Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 12:26

Je vais reproduire ci-après un article du journal L'Humanité qui fleure bon les années 1980. On sent que le journaliste ne savait pas s'il écrivait un article ou s'il rédigeait un tract. Cet aspect des choses n'invalide pas l'essentiel du message, à savoir que l'introduction de nouvelles technologies ne doit pas se faire contre les travailleurs, elle doit supprimer la pénibilité pas l'emploi.

http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/1597/Actualit%C3%A9EcoJanvier1983.jpg

Le secret de Schwedt (RDA)

Moderniser sans licencier: au complexe pétrochimique de Schwedt, on a trouvé le secret.

L'Oder est une rivière-frontière : sur la rive droite, la Pologne; sur la rive gauche, la République démocratique allemande. Elle traverse un paysage vallonné, couvert de forêts, s'attardant dans un décor d'étables et de champs, et puis soudain surgit un tout autre décor: nous sommes arrivés au complexe pétro-chimique de Schwedt.

http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/1597/Schwedt_Sortie_Usine.jpg

Cette petite ville baignée par l'Oder est le terminus de l'oléoduc par lequel l'URSS livre chaque année quelque 17 millions de tonnes de pétrole à la République démocratique allemande. On comprend que Schwedt, jadis bourgade au milieu des marais, soit devenue en trente ans le centre d'un important complexe industriel.

Ici aussi, la « mutation technologique » est venue frapper à la porte des usines. L'usine de transformation du pétrole de Schwedt emploie 8 000 personnes. Il faut dire que cette usine est, outre une papeterie, l'unique installation industrielle de cette région. On imagine très bien l'inquiétude des travailleurs quand ils ont appris que l'usine allait être modernisée, afin d'atteindre une production plus élevée avec moins de main d'œuvre: seulement 2 400 personnes...

UN DROIT SYNDICAL RECONNU PAR LA LOI

Et pourtant il n'y a pas eu, à Schwedt, de licenciements ; il n'y a pas eu de gâchis; il n'y a pas eu le lot de misère et de détresse qui accompagne ce qu'on appelle (d'un mot horrible) les « dégraissages ».

Les ouvriers chimistes de Schwedt n'ont pas été sacrifiés au profit. La première chose qu'a faite la direction a été de consulter les syndicats. Max Tschirner, président du Syndicat des ouvriers chimistes, rappelle que l'article 24 de la Constitution de la République démocratique allemande stipule que tout citoyen a droit au travail.

« Nous avons participé dès le début à "élaboration de cette modernisation, dit-il. Un programme de rationalisation ne peut être accepté par la direction sans accord de la direction syndicale de l'entreprise. C'est chez nous, un droit syndical reconnu par la loi.

Des changements technologiques, qui entraînent forcément de nouvelles installations industrielles, exigent de nouvelles habiletés, une nouvelle qualification. Pour des centaines de travailleurs, cela signifie qu'il faut « reprendre le chemin de l'école », se replonger dans les livres techniques. La qualification nécessaire est assurée à l'intérieur de l'entreprise pendant le temps de travail et commencée bien avant la date du changement.

Tout changement pose toujours des problèmes humains: on découvre un autre poste de travail, on quitte l'ambiance familière et les collègues habituels, il va falloir s'intégrer dans une nouvelle équipe. C'est pourquoi nous discutons avec chaque collègue concerné par la rationalisation et nous nous mettons d'accord sur son futur travail, son futur poste de travail, en tenant compte de ses désirs personnels. »

Cette concertation a eu un résultat bien concret : sur les bords de l'Oder, une nouvelle unité industrielle a été construite, en coopération avec une firme japonaise. Avec des dérivés du pétrole et des bactéries, elle permet de produire des protéines servant à l'alimentation du bétail. Les travailleurs de l'ancienne raffinerie ont trouvé à s'y employer. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de licenciements. Ces hommes et ces femmes sont toujours, aujourd'hui, sur les bords de l'Oder, ayant acquis un nouveau savoir-faire, vivant toujours dans leur ville de Schwedt, où leurs enfants continuent à fréquenter l'école...

Au fait, comment se dit « vivre au pays » en allemand ?

Gabriel-Marie Lecomte

Sécurité de l'emploi

En RDA, la robotisation n'est pas conçue comme une panacée : on modernise à bon escient, après examen minutieux de chaque situation industrielle particulière. La sécurité de l'emploi des travailleurs est garantie par des règles très strictement respectées. Ainsi, aucun changement d'emploi ne doit avoir pour conséquence une baisse du salaire ou des avantages sociaux acquis.

Une des préoccupations principales est la formation professionnelle. 80 % des enfants quittent l'école, à seize ans, avec une formation professionnelle satisfaisante.

S'appuyant sur une croissance constante des salaires et de la consommation, toutes ces mesures ont permis à la RDA socialiste de voir sa production industrielle augmenter de 4,6 % en 1983.

 

Source : L’actualité économique, supplément à L’Humanité, janvier 1983.

Source image : http://politiekencultuur.blogspot.com/2009/07/pck-schwedt-sozialistischer.html

Partager cet article

Repost 1
Published by Joseph
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Joseph
  • Le blog de Joseph
  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
  • Contact

Recherche

Liens