrairement à la France, tout le monde était impliqué dans les vacances, le sport, le travail, crèche ; il n’y avait pas d’exclus comme les SDF. A Berlin, les gens étaient logés dans des barres d’HLM avec peu de meubles et peu de choix.

nullLes magasins de Berlin ressemblaient à nos actuels magasins « pour les pauvres » (comme Netto), il n’y avait pas beaucoup de choix. J'ai même rencontré une Française qui travaillait dans une supérette proche de la tour et qui était contente d'être là. Par contre, dans presque tous les endroits proches du Mur c'était comme le plan Vigipirate avec militaires et mitraillettes : sa foutait la trouille ; les gens qui avaient des amis ou de la famille de l'autre côté étaient tristes et même malheureux de cette situation et ils nous enviaient de pouvoir passer de l'autre côté. Au stade de Berlin, j'ai eu l'occasion d'assister à des jeux d’.athlétisme de plusieurs pays, et là, l'ambiance était comme partout chaleureuse. Avec des supporters, etc.

Côté des jeunes c'était bizarre de les voir dans les camps des pionniers... : ils étaient habillés tous pareils (genre scout) et ça me rassurait de savoir que pour moi ce n’était pas comme cela. Sinon côté cinéma, chanson, c'était pareil : les idoles -les leurs-. Evidemment, ils voulaient celles des autres…

Côté campagne : promenade en bateau, promenade en forêt. Les gens avaient tous ou presque des animaux à manger dans leur petit jardin. J'ai même visité des châteaux.

Le pire souvenir c'est (et d'ailleurs depuis je ne supporte plus les films consacrés à la guerre, j'aimais déjà pas trop ça avant) la visite du camp de SAXENHAUSEN mais à l'Est ou à l'Ouest c'est toujours la même horreur. 

 

Repost 0
23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 12:34

Ce match a été la seule rencontre entre les équipes nationales des deux états nés de la division de l'Allemagne à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. L'ambiance pendant le match est explosive

Les deux équipes sont certes déjà qualifiées pour le deuxième tour, mais ce duel fratricide a pour enjeu la première place du groupe et, bien sûr, le prestige. Pour la RFA, qui s'est imposée face au Chili (1:0) et à l'Australie (3:0), un match nul serait suffisant pour prendre la tête de la poule. Pour la RDA, en revanche, il faut absolument gagner. La sélection de Georg Buschner a en effet battu l'Australie (2:0) mais n'a ramené qu'un nul (1:1) de sa rencontre avec le Chili.

Au Volksparkstadion de Hambourg, il y a 60 000 spectateurs, dont 1 500 citoyens est-allemands.

MarchRDA-RFA-1974-1.jpg

Dès le début, le match est empreint de respect mutuel. Aucune des deux équipes n'a l'intention de quitter le terrain vaincue ce soir-là et les deux formations se neutralisent. Les occasions de but se font rares.

C'est finalement dans le dernier quart d'heure, que tout se joue. Jürgen Sparwasser, bien placé, contrôle de la tête, des épaules et de la poitrine à la fois. Les défenseurs Berti Vogts et Horst-Dieter Höttges sont si surpris par cette manœuvre que Sparwasser peut pénétrer dans la surface de séparation et place une frappe imparable à cinq mètres, offrant ainsi la victoire (1:0) à son équipe. C'est le premier but encaissé par la RFA après 481 minutes de jeu.

 

MatchRDA-RFA-1974-2.jpg

Jürgen Sparwasser, est apprenti constructeur de machines âgé de 26 ans en 1974 a disputé en tout 53 matches sous le maillot de la sélection est-allemande (15 buts).

La première place du groupe, acquise par la RDA grâce à cette victoire sur la RFA, ne s'est pas vraiment avérée être un avantage : les Allemands de l'Est ont été confrontés à des adversaires difficiles, les Brésiliens (0:1), les Argentins (1:1) et les futurs vice-champions néerlandais (0:2), et ont dû se contenter de la troisième place de leur poule.

 

D'après le site de la FIFA.

