Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... Site personnel : http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/ Persönliche Webseite: http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/ Sito web personale : http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/
LE SPD, FOSSOYEUR DE LA REVOLUTION
Au risque de me répéter, j’affirme qu’on ne peut pas expliquer l’attitude du KPD durant l’entre-deux-guerres seulement par les instructions venues de la « patrie du socialisme ». La répression sanglante de la révolution de 1919, organisée par les sociaux-démocrates, qui marquera durablement les esprits, est à l’origine la méfiance des communistes envers leurs « camarades » socialistes.
Même un historien bourgeois, dans un livre qui n’a pas pour objet cette période1, fait allusion au rôle peu glorieux de la social-démocratie allemande. « A la fin de 1918, le SPD apparaît aussi plus soucieux d’ordre que de bouleversement. » On trouve en 1919 « un collège de commissaires du peuple (…) dans lequel Noske, un autre social-démocrate, exerce les fonctions de commissaire de la Défense. Le spartakisme est vite vaincu. Ses deux principaux chef, Karl Liebknecht, fils d’un des fondateurs du SPD, et Rosa Luxemburg sont arrêtés et assassinés le 15 janvier 1919. La victoire a été remportée, les meurtres ont été perpétrés par des unités militaires d’élite dont les cadres n’étaient pas seulement antirévolutionnaires, mais profondément antidémocrates et antilibéraux. »
Au passage, Alfred Grosser estimait qu’en Allemagne de l’Ouest, depuis cette époque, les révolutionnaires étaient considérés comme des barbares tandis qu’en France « même dans les manuels d’histoire des écoles catholiques, le bilan de la révolution de 1789 [étaient] présenté en termes positifs ».
Evidemment, Gilbert Badia a nettement plus de sympathie pour les spartakistes et leurs alliés. Là où Grosser jette le voile pudique de l’hypocrisie bourgeoise, Badia se fait un devoir d’avancer des chiffres et de donner des précisions sur ces fameuses « unités d’élite » chargées par les sociaux-démocrates de liquider la révolution.2
« [Noske] refuse par ailleurs toute médiation si bien que, selon ses propres chiffres, 1 200 ouvriers berlinois seraient tombés au cours de ces journées [mars 1919] sous les balles des troupes de Lüttwitz ».
« [Dans la capitale de la Bavière], l’armée rouge se battit vaillamment du 1er au 3 mai [1919] à un contre deux. Plus de 100 ouvriers furent tués au combat. » « Dans Munich, où l’état de siège avait été proclamé, les massacres organisés par les troupes gouvernementales occupant la ville, continuèrent jusqu’au 8 mai [1919] (plus de 500 morts]. »
Berlin, 1919. Chars d’assaut anglais employés contre les révolutionnaires.
Voici à présent quelques détails sur ces joyeux lurons qui composaient les « unités d’élite ». « Ne restent dans les casernes que des aventuriers, des officiers et des soldats qui ne tiennent pas à revenir à la vie civile (Hitler par exemple), quelques troupes souvent très jeunes (…) ». « Les officiers réactionnaires, encouragés par le gouvernement central, soutenus par leurs chefs hiérarchiques, vont alors constituer les premiers "corps francs" : troupes de mercenaires qui joueront un rôle capital dans l’écrasement de la révolution. »
« Les troupes des généraux von Lüttwitz et Maercker, encadrés souvent par des cadets et des junkers, se livrèrent alors à un véritable massacre. Les nids de résistance seront réduits les uns après les autres au canon et même au lance-flammes. Pas de prisonniers. » »[En mars], Noske laisse carte blanche aux forces de Lüttwitz qui, quelques mois plus tard, va tenter de renverser la République. »
Exécutions sommaires en mars 1919
Sources :
1. L’Allemagne de notre temps, Alfred GROSSER, librairie Arthème Fayard, 1970, pp. 28-29.
2. Histoire de l’Allemagne contemporaine, tome 1, dir. Gilbert BADIA, Messidor-Editions sociales, 1987, pp. 48, 63 et 66.
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