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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 18:49

Je remercie Paul Euzière de m’avoir permis d’insérer dans mon blogue son point de vue sur la résistance des Allemands face au nazisme. L’adresse de l’article original est le suivant : http://pauleuziere.wordpress.com/2012/03/26/les-resistances-allemandes-au-nazisme-une-histoire-qui-est-la-notre/

Je rappelle au lecteur l’existence de l’article suivant : http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-une-date-une-image-1966-100e-anniversaire-de-la-naissance-de-romain-rolland-44986033.html

 

Auf Deutsch: DER DEUTSCHE WIDERSTAND GEGEN HITLER

En me plongeant dans l’histoire des résistances allemandes à Hitler, je savais ce qu’il avait fallu de courage et très souvent d’héroïsme à ceux qui en furent les protagonistes entre 1933 et 1945, mais j’ignorais leur ampleur.

Au fil des recherches pour la conférence que j’ai donnée dans le cadre de l’Association historique du Pays de Grasse, j’ai découvert des visages, des trajectoires d’hommes et de femmes, jeunes ou pas, de toutes les couches sociales (à l’exception des grands capitalistes : les administrateurs des Krupp, Thyssen, IG Farben et autre Deutsche Bank) d’origines très diverses qui ont créé des réseaux et, dans les terribles conditions du Reich nazi, ont été jusqu’au bout d’un engagement total dont la conclusion fut pour la plupart l’arrestation, la torture, la prison ou le camp de concentration, puis l’assassinat.

En France et en Europe, les résistances allemandes sont restées largement méconnues ou ignorées car, en général, on associe Résistance à lutte contre l’occupation. Les Allemands étant des occupants, il ne pouvait y avoir de résistants. Et pourtant !

Si les résistances les plus précoces et les plus permanentes à Hitler furent dès les premières années de la République de Weimar, les antifascistes, en premier lieu, les communistes du KPD -les premiers aussi pour qui furent créés les camps de concentration de Dachau et Oranienburg dès mars 1933- les oppositions au nazisme et à son chef surgirent tout à la fois du mouvement ouvrier, des milieux catholiques et protestants, des élites civiles et militaires traditionnelles, et finalement parmi certains des officiers supérieurs -C. von Stauffenberg ou E. Rommel- qui n’avaient jamais remis en cause les principes du régime nazi. Au contraire.

La guerre froide et la création de l’OTAN dont l’armée de la R.F.A était un pilier -il fallait donc « blanchir » une Wehrmacht qui a grandement contribué aux crimes nazis en Europe de l’Est et en URSS- ont eu pour conséquences de mettre en exergue un réseau d’étudiants chrétiens tel que « La Rose blanche » ou les conjurés militaires de l’attentat du 20 Juillet 1944 contre Hitler. En gommant tout le reste.

Tout le reste, c’est notamment toute la résistance communiste qui de 1933 à 1945 n’a jamais cessé. Mais surtout s’est déployée de façon inédite à l’intérieur de l’Allemagne nazie -avec une action politique parmi les 7 millions de travailleurs étrangers requis dont les Français du STO et dans les camps de concentration- et à l’extérieur : en Union soviétique sur le front et dans les camps de militaires prisonniers.

En France, les Allemands -et les Autrichiens- communistes jouèrent un rôle important dans la Résistance : dans les maquis FTP, au sein des troupes d’occupation avec l’édition de journaux clandestins comme dans le renseignement militaire. Ils pénétrèrent jusqu’au cœur des centres de décisions de la Wehrmacht et rendirent d’immenses services à la Résistance et aux Alliés.

Les Français doivent aussi leur libération à des Allemands communistes ou antifascistes tels que Gehrard Léo qui termine la guerre comme lieutenant FFI ou Otto Kühne, ancien député du KPD, commissaire de la XIe Brigade Internationale en Espagne,  FTP et colonel FFI dont le maquis eut un rôle essentiel dans la libération de Nîmes, à des Allemandes aussi qui firent preuve d’un courage inimaginable face à la gestapo et aux SS:  Paula Ruess, arrêtée à Paris enceinte et déportée  à Ravensbrück, Dora SchaulIrène Wosikowski militante su « Travail Allemand » dans les troupes de la Wehrmacht à Marseille, torturée, décapitée à Berlin sans avoir jamais livré un seul de ses camarades.

