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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:48

 

Devant l’enthousiasme suscité par mon précédent article, je me vois contraint d’apporter quelques précisions techniques. Je sens que ce nouvel article va avoir un succès planétaire !

J'ai reproduit ci-après la fiche technique du pipeline Droujba rédigée par l'agence de presse RIA Novosti à Moscou le 9 janvier 2007. Les légendes des photos sont de Joseph.

L'oléoduc Droujba, long de quelque 6.000 kilomètres, est le plus important pipeline au monde.

Le tronçon nord de l'oléoduc passe par le territoire de la Biélorussie, de la Pologne et de l'Allemagne, le tronçon sud, par l'Ukraine, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie.

L'accord sur la construction de ce réseau de tuyaux a été signé le 18 décembre 1959 par les dirigeants des pays membres du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM ou Comecon): URSS, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne et République démocratique d'Allemagne.


Partie de footbal.  on aperçoit les drapeaux de la RDA, de l'Union soviétique et de la République socialiste soviétique d'Ukraine.

La construction a commencé le 10 décembre 1960 à Samara. Le tube de 1.020 millimètres de diamètre passait par le territoire russe de Samara à la région de Briansk, qui était relié par une branche de 800 millimètres de diamètre avec Ventspils (Ounetcha-Polotsk-Mazeikiai-Ventspils. Le tuyau principal allait vers l'ouest, pour se diviser en Biélorussie en deux branches, dont l'une (nordique) passait via la Pologne vers l'Allemagne et l'autre (méridionale), via l'Ukraine vers la Tchécoslovaquie et la Hongrie.

La construction de l'oléoduc a pris quatre ans, bien que certains tronçons aient été mis en exploitation plus tôt: les premières tonnes de brut ont été acheminées dans les réservoirs de Budkovce en Tchécoslovaquie en février 1962. Environ six mois plus tard, la Hongrie a elle aussi reçu du pétrole soviétique. Dans le courant de 1963, les constructeurs ont achevé les tronçons Mozyr-Brody et Mozyr-Brest, ce qui a permis d'entamer les livraisons de pétrole vers la Pologne et la République démocratique d'Allemagne.

Les principaux ouvrages du système Droujba-1 ont été mis en exploitation au milieu de 1964, et le 15 octobre 1964, l'oléoduc a été inauguré.

Cinq ans après, l'Union soviétique a souhaité accroître ses capacités d'exportation, mais les capacités de l'oléoduc existant ne pouvaient pas garantir un tel accroissement. Un système de tuyaux baptisé Droujba-2, avec des tubes de 1.220 millimètres de diamètre, a été donc construit en parallèle. La construction de Droujba-2 a commencé au printemps 1969 et s'est achevée en 1974, ayant permis de doubler les capacités d'exportation soviétiques.

Dernière soudure...

Après la désintégration du camp socialiste et de l'URSS, le poste de commande central de la partie russe de l'oléoduc a été transféré de Lvov à Briansk. En Russie, le pipeline traverse 32 districts dans huit régions. Presque la moitié des exportations de pétrole russe s'effectuent par ce système. 70 à 80 millions de tonnes de pétrole sont exportées via la partie occidentale (essentielle) de Droujba. Ce pétrole est canalisé vers les raffineries de Mozyr (Biélorussie), de Plotzk (Pologne) et de Schwedt (Allemagne).

 

Source : http://fr.ria.ru/business/20070109/58744202.html

Source des images : http://www.lindebox.de/index.php?menuid=9&reporeid=113

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:18

Il est bon de rappeler que, du temps de la RDA, des responsables politiques bien avisés proposaient à la jeunesse allemande une autre relation avec l’Ukraine et ses habitants.

Un « disc jockey très loin à l'est »…

 

Lors de la construction Drushba-Trasse, premier grand gazoduc partant de l'Oural et arrivant en Europe occidentale en passant par l’Ukraine, des milliers de jeunes de la RDA ont été employés dans les années 1975-1979 en Ukraine.

Ce projet de la jeunesse a demandé beaucoup de moyens. Cet investissement était aussi culturel. Il y avait, entre autres choses, une ancienne voiture de cinéma (de la milice populaire nationale) modifiée pour servir de discothèque mobile. Celle-ci était utilisée pour animer les chantiers de construction.

La musique, trop occidentale au goût de certains esprits étroits, a parfois créée des problèmes. Mais, avec le recul, ce genre d’incidents est plutôt à ranger dans la catégorie « folklore idéologique », et ne pèse pas grand chose face à cet exemple de coopération.

