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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 12:46

Avec d’autres germanistes, Emile Bottigelli et Gilbert Badia créent au début des années 1950 le cercle Heine qui a pour but de promouvoir les échanges intellectuels avec la RDA.

D’autres milieux, d’autres personnes s’intéressaient à ce pays durant ces années difficiles. On peut citer le Comité d’échanges franco-allemands d’Edmond Vermeil et Emmanuel Mounier, le responsable de la revue Allemagne d’aujourd’hui, Georges Castellan, le doyen de la faculté des Sciences de Paris, Albert Châtelet, la FNDIRP, la CGT et le PCF.

En avril 1958, les statuts de l’association « Echanges franco-allemands, association française pour les échanges culturels avec l’Allemagne d’aujourd’hui » sont déposés. A cette époque, la situation ne favorisait pas son activité : les Français se préoccupaient plus de l’Algérie que de l’Allemagne. Toutefois, l’association reçu son « baptême » en octobre 1959, devant 1 300 personnes à la Mutualité, lors de la célébration du 10e anniversaire de la RDA. A cette occasion, Albert Châtelet résuma la démarche des EFA : « des liens ont été rétablis avec une partie de l’Allemagne, ils peuvent, ils doivent être étendus à toute l’Allemagne, aux deux Etats séparés, ou réunis ».

Efa1969.jpgDès cette date, l’association pris son rythme de croisière en multipliant notamment mes conférences, les expositions, les visites et les séjours. Entre 1960 et 1962, on compte une vingtaine de jumelages entre communes françaises et communes est-allemandes, Argenteuil et Paris 20e ouvrant le bal.

Les 25 et 26 novembre 1961, les EFA organisèrent un colloque sur le problème de Berlin. 260 personnalités françaises de toutes tendances politiques et religieuses, universitaires, journalistes y assistèrent. Certains ambassadeurs étaient présents. Le colloque adopta des résolutions allant dans le sens d’un règlement négocié.

Le 1er Congrès des EFA a lieu à Paris en décembre 1963. A cette date, l’association comptait 4 000 adhérents. Les échanges, désapprouvés et limités par les autorités françaises concernent alors 60 parlementaire, 1 680 enfants, 325 lycéens, etc.

Le 2e Congrès se déroula en février 1966 toujours en l’absence de représentants de la RDA qui voyaient leurs demandes de visa systématiquement refusées. Les EFA comptaient 5 500 adhérents. Ce nombre passera à 10 000 en mars 1968 (3e Congrès).

Entre 1964 et 1972, les EFA envoient entre 1 700 et 2 000 enfants par année en RDA, le nombre annuel de jeunes ayant bénéficié de tels séjours varie entre 1 600 et 2 000. Une attention particulière est accordée aux délégations d’élus.

En  décembre 1967, l’association participait à une réunion du Comité international d’Helsinki pour la reconnaissance de la République démocratique allemande. Elle sera également représentée à des réunions de travail dudit comité. En juin 1968, la Conférence du comité lance l’appel pour la reconnaissance de la RDA. Les EFA menèrent aussi le combat en France. Ainsi, un « mémoire concernant les conditions juridiques du bureau interallié de circulation de Berlin » fut envoyé en mars 1969 au ministre des Affaires étrangères. Le 24 octobre de la même année, le gala organisé à l’occasion du 20e anniversaire de la RDA rencontra un grand succès. En janvier 1970, l’association lançait une pétition nationale en faveur de la reconnaissance diplomatique de la RDA qui recueillera en l’espace de deux ans 250 000 signatures. Le 16 avril 1970, pour la première fois l’association fut reçue en tant que telle par le ministre des Affaires étrangères, Maurice Schumann. Celui-ci déclara que pour ce qui concerne la reconnaissance, le gouvernement  français ne souhaitait pas précéder la RFA, toutefois, il annonçait qu’il n’y aurait plus, pour les Allemands de l’Est, de discrimination dans l’octroi des visas.

Forte de 12 000 membres, l’association pu enfin recevoir une représentante de la RDA, Mme Reiber, lors de son 4e Congrès en avril 1970. Lors de ce Congrès l’association changea de dénomination pour s’appeler « Echanges franco-allemands, association pour la coopération entre les deux Etats allemands et la reconnaissance de la République démocratique allemande ».

Entre cette date et celle du 5e Congrès (mai 1972), les EFA ne relâchèrent pas leurs efforts pour faire connaître et reconnaître la RDA.

C’est seulement le 9 février 1973, quelques mois après le Traité fondamental signés par  les deux Etats allemands, que la France reconnaissait la RDA.