Pourquoi revenir aujourd’hui sur cette histoire ? Parce que, je l’ai écrit dans un article demandé par L’Humanité, ces pages de lucidité et de courage appartiennent paradoxalement à l’un des plus beaux moments de l’Histoire des peuples allemands et français et parce que surtout, elles continuent de nous parler d’avenir.

N.B.
Un ami, André Boulicault, Secrétaire de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du Gard (AFMD, DT 30) m’a transmis le règlement des camps de concentration nazis établi par le général SS Théodor Eicke en 1933 et qui est resté la règle jusqu’à la chute du IIIe Reich.

Ce règlement -que l’on évoque rarement- a fait l’objet d’un article de Match dans son édition du 11 janvier 1940. Il l’avait déjà été en France, dans le livre de Walter Schlieper alias Maximilian Scheer préfacé par Romain Rolland: Le peuple allemand accuse publié à Strasbourg en allemand en 1936 (Das Deutsche Volk klagt an), puis en français en 1937 à Paris aux Editions du Carrefour qui étaient animées par W. Munzenberg.
L’article 1 est explicite sur la fonction des camps de concentration et sur leurs destinataires : « Chaque prisonnier en détention de protection a la liberté de réfléchir sur le motif pour lequel il est venu au camp de concentration.
Ici l’occasion lui est offerte de changer de sentiments intimes à l’égard du peuple et de la patrie et de se dévouer à la communauté populaire sur la base national-socialiste, ou bien, s’il y attache plus de prix, de mourir pour la sale IIe ou IIIe Internationale juive d’un Marx ou d’un Lénine 
»

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Published by Joseph - dans politique
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commentaires

thomas 18/07/2013 16:28

Dès le début des années 30, les communistes se mobilisèrent contre le NSDAP et tentèrent de convaincre les militants nazis de rejoindre le parti communiste. Mais face à la montée du nazisme, ils
durent changer de tactique, et organisèrent de grandes manifestations de protestation, qui donnèrent souvent lieu à des affrontements entre les deux camps. L'union des partis de travailleurs était
problématique, car même si la base du parti communiste allemand (KPD) et du parti social-démocrate (SPD) avait la volonté de former un front uni contre le nazisme, cette union ne put voir le jour,
car les dirigeants communistes traitaient les sociaux-démocrates de "sociaux-fascistes", et les sociaux-démocrates refusaient de se plier aux directives idéologiques de Moscou. Le 30 janvier 1933,
le jour de l'arrivée au pouvoir de Hitler, les communistes lancèrent un appel à la grève générale et à des manifestations de masse, qui fut suivi partout en Allemagne. Les nazis réagirent en
procédant à des arrestations, des perquisitions et des rafles.

Face aux mesures répressives prises par le gouvernement nazi contre les communistes, ceux-ci durent se résoudre à continuer le combat dans la clandestinité. Des réseaux clandestins se mirent en
place, mais la plupart furent démantelés très rapidement par la Gestapo, qui disposait d'un très grand nombre d'informateurs. Dès février 1933, l'incendie du Reichstag fut pris comme prétexte par
les nazis pour interdire le parti communiste et procéder à l'arrestation des cadres du parti ; plus de la moitié des dirigeants du parti furent arrêtés ou assassinés par la Gestapo. A la suite de
l'arrestation de Ernst Thälmann, chef du parti communiste allemand, au début du mois de mars 1933, Moscou donna l'ordre aux cadres du parti de s'exiler, afin de former une direction du parti à
l'étranger, qui avait pour mission d'apporter son soutien à la base du parti restée en Allemagne. Walter Ulbricht, chef provisoire du KPD et futur dirigeant de la RDA, s'exila en 1933 en
Tchécoslovaquie pour y fonder une antenne du parti, et rejoignit en 1936 Wilhelm Pieck, lui aussi futur dirigeant de la RDA, à Paris, où avait été créée une autre antenne du KPD. En 1939, ils
trouvèrent refuge en URSS, où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre.

