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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 13:00

LE SPD, FOSSOYEUR DE LA REVOLUTION

 

Au risque de me répéter, j’affirme qu’on ne peut pas expliquer l’attitude du KPD durant l’entre-deux-guerres seulement par les instructions venues de la « patrie du socialisme ». La répression sanglante de la révolution de 1919, organisée par les sociaux-démocrates, qui marquera durablement les esprits, est à l’origine la méfiance des communistes envers leurs « camarades » socialistes.

Même un historien bourgeois, dans un livre qui n’a pas pour objet cette période1, fait allusion au rôle peu glorieux de la social-démocratie allemande. « A la fin de 1918, le SPD apparaît aussi plus soucieux d’ordre que de bouleversement. » On trouve en 1919 « un collège de commissaires du peuple (…) dans lequel Noske, un autre social-démocrate, exerce les fonctions de commissaire de la Défense. Le spartakisme est vite vaincu. Ses deux principaux chef, Karl Liebknecht, fils d’un des fondateurs du SPD, et Rosa Luxemburg sont arrêtés et assassinés le 15 janvier 1919. La victoire a été remportée, les meurtres ont été perpétrés par des unités militaires d’élite dont les cadres n’étaient pas seulement antirévolutionnaires, mais profondément antidémocrates et antilibéraux. »

Au passage, Alfred Grosser estimait qu’en Allemagne de l’Ouest, depuis cette époque, les révolutionnaires étaient considérés comme des barbares tandis qu’en France « même dans les manuels d’histoire des écoles catholiques, le bilan de la révolution de 1789 [étaient] présenté en termes positifs ».

Evidemment, Gilbert Badia a nettement plus de sympathie pour les spartakistes et leurs alliés. Là où Grosser jette le voile pudique de l’hypocrisie bourgeoise, Badia se fait un devoir d’avancer des chiffres et de donner des précisions sur ces fameuses « unités d’élite » chargées par les sociaux-démocrates de liquider la révolution.2

« [Noske] refuse par ailleurs toute médiation si bien que, selon ses propres chiffres, 1 200 ouvriers berlinois seraient tombés au cours de ces journées [mars 1919] sous les balles des troupes de Lüttwitz ».

« [Dans la capitale de la Bavière], l’armée rouge se battit vaillamment du 1er au 3 mai [1919] à un contre deux. Plus de 100 ouvriers furent tués au combat. »  « Dans Munich, où l’état de siège avait été proclamé, les massacres organisés par les troupes gouvernementales occupant la ville, continuèrent jusqu’au 8 mai [1919] (plus de 500 morts]. »

Berlin, 1919. Chars d’assaut anglais employés contre les révolutionnaires.

Voici à présent quelques détails sur ces joyeux lurons qui composaient les « unités d’élite ». « Ne restent dans les casernes que des aventuriers, des officiers et des soldats qui ne tiennent pas à revenir à la vie civile (Hitler par exemple), quelques troupes souvent très jeunes (…) ». « Les officiers réactionnaires, encouragés par le gouvernement central, soutenus par leurs chefs hiérarchiques, vont alors constituer les premiers "corps francs" : troupes de mercenaires qui joueront un rôle capital dans l’écrasement de la révolution. »

« Les troupes des généraux von Lüttwitz et Maercker, encadrés souvent par des cadets et des junkers, se livrèrent alors à un véritable massacre. Les nids de résistance seront réduits les uns après les autres au canon et même au lance-flammes. Pas de prisonniers. » »[En mars], Noske laisse carte blanche aux forces de Lüttwitz qui, quelques mois plus tard, va tenter de renverser la République. »

Exécutions sommaires en mars 1919

Sources :

1.     L’Allemagne de notre temps, Alfred GROSSER, librairie Arthème Fayard, 1970, pp. 28-29.

2.     Histoire de l’Allemagne contemporaine, tome 1, dir. Gilbert BADIA, Messidor-Editions sociales, 1987, pp. 48, 63 et 66.

Source des illustrations :

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 13:27

Plus fondamentalement, le régime était basé sur la dictature du prolétariat, c’est-à-dire que les grandes décisions, même erronées ou discutables, s’appuyaient sur les besoins du peuple et ne relevaient pas des desiderata d’une oligarchie (l’élite du pays, la nomenklatura était très loin d’en constituer une).

