Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 12:12

 Durant la période 1989-1990 la bourgeoisie ne se laisse pas tourner la tête par sa victoire face à l’ennemi communiste. Ainsi, elle fait le « ménage » dans les dossiers du MfS afin que tous, juristes, historiens, journalistes, simples citoyens sachent que le Mal était à l’Est, et seulement à l’Est…

Ce « tri sélectif » permettra la « développement durable » de l’anticommunisme !

En d’autres termes on appelle cela l’écriture de l’histoire par les vainqueurs.

    « Contrôle et fermeture des dossiers de la Stasi (avril-juillet)

 Dans le même temps, les députés cherchèrent à (re)prendre le contrôle sur les fonds d'archives de la Stasi. Il s'agissait d'en limiter l'accès au nom du respect de la vie privée (Datenschutz) 1. Les élus entendaient mettre un terme au contrôle citoyen (initié en décembre) et limiter les « indiscrétions » grassement payées par les médias ouest-allemands. Cette position, défendue au cabinet (Ministerrat) par Maizière et Diestel, avait l'appui d'une bonne partie du gouvernement ouest-allemand 2. Le 28 mars, le gouvernement fédéral avait d'ailleurs donné l'ordre au principal service de contre-espionnage (verfassungsschutz) de détruire sans délai toutes les informations en sa possession qui provenaient de la Stasi et portaient sur des citoyens ouest-allemands. Pour le gouvernement fédéral, la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. De son côté, le ministre de l'Intérieur est-allemand, Peter-Michael Diestel, encouragea en sous-main des campagnes de destruction, et ce au moins jusqu'en août3.

Le gouvernement de Maizière renforça le dispositif mis en place par Hans Modrow : le « Comité [gouvernemental] chargé de la liquidation du MfS » - au sein duquel œuvraient d'anciens officiers de la Stasi conservait la haute main sur les archives. Malgré la création de deux commissions (dont l'une, parlementaire, était présidée par Joachim Gauck) chargées de contrôler le travail du Comité, l'accès aux archives fut étroitement limité. Seuls les membres des commissions d'enquête parlementaires et les magistrats furent autorisés à les consulter. Les particuliers devaient attendre, pour leur part, de quatre-vingts à cent ans.

1. Cette position faisait l'objet d'un large consensus au sein de la Chambre du peuple - seul Bündnis 90, parti issu des mouvements de citoyens, défendait le principe d'une ouverture des archives. Cf. « Grundsatze der Koalitionsvereinbarung zwischen den Fraktionen der CDU, der DSU, dem DA, den Liberalen, DFP, BFD, FDP und der SPD vom 12.4.1990 », reproduite in : Münch, Ingo (dir.), Dokumente der Wiedervereinigung Deutschlands, Stuttgart, Kröner, 1991, p. 170.

2. Tandis que Horst Teltschik, conseiller de Helmut Kohl, plaidait auprès de Maizière pour l'ouverture d'un « débat public sur le passé », plusieurs ministres, notamment Wolfgang Schauble (Intérieur), étaient d'un autre avis. Cf. leurs souvenirs in : Teltschik, H., 329 Tage. Innenansichten der Einigung, Berlin, Siedler Verlag, 1991, p. 199 et Schauble, W., Der Vertrag, op. cit 

3. Sur ce point, voir Richter, M., Die Staatssicherheit, op. cit. p. 214-217. Au nom du Datenschutz (protection des données individuelles), Diestel avait à maintes reprises refusé aux députés de la commission de contrôle l'accès à certains documents. À la fin de septembre, il fut accusé d'avoir ordonné des destructions. D'autres ministres – comme Eppelmann - contribuèrent aussi à ces destructions, poussés en cela par Diestel, Maizière et Bonn (le gouvernement fédéral étant d'avis que les documents de la Stasi concernant des Allemands de l'Ouest devaient être détruits).

1. Voir le récit détaillé du combat mené par Gauck de juillet à septembre 1990, in : Bock, P., op. cit.  p. 283-303.

2. L'opposition à cette loi réunissait une coalition hétéroclite de députés de la majorité et du PDS » »

J’aime bien ce passage : « la « boîte de Pandore» de la Stasi ne devait pas être ouverte en RFA. »

Source : Une épuration allemande, La RDA en procès, 1949-2004, Guillaume MOURALIS, Paris, Fayard, 2008, 430 pages.