En Allemagne, les membres du parti tentèrent de déjouer la surveillance de la Gestapo pour former des réseaux illégaux. Mais la police disposait de fichiers du parti communiste, qu'elle avait
réquisitionnés lors de rafles, et les résistants furent arrêtés par milliers et envoyés dans les premiers camps de concentration, que les prisonniers politiques communistes et sociaux-démocrates
furent obligés de construire.
La presse illégale fut la première activité des résistants communistes, qui diffusèrent clandestinement des tracts et des publications visant à convaincre la population allemande de se soulever
contre Hitler et de renverser le régime nazi. D'autre part, un réseau de messagers fut mis en place ; ceux-ci avaient pour mission de faire passer des informations sur le Reich à l'étranger, aux
directions exilées du parti, et de transmettre en Allemagne les nouvelles de l'étranger, afin de contrer la propagande hitlérienne.
Les syndicats communistes essayaient de leur côté de mobiliser clandestinement les travailleurs au sein des entreprises contre le gouvernement nazi. Mais leur tâche était ardue, car certains
membres du parti s'étaient résignés à la victoire nazie, d'autres s'étaient engagés dans le NSDAP, et les persécutions dont étaient victimes les communistes en décourageaient plus d'un à continuer
le combat. De plus, l'implantation des syndicats communistes était très faible dans les entreprises avant l'arrivée au pouvoir de Hitler, car la majorité des membres du parti étaient alors au
chômage, et les activistes ne purent former de véritable contrepoids au nazisme dans les entreprises allemandes.

En 1935, le Komintern et le bureau politique du KPD décidèrent de changer leur tactique contre le national-socialisme, et de tenter de s'unir aux sociaux-démocrates afin de former un front uni
contre le nazisme. D'autre part, la structure hiérarchique habituelle du parti, facile à démanteler par la Gestapo, qui avait pu ainsi procéder à des arrestations par milliers, fut abandonnée ; les
résistants s'organisèrent en petites cellules, dirigées par des instructeurs qui avaient été formés à cette tâche, et qui fonctionnaient dans la clandestinité au sein des entreprises et à la place
des anciennes antennes locales du parti. Ces cellules recevaient leurs directives des centrales du KPD coordonnées par le comité central de Moscou et exilées à Amsterdam, Strasbourg, Luxembourg,
Copenhague, Prague, Paris et Stockholm, qui envoyaient clandestinement des messagers en Allemagne. Ceux-ci traversaient la frontière tchécoslovaque grâce à un réseau de passeurs ; cette
organisation imprimait également des tracts, qui étaient ainsi acheminés dans le Reich, et aidait des réfugiés à fuir l'Allemagne. Le même type de réseau existait aux frontières belge et
néerlandaise, mais la Gestapo parvint à démanteler ces organisations en 1935-36, grâce à l'infiltration d'espions.

En 1936, lors des Jeux Olympiques de Berlin, qui furent pour les nazis un événement majeur de propagande, les communistes organisèrent une grève dans une usine de Berlin, ce qui contredisait la
propagande hitlérienne, selon laquelle toute l'Allemagne soutenait les nazis. La Gestapo fit en sorte que les journalistes étrangers ne soient pas au courant de cette grève, et plaça à la suite de
cet incident des espions nazis dans toutes les usines, de façon à ce que de tels mouvements de contestation ne puissent plus se reproduire.