Repost 0
17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 13:29

Fussball1974.jpg

 

En 1974, l’équipe de football de la RDA accède au second tour en compagnie de la RFA. Toutefois, pour y arriver l’équipe est-allemande bat son homologue ouest-allemande 1-0 sur son terrain à Hambourg. C’est l’équipe du Brésil qui arrête la vaillante équipe de la RDA.

Repost 0
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:17

Manuel En 1951, parait en deux tomes le premier manuel de français, Ici la France, aux éditions Volk und Wissen.

Dès 1947, Madeleine Wintgen-Belland et Georg Wintgen se mettent à élaborer un manuel de français. La première est institutrice, elle a été membre de l’UJFF et elle a eu des contacts avec la Résistance ; le second a étudié la philologie romaine, la physique et les mathématiques à l’Université de Leipzig, en 1945 il est membre du Parti communiste. Tous deux choisissent délibérément de s’installer en zone d’occupation soviétique.

Un officier de l’Armée rouge supervise leur travail et donne des directives « soviétiquement correctes ». Néanmoins, cette tutelle ne doit pas être trop pesante car Georg Wintgen confie en 1993 « Nous avons choisi ce que nous connaissions et ce qui nous plaisait. »

L’apparition de la guerre froide et la division de l’Allemagne va favoriser le russe, qui deviendra première langue obligatoire, au détriment du français.

En 1951, le ministère de l’Education publie les directives anglais-français pour le second cycle. En voici deux extraits significatifs : « L’apprentissage des langues étrangères favorise la compréhension mutuelle entre les peuples. », « [la langue étrangère] permet l’accès à des créations littéraires de grande importance pour l’humanité en général. ». Le manuel s’inscrira dans cette démarche.

Les auteurs d’Ici la France essaient de légitimer leur travail et da valoriser le français. Ainsi, ils écrivent « le peuple français d’aujourd’hui, sous la conduite de la classe ouvrière, est à la tête des peuples d’Europe occidentale pour la paix et le progrès. Par leurs œuvres et leurs actions, les grands écrivains vivants, les artistes et les savants mènent ce même combat. »

Dans le manuel, environ 20 % des textes sont à caractère littéraire. Toutefois, une anthologie de Werner Krauss, parue en 1952, complètera Ici la France dans ce domaine.

Le manuel présente une famille ouvrière habitant à Pantin. Sa structure est patriarcale. Le père et un de ses fils sont engagés, l’un à la CGT, l’autre à l’UJRF. Cependant, les auteurs évitent la caricature.

La paix est le thème principal de ce manuel. Frédéric Joliot-Curie, récipiendaire de la première médaille Staline pour la paix, est particulièrement honoré, aussi bien pour ses mérites scientifiques que pour son engagement en faveur de la paix et pour le bannissement des armes nucléaires. Grâce à lui, la France semble être une force dirigeante du combat pour la paix.

Les guerres coloniales occupent aussi une place conséquente car elles altèrent l’image de la France considérée comme le pays des Droits de l’Homme. Mais ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui sont visés en premier lieu : « Le gouvernement français, poussé par les impérialistes américains, donne l’ordre de combattre la jeune République vietnamienne ».

Le manuel cite Fils du peuple de Maurice Thorez et consacre deux pages à la Fête de L’Humanité.

L’histoire de France commence à la Révolution française. Curieusement Robespierre et les Jacobins sont ignorés. Les guerres franco-allemandes sont abordées, la collaboration entre les classes servant à expliquer à la fois les conflits internes à la France et les conflits entre la France et la Prusse. Les différentes facettes de la France durant la Seconde Guerre mondiales sont évoquées : l’occupation, la Résistance, mais aussi Pétain, la collaboration, la déportation, etc.

La littérature est représentée par Molière, La Fontaine, Verlaine, Vigny, Zola, la comtesse de Ségur, Aragon, etc.

Ampelm__nnchenNeu_1-1-.jpg 

En résumé, c’est une France laïque et républicaine qui sert de base à l’entente franco-allemande. L’impérialisme est l’ennemi en soi, tandis que l’URSS devient l’amie et l’alliée de la France républicaine et révolutionnaire. Bien que différentes l’Allemagne socialiste et la France républicaine empruntent en toute fraternité le chemin du Progrès !

 

Ne soyez pas triste…

C’était hier (ou avant-hier).