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:55

La France souhaite créer un Institut Français à Berlin, à l’instar de ceux qui existent depuis longtemps à Varsovie et à Budapest. Mais si les autorités est-allemandes sont évidemment favorables aux échanges culturels, elles ne veulent pas offrir aux Occidentaux des moyens pour leur propagande.

A la suite de la visite de Jean François-Poncet, Erich Honecker donne son accord à l’ouverture d’un centre culturel français à Berlin-Est et à celui d’un centre culturel est-allemand à Paris. Un protocole prévoyant l’intensification des échanges d’enseignants et de chercheurs entre les deux pays est signé le 28 février 1980 dans le cadre d’une commission mixte franco-est-allemande pour la coopération scientifique et technique. Deux autres accords sont signés en 1984, ils concernent l’un la coopération sportive, l’autre les relations entre le CNRS et l’Académie des Sciences de RDA.

Les effets de ces accords sont rapides. Des échanges d’enseignants ont lieu et des stages pédagogiques pour l’enseignement de la langue du partenaire se déroulent à Erfurt, Weimar, Grenoble, Dijon et Paris. Le lycée Herder de Berlin-Est a des contacts étroits avec le lycée Albert Schweitzer de Mulhouse. Dans l’enseignement supérieur, la coopération se traduit par des échanges de lecteurs entre Paris et Berlin, Lyon et Leipzig, et par des colloques comme celui de Halle sur Diderot en 1984. De nombreux accords inter-universitaires sont signés, mais les échanges d’étudiants dans le sens RDA-France restent très limités.

Les Centres culturels symbolisent cette volonté de coopération. C’est Claude Cheysson, ministre des Affaires étrangères, qui vient en personne inaugurer le Centre culturel français de Berlin le 26 janvier 1984. Son collègue est-allemand, Oskar Fischer, est reçu lors de l’inauguration du Centre culturel est-allemand par le président Mitterrand. Ces deux centres richement dotés permettent de connaître l’autre de façon plus authentique.

Les échanges artistiques poursuivent le même but. Les deux pays échangent, en 1984 et 1985, des expositions de photographie. La France accueille, en janvier 1984, l’Orchestre symphonique de Berlin-Est et l’Orchestre philharmonique de Radio-France se rend en RDA en octobre 1984. Mais on se heurte à des obstacles sérieux: il est difficile pour un citoyen de RDA de se rendre en France et les médias français ne donnent pas une image positive de cette autre Allemagne, dont on ne connaît que le côté répressif.

Après la disparition de la RDA, l’Institut français de Berlin-Ouest et le centre culturel français à Berlin-Ouest ne font plus qu’un dans l’actuelle Maison de France rue Kurfürstendamm qui abrite aussi le cinéma Paris.

 

D’après http://www.deuframat.de/parser/parser.php?file=/deuframat/francais/3/3_2/metzger/kap_6.htm

http://www.lagazettedeberlin.de/www.lagazettedeberlin.de/typo3/typo3/index.php?id=6325&L=0&type=1

Photo : http://www.wissen.wortschlag.net/dokuwiki/doku.php?id=recherche-wiki:politik-geschichte:ccf-start

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:12

Lors d’une récente cérémonie retransmise par toutes les télévisions du monde les chefs d’Etats et les représentants des pays capitalistes ont, avec un certain lyrisme, célébrer la réunification allemande. Pourtant, tout ce petit monde aurait dû faire profil bas. En effet, ces mêmes cercles dirigeants avaient, à une certaine époque, des plans pour l’Allemagne qui ressemblaient fort aux célèbres partages de la Pologne. De surcroit, ces mêmes milieux sont à l’initiative de la création de la RFA.

Le mono-étatisme est récent en Allemagne et il n’a pas toujours eu d’heureux effets… Par certains aspects, le génie allemand -ses chercheurs, ses humanistes…- ne semblait pas être gêné par la coexistence dans l’espace allemand de différentes entités étatiques.

Face à la propagande bourgeoise, je publie un extrait d’une brochure d’une autre propagande : celle de la RDA. Ce texte date du début des années 1960. Le français est quelque peu malmené mais on comprend quand même où veulent en venir les auteurs.

« En opposition à la conception ferme de l'Union Soviétique d'une Allemagne unie, démocratique et pacifique, il y avait déjà pendant la seconde guerre mondiale plusieurs plans de division de la part des alliés occidentaux.

