Je m’efface devant cette critique de Barbara qui dépasse de loin tout ce que j’aurais pu écrire sur ce film ! En effet, les subtilités cinéphiliques sont loin de constituer mon point fort.
Le lecteur assidu de ce bloc-notes se doute bien que je ne cautionne pas toutes les analyses politiques du critique…
Par ailleurs, j’estime que Good bye Lenin ! n’est pas « niais » mais volontairement naïf. De la même façon, La Vie des autres me semble plus glauque que « schématique ».
On remarquera que la RDA continue d’intéresser, voir de fasciner, un large public. Le nombre des entrées de ces long métrages en témoigne : environ 1 million 200 mille entrées pour Good bye Lenin !, presque 1 million 500 mille pour La Vie des autres et plus de 180 mille pour Barbara (entre le 2 et le 22 mai 2012).
« Barbara : « un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse »
Récompensé de l’Ours d’argent de la mise en scène à la dernière Berlinale, Barbara de Christian Petzold propose une vision colorée, sensible et pleine de justesse de ce que fut la vie de milliers d’allemands en RDA. Interprété et réalisé avec brio, rien ne manque à cette vraie bouffée d’air frais tranchant avec le reste des films abordant cette époque. Allemagne de l’Est, 1980. Barbara, pédiatre dans un hôpital de Berlin Est, soupçonnée de vouloir rejoindre l’Ouest, est mutée dans un hôpital de province, on ne sait où. Réservée et peu sociable, elle se tient à l’écart, entretenant le mystère autour des raisons de son arrivée et apparaissant aux autres comme une berlinoise hautaine, elle a exercé à l’hôpital de renom la Charité. André, le médecin chef, ours inoffensif, admire seul son professionnalisme et tombe sous le charme de cette nouvelle recrue.
De son côté, Barbara apparaît comme une opposante au régime communiste, portant un œil critique et amer sur les méthodes médicales archaïques exercées à l’Est dont le manque d’humanité l’insupporte, en témoigne, au contraire, l’amitié qu’elle nouera avec une jeune patiente. Dans sa vie privée, on apprend qu’elle entretient une relation passionnée avec son amant de l’Ouest, avec lequel elle organise son départ clandestin.
Christian Petzold propose une grille de lecture sans fard, très vraisemblable, dans laquelle le contexte historique, sans totalement disparaître, ne constitue pas pour autant le leitmotiv. Si les éléments historiques sont bel et bien présents, en témoignent la surveillance et les humiliations subies par l’héroïne par les autorités, le film intègre avant tout les aspects positifs de la vie de ses personnages, la promenade d’André et de Barbara à vélo dans les sous bois, l’instant où Barbara joue au piano… Ce film rompt avec la vision niaise et schématique développée dans Good bye Lénin ! (2003) et La Vie des autres (2007). Ainsi, il n’est pas non plus surprenant d’apprendre qu’André soigne la fille du policier en charge de surveiller Barbara. Nul besoin de s’attarder sur cet élément, car le propos se situe ailleurs, dans la difficulté qu’éprouve Barbara à orienter ses propres choix.
Si celle-ci semble au début prête à tout, distante et critique face à cette société malade, il lui apparaît in fine avoir autant de raisons de rester en RDA que d’en partir. À voir la relation ambiguë, presque vaine, qu’elle entretient avec son amant, rien n’est, en réalité, moins sûr qu’elle trouvera en RFA son bonheur. Sans doute est-il en effet tout aussi louable de rester pour s’investir auprès des malades et sans doute existe-t-il, pour d’autres, la nécessité de trouver véritablement refuge en RFA. Dans un environnement plus complexe qu’il n’y paraît, aucun choix ne résiste au doute. Le style suffisamment contemplatif, intimiste et l’atmosphère ouverte permettent d’être au plus près de la vérité de notre héroïne et des doutes qui traversent son esprit comme celui d’André, la scène lors de laquelle André livre à Barbara son interprétation de la Leçon d’Anatomie de Rembrandt en constitue un exemple probant.
Magnifiquement interprétée par une Nina Hoss aux traits tendus et à la sensualité débordante, Barbara n’est pas sans nous rappeler les Trois vies de Rita Vogt (2000) de Volker Schlondorff et le jeu d’actrice de Bibian Biglau. La valeur ajoutée de Barbara, tant au cinéma allemand qu’à la filmographie traitant de cette époque, réside dans sa tension et la force de son propos. Renouant par son style avec le cinéma d’auteur, Christian Petzold offre un témoignage authentique et juste d’une époque douloureuse pour plusieurs générations d’allemands, qui montre avec psychologie la complexité de la situation à laquelle la population a été confrontée, tant sur un plan professionnel, moral que privé. De très bons, et beaux, acteurs, en particulier Nina Hoss. De quoi avoir envie de découvrir la filmographie de Christian Petzolz. »
Par Dextarian, publié le 28 mai 2012.
Sources :
· Site allociné pour la fréquentation des salles.
Le 11 mai 1968, plus de 100 000 manifestants venus de toute la RFA se rassemblaient à Bonn contre les lois d’urgence, ce
rassemblement s’appelait « Sternmmarsch ». Ces lois furent adoptées par le Parlement le 30 mai par 384 voix contre 100 et 1 abstention.
Près des trois quarts des sociaux-démocrates ont voté pour.
insurrection populaire, dans le cas d’une crise internationale ou face à un danger pour l’ordre constitutionnel. Bien sûr, cette énumération, peu conforme au style juridique, était faite à
dessein.




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