 

Ce sera demain (ou après-demain) !

 

Faits extraits de Image de la France en République démocratique allemande, une histoire oubliée, dir. Dorothee RÖSEBERG, éditions L'Harmattan, 2004. Ces fait ont été –très- librement sélectionnés et interprétés…

Couverture du livre : http://www.agrotinas.de/shop/articlelist.aspx?vt=Lehrbuch

 

Repost 0
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:17

PionniersSymboles.jpgEn RDA, la grande majorité des enfants sont membres de cette organisation. Les plus petits, âgés de 7 à 9 ans, sont accueillis chez les Jungpionieren (jeunes pionniers), les plus grands, âgés de 10 à 13 ans, rejoignent les Thälmann-Pionieren (pionniers Ernst Thälmann).

Ils n’ont pas la chance de « zoner » dans une ville du « monde libre ». Ils ne connaissent pas, ou peu, les joies de la (sous-)culture de masse ! Nos jeunes pionniers empruntent un autre chemin…

L’action multiforme de l’organisation est complémentaire de celle de l’Ecole.

L’organisation s’occupe de l’instruction civique [j’invite les âmes sensibles à passer directement au paragraphe suivant], c’est-à-dire qu’elle met en avant le patriotisme, le goût du travail et de l’ordre, le respect des parents, etc.

Elle encourage la découverte des arts et des sciences.

Elle incite ses membres à avoir des préoccupations sociales (ex. : aide aux anciens).

Enfin, le mouvement des pionniers n’oublie pas de s’occuper des loisirs des enfants (ex. : camps de vacances).

 

Aujourd’hui, en France, les enfants considèrent l’entreprise comme un lieu où les parents se font exploiter entre deux périodes de chôPionniersSalleReunion.jpgmage, ou, pire, comme un endroit où les autres sont chargés de travailler à leur place ! Pour les pionniers, c’est différent. Des rencontres sont organisées avec les travailleurs de l’usine qui parraine l’école en présence de retraités ou de militaires. Les enfants parlent avec ceux-ci de leur travail et de leur vie.

 

Le fait que l’adhésion soit quasi-obligatoire vient essentiellement du fait que l’organisation des pionniers est étroitement liée à la vie de l’école.

Le fait que l’encadrement soit systématique peut irriter. Quelques précisions s’imposent donc.

Dans l’immédiat après-guerre, le mouvement des pionniers est évidemment une œuvre de redressement moral après les horreurs de la période nazie. Cet engagement initial est déterminant et sera encore longtemps valable. Malheureusement, on constate que l’enseignement officiel actuel en France et en Allemagne (et un peu partout d’ailleurs) prend à contrepied de cette démarche en faisant la promotion du « refus du totalitarisme » au dépens de l’antifascisme…

PionniersJardinEcole.jpgL’organisation des pionniers est un des nombreux dispositifs visant à empêcher les inégalités sociales que l’on connait dans les pays capitalistes.

Le fait que le mouvement des pionniers encourage les loisirs instructifs, l’acquisition des connaissances en utilisant les différents centres d’intérêt des enfants favorise la structuration des individus. A terme, ce passage chez les pionniers peut aussi profiter à l’économie (plus de créativité dans le travail) et permettre, s’il n’y a pas d’ingérence étrangère, de réformer voire de bousculer le système socialiste pour le pérenniser !

PionniersRDA.jpg

On peut légitimement pourquoi vingt ans après la disparition de la RDA, des enfants arborent le foulard des pionniers, même si c'est le plus souvent dans des « DDR-museum » censés rappeler les affres de la « SED-diktatur » mais qui semblent parfois servir de supports à l'Ostalgie...

 


Source des photos :
http://www.ddr-geschichte.de/Bildung/Schule/Pionierorganisation/pionierorganisation.html
(je rappelle encore une fois que l'emploi de ces photos n'engage que le responsable de ce bloc-notes virtuel).
http://www.morgenpost.de/berlin/article1077799/Wie_Kinder_jetzt_den_DDR_Alltag_kennenlernen.html

Repost 0
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 17:42

 zerstoerte schule 2A la Libération, les dirigeants de l’Allemagne orientale rencontrent d’énormes difficultés pour reconstruire l’Ecole.