Pour revenir au système électoral, Il ne faut pas s’arrêter au jour du scrutin proprement dit qui ressemble plus à une cérémonie civique, et il faut le dire à un acte d’allégeance au régime. Ce qui se passe en amont est important ainsi des possibilités d’expression existent lors des réunions pré-électorales qui donnent « des sueurs froides à plus d’un candidat. »4 Plus précisément « le caractère démocratique des élections se manifeste déjà lors de l’établissement des listes de candidats. Les partis et organisations populaires réunis au sein du Front national de l’Allemagne démocratique dressent des listes communes pour les élections à la Chambre du peuple et aux représentations populaires locales. Au cours de conférences d’électeurs, de réunions dans les entreprises et les coopératives, dans les institutions et les quartiers, les candidats qui sont issus de toutes les couches de la population sont présentés, rendent compte de leurs activités et avancent des propositions sur leur travail futur. Les électeurs jugent les futurs députés, adoptent des mandats électoraux, leur posent des questions et refusent les candidatures qui ne sont pas recevables. Ce sont donc les électeurs qui décident des candidatures qui représenteront leurs intérêts. »6

Quel que soit le pays, son régime est aussi tributaire de la situation géopolitique et des choix idéologiques.

De ce point de vue, il ne faut pas considérer l’absence de séparation comme une tare, elle était même revendiquée et expliquée par les intéressés : « Par suite du caractère de l’Etat socialiste, de l’unité politique et morale du peuple, on trouve une interpénétration entre les pouvoirs législatif, exécutif et judicaire. L’objectif du pouvoir est la construction du socialisme dans l’intérêt de tous les citoyens. »6. En revanche la bourgeoisie se sert de la « séparation des pouvoirs » pour masquer sa mainmise sur le pouvoir.

La RDA avait rejoint le camp socialiste et était très lié à son allié soviétique, dans le même temps elle était sur la « ligne de front » face au bloc capitaliste et à un de ses plus puissants représentants la RFA. Cette implication, cette contrainte géopolitique a malheureusement conduit les autorités est-allemandes à rendre très difficiles les remises en cause des grandes orientations découlant de cette imbrication. On peut cependant regretter que les dirigeants aient parfois élargi outrageusement le périmètre des décisions stratégiques. On remarquera que dans les pays européens capitalistes, il était -et il est- aussi quasiment impossible de sortir réellement de ce régime économique et de sa « branche militaire », l’alliance atlantique…

Enfin, les citoyens est-allemands faisaient vivre la démocratie socialiste de différentes manières.

Beaucoup de domaines d’activité étaient démocratisés dans le sens que l’Etat veillait à ce que tous les citoyens aient accès à l’éducation, à la culture, au sport, etc. Dans ces domaines, la massification s’accompagnait d’une grande exigence quant à la qualité des activités proposées.

Membres de la commission permanente du charbon et de

l'énergie du district de Leipzig.

On notera que les citoyens n’étaient pas seulement représentés dans les assemblées politiques mais également dans des organismes ou des institutions relevant de la gestion des affaires publiques. « 400 000 hommes, femmes et jeunes gens [participaient] au travail des commissions permanentes populaires locales ; 49 000 citoyens [étaient] assesseurs, dont 42 % de femmes ; 190 000 citoyens [participaient] au travail de 21 000 commissions de conflit et 55 000 au travail de commissions d’arbitrage.

Les requêtes orales ou écrites que chaque citoyen [avait] la possibilité d’adresser à tout organisme, à toute institution publique et à toute entreprise socialiste [constituaient] une forme importante d’expression de la volonté des citoyens. »7

 

On ne doit pas oublier d’autres lieux où pouvaient s’exprimer la démocratie :

- les collectifs de production et les brigades de travail (qui amène certains auteurs à se poser des questions existentielles : « (…) dans cette interaction complexe entre le pouvoir politique et les individus ou les groupes sociaux vaut-il mieux parler de "limites de la dictature" ou de "dictature des limites" ? »8 ;

Un collectif de travail discute des normes.

Une réunion d'un collectif d'émulation socialiste.

