Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... Site personnel : http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/ Persönliche Webseite: http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/ Sito web personale : http://legrenierdeclaude.e-monsite.com/
Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un texte écrit par le camarade Jean Grimal à l’occasion de l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Vous ne serez pas sans remarquer que l’auteur a des opinions plus tranchées que les miennes
…
Toutefois, on trouve bien un témoignage d’une « simple » citoyenne dans la « RDA vue d’en bas » ou une critique de film d’un autre camarade dans « La vie des autres ou l’histoire malmenée », alors pourquoi n’accueillerait-on pas une analyse « orthodoxe » de la fin de la RDA prise dans le contexte plus général de la défaite du camp socialiste ?
I/ RDA et pays socialistes : rétablir la vérité face à la propagande capitaliste
« La chute du mur de Berlin : que commémorent‑ils ?
Un tapage sans précédent est organisé, notamment par mes media, véhicules habituels de l’intoxication et de la désinformation, autour de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. On sent bien que, pour les capitalistes du monde, et spécialement de France, cet événement fait chaud au cœur. A tel point que Radio France, organe de l’Etat capitaliste au service des actionnaires, va se fendre d’une journée d’émissions spéciales pendant l’ensemble de la journée. Bien sûr, les journalistes protestent… Mais c’est seulement parce qu’ils veulent dix émissions différentes au lieu d’une seule sur toutes les chaînes de radio.
Evidemment, pour les héritiers des Wendel, Prouvost, Renault, Lehideux, Schneider, qui, depuis les années trente jusqu’en 1945 pour certains d’entre eux, ont choisi Hitler, ont vendu la France pour cela, puisque leurs dividendes augmentaient, la destruction du mur est un souvenir bien plus suave que la victoire de l’Armée rouge contre le nazisme les 8 et 9 mai 1945…
Voyons un peu ce que cherchent les idéologues de l’impérialisme à travers cette commémoration.
1. Il faut enterrer l’idée communiste
Le message est spécialement à l’attention des peuples des pays capitalistes d’Europe de l’ouest, spécialement le nôtre. Il s’agit de rappeler à celles et ceux qui auraient des velléités de contester le capitalisme, ce que les religieux monothéistes appellent la « doxa », la loi immuable. Cette loi immuable consiste en un article unique : « Le communisme est mort. »
Avec celui de la chute du mur de Berlin, nous fêtons l’anniversaire de la fameuse déclaration de l’historien américain Fukuyama qui proclama la « fin de l’Histoire ». L’obsession de nos dirigeants politique, de la bourgeoisie qu’ils représentent et de tous les parasites à leur service, historiens stipendiés ou journalistes, est d’empêcher la perception par les salariés de l’existence d’une autre conception du monde basée sur la propriété collective des moyens de production et d’échange.
Cette affirmation renouvelée qu’il n’y a plus de socialisme, plus d’idée communiste, révèle, si on l’analyse entre les lignes, la peur perpétuée de voir renversé le pouvoir de la bourgeoisie. Marx et Engels l’écrivirent en leur temps, dans le Manifeste du parti communiste : « Un spectre hante l’Europe : le communisme. »
Il n’y a là rien de neuf. C’est la même « peur de la sociale » qui avait motivé les grands capitalistes Krupp et Thyssen allant chercher Hitler et fabriquant le parti nazi ; Reagan écrasant le régime populaire de l’Ile de la Grenade et finançant les « Contras » au Nicaragua ou encore Robert Schuman, ancien ministre de Pétain et valet des maîtres de forges créant la Communauté européenne…
2. Il faut faire oublier que tout ne va pas si bien pour l’impérialisme
Plusieurs émissions de télévision, notamment sur la très anticommuniste Arte, nous ont alertés sur un phénomène qui court dans l’est de l’Allemagne baptisé l’ostalgie. Voilà donc des gens qui vivent dans le paradis de la liberté capitaliste et ont le culot de regretter les temps de l’ancienne RDA, qui était pourtant un régime qualifié de totalitaire.
Mesurant concrètement la différence de leur condition de vie entre avant et après 1989, un nombre non négligeable d’Allemands de l’est pensent qu’ils ont beaucoup plus perdu que gagné à la chute du mur. Ils ont troqué une société sans chômage, dans laquelle les besoins essentiels étaient satisfaits contre une liberté de consommer totalement illusoire, puisque l’on n’a pas les moyens d’acheter.
Tout cela n’est pas de nature à rassurer les idéologues de l’impérialisme, alors nos journalistes français glosent sur les mauvaises raisons des « ostalgiques », se moquent d’eux avec un rien de mépris ; mais les faits sont là…
3. Il faut encore et toujours mentir, déformer la vérité sur le socialisme
Au milieu de tas d’autres opérations, notamment autour de la seconde guerre mondiale, les idéologues bourgeois ne se privent pas d’en rajouter une louche dans l’anticommunisme. Ils font feu de tout bois et l’occasion de taper encore sur les sociétés collectivistes ne se refuse pas.