C’est en effet la jeunesse qui a subi le plus fortement l’influence du fascisme. Elle est imprégnée d’idées racistes et chauvines. C’est pour cela qu’à cette époque de nombreux jeunes ont une attitude de refus ou de méfiance. Le chaos régnant à la fin de la guerre et les conditions de vie difficiles favorisent la délinquance juvénile.

La destruction des locaux à usage scolaire est importante (un quart des établissements scolaires sont gravement endommagés). Des bâtiments scolaires sont réquisitionnés pour servir d’hôpitaux, de camps de réfugiés, d’entrepôts, etc.

Il n’y a pas assez d’enseignants. Les dirigeants nazis dénigraient le savoir et ont laissé baisser le nombre des enseignants et le niveau de ces derniers. De nombreux jeunes ont été incorporés et ont été tués.zerstoerte schule 1

En juillet 1945, dans la zone d’occupation soviétique, des administrations locales sont constituées et mettent à la tête de leur service scolaire des antifascistes sûrs –ou supposés tels-.

Rompant avec la tradition fédérale de l’Allemagne bourgeoise, l’enseignement est centralisé. En conséquence, on crée l’Administration centrale allemande de l’instruction publique dans la zone d’occupation soviétique. Elle deviendra par la suite l’Administration allemande de l’instruction publique.

Les dirigeants de l’Allemagne de l’Est vont s’appuyer sur les Accords de Postdam signés par les Alliés qui stipulent notamment que « L’éducation allemande sera contrôlée de manière à éliminer complètement les doctrines nazies et militaristes et à permettre l’heureux développement des idées démocratiques. »

NouvelleEcoleLe 25 août 1945, l’administration militaire soviétique, se basant sur cette recommandation des Accords de Postdam, publie l’ordre n° 40. Dans celui-ci, l’ordre est donné de liquider l’influence fasciste à l’Ecole, la rentrée des classes est fixée au 1er octobre 1945.

En dépit des conditions très défavorables, cette date sera respectée. Cette réussite est rendue possible par l’aide et la « tutelle » soviétique et par l’appui de nombreux citoyens conscients de l’enjeu. 10 822 écoles d’enseignement général sont ouvertes contre 11 729 en 1939 sur le même territoire.

Pour tourner définitivement la page du fascisme, près de 20 000 enseignants sont licenciés. Il manque plusieurs dizaines de milliers d’enseignants alors que le nombre d’élève croît du fait de l’arrivée des réfugiés de l’Est. Il manque alors plusieurs dizaines de milliers d’enseignants. Les administrations chargées de l’enseignement vont devoir innover. Elles embauchent alors des ouvriers, des paysans, des employés qui deSchulreform-1-.jpgviendront des Neulehrer (nouveaux enseignants). Durant l’année 1945-1946, ils sont 15 000 à être recrutés, l’année suivante ils sont 25 000. Pour faire la « soudure » le régime est contraint de réembaucher provisoirement des enseignants membres du NSDAP. Des stages accélérés (de 8 mois en 1946), beaucoup de travail et un enthousiasme indéniable permettent à ces Neulehrer d’assurer leur mission et de gagner la confiance des parents et des enfants. Le renouvellement du personnel dans le secondaire s’avèrera encore plus problématique.

Durant l’année 1945-1946, le matériel scolaire fait défaut (la moitié est hors d’usage). Les éditions Volk und Wissen, qui ont un statut d’entreprise publique, sont crées et commencent à publier des manuels qui ne sont souvent que des mises à jour de livres datant de la République de Weimar.

Les écoles privées sont interdites. L’Ecole est séparée de l’Eglise malgré le désaccord fondamental de la CDU d’alors.

Diverses mesures sont prises pour élever le niveau de l’enseignement. L’Administration centrale allemande décide d’introduire une langue étrangère dans les écoles primaires (curieusement, le plus souvent, il s’agit Neulehrer[1]du russe…) ainsi que l’apprentissage des mathématiques sur des bases scientifiques dès les 7e et 8e classes. A la campagne, on supprime peu à peu les classes uniques en réduisant le nombre d’écoles.