 

Par Joseph - Publié dans : politique - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 13:13

 

On a pas tout mangé à Noël !

Voici ce qui reste pour le réveillon du Nouvel An…

Alors, bon appétit !

 

 

 

Source de l’affiche Konsum : http://mhlhausen-geschichteundmehr.blogspot.com/2010/12/71-weihnachtszeiten-2.html

 

Cf. article sur le commerce en RDA : http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-le-commerce-de-detail-50652994.html

 

Par Joseph - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 16:00

Je profite de la « trêve des confiseurs » pour vous offrir ces deux illustrations bien de saison.

Bonne fêtes à tous !


Frohe Weinachten!

Gutes Jahr!

 

Buona fine e buon principio !

 

 

Monts Zittau.

 

Fichtelberg.

Par Joseph - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 17:15

 

Christa Wolf et Walter Ulbricht le 7 octobre 1964. L'écrivain obtint ce jour-là le

Prix national de la République démocratique allemande. 

 

Ces derniers jours, nombre de publicistes et de commentateurs, patentés ou non, en arriveraient presque à décerner à titre posthume à l’écrivain Christa Wolf le diplôme de « dissidente » ! Pour eux, on ne peut pas être à la fois un grand écrivain et une communiste fidèle, douter et croire en même temps. Cette dualité n’échappe pourtant pas à mon curé de campagne.

Si Christa Wolf fut parfois critique à l’égard du régime, elle défendait le socialisme et dans une large mesure ceux qui le « mettaient en musique ».

De 1963 à 1967 elle fut membre suppléante du comité central du SED et, à partir de 1974, membre de l'Académie des arts de la RDA 1. Selon les sources, son départ du comité central était soit une démission, soit une exclusion. Les deux interprétations me semblent valables et ont le même effet ! En revanche, les causes du départ de l’écrivain, connue pour ses avis parfois « hétérodoxes », ne me paraissent pas aussi évidentes que pour certains…

En 1976, elle recevait un « blâme sévère » de la direction du SED en raison de son soutien public à Wolf Biermann.

Le 26 novembre 1989, elle soutenait l'appel « Für unser Land » (« Pour notre pays ») [la RDA] et « contre le bradage de nos valeurs matérielles et morales ». Cet appel affirmait qu’il était encore possible de construire une alternative socialiste à la RFA en se référant aux idéaux antifascistes et humanistes 2.

Dans Auf dem Weg nach, Adieu aux fantômes, paru en 1994, elle critiquait vivement la façon dont s'était faite la réunification : « Beaucoup de gens qui vivaient en RDA se sont sentis bafoués, humiliés, exclus, on ne les pas reconnus. C'est sûrement ce qui m'a fait le plus mal » 3

 

Sources :

1. « Von 1963 bis 1967 war sie Kandidatin des ZK der SED und seit 1974 Mitglied der Akademie der Künste der DDR. », http://de.wikipedia.org/wiki/Christa_Wolf#Politisches_Leben_und_Literaturstreit ;

2. http://www.ddr89.de/ddr89/texte/land.html ;

3. http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/12/01/christa-wolf-ecrivain-de-l-ex-rda-laisse-une-uvre-marquee-par-le-doute-et-l-espoir_1612135_3382.html.

 

 

Après ces quelques mises au point, l’article paru dans l’Humanité ne me semble pas inintéressant. Et surtout je n’ai pas eu trop de mal à l’écrire !

 

J’ajouterais à la liste donnée par l’Huma la nouvelle traduction de Der geteilte Himmel parue récemment chez Stock sous le titre Le ciel divisé.

 

« Christa Wolf, la plus grande romancière est-allemande est morte

Elle est morte jeudi à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Une des figures incontournable de la littérature allemande, mais aussi de l’engagement politique s’est éteinte.