En 1941, le journaliste américain, Th. N. Kaufmann publia une brochure au titre « Germany must perish » (l'Allemagne doit périr). Kaufmann exigea dans cette publication que l’Allemagne devrait être partagée entre la France, la Hollande, la Belgique, la Pologne et la Tchécoslovaquie, projet qui est illustré au moyen de la carte. il est significatif que l'Angleterre en était exclue. Kaufmann propageait en outre la stérilisation de tous les hommes et femmes allemands survivants, pour ainsi faire s'éteindre la grande majorité du peuple dans une seule génération. Goebbels faisait publier une grande édition de cette brochure, pour d'abord répandre la, terreur en renforcer ensuite la volonté de résistance de la population.

Pendant l'agression fasciste contre l'Union Soviétique, les nazis ne reculèrent pas devant l'affirmation mensongère que le plan Kaufmann était un projet soviétique !

 

 

En 1943, à la conférence de Téhéran, le président Roosevelt présenta le premier plan américain officiel au sujet, de la division de l'Allemagne.

Ce plan prévoyait une division de l'Allemagne en cinq pays: la Prusse,

le Hanovre avec plusieurs régions de l'Allemagne du Nord, la Saxe avec le district autour de Leipzig,

la Bavière, la Bade, le Wurtemberg,

la Hesse.

La Sarre,

la Ruhr,

Hambourg,

le canal et le port de Kiel devaient être soumis à un contrôle international.

Winston Churchill, en tant que chef de la délégation britannique, approuva ce plan.

Selon ses propres mots, il craignait beaucoup (« la puissance d'une Allemagne unie »).

La délégation soviétique déclina ce projet, en motivant que (« la volonté du peuple de réaliser son unité politique serait toujours très forte et que le morcellement territorial inclurait à la fois le danger d'un nouvel essor des tendances nationalistes. »)

Deux autres projets de division apparurent en 1944, après le rejet de ce premier plan: le remplaçant du secrétaire d'Etat américain, M. Summer Welles, proposa en juin 1944 de déchirer l'Allemagne en trois Etats, dont l'un devrait se former de l'Allemagne occidentale, l'autre de l'Allemagne orientale et le troisième de l'Allemagne du Sud. Ce plan n'a jamais été traité officiellement,

A Québec au Canada eu lieu, du 11 au 16 septembre 1944, une conférence séparée entre les représentants des gouvernements américain et britannique. Le ministre des Finances des Etats-Unis, M. Morgenthau, présenta un plan rigoureux de tripartition selon lequel l’Allemagne devrait être divisée en

un Etat de l'Allemagne du Nord,

un Etat de l’Allemagne du Sud,

et en une zone internationale contrôlée par les Nations-Unies.

La Sarre et les régions avoisinantes, entre la Moselle et le Rhin, devraient être incorporées à la France.

Morgenthau exigeait en outre la destruction ou bien le démontage des industries de la. Ruhr et de la Sarre, ainsi que l'arrêt des travaux miniers.

Cette région devait être « tellement affaiblie et soumise à un contrôle tellement rigoureux que le développement d’un nouveau centre industriel, dans un avenir plus ou moins rapproché, y serait impossible.  »

La perspective s'offrant à l'Allemagne s'appelait d'après Morgenthau : « Terre arable et pâturage ».

Le consentement de Churchill a été littéralement acheté par la promesse du ministre des Finances américain d'accorder à l'Angleterre un crédit d'après-guerre de six milliards et demi de dollars. De plus, on faisait entrevoir à l'Angleterre qu'elle pourrait prendre en possession un grand nombre des marchés allemands pour le fer et l'acier et exclure ainsi un concurrent dangereux.

En octobre 1944, le plan Morgenthau fut rejeté par l'Union Soviétique qui désigna ce projet « d'indiscutable ». La propagande de Goebbels profita surtout du plan Morgenthau, afin de rendre accommodants encore beaucoup d'hommes allemands pour « la guerre totale » quand la guerre fasciste touchait déjà à sa fin ».