En mai-juin 1946, une à une les Régions adoptent la Loi sur la démocratisation de l’enseignement. Le 12 juin, cette loi est en vigueur sur l’ensemble du territoire de l’Allemagne de l’Est ; cette date deviendra cinq ans plus tard « journée des enseignants ».

Cette loi consacre les démarches entreprises dès 1945 en conformité avec les Accords de Postdam. Voici comment la loi énonçait un de ces objectifs majeur : « Libérer la jeunesse des conceptions nazies et militaristes, l’éduquer dans un esprit de paix et d’amitié entre les peuples, d’humanisme véritable et de démocratie authentique. »

Cette loi permet de mettre enfin en œuvre les principes démocratiques bourgeois d’unité, de laïcité et de gratuité de l’enseignement. Mais les autorités ne se contentent pas de ce socle, ils veillent également à supprimer les privilèges afin d’instaurer l’égalité des chances, et à garantir un enseignement fondé sur des bases scientifiques à tous les niveaux.

La loi établit une école publique démocratique unique du jardin d’enfants à l’Université. Après l’école primaire de 8 ans (c’est-à-dire théoriquement à l’âge de 14 ans) deux voies s’ouvrent aux élèves : celle de l’enseignement technique obligatoire d’une durée minimale de deux ans et celle du lycée qui conduit en quatre années au baccalauréat. Dans tous les cas, il est toujours possible d’accéder à l’enseignement supérieur.

Le 12 juillet 1946, les facultés pédagogiques, distinctes des universités, sont créées avec pour objectif la formation des maîtres.

En quelques mois, les autorités et le peuple est-allemands jettent les bases d’un système éducatif qui sera un des leviers essentiels du développement extraordinaire de la RDA.

 

 

 

J’ai volontairement décidé de ne pas faire, pour le moment, de développement sur l’enseignement secondaire et sur l’Université. De même, je n’ai pas examiné les conséquences politiques et sociales à long terme de l’application de ce nouveau système scolaire.

 

Sur le thème de l’éducation, je renvoie également mes lecteurs à mon article sur les facultés ouvrières et paysannes et à ma notice sur l’école polytechnique (.http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-une-date-une-image-1949-creation-de-la-faculte-ouvriere-et-paysanne-40736351.html)

 

 

 

Source images 1 et 2  : http://www.rs-sidonien.de/geschichte.htm

Source image 3 : RDA, aperçu historique de Heinz HEITZER.
Source images 4 et 5  :
http://www.ddr-geschichte.de/Bildung/bildung.html

 

Repost 0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 16:45

Le 7 mars 1946 est fondée la Jeunesse allemande libre (Freie Deutsche Jugend, FDJ). Elle est alors dirigée par Erich Honecker.

C’est alors une organisation anti-fasciste ouverte à tous les jeunes. Elle servira aussi de « vivier » pour le SED.

Elle patronne l’organisation des pionniers de Thälmann qui regroupe les écoliers. A 14 ans, les jeunes peuvent devenir membre de la FDJ et sont acceptés jusqu’à 25 ans.

Elle a pour mission de former de jeunes patriotes ayant des convictions internationalistes

Elle est aussi chargée de défendre les intérêts de toute la jeunesse. Elle est représentée à la Chambre du peuple où elle dispose d’un groupe de députés.

Elle encourage l’intervention des jeunes dans les entreprises et les établissements scolaires.

D’après la célèbre encyclopédie « libre » qui règne sur la Toile, la FDJ ne compte aujourd’hui que quelques centaines de membres. La FDJ dénonce la réunification de l'Allemagne comme une «annexion de la RDA» et réclame la création d'un État socialiste sur le modèle de la RDA. L'actuelle Jeunesse libre défend la RDA tout en critiquant globalement la République fédérale allemande.

 

Les contempteurs du « contrôle social de la jeunesse par la dictature » font comme si le contrôle social n’existait pas dans nos sociétés capitalistes.