Il n’y a pas si longtemps, elle fêtait son quatre-vingtième anniversaire à l’académie de Berlin des Beaux Arts, c’était l’occasion pour l’Humanité de lui rendre à hommage, en compagnie d’écrivains, politiques et universitaires du monde entier qui considèrent Christa Wolf non seulement comme [un grand écrivain], mais aussi comme une maître à penser. François Mathieu écrivait alors plein d’espoir à son sujet : « On vient de fêter le quatre-vingtième anniversaire d'un grand auteur de langue allemande. Le jury Nobel, qui attribua récemment son prix à Günter Grass et Elfriede Jelinek, pourrait en raison d'une vie et d'une œuvre, miroir de tous nos combats, lui attribuer son prix 2009. » (…)

 Auteur qu’on a connue très tôt en France. Dès son premier ouvrage, Le Ciel partagé, un roman d'amour avec pour fond la division de l'Allemagne, est publié en RDA en 1963 et paraît l'année suivante aux Éditeurs français réunis. Par la suite, ses romans ont été très vite traduits et édité en France. Née en Prusse Orientale en 1929, Christa Wolf fuit en 1945 avec sa famille devant l'Armée rouge dans le Mecklembourg. De nombreux thèmes hérités de cette période, comme la guerre, la captivité, la perte du pays natal, de la confiance et du sens de la vie, les illusions, la peur de la mort, seront au cœur de ses romans.  Après des études de germanistique, Christa Wolf travaille dans l'édition. Communiste convaincue, elle s'oppose néanmoins à la soumission de l'art et de la culture au pouvoir politique. Son opposition lui vaut la perte de son siège au comité central du Parti socialiste unifié, et sa mise sous surveillance par la sécurité - d'État. C’est alors qu’elle « revisite » le romantisme allemand et nombre de ses œuvres et vies d'écrivains. Jusqu’à proposer un dialogue entre deux des plus grands suicidés de la littérature romantique allemande.

En 1990, elle publie Ce qui reste où elle révélait ses accointances avec la STASI en tant que «collaboratrice non officielle» de 1959 à 1962, soulevant une vague d'indignation dans les médias. Un peu après, elle s’en est expliquée dans une conférence terriblement émouvante : Ils ne m'auront pas, article publié dans l’Humanité en 1996.

(…)

Bibliographie sélective

- Correspondance entre Christa Wolf et Franz Fühmann (1968-1984). Monsieur, nous nous retrouverons, Aufbau-Verlag, Berlin, octobre 1995.

- Ce qui reste, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1990.

- Cassandre, roman traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein.

- Christa T., roman traduit par Marie-Simone Rollin, Seuil, 1972.

- Le Ciel partagé, roman traduit par Bernard Robert, Editeurs français réunis, 1964.

- Trame d'enfance, roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1971.

- Aucun lieu, nulle part, traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein, Alinéa, 1985.

 

                                                                                      

                                                                                 Jean-Claude LEBRUN

Source : http://www.humanite.fr/culture/christa-wolf-la-plus-grande-romanciere-est-allemande-est-morte-485087 »

Par Joseph - Publié dans : culture - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 15:30

En janvier 1998, les représentants de la TLG (Treuhandliegenschaftsgesellschaft, société fiduciaire immobilière), lors d’une réunion organisée par le cercle des amis du mémorial Ernst Thälmann,  déclarait que le site serait préservé.

En 2002, à l’occasion d’une vente aux enchères, Gerd Gröger acquit ce lieu.

Fin mai 2003, il fit changer pendant la nuit toutes les serrures.

Un peu plus tard l’endroit fut inscrit dans la liste des monuments et mis sous protection.

Malgré cela, ce triste personnage, fit démolir le lieu commémoratif en mai 2010.

Depuis lors, le cercle des amis réclame ses biens et la reconstruction du mémorial ainsi que la condamnation de Gerd Gröger.

Une exposition itinérante a parcouru l’Allemagne afin d’informer et pour obtenir des soutiens.

 

 

Des manifestations régulières ont lieu sur le site. La dernière s’est déroulée le 16 avril 2011 à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Ernst Thälmann.

 

Ces actions n’ont pas qu’un objectif partisan, elles répondent à un devoir moral.

 

Merci aux "Freundeskreis "Ernst-Thälmann-Gedenkstätte" e. V., Ziegenhals"

Site : http://www.etg-ziegenhals.de/Aktuelles.html

Par Joseph - Publié dans : politique - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

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