- de la FDJ au BEK (Bund der Evangelischen Kirchen in der DDR - Fédération des Églises évangéliques de la RDA) en passant par les différentes amicales consacrées à l’environnement : toutes ces nombreuses associations ou regroupements de personnes ont aussi participé à la vitalité de la RDA, avec comme dynamique cette interaction, cette contradiction entre la volonté des autorités de faire adhérer les citoyens au projet collectif et les revendications personnelles, collectives, communautaires des individus.

 

Sources :

4.    L’histoire de l’Allemagne contemporaine, tome 2, Gilbert Badia (dir.), Messidor-éditions sociales, 1987, p. 598.

5.    La République démocratique allemande, 300 questions, 300 réponses, ouvr. coll., éd. Zeit im bild, 1968, pp. 64-65.

6.      La République démocratique allemande, 300 questions, 300 réponses, ouvr. coll., éd. Zeit im bild, 1968, p.53. 

7.       En ce qui concerne la pratique de la pétition individuelle ou collective (Eingaben), je renvoie le lecteur à l’amusante introduction de la thèse de doctorat de Jay Rowel intitulée « L’Etat totalitaire en action, les politiques du logement en RDA (1945-1989) ».   www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=GEN_039_0027

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:37

Dans un article précédent nous avons abordé la chasse aux sorcières dans la fonction publique. Bien sûr, les revanchards se sont également attaqués aux milieux scientifiques. Mais laissons maintenant la plume à Franck BOCHOW, ancien dirigeant de la FDJ. « Les scientifiques de la RDA ont été chassé de leur chaire et souvent remplacés par des scientifiques de qualification moindre provenant de l’Ouest. (…) Dès les trois premiers mois qui ont suivi « l’unification » 70 000 enseignants ont été mis en « disponibilité » qui s’est ensuite transformée en chômage. De nombreuses institutions scientifiques ont été fermées et, dans celles qui sont restées ouvertes, des professeurs en provenance des Länder de l’Ouest ont occupé les postes rendus vacants. (…) » Il faut souligner « l’humiliation subie par les scientifiques de la RDA. (…) Il leur fallait se présenter devant une « commission d’évaluation » composée majoritairement de personnages ouest-allemands, et souvent peu compétents, pour apporter la preuve de leurs capacités et cela après des décennies d’activité scientifique reconnue, y compris sur le plan international ».

 

Le Dr Hans SCHMIDT, maître de conférences en économie à l'Université Humboldt de Berlin s’est suicidé le 8 mai 1996. Le professeur William KRELLE, ancien nazi, criminel« manque de qualification professionnelle » bien que des universitaires occidentaux ait salué le haut niveau théorique du travail de ce dernier. Cet acte désespéré de l’universitaire est-allemand est peut-être une conséquence de cette « chasse à l’homme ». Malheureusement, il n’est pas le seul dans ce cas…

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 12:42

nullLe 11 mai 1968, plus de 100 000 manifestants venus de toute la RFA se rassemblaient à Bonn contre les lois d’urgence, ce rassemblement s’appelait « Sternmmarsch ». Ces lois furent adoptées par le Parlement le 30 mai par 384 voix contre 100 et 1 abstention. Près des trois quarts des sociaux-démocrates ont voté pour.

En dépit de ce vote, le SPD et Willy Brandt prétendirent alors éviter les abus éventuels et se posèrent en gardiens de la démocratie et de la liberté !

Rappelons que lesdites lois d’urgence donnaient aux administrations allemandes « les moyens de garantir la sécurité des troupes et de prévenir toute perturbation sévère de la sécurité et de l’ordre publics ». L’armée fédérale pouvait, en se basant sur cette législation, intervenir contre unenull insurrection populaire, dans le cas d’une crise internationale ou face à un danger pour l’ordre constitutionnel. Bien sûr, cette énumération, peu conforme au style juridique, était faite à dessein.

Même les juges de Tribunal constitutionnel, peu suspects de bolchévisme, ne validèrent ces textes –en 1970– qu’à une courte majorité…

 

Origine des images :

-         http://www.dw.de/image/0,,526136_4,00.jpg (affiche) ;

-         http://www.daserste.de/cmspix/bildgalerie/20042009655240_535.jpg (manifestation).

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:23

 

Nombreux sont ceux qui glosent et qui n’ont pas fini de gloser sur les atteintes aux droits de l’Homme en RDA, parfois à juste titre, souvent à tort.