Ce contrôle se fait de différentes manières et utilise plusieurs vecteurs ; des structures publiques comme l’Ecole, des organisations confessionnelles comme celle des scouts, des organismes relayant la culture de masse (idéologiquement orientée) pour ces tranches d’âges fabriquée par les multinationales et même les cultures alternatives ou « rebelles » qui sont soit suscitées, soit récupérées par le marché capitaliste.1

« L'Europe allemande c'est la guerre ! »
L’unanimisme de rigueur en RDA a tendance à minimiser voire à occulter certains problèmes et à brider la créativité. Cette affirmation doit tout de même être nuancée. Ainsi, dans une brochure éditée en RDA et destiné au public français on peut lire ceci : «  (...) [la jeunesse] ne connaît pas les problèmes de places dans les écoles, de formation, de chômage, l’oisiveté appauvrissante. Elle a d’autres problèmes*, mais solubles. Il y a des écoliers qui ne font pasFdjPancartesReferendum.jpg tout ce qu’ils devraient et pourraient. Il y a des jeunes filles qui ne trouvent pas ce qui leur plait (…). Voici encore ce jeune couple qui se casse le nez sur la porte d’un bal surpeuplé. Et il y a aussi de nombreux souhaits matériels des jeunes qui ne peuvent être satisfaits. (…) »2

Par ailleurs, si l’immense majorité se laisse « contrôler par la dictature » c’est parce qu’elle consciente que celle-ci trouvait sa légitimité dans la garantie des « droits réels » des habitants de l’Allemagne de l’Est.

 

* souligné par Joseph.

1 Sur cette problématique on lira avec profit Le capitalisme de la séduction écrit par Michel CLOUSCARD en 1981 et réédité par les éditions Delga en 2009.

2 Une politique au service de la population, 1978, Panorama DDR.

Repost 0
13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 10:40

La RDA favorise dès les années 1950 le sport de masse qui est considéré comme indispensable à la formation d’individus sains.

On retrouve cette préoccupation à l’école, dans les entreprises, dans les clubs.

Les Spartakiades, organisées par la FDJ, le ministère de l’Education et le mouvement sportif, s’inscrivent dans cette politique.

Lancées en 1965, les Spartakiades des enfants et des adolescents voient les élèves et les apprentis participer tous les ans aux éliminatoires dans les écoles et les localités afin d’être sélectionnés pour les Spartakiades d’arrondissement. Les meilleurs participent aux Spartakiades de district et aux Spartakiades nationales.

La compétition à l’échelon national à lieu tous les deux ans. Il y a des Spartakiades d’été et des Spartakiades d’hiver.

Lors de la 9e rencontre nationale à Leipzig en 1983, des médailles furent attribuées dans 865 disciplines (sports d’été). Les 10 000 jeunes compétiteurs avaient été sélectionnés par étapes successives parmi 997 000 sportifs en herbe qui avaient participé aux éliminatoires.

Je plains ceux qui se contenteraient d’une lecture ironique de la phrase suivante extraite d’une brochure est-allemande : « La campagne pour les Spartakiades a pour but d’affermir la santé et la résistance des jeunes, d’éveiller en eux le goût de la compétition honnête et d’encourager les filles et les garçons talentueux. »

Repost 0
12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 13:10

Pour traiter de la Jugendweihe je vais utiliser la plume de Marina Chauliac qui traite parfaitement du sujet même si elle a parfois la dent dure pour le régime.

 

« (…) Rite étatique quasi-obligatoire pour les élèves de la huitième année scolaire en RDA, la Jugendweihe – littéralement « consécration de la jeunesse » – peut être définie comme une « introduction solennelle [des adolescents sortant de l’école primaire] dans le monde des adultes ».

Mise en place et organisée sous la tutelle du SED à partir de 1954, elle était considérée comme un outil de propagande et une arme efficace pour contrer l’influence de l’Église sur la population et notamment sur les jeunes. Elle concernait, à partir de la fin des années 1950, plus de 80 % des élèves Est-allemands. Mais, plus qu’une simple obligation vis-à-vis de l’État, elle était devenue très populaire à partir des années 1970 et s’accompagnait de festivités importantes dans la sphère privée.

Chaque année, à l’époque où les adolescents de l’Ouest font leur confirmation protestante, la Jugendweihe continue d’être pratiquée dans les nouveaux Länder et se compose à la fois d’une cérémonie publique qui rassemble quelques centaines de personnes dans une même salle et d’une fête privée, généralement une réunion familiale.