Pendant la guerre, la plupart des pays voisins étant occupés par les troupes allemandes, il devint de plus en plus difficile de maintenir un contact entre les directions exilées du parti et la base
restée en Allemagne ; les cellules de résistants communistes furent de plus en plus isolées et ne parvenaient que rarement à recevoir les directives du parti. Les résistants communistes qui
travaillaient aux chemins de fer ou dans les compagnies de transport fluvial ou maritime purent toutefois continuer à transmettre des messages. De plus, les communistes disposaient d'un service
secret qui collectait des informations et les envoyait par radio aux centrales de renseignements de Paris et Bruxelles, qui avaient des agences dans tous les pays européens.

Le pacte de non-agression de l'URSS conclu par Hitler et Staline le 23 août 1939 choqua et désorienta les résistants qui luttaient depuis six ans dans la clandestinité ; une direction du parti
indépendante de Moscou fut créée en Allemagne en réaction à ce pacte, et son comité central envoya des messagers dans les différentes cellules locales pour donner l'ordre de poursuivre le combat
contre le nazisme. Après l'attaque nazie de l'URSS, la section communiste allemande renoua avec Moscou. Mais la volonté de ces résistants communistes de provoquer un soulèvement de la population
allemande contre la guerre et le gouvernement nazi n'avait aucune chance de réussir, étant donné qu'une grande partie des Allemands soutenait Hitler, qui remportait une victoire après l'autre. La
cote de popularité du dictateur était telle pendant les premières années de la guerre, qu'une révolution était irréalisable. Willi Gall, qui avait commencé à organiser la résistance intérieure, fut
arrêté en 1940 ; son successeur, Wilhelm Knöchel, coordonna les activités des différentes cellules à partir d'Amsterdam, puis s'installa à Berlin en 1941 ; il fut arrêté en janvier 1943 et donna
sous la torture des informations aux nazis, ce qui mit en danger toute la résistance communiste et fragilisa ses activités.

A la fin de la guerre, alors que les troupes soviétiques s'approchaient de plus en plus de l'Allemagne, des agents communistes furent parachutés dans le pays pour organiser la résistance
communiste. Et lorsque la zone d'occupation soviétique donna naissance à la RDA, de nombreux communistes qui s'étaient exilés à Moscou, dont Walter Ulbricht et Wilhelm Pieck, en devinrent les
dirigeants.



Principaux groupes de résistance communistes :

L'Aide Rouge ("Die Rote Hilfe")
Ce groupe, fondé à Paris par le résistant communiste Wilhelm Beuttel, soutenait des personnes persécutées par le régime national-socialiste. Wilhelm Beuttel, qui était retourné en 1942 en
Allemagne, travailla dans le groupe de résistance de Wilhelm Knöchel. Il fut arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté en 1944.


Le groupe de Wilhelm Knöchel dans la Ruhr
Wilhelm Knöchel, qui dirigeait depuis 1935 le comité exilé du KPD à Amsterdam, rentra en 1941 en Allemagne pour réorganiser la résistance communiste dans la Ruhr. Son organisation diffusa
clandestinement une publication antinazie, Le Combattant de la Paix ("Der Friedenskämpfer"), qui informait les Allemands des crimes commis par les nazis et de la situation internationale, et les
incitait à se soulever contre Hitler, afin de renverser eux-mêmes la dictature nazie. Wilhelm Knöchel fut arrêté par la Gestapo en 1943 et fut exécuté en 1944, et son organisation fut démantelée.
Une cinquantaine de résistants qui travaillaient dans ce groupe furent également arrêtés, torturés et assassinés.


Le groupe de Josef (Beppo) Römer
Josef Römer publia à la fin des années 20 un journal communiste, Élan nouveau ("Aufbruch") ; il fut arrêté en mars 1933 et passa six ans en camp de concentration. Après sa libération, il tenta
d'organiser un attent

Joseph 02/09/2013 13:00



Ton commentaire est tronqué.



thomas 18/07/2013 16:28

Les sociaux-démocrates ont été avec les communistes les premiers opposants et résistants au nazisme, et furent de ce fait les premières victimes du régime. Les persécutions de la Gestapo ont causé
d'énormes pertes humaines dans les rangs de ces partis.