Dans tous les cas, ces discours univoques sont bien commodes pour escamoter les pratiques plus que douteuses des autorités de la RFA. L’interdiction du KPD en 1956 a déjà fait l’objet d’un article. On pourrait écrire sur la reconstitution des grands groupes industriels qui avaient très largement soutenus Hitler, sur l’encouragement aux mouvements irrédentistes et revanchards, sur le maintien de nazis patentés dans les sphères du pouvoir et dans la haute administration…

Aujourd’hui, c’est la figure de Philipp Müller qui sera évoquée.

Etant quelque peu lassé d’errer entre une langue maternelle et trois autres peu, voire très peu maîtrisées, je demande au lecteur d’être indulgent et de me contacter s’il y a des erreurs factuelles.

 

Philipp Müller est né le 5 avril 1931 à Munich dans une famille catholique, Il a appris le métier de serrurier et travaillait dans l'atelier de chemin de fer de Neu Aubing.

En 1950 il allait comme délégué de la FDJ munichoise à la rencontre de la jeunesse d'Allemagne en RDA et participait aussi en 1951 aux 3e Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est. Il y épousa une Berlinoise de l’Est, Ortrud Voß. En décembre 1951 naissait leur fils Joachim. Müller déposait une demande d'émigration en RDA et perdait après cela son poste. Jusqu'à sa mort, il a été impliqué dans la lutte contre le réarmement de l'Allemagne occidentale.

 

Le 11 mai 1952, un rassemblement en faveur de la paix dans la ville d'Essen a été attaqué par la police, d'abord avec des chiens et des matraques puis à balles réelles. Philipp Müller, un membre de la jeunesse allemande libre, est devenu la première personne à être tuée à une manifestation dans la nouvelle République fédérale. Comme un signe des choses à venir, aucun policier ne ferait jamais face aux charges pour la mort de Müller mais onze manifestants ont été par la suite emprisonnés pour un total de six ans et quatre mois pour conduite contraire aux bonnes mœurs  et « crimes de trahison contre la Constitution. »

De nombreux communistes et militants de la gauche radicale allemands (dont le DKP et Die Linke) appellent à une manifestation en hommage à Phlipp Müller le 12 mai 2012 sur les lieux du drame à Essen.

Ne laissons pas l’histoire à nos adversaires ! 

 


 

Voici une illustration des pratiques démocratiques du « monde libre ».

Le 12 mai 2012, à Essen, lors de la manifestation à la mémoire de Philpp Müller, les policiers interviennent contre des militants de la FDJ.

Un camarade de cette organisation devait passer devant le tribunal le 26 octobre 2012.

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:12

 Durant la période 1989-1990 la bourgeoisie ne se laisse pas tourner la tête par sa victoire face à l’ennemi communiste. Ainsi, elle fait le « ménage » dans les dossiers du MfS afin que tous, juristes, historiens, journalistes, simples citoyens sachent que le Mal était à l’Est, et seulement à l’Est…

Ce « tri sélectif » permettra la « développement durable » de l’anticommunisme !

En d’autres termes on appelle cela l’écriture de l’histoire par les vainqueurs.

    « Contrôle et fermeture des dossiers de la Stasi (avril-juillet)

 Dans le même temps, les députés cherchèrent à (re)prendre le contrôle sur les fonds d'archives de la Stasi. Il s'agissait d'en limiter l'accès au nom du respect de la vie privée (Datenschutz) 1. Les élus entendaient mettre un terme au contrôle citoyen (initié en décembre) et limiter les « indiscrétions » grassement payées par les médias ouest-allemands. Cette position, défendue au cabinet (Ministerrat) par Maizière et Diestel, avait l'appui d'une bonne partie du gouvernement ouest-allemand 2. Le 28 mars, le gouvernement fédéral avait d'ailleurs donné l'ordre au principal service de contre-espionnage (verfassungsschutz) de détruire sans délai toutes les informations en sa possession qui provenaient de la Stasi et portaient sur des citoyens ouest-allemands. Pour le gouvernement fédéral, la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. De son côté, le ministre de l'Intérieur est-allemand, Peter-Michael Diestel, encouragea en sous-main des campagnes de destruction, et ce au moins jusqu'en août3.