Dans la première phase, un spectacle et un orateur, le plus souvent une personnalité locale, sont là pour donner toute sa solennité au moment. Chaque adolescent est alors appelé individuellement sur une scène où des fleurs, un livre et un certificat lui sont remis. Dans la deuxième phase, l’adolescent est réintégré dans la famille au moyen notamment d’un repas ainsi que de cadeaux dont la valeur témoigne de l’importance de l’événement

(…)

On peut estimer que la Jugendweihe, alors appelée encore largement « confirmation », trouve sa source au début du 19e siècle, dans deux mouvements religieux dissidents : l’un catholique, désirant s’affranchir de la tutelle de Rome, et l’autre protestant, influencé par les nouvelles découvertes scientifiques et le rationalisme des Lumières.

(…)

Grâce à la répression et surtout à une propagande active, la Jugendweihe voit son taux de participation augmenter de façon considérable. Afin d’assurer le succès de son « nouveau rituel », le SED crée, en 1954, une organisation proclamée indépendante, le « Comité central pour la Jugendweihe en RDA » (ZAJ : Zentraler Ausschuß für die Jugendweihe in der DDR), chargé de la mise en place des cours préparatoires et des cérémonies.

[entre autres choses] la distribution d’un ouvrage destiné à l’éducation civique et politique des adolescents sera également systématisée. (…) De 1954 à 1974, les jeunes participants à la Jugendweihe reçoivent tous le livre Weltall-Erde-Mensch (Univers-Terre-Homme). Deux autres ouvrages lui succéderont en 1975 et en 1983 : Der Sozialismus-Deine-Welt (Le Socialisme-Ton monde) dans lequel, avec l’arrivée de Erich Honecker à la tête du Parti, les attaques contre l’Église sont moins virulentes et, en 1982-1983, Vom Sinn unseres Lebens (Du sens de notre vie), marqué par la volonté de rapprocher l’idéologie du Parti des intérêts des jeunes. (…) »

 

En ce qui concerne les raisons de la persistance de cette cérémonie après la disparition du régime, si je lui donne une certaine interprétation politique, je conseille de lire l’intégralité de l’article dans lequel l’auteur nous donne une série d’explications qui semblent judicieuses et qui s’appuie notamment sur des témoignages de personnes ayant assisté à des Jugendweihen.

 

Source : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2003-3.htm (Revue française de science politique, « La Jugendweihe : continuités et changements d’un rite hérité de la RDA », Presses de Sciences Po, Marina Chauliac, 2003)

Sur la couverture de Weltall-Erde-Mensch on peut
voir les conditions de vie des Allemands de l'Est avant
l'arrivée du capitalisme...

Repost 0
10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 15:34


Source : Deutsches Historisches Museum.

 Du 28 juillet au 5 août 1973, s’est  éroulé à Berlin le Xe Festival mondial de la Jeunesse et des Etudiants. Le slogan était « Pour la solidarité anti-impérialiste, la paix et l’amitié ».

 

Il y avait 25 600 participants venant de 140 pays.

 

« (…) Le choix des invités d‘honneur du festival -Angela Davis, (…), le président du comité exécutif de l‘OLP Yasser Arafat et la première femme cosmonaute, la Soviétique Valentina Tereškova- illustra les grandes lignes de la politique diplomatique du festival : la solidarité ne s‘adressait pas seulement aux peuples en lutte dans le tiers-monde mais aussi au peuple frère de l‘URSS. (…)

L’engagement de la FDJ auprès des « jeunes Etats nationaux » était une mission fermement rappelée dans le discours officiel. En 1972, des brigades de l’amitié se rendirent par exemple en Algérie, en Guinée et au Mali. Les jeunes Est-allemands y exportaient leur formation, notamment dans les domaines agricole ou industriel. (…)]. Berlin-Est (…) accueillit (…) avec ferveur Angela Davis ou les Palestiniens de la délégation menée par Yasser Arafat. (…) »

Extraits d’un texte de la Fondation Renouvin.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Joseph
  • Le blog de Joseph
  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
  • Contact

Recherche

Liens