Naturellement, le Congrès extraordinaire de mai 1973 se réjouit de cette reconnaissance « Considérant que les deux Etats allemands possèdent des régimes sociaux, économiques et politiques différents ; qu’ils ont établis entre eux des relations normales et qu’ils vont devenir prochainement membres des Nations-Unies et de ses organisations, à droits égaux, que la France entretient FrancerRda1974.jpgavec des relations diplomatiques, le Congrès décide que l’association s’appellera "France-RDA, association française pour le développement des échanges et de la coopération entre la France et la RDA. "»

Mais il restait fort à faire pour que ces relations devinssent normales. Si les ambassadeurs furent bien nommés en 1974 ; le gouvernement français refusait de reconnaître Berlin comme capitale de la RDA et, plu surprenant encore, il refusait de reconnaître la citoyenneté RDA, s’alignant ainsi sur la RFA qui prétendait représenter toute l’Allemagne en dépit de l’article 4 du Traité fondamental interallemand qui stipulait : « la République fédérale allemande et la République démocratique allemande partent de l’idée qu’aucun des deux Etats ne peut représenter l’autre sur le plan international ou signer en son nom »…

 

D'aprés France-RDA, 30 ans de relations, CASTELLAN G. et LENOIR R., Presses universitaires de France, 1978.

 

Source photo affiches : http://www.bu.univ-paris8.fr/rda/affiches/page6.html

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commentaires

thomas 06/05/2014 22:48

vous connaissez la citation de de Gaulle quand on lui demandait pourquoi il n'utilisait jamais le termes de'URSS ou soviétique dans ses discours mais de Russie et de russe : "Je ne m’adresse pas à
un régime politique, mais à une nation, qui existait avant lui et existera après. Car, soyez-en sûr, un jour ou l’autre, la Russie boira le
communisme comme le buvard boit l’encre. »"

thomas 04/05/2014 13:56

EFA (Echanges franco-allemands critiqué l'intervention militaire 1968 a Prague :
cominiqué de la présidence EFA " la présidence réprouve et déplore une action qui risque d'avoir des répercussions sur le courant d'intérêt et le crédit croissant dont la RDA bénéficie dans
l'opinion de notre pays "

condamnation des mesures prise contre Wolf Biermann communiqué présidence France-RDA 24 novembre 1976 "l'interprète de l'émpotion exprimée par de nombreux adhérents pour déplorer la décision de
déchéance de la citoyenneté de la RDA qui frappe le poète-chansonnier wolf Biermann. elle souhaite que soit levée une mesure qui risque de ternir l'image de la RDA dans notre pays

source : RDA et l'Occident, 1949-1990 Ulrich Pfeil

Thomas 10/02/2013 19:54

est poutant il était anti-communiste.

cle n'a pas empêcher les PCF d'avoir un (secrété) affection et admiration. témoignage communiste; le partie avait appeler a voter oui (discrètement et ver la fin) au référendum 1969 !

Joseph 11/02/2013 12:38



De Gaulle, en tant qu'homme politique, était le produit d’une certaine bourgeoisie nationale, celle qui a perdu en 1968. C’est ce qui me
vient spontanément à l’esprit, il ne s’agit pas d’un jugement de valeur.


L’habile homme a séduit très largement à droite, des monarchistes aux partisans d’un « capitalisme social ».


Quand, aujourd’hui, on assiste, impuissant, au jeu lamentable des acteurs de la politique, presque tous au service du grand capital apatride, on
en vient à regretter que des hommes de sa trempe, ou de celle des nombreux dirigeants communistes –comme Jacques Duclos– ayant combattu dans la clandestinité l’occupant nazi et ses alliés,
n’existent plus ou qu’ils ne puissent pas être au pouvoir !


De Gaulle a dit et fait beaucoup de choses, le Parti communiste français aussi. Mais, quand les « communistes » et
« compagnons », dominant la scène politique, se disputaient et trouvaient parfois des points d'accord, notre pays avait une histoire, un présent et un avenir. Le « Roman
national » continuait à s’écrire…


Et les « Trente glorieuses », la croissance démographique ou l’« équilibre de le terreur » ne suffisent pas à expliquer ce
phénomène.


 



thomas 10/02/2013 12:35

je sais si vous saviez, mais lorsque De gaulle avait reconnut la chine en 64 les alleamnd de l'est avait bonen espoire qui reconnaisse aussi (d'autemps plsu que a cet époque il avait relatio ntendu
après l'echec traité élysée)

de Gaulle était populaire dans le camps socialiste !

Joseph 10/02/2013 15:27



« de Gaulle était populaire dans
le camps socialiste ! » (Thomas)


En effet, sa politique d’équilibre
entre les deux Grands est à porter à son crédit.



thomas 09/02/2013 12:45

qaund il parle de berlin capitale RDA il parle de berlin de est ou de berlin tout entier?

mais la raison de ce refus vient sans doute du fait que berlin est sous le controle des 4 puisance

Joseph 09/02/2013 15:06



On parle de Berlin-Est, c’est-à-dire de
la partie de la ville qui avait correspondu à la zone d'occupation soviétique. Ce refus français de reconnaître Berlin comme capitale de la RDA était avant tout idéologique, il entrait même en
contradiction avec les derniers textes signés par l'Allemagne de l'Ouest !



Jonathan 18/12/2011 07:15

Bravo pour votre site sur l'Allemagne socialiste. Un beau projet pour se faire une autre idée de la RDA. Bonne continuation !

Joseph 18/12/2011 13:15



Merci et à bientôt !



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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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