Le gouvernement de Maizière renforça le dispositif mis en place par Hans Modrow : le « Comité [gouvernemental] chargé de la liquidation du MfS » - au sein duquel œuvraient d'anciens officiers de la Stasi conservait la haute main sur les archives. Malgré la création de deux commissions (dont l'une, parlementaire, était présidée par Joachim Gauck) chargées de contrôler le travail du Comité, l'accès aux archives fut étroitement limité. Seuls les membres des commissions d'enquête parlementaires et les magistrats furent autorisés à les consulter. Les particuliers devaient attendre, pour leur part, de quatre-vingts à cent ans.

1. Cette position faisait l'objet d'un large consensus au sein de la Chambre du peuple - seul Bündnis 90, parti issu des mouvements de citoyens, défendait le principe d'une ouverture des archives. Cf. « Grundsatze der Koalitionsvereinbarung zwischen den Fraktionen der CDU, der DSU, dem DA, den Liberalen, DFP, BFD, FDP und der SPD vom 12.4.1990 », reproduite in : Münch, Ingo (dir.), Dokumente der Wiedervereinigung Deutschlands, Stuttgart, Kröner, 1991, p. 170.

2. Tandis que Horst Teltschik, conseiller de Helmut Kohl, plaidait auprès de Maizière pour l'ouverture d'un « débat public sur le passé », plusieurs ministres, notamment Wolfgang Schauble (Intérieur), étaient d'un autre avis. Cf. leurs souvenirs in : Teltschik, H., 329 Tage. Innenansichten der Einigung, Berlin, Siedler Verlag, 1991, p. 199 et Schauble, W., Der Vertrag, op. cit 

3. Sur ce point, voir Richter, M., Die Staatssicherheit, op. cit. p. 214-217. Au nom du Datenschutz (protection des données individuelles), Diestel avait à maintes reprises refusé aux députés de la commission de contrôle l'accès à certains documents. À la fin de septembre, il fut accusé d'avoir ordonné des destructions. D'autres ministres – comme Eppelmann - contribuèrent aussi à ces destructions, poussés en cela par Diestel, Maizière et Bonn (le gouvernement fédéral étant d'avis que les documents de la Stasi concernant des Allemands de l'Ouest devaient être détruits).

1. Voir le récit détaillé du combat mené par Gauck de juillet à septembre 1990, in : Bock, P., op. cit.  p. 283-303.

2. L'opposition à cette loi réunissait une coalition hétéroclite de députés de la majorité et du PDS » »

J’aime bien ce passage : « la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. »

Source : Une épuration allemande, La RDA en procès, 1949-2004, Guillaume MOURALIS, Paris, Fayard, 2008, 430 pages.

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 15:30

En janvier 1998, les représentants de la TLG (Treuhandliegenschaftsgesellschaft, société fiduciaire immobilière), lors d’une réunion organisée par le cercle des amis du mémorial Ernst Thälmann,  déclarait que le site serait préservé.

En 2002, à l’occasion d’une vente aux enchères, Gerd Gröger acquit ce lieu.

Fin mai 2003, il fit changer pendant la nuit toutes les serrures.

Un peu plus tard l’endroit fut inscrit dans la liste des monuments et mis sous protection.

Malgré cela, ce triste personnage, fit démolir le lieu commémoratif en mai 2010.

Depuis lors, le cercle des amis réclame ses biens et la reconstruction du mémorial ainsi que la condamnation de Gerd Gröger.

Une exposition itinérante a parcouru l’Allemagne afin d’informer et pour obtenir des soutiens.

 

 

Des manifestations régulières ont lieu sur le site. La dernière s’est déroulée le 16 avril 2011 à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Ernst Thälmann.

 

Ces actions n’ont pas qu’un objectif partisan, elles répondent à un devoir moral.

 

Merci aux "Freundeskreis "Ernst-Thälmann-Gedenkstätte" e. V., Ziegenhals"

Site : http://www.etg-ziegenhals.de/Aktuelles.html

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 12:30

J'emprunte ce récit au journal Solidarité de classe.