 

Lors de la conférence de Potsdam, du 17 juillet au 2 août 1945, le problème allemand se trouva au centre des débats. La délégation des Etats-Unis offra un autre plan sur l'Allemagne, qui prévoyait à nouveau une tripartition:

Un Etat se formant de l'Allemagne du Nord avec la capitale Berlin,

un Etat se formant de l'Allemagne occidentale avec la Ruhr et la Sarre, Etat, qui, selon J'opinion de Truman, devait être d'abord soumis au contrôle international, pour ensuite être transformé en un Etat séparé; un Etat se formant de l'Allemagne du Sud avec la capitale Vienne,

Etat qui devait englober les pays allemands de Bavière, ·Wurtemberg et Bade, ainsi que l'Autriche et la Hongrie.

L'acceptation de ce plan a été empêchée par l'Union Soviétique.

En raison de l'initiative soviétique, les participants de la conférence ont décidé :

"De continuer à traiter l'Allemagne d'un ensemble uni et de lui donner la possibilité de prendre un développement démocratique et pacifique." »

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 12:34

PierreKaldor.jpg
Pierre Kaldor vient de s’éteindre à l’âge de 97 ans.

Son parcours politique et professionnel a rencontré plusieurs reprises celui de l’Allemagne.

En 1935 déjà il assistait Marcel Willard dans la défense de Georges Dimitrov face aux juges nazis.

Parce qu’il est communiste, il est arrêté et emprisonné en 1939. Il s’évade pour participer à la lutte contre l’occupant allemand et ses soutiens français.

Enfin, l’avocat Pierre Kaldor participe au combat victorieux contre les interdits professionnels frappant les citoyens de l’Allemagne fédérale suspectés d’être liés au mouvement communiste.

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 17:52

C’est une solution pour favoriser le développement de certains pays à condition que ladite immigration puisse être librement choisie… par l’immigré !

Son mode d’emploi nous est fourni par un ministre de la République algérienne quand celle-ci se piquait de socialisme. Je le cite « Nous avons conclu avec la RDA, des accords qui sont pour nous une aide importante, par exemple sur la qualification de jeunes Algériens dans les entreprises de la RDA. C’est un apport à la solution du problème de la formation du personnel spécialisé pour le développement de notre économie et de notre société, l’un des plus urgents de l’Algérie. » 

Quand je constate l’écart persistant du développement entre les deux rives de la Méditerranée, je me dis que notre pays s’honorerait à recourir à ce type d’immigration choisie.

Etudiants algériens à Leipzig en juin 1960 (donc avant
la date des déclarations du ministre).

AlgerischeStudentenLeipzig1960.jpg




        












Etudiants étrangers à l'Université de Rostock en 1969.
                       studentenRostock1969.jpg                                                                                 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 12:46

Avec d’autres germanistes, Emile Bottigelli et Gilbert Badia créent au début des années 1950 le cercle Heine qui a pour but de promouvoir les échanges intellectuels avec la RDA.

D’autres milieux, d’autres personnes s’intéressaient à ce pays durant ces années difficiles. On peut citer le Comité d’échanges franco-allemands d’Edmond Vermeil et Emmanuel Mounier, le responsable de la revue Allemagne d’aujourd’hui, Georges Castellan, le doyen de la faculté des Sciences de Paris, Albert Châtelet, la FNDIRP, la CGT et le PCF.

En avril 1958, les statuts de l’association « Echanges franco-allemands, association française pour les échanges culturels avec l’Allemagne d’aujourd’hui » sont déposés. A cette époque, la situation ne favorisait pas son activité : les Français se préoccupaient plus de l’Algérie que de l’Allemagne. Toutefois, l’association reçu son « baptême » en octobre 1959, devant 1 300 personnes à la Mutualité, lors de la célébration du 10e anniversaire de la RDA. A cette occasion, Albert Châtelet résuma la démarche des EFA : « des liens ont été rétablis avec une partie de l’Allemagne, ils peuvent, ils doivent être étendus à toute l’Allemagne, aux deux Etats séparés, ou réunis ».

Efa1969.jpgDès cette date, l’association pris son rythme de croisière en multipliant notamment mes conférences, les expositions, les visites et les séjours. Entre 1960 et 1962, on compte une vingtaine de jumelages entre communes françaises et communes est-allemandes, Argenteuil et Paris 20e ouvrant le bal.

Les 25 et 26 novembre 1961, les EFA organisèrent un colloque sur le problème de Berlin. 260 personnalités françaises de toutes tendances politiques et religieuses, universitaires, journalistes y assistèrent. Certains ambassadeurs étaient présents. Le colloque adopta des résolutions allant dans le sens d’un règlement négocié.