4. Rétablissons la vérité historique
La RDA était la 7e puissance économique mondiale, et, contrairement à ceux de certains des pays socialistes voisins, ses habitants disposaient d’un niveau de vie le plus haut de tous les pays socialistes et comparable à celui des grands pays capitalistes de l’ouest, encore même au moment de sa fin ; et ce malgré les effets de ralentissement de l’économie socialiste soviétique dus à la période dite de la stagnation (le temps de Brejnev) et au fonctionnement du COMECON, où, depuis les années soixante-dix, les décisions se prenaient un peu trop en fonction des seuls intérêts soviétiques.
En 1989, la RDA était un pays industriel moderne, doté d’une agriculture compétitive et d’un système social quasiment sans exemple
ailleurs dans le monde. L’aciérie à convertisseur d’Eisenhüttenstadt était la plus moderne d’Europe. L’agriculture nationale approvisionnait, depuis les années 1980, le commerce alimentaire. Le chômage était, pour les citoyens de la RDA, un mot exotique. Tout cela dans un pays qui ne disposait d’aucune matière première économiquement stratégique et devait donc les importer.
Pourtant, ce petit pays de 17 millions d’habitants était né sur les décombres laissés par la seconde guerre mondiale : en 1945, 40 % des installations industrielles et 70 % des centres de production d’énergie étaient détruits sur le territoire de ce qui devait devenir la RDA. Lançant la politique de guerre froide, les dirigeants US organisèrent un véritable blocus contre la zone d’occupation soviétique, puis contre la RDA. La division en deux Etats de l’Allemagne fut le fait des impérialistes états-uniens et britannique qui décidèrent unilatéralement la création de la RFA conservant le cœur industriel et énergétique de l’ancien Reich en mai 1949.
La riposte des soviétiques et des Allemands de l’est fut, en octobre 1949, la création de la RDA. Elle fut portée sur les fonts baptismaux par Wilhelm Pieck, Otto Grotewohl et Walter Ulbricht (dirigeants communistes et sociaux-démocrates réunis en 1946 dans le parti socialiste unifié S.E.D.) mais aussi par Otto Nuschke, Wilhelm Kuelz et Johannes Dieckmann (dirigeants chrétiens-démocrates et libéraux restés en R.D.A.) Il s’agissait de rendre une vie meilleure possible pour la population qui habitait désormais la RDA : 17 millions de personnes dont 4,3 millions de personnes déplacées. Dans cette action, le SED fut soutenu par des partis traditionnellement implantés dans la bourgeoisie. La RDA fut fondée à l’initiative du bloc antifasciste des partis démocratiques grâce à un mouvement de masse très large « pour l’unité et une paix juste ».
Les fondateurs de la RDA se lançaient dans une entreprise titanesque : il fallait réorganiser de fond en comble la société que leur avaient léguée les capitalistes et les propriétaires fonciers, cette société marquée par le fascisme et par la guerre.
L’Allemagne de l’est ne disposait pas, en 1945, des cadres nécessaires pour diriger l’industrie et l’agriculture. Personne ne savait qui pourrait prendre la tête d’entreprises comme Buna ou Zeiss. Cette question ne fut résolue que plus tard, après un puissant effort de formation et, dans beaucoup de secteurs, pas avant la fin des années 50.
5. Quels besoins la société socialiste avait-elle satisfaits en RDA ?
Il existait une totale sécurité en matière sociale, garantie par le caractère socialiste des rapports de production. Les réalisations furent exemplaires en matière de construction de logements, de conventions collectives, de possibilités de vacances offertes à tous à des prix abordables. L’Etat socialiste a ouvert la voie des universités aux enfants
d’ouvriers et de paysans. La condition des femmes était une des plus avantageuses en Europe (salaire égal, contraception, divorce, etc.). On y vit la création systématique de crèches pour les enfants, d’écoles maternelles ainsi que d’autres institutions leur étant destinées, la mise en place de l’école de dix classes, moderne et d’enseignement général qui nivelait le chemin de la vie devant tous les enfants issus du peuple, un système de formation professionnelle initiale correspondant aux besoins, englobant toutes les branches professionnelles et débouchant pour tous sur un emploi, la multiplication des grandes écoles et l’extension du système de santé. Il y eut et il reste de grandes réalisations culturelles, ce qui fut reconnu dans le monde entier.
Les créateurs de la RDA étaient des Résistants, de farouches antinazis, bien plus que leurs collègues de l’ouest. Aussi, au nom du socialisme, renoncèrent-ils à la tradition impérialiste et dominatrice des gouvernants allemands. La contribution à la paix mondiale et spécialement européenne de l’Etat socialiste allemand fut sans commune mesure. Par exemple, la reconnaissance internationale de la ligne Oder-Neisse n’aurait pas été possible sans la politique de la RDA Celle-ci négocia et ratifia le traité de Görlitz (traité par lequel la RDA reconnut sa frontière avec la Pologne, 100 000 km2 au détriment de l’Allemagne) et se préoccupa de garantir le caractère pacifique de la nouvelle frontière avec la Pologne. Cela ne fut pas sans mal, et il fallut se heurter à l’incompréhension des citoyens parmi lesquels on comptait près de 4,3 millions de "personnes déplacées" de ces régions. »
A suivre...