« ZIEGENHALS, 7 FEVRIER 1933 : DERNIERE SESSION (CLANDESTINE) DU COMITE CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE ALLEMAND (KPD)

Extraits du livre Ernst Thälmann De Zeno Zimmerling (RDA, 1974) Traduction: Christian Marry

« Mesdames, Messieurs, suivez-moi s'il vous plait ! ». D'un geste, Artur Lange invite les 15 à 20 hommes qui viennent d'arriver l'un après l'autre, à le suivre. Artur Lange est mécanicien, mais l'amour des étoiles, auquel il a donné d'innombrables heures de loisirs, a fait de lui un astronome. Aujourd'hui, 7 février 1933 après-midi, il est, comme souvent, de service à l'observatoire de Treptow à Berlin, ce qui signifie qu'il fait partager ses connaissances du monde des étoiles aux visiteurs intéressés. Et ça, Artur Lange sait très bien le faire. Aussi commence-t-il tout de suite à parler. Son exposé, il l'interrompt de temps en temps par les remarques « Svp veuillez me suivre » et « Svp montez l'escalier », jusqu'à ce qu'il ait mené le groupe de visiteurs sur le toit de l'observatoire.

Alors soudain tout change. Lange arrête de parler des étoiles, car il y a des choses plus importantes. Plus qu'un astronome enthousiaste Artur Lange est communiste, et les visiteurs sont des membres du Comité central, des secrétaires régionaux et des rédacteurs du KPD. Ils ne restent pas longtemps sur le toit. Hermann Dünow, collaborateur du CC du KPD, les informe qu'un car les attend devant la maison pour les conduire a. une session illégale du CC. « Vous êtes un groupe de sportifs et vous allez à une rencontre de votre club dans la Maison des Sports de Ziegenhals, près de Niederlehne, au bord du lac de Zeuthen... » (...).

Pendant que les cars traversent la région, une voiture venant d'un autre coin de Berlin, de Charlottenburg, se dirige vers le même endroit. Ernst Thälmann est assis à l'arrière et repense encore une fois à son discours. II dit a. son chauffeur : « Pendant longtemps, nous, communistes, n'allons plus pouvoir nous déplacer librement en Allemagne. Les nazis vont frapper. Mais personne ne réussira à nous exterminer ».

Trois routes conduisent à Ziegenhals. Ce 7 février, elles sont surveillées par des communistes. La séance du CC est sécurisée (...). Un camarade au grenier, un « pêcheur à la ligne » au bord de l'eau, quelques « buveurs de bière » au restaurant situe avant le lieu de la réunion, et enfin le bateau « Charlotte » - autant de précautions pour protéger la session à laquelle participent environ 40 camarades.

Walter Ulbricht, membre du secrétariat du CC, dirige la réunion. Ernst Thälmann expose la situation. Ce discours montre plus que tout autre Thälmann comme un marxiste-léniniste mûr, sans aucune illusion, dur dans l'évaluation critique du travail de son parti, créatif dans la formulation des taches à venir, constructif dans la présentation des moyens de les accomplir (...).

« Nous ne devons pas perdre de temps. C'est maintenant que le coup d'Etat menace. Que l’anéantissement du Parti menace. Qu'arrivent des semaines décisives. Le combat qui nous attend est le plus difficile. » Thälmann caractérise le cabinet Hitler au pouvoir depuis le 30 janvier comme la « dictature fasciste ouverte ». La bourgeoisie veut sérieusement détruire le Parti et l'avant-garde de la classe ouvrière. C'est pourquoi elle ne reculera devant aucun moyen. Elle ne se contentera pas de supprimer le peu qui reste des droits ouvriers, ce ne sera pas seulement l'interdiction du Parti, pas seulement une justice fasciste de classe, mais toutes les formes de la terreur fasciste : internement en masse des communistes dans des camps de concentration, justice sommaire et assassinat de nos courageux combattants antifascistes, en particulier des chefs communistes (...».

Tous ceux qui sont là se demandent comment cela a pu arriver. Ils devront l'expliquer aux masses. Thälmann ne fait pas de détour: « Nous n'avons pas été capables d'empêcher la dictature fasciste, bien qu'ayant organisé le combat des masses dans ce sens (...) Si nous n'avons pas pu aller plus loin, c'est parce que nous n'avons pas pu contrer l'influence des chefs socialistes et chrétiens » (...) A plusieurs reprises, Thälmann réclame l'unité d'action avec toutes les forces antifascistes (...).