Le 1er Congrès des EFA a lieu à Paris en décembre 1963. A cette date, l’association comptait 4 000 adhérents. Les échanges, désapprouvés et limités par les autorités françaises concernent alors 60 parlementaire, 1 680 enfants, 325 lycéens, etc.

Le 2e Congrès se déroula en février 1966 toujours en l’absence de représentants de la RDA qui voyaient leurs demandes de visa systématiquement refusées. Les EFA comptaient 5 500 adhérents. Ce nombre passera à 10 000 en mars 1968 (3e Congrès).

Entre 1964 et 1972, les EFA envoient entre 1 700 et 2 000 enfants par année en RDA, le nombre annuel de jeunes ayant bénéficié de tels séjours varie entre 1 600 et 2 000. Une attention particulière est accordée aux délégations d’élus.

En  décembre 1967, l’association participait à une réunion du Comité international d’Helsinki pour la reconnaissance de la République démocratique allemande. Elle sera également représentée à des réunions de travail dudit comité. En juin 1968, la Conférence du comité lance l’appel pour la reconnaissance de la RDA. Les EFA menèrent aussi le combat en France. Ainsi, un « mémoire concernant les conditions juridiques du bureau interallié de circulation de Berlin » fut envoyé en mars 1969 au ministre des Affaires étrangères. Le 24 octobre de la même année, le gala organisé à l’occasion du 20e anniversaire de la RDA rencontra un grand succès. En janvier 1970, l’association lançait une pétition nationale en faveur de la reconnaissance diplomatique de la RDA qui recueillera en l’espace de deux ans 250 000 signatures. Le 16 avril 1970, pour la première fois l’association fut reçue en tant que telle par le ministre des Affaires étrangères, Maurice Schumann. Celui-ci déclara que pour ce qui concerne la reconnaissance, le gouvernement  français ne souhaitait pas précéder la RFA, toutefois, il annonçait qu’il n’y aurait plus, pour les Allemands de l’Est, de discrimination dans l’octroi des visas.

Forte de 12 000 membres, l’association pu enfin recevoir une représentante de la RDA, Mme Reiber, lors de son 4e Congrès en avril 1970. Lors de ce Congrès l’association changea de dénomination pour s’appeler « Echanges franco-allemands, association pour la coopération entre les deux Etats allemands et la reconnaissance de la République démocratique allemande ».

Entre cette date et celle du 5e Congrès (mai 1972), les EFA ne relâchèrent pas leurs efforts pour faire connaître et reconnaître la RDA.

C’est seulement le 9 février 1973, quelques mois après le Traité fondamental signés par  les deux Etats allemands, que la France reconnaissait la RDA.

Naturellement, le Congrès extraordinaire de mai 1973 se réjouit de cette reconnaissance « Considérant que les deux Etats allemands possèdent des régimes sociaux, économiques et politiques différents ; qu’ils ont établis entre eux des relations normales et qu’ils vont devenir prochainement membres des Nations-Unies et de ses organisations, à droits égaux, que la France entretient FrancerRda1974.jpgavec des relations diplomatiques, le Congrès décide que l’association s’appellera "France-RDA, association française pour le développement des échanges et de la coopération entre la France et la RDA. "»

Mais il restait fort à faire pour que ces relations devinssent normales. Si les ambassadeurs furent bien nommés en 1974 ; le gouvernement français refusait de reconnaître Berlin comme capitale de la RDA et, plu surprenant encore, il refusait de reconnaître la citoyenneté RDA, s’alignant ainsi sur la RFA qui prétendait représenter toute l’Allemagne en dépit de l’article 4 du Traité fondamental interallemand qui stipulait : « la République fédérale allemande et la République démocratique allemande partent de l’idée qu’aucun des deux Etats ne peut représenter l’autre sur le plan international ou signer en son nom »…

 

D'aprés France-RDA, 30 ans de relations, CASTELLAN G. et LENOIR R., Presses universitaires de France, 1978.

 

Source photo affiches : http://www.bu.univ-paris8.fr/rda/affiches/page6.html

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 12:11

SolidaritéVietnam1973Après le « rendez-vous manqué » par la France, après les destructions massives opérées par l’Empire, la RDA sauve l’honneur d’un certain Occident en signant un accord de coopération avec le Viêt-Nam le 22 octobre 1973.

Une délégation de spécialistes de la construction de RDA se rend à Vinh, chef-lieu de la province de Nghe Tinh (et ville natale de Ho Chi Minh). Au même moment le « Leipzig », chargé de 1 711 tonnes de matériaux de construction, quitte le port de Rostock pour Vinh.