Les sociaux-démocrates s'identifiaient à la République de Weimar et ont combattu pour sa survie. Dès la fin des années 20 furent organisées de grandes manifestations pour protester contre la montée
du nazisme, et les organisations paramilitaires républicaines, les "Reichsbanner" et le "Eiserner Front", composées essentiellement de sociaux-démocrates, ont combattu le "Harzburger Front" formé
du NSDAP, des nationalistes du "Deutschnationale Volkspartei" de Hugenberg et du "Stahlhelm". Les "Reichsbanner", qui comptaient plus de trois millions de membres, et le "Eiserner Front" étaient
toujours en alerte pour contrer des tentatives de putsch et défendre la République de Weimar. Mais les dirigeants du SPD étaient divisés et indécis quant à la stratégie à adopter en cas de putsch ;
certains voulaient organiser une grève générale et de grandes manifestations, et privilégiaient l'intervention de troupes paramilitaires pour la défense de la démocratie, d'autres préféraient opter
pour des solutions non-violentes et parlementaires, dans le cadre des mesures fixées par la loi.

Après l'arrivée au pouvoir de Hitler, le 30 janvier 1933, les dirigeants du parti, divisés quant à l'attitude à adopter face au gouvernement hitlérien, n'ont pas donné de consignes pour organiser
une action coordonnée contre Hitler. Des militants du SPD ont dans toute l'Allemagne rassemblé des armes en attendant un signal du parti, qui n'a pas eu lieu. A défaut de soulèvement, de grandes
manifestations ont été organisées pour protester contre l'arrivée au pouvoir de Hitler. Ainsi, 20 000 sociaux-démocrates ont manifesté le 7 février à Berlin, 15 000 à Lübeck le 19 février,
plusieurs dizaines de milliers également à Dortmund le 26 février. Les troupes nazies ont arrêté lors de ces manifestations des dirigeants du parti, et les SA et SS n'ont pas hésité à tirer dans la
foule le 2 février à Lübeck, lors d'une manifestation de protestation contre l'arrestation du député social-démocrate Julius Leber, qui fut par la suite libéré pendant quelques temps, avant d'être
arrêté de nouveau. Cela se reproduisit le 13 février à Francfort-sur-l'Oder. A partir de la mi-février, les manifestations et les rencontres de militants furent systématiquement dispersées par la
police, les SS et les SA.

La dictature nazie s'est mise en place extrêmement rapidement et a instauré la terreur dans le pays : après l'incendie du Reichstag, le 27 février, plus de 4 000 sociaux-démocrates, communistes et
libéraux ont été arrêtés. Le 28 février, Hindenburg s'est appuyé sur l'article 48 de la Constitution, conférant au Président de la République les pleins pouvoirs en cas de crise, pour promulguer
une "ordonnance pour la protection du peuple et de l'État". Les droits fondamentaux, notamment les libertés d'expression, de réunion, d'association, le droit de propriété, le secret postal,
l'inviolabilité du domicile, furent suspendus. Le gouvernement du Reich s'est octroyé le droit d'intervenir dans les Länder, et des peines de mort ou de travaux forcés étaient prévues pour les
opposants qui "menaceraient l'ordre public". Le 1er mars fut publié un décret qui assimilait l'incitation à la grève à la haute trahison. Le 6 mars, les sièges du SPD et du KPD, ainsi que des
syndicats et des maisons d'édition, furent occupés et le parti communiste fut interdit. Et le 21 mars ont été créés les camps de concentration de Dachau et d'Oranienburg, pour emprisonner les
opposants politiques. Une cinquantaine de camps secondaires, contrôlés par les SA, furent créés au cours des mois suivants. Les résistants allemands furent les premiers prisonniers des camps de
concentration et durent même aider à construire certains d'entre eux, comme le camp de Buchenwald, en 1937. Au printemps 1933, plusieurs dizaines de milliers de personnes, essentiellement des
sociaux-démocrates et des communistes, ont été envoyées en camp de concentration.