Soudain, deux ivrognes entrent dans le restaurant. Sont-ce des mouchards ? On entend clairement la voix de Thälmann dans la pièce d'à côté ! Un camarade invite les deux types à aller boire un verre dans un autre endroit. Ils s'en vont. Le danger a-t-il disparu ? C'est alors que le guetteur du grenier signale deux individus sur le mur du jardin voisin. Ils ne restent pas longtemps, Ils disparaissent. Le danger est grand. Les camarades rassemblés décident d'interrompre immédiatement la réunion. Thälmann ne termine pas son exposé. II est un peu moins de 8 heures du soir quand les camarades quittent la Maison des Sports de Ziegenhals. La plupart utilisent les deux cars, d'autres rejoignent l'autre rive avec le bateau « Charlotte ». Thälmann rentre en voiture à Berlin. Deux heures après, les SA occupent les lieux (...).

Note du traducteur: après, Thälmann dirige un temps le journal Drapeau rouge. Il y rédige l'appel du KPD pour les élections du 5 mars. Mais le Parti décide qu'après le 5 mars Thälmann, trop menacé, ira poursuivre la lutte à l'étranger. Hélas, le 3, suite à une dénonciation, il est arrêté à Berlin. Il ira de prison en prison jusqu'à son exécution en 1945, à Buchenwald»

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 13:44

 

Des partisans d’une Allemagne socialiste seront présents à la Fête de L’Humanité. Alors, faites un détour par le Village du Monde pour rendre visite aux amis de Die Linke  et de Neues Deutschland.

C’est toujours sympa, même si ceux qui se rappellent du stand de la RDA, dans ce qui s’appelait alors la cité internationale, ont toutes les chances d’être déçus…

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 13:07

C’est avec un plaisir éhonté que j’ai procédé à une lecture partiale du chapitre « Berlin, la persistance de l’oubli » extrait de Berlin : l’effacement des traces, ouvrage édité par la BDIC et les éditions FAGE.                 

Je pense que mes lecteurs trouveront leur miel dans cette publication éditée à l’occasion de l’exposition éponyme qui s’est tenue au Musée d’histoire contemporaine-BDIC à Paris du 21 octobre au 31 décembre 2009.

 

Régine ROBIN nous rappelle, entre autres choses, que le freinage de la dénazification opéré par Adenauer alors chancelier de l’Allemagne de l’Ouest, au nom de la réconciliation nationale, entraîna un renouveau du fascisme (p. 27).

Durant la Coupe du monde de football de 2006 il était de bon ton de saluer le « nationalisme bon enfant » des Allemands. Ces louanges ont sûrement masqué la destruction du Palais de la République et la remise à neuf du stade nazi des Jeux olympiques de 1936… (p. 28)

Un peu plus loin, Régine ROBIN, explique qu’en l’espèce nous avons à faire à un oubli organisé.

 

Je remarque que nos amis « antitotalitaires » débaptisent 71 rues à Berlin-Est rivalisant dans ce domaine avec les nazis qui avaient « nettoyé » 121 voies pour l’ensemble de Berlin. Si besoin est, on passe outre le refus de certains maires d’arrondissement et l’opposition des habitants concernés. Ces derniers sont trop imprégnés de communisme pour comprendre les bienfaits de cette campagne de « purification » idéologique… Liebknecht et Luxemburg échappèrent cette fois au massacre, les rues qui portaient leur nom ne furent pas débaptisées.  

Les statues qui ont eu la malchance de dater de la défunte République ont également subi maints outrages : abandon, vandalisme, détournement, destruction, démontage, etc.

L’auteur explique avec malice que l’amiante trouvé dans le Palais de la République fut une « découverte providentielle » (p. 37) pour les bourgeois adeptes de la table rase.

Elle décrit aussi le processus de muséification de la RDA. Elle pointe le fait qu’aucun artiste de l’Est n’était représenté à l’exposition « 60 ans, 60 œuvres » tenue à l’occasion du 60e anniversaire de la RFA. Il me semble de rappeler que ladite Allemagne fédérale prétendait représenter tous les Allemands, ceux de l’Ouest comme ceux de l’Est.

Ces attaques brutales contre la mémoire collective des citoyens de l’Est n’est pas pour rien dans l’apparition du phénomène ostalgique.

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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