Des appartements, permettant de loger plusieurs milliers de personnes, seront construits dans le quartier de Quang Trung qui avait été entièrement détruit par les bombardements étasuniens.

Dans le cadre de cet accord de coopération, de nombreux vietnamiens bénéficieront d’une formation et se qualifieront pour choisir de nouvelles professions.

Je souhaite qu’un jour la France, suivant l’exemple de la RDA, tisse des liens fraternels avec tous les peuples qui ont croisé son chemin…

 

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 16:18

AtelierRestaurationLivresUnescoAnnees1980.jpgSur la photo, un atelier de restauration d'imprimés situé à Leipzig qui a fait l'objet d'un classement par l'UNESCO en 1986.

En novembre 1972, la République démocratique allemande devient membre de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) avant d’être admise en septembre 1973 à l’ONU. Cette adhésion n’est pas qu’une démarche supplémentaire visant à forcer la reconnaissance internationale de la République socialiste. En effet, la nouvelle venue participe tout de suite aux grands programmes intergouvernementaux.

Sans tapage, la RDA socialiste et « productiviste » collabore à un programme centre sur les relations entre l’homme et son milieu, sur l’utilisation rationnelle, et la conservation des ressources naturelles. A partir de 1977, et durant plusieurs années, des stages de 3e cycle de 10 mois sont organisés à l’université technique de Dresde. Des experts venus d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine y participent. Dans le cadre du programme « L’homme et la biosphère », la RDA fait connaître son expérience, liée à l’utilisation du lignite, de la reconstitution et la remise en culture des surfaces utilisées par l’industrie extractive.

Alors les dirigeants sont-ils des « écolos » ? Je n’irai pas jusque là (et je ne sais pas si cela serait un compliment), mais la réputation de pollueurs inconscients qui leur a été faite, si elle trouve son origine dans la guerre idéologique, est pour le moins injuste.

Par ailleurs, la RDA invite à plusieurs reprises des experts du secrétariat de l’UNESCO qui étudient sur place le système éducatif et la politique de développement culturel. Ces enquêtes feront l’objet d’une publication dans la série « Politiques culturelles : études et documents ». Aujourd’hui, une telle publication serait intitulée RDA, le totalitarisme à l’école ou, plus subtilement L’organisation de l’enseignement en RDA, la dictature et ses limites

 

Source photo : http://www.bild.bundesarchiv.de/cross-search/search/_1262016703/?search[view]=detail&search[focus]=2

 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 12:42

« Ya bon RDA ! »

Les graves dysfonctionnements du système économique est-allemand ne sont plus à démontrer. Le fait que ce pays vive, ou plutôt vivote, aux crochets des autres Etats est patent. En outre, ma réactivation des traditions prussiennes, dans l’armée notamment, fleure bon l’idéologie rouge-brune !


On est d’autant plus étonné de l’accord de jumelage conclu en 1966 entre Magdebourg et une improbable ville malienne, Kayes !1


Les Teutons orientaux, après quelques balades dans cette contrée subsaharienne, s’emparent de nos pauvres bougres d’Africains et leur font visiter leur terre désolée de Rostock à Leipzig.


Ils contraignent certains d’entre eux à se former trois années durant pour qu’une fois arrivés au Mali ces malheureux citoyens de Kayes soient en mesure de faire fonctionner une usine de retraitement des eaux. Ce cadeau made in GDR ,d’une de valeur de 150 millions de francs maliens, mis en service en août 1974 fait disparaître, dans ce coin du Mali, des traditions locales pourtant bien ancrées comme les infections dues à la consommation d’eau non traitée…


Les Nègres, tout le monde le sait, sont de grands enfants, peu rancuniers de surcroît. Malgré tout ce que le colonisateur est-allemand leur fait endurer, ils lui offrent des cadeaux, comme le crocodile Théophile offert par le maire2, et donnent le nom de Magdebourg à une rue…

 

Ci-contre, la rue Magdebourg.
 

1 Source principale : Impressions, naissance et devenir de la RDA, 1979, éditions Zeit im Bild, Dresde, RDA

2 A propos du crocodile :http://www.stadtwerke-schoenebeck.de/daten/pdf/01-2003/0103_03.pdf

 

 


Théophile a apprécié l'hospitalité de ses hôtes...

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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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