Étant donné ce climat de terreur, les perquisitions, les arrestations et les tortures, la liberté d'action des sociaux-démocrates était particulièrement infime. A la fin du mois de mars 1933,
lorsque le Reichstag fut convoqué pour accorder au gouvernement hitlérien les pleins pouvoirs, 94 députés du SPD ont pris part au vote, malgré les menaces des SS et des SA. 26 députés du SPD
avaient été arrêtés par les nazis ou s'étaient enfui et n'ont pas pu voter. Les sociaux-démocrates furent la seule fraction parlementaire qui vota contre la loi des pleins pouvoirs accordés à
Hitler ; le parti communiste avait été interdit le 6 mars et tous les députés communistes étaient emprisonnés. Le chef de la fraction du SPD, Otto Wels, protesta officiellement devant les
diplomates étrangers présents lors du vote contre cette atteinte à la liberté et à l'État de Droit. Hitler, en obtenant du Reichstag le droit de légiférer sans le contrôle du parlement pendant
quatre ans, est devenu légalement dictateur. La démocratie parlementaire a été abolie par ce vote, ce fut la fin de l'État de Droit et le début officiel de la "Gleichschaltung", la mise au pas de
la population allemande.

En mai, les syndicats sociaux-démocrates furent interdits et dissous. Le 22 juin 1933, le SPD fut dissous, et le 14 juillet, le NSDAP fut proclamé parti unique. Une partie des dirigeants du SPD
s'exila alors en Tchécoslovaquie, et tenta de coordonner l'action des militants à partir du siège de Prague. Des cellules locales de sociaux-démocrates existaient depuis 1932 ; ainsi, il y avait
environ 250 groupes de ce type à Leipzig. A Hanovre, les militants recevaient une formation spéciale pour résister aux interrogatoires, et un organe de presse, les "Sozialistische Blätter",
diffusait les informations. Mais le contact avec d'autres groupes de résistance était très difficile, la Gestapo parvenait régulièrement à démanteler les réseaux et arrêtait les militants. Ce
système de cellules locales, qui n'avaient la plupart du temps aucun contact entre elles, était la base du travail clandestin des sociaux-démocrates. Mais le manque de préparation et de
coordination, ainsi que les persécutions de la part de la Gestapo ont freiné considérablement le travail de résistance, dont l'efficacité était de ce fait très réduite. Les militants se
rencontraient dans des associations diverses, comme par exemple des clubs d'échecs ou de randonneurs, mais la Gestapo démantelait rapidement ces réseaux.

Les sociaux-démocrates exilés à Prague, à Paris puis à Londres après les accords de Munich et l'occupation de la France, ont tenté de rester en contact avec les résistants restés dans le Reich. Le
8 janvier 1934, la direction du SPD exilée à Prague a publié le "Manifeste de lutte du socialisme révolutionnaire". La coopération entre la SOPADE, direction exilée du SPD, et les partis
sociaux-démocrates des pays voisins a permis de mettre en place des réseaux pour passer les frontières, diffuser des journaux, acheminer clandestinement de l'argent, des tracts et des machines à
polycopier, et rassembler des fonds pour soutenir les familles des militants arrêtés et déportés. Des sociaux-démocrates ont également combattu aux côtés des antifascistes espagnols, au sein des
Brigades internationales. En 1938 ou 1939, ils se réfugièrent pour la plupart en France, mais ceux qui ne sont pas parvenus à fuir ont été arrêtés par la police française après la déclaration de
guerre, en tant que ressortissants d'un pays ennemi. Plus de vingt mille Allemands ont ainsi été envoyés dans les camps de concentration du Vernet, de Rieucros, de Gurs ou des Milles. Après la
défaite, ces prisonniers furent livrés à la Gestapo en raison de l'article 19 de la convention d'armistice. Les sociaux-démocrates Rudolf Breitscheid et Rudolf Hilferding, antinazis engagés pour la
défense de la paix et la réconciliation franco-allemande, furent ainsi livrés à la Gestapo et déportés à Buchenwald, où ils sont morts. Certains résistants allemands qui ont pu échapper aux
persécutions ont combattu dans le maquis aux côtés des Français. Dans un article publié dans Le Populaire du 2 septembre 1939, Otto Wels et Hans Vogel avaient appelé les antifascistes allemands, au
nom du comité directeur du SPD, à s'allier avec les mouvements de résistance des pays dans lesquels ils avaient trouvé refuge : "La défaite de Hitler est […] le but que nous devons poursuivre avec
les forces démocratiques d'Europe. Nous serons pendant la guerre aux côtés des adversaires de Hitler, de ceux qui luttent pour la liberté et la civilisation européenne […]."

Des militants sociaux-démocrates ont su aussi s'allier à des résistants issus d'autres mouvements. Ainsi, Julius Leber, Theodor Haubach, Carlo Mierendorff et Adolf Reichwein ont coopéré avec les
civils et les militaires pour organiser l'attentat contre Hitler et la tentative de putsch du 20 juillet 1944. La plupart des résistants qui ont pris part à cette action ont été exécutés le 5
janvier 1945 à Berlin-Plötzensee.



Les jeunesses socialistes ont également participé activement à la résistance. Ainsi, un groupe d'adolescents socialistes de Francfort a organisé un réseau pour permettre aux personnes recherchées
par la Gestapo de fuir à l'étranger. D'autre part, les jeunesses socialistes publiaient une revue clandestine, "Blick in die Zeit", qui diffusait des articles sur la situation en Allemagne parus
dans la

Joseph 02/09/2013 12:57



Tu devrais créer un site et l’appeler « Une Allemagne social-démocrate » !



thomas 18/07/2013 11:59

en RDA, de nombreuses rues et infrastructures furent nommées en hommage à la Rose Blanche. Un exemple est le lycée professionnel à Wehrsorf, qui était le principal lycée de technologie du bois. On
érigea un monument commémoratif mais lors de la fermeture du lycée,en 1990,il fut à moitié enterré

Joseph 18/07/2013 13:03



Ce fait est également mentionné dans la version allemande de la célèbre encyclopédie en ligne.


„ In der
DDR wurden zahlreiche Straßen und
Einrichtungen nach den Geschwistern Scholl benannt, obwohl die Gruppe einen christlichen Hintergrund hatte, während die DDR-Führung den kommunistischen Widerstand herausstellte“


Source : http://de.wikipedia.org/wiki/Weiße_Rose


 


Il y a également une liste qui va dans le même sens.


„Geschwister-Scholl-Platz; Stadtteil Ottersleben; PLZ 39116“


Source :  http://de.wikipedia.org/wiki/Magdeburger_Stra%C3%9Fen/G


 


Et une photo.


 


Source : http://www.ddr-fotos.de/spurensuche_05.htm


 



zorba 17/07/2013 19:36

Je pense qu'il ne faut pas soulever trop haut le rôle des églises catholiques et protestantes, toutes deux furent de fidèles soutiens des criminels nazis, aussi bien allemands, autrichiens que
nationaux dans tous les pays passés sous domination allemande.
Les églises combattaient le communisme, elles ont largement criminalisé les communistes, athées ou, aussi grave ou pire, juifs. Hitler et les nazis ont servi leurs intérêts capitalistes, au même
titre que Franco, Pétain et nombre de démocrates chrétiens devenus résistants après la déroute des allemands lors de la guerre prévue éclair en Russie.
Le plus sage est de faire apparaitre la place des églises, aux cotés des dictatures et de l'organisation militaire et politique qui a failli réussir au 20-ième siècle à écraser les mouvements
visant le renversement révolutionnaire.
Révolution toujours à l'ordre du jour, avec les églises du côtés des capitalistes et de tous les impérialismes, église orthodoxe russe renaissante depuis 1990.
Fidèlement à ton blog toujours aussi bien documenté.

Joseph 18/07/2013 12:10



Un commentaire très "Zorbatien"...


Fraternel salut.


Joseph



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  • : Le blog de Joseph
  • Le blog de Joseph
  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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