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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 12:18


Nu parmi les loups.



Avant tout, il faut savoir qu’en RDA, le cinéma a moins d’importance que la littérature, le théâtre ou la musique.

La compagnie de cinéma DEFA (Deutsche Film-AG) a été créée le 17 mai 1946. Le premier film à caractère antifasciste, Les assassins sont parmi nous, pose dès cette année la question de la culpabilité des Allemands.

Jusqu’au milieu des années 1950, la plupart des films ont un caractère historique [Le Conseil des Dieux (1950), Les Invincibles (1953)].

Après, les œuvres sont plus en prise avec l’actualité. Cette plongée du 7e art est-allemand dans la vie quotidienne montre l’image d’une société capable de porter un regard sur elle-même [Châteaux et chaumières (1957), Trace dans la nuit (1957)]. Mais ce genre d’exercice tombe parfois sous le coup de la censure [Quête de lumière].

Dans la première moitié des années 1970 une grande licence est accordée aux artistes. Erich HONECKER n’hésite pas à déclarer : « Pour peu qu’on prenne pour point de départ la solide position du socialisme, il ne semble pas qu’il puisse exister de tabous dans les domaines de l’art et de la littérature » [La légende de Paul et Paula (1973)].

Cette heureuse période s’achève avec l’« affaire Biermann » : un chansonnier est déchu de sa citoyenneté pour des propos acides sur le système et ses représentants.

Bien que le SED assouplisse assez rapidement son attitude vis-à-vis du monde de la culture le mal est fait. Des acteurs partent à l’Ouest, la production de la DEFA s’étiole.

Et surtout cette rigidité est un des signaux avant-coureurs de cette forme d’« entêtement politique » qui fragilisera le régime…

La production de la DEFA représente en tout 700 longs-métrages, 750 films d’animation ainsi que 2 250 documentaires et courts-métrages.





                             La légende de Paul et  Paula.

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Published by Joseph - dans culture
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commentaires

thomas 10/10/2013 10:40

Depuis les années 1970, les sociologues, psychologues et pédagogues ont diagnostiqué un changement de mentalités parmi les jeunes, qui s’est renforcé dans les années 1980. Il revêt les formes d’un
retrait sur soi-même, l’importance de son identité propre, le refus de détermination extérieure. Le film documentaire de Günther Jordan « Crier une fois par semaine » en 1982 montre bien ce
phénomène. La morale et les valeurs communistes intéressent de moins en moins la jeunesse. Celle-ci se réfugie dans des « niches » comme la famille ou les bandes d’amis. L’individualité,
l’originalité et les talents individuels devinrent des valeurs estimées tandis que la pédagogie collective traditionnelle de Makarenko apparaît comme dépassée.

Joseph 14/10/2013 17:09



Effectivement, cette montée de l'individualisme des jeunes, si elle fait les délices du libéralisme sans frontières -qui fait tout pour
accentuer le phénomène-, pose un grave problème à ceux qui n'acceptent pas l'asservissement des consciences.


J'ai évoqué la jeunesse en RDA dans mon article sur la création de la FDJ : http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-une-date-une-image-7-mars-1946-creation-de-la-fdj-39727019.html


 



thomas 13/06/2013 22:28

ces article et ces témoinaiges que la liberté de cr"ation n'existaient pas en RDA!
tout comme elle n'existe pas totalement chez nous !

Joseph 17/06/2013 15:43



L’article de Brigitte Pätzold paru dans L’Humanité le 3 Juin
1992 est déjà plus proche de la réalité :


« Le 17 mai 1946, la DEFA (Deutsche Film Aktiengesellschaft) est fondée sur les décombres de l'UFA et redémarre avec d'excellents films.
Wolfgang Staudte tourne «Les assassins sont parmi nous» avec Hildegard Knef, amie et protégée de Marlene Dietrich. En février 1947, Kurt Mätzig réalise un des plus grands succès du cinéma
est-allemand: «Mariage à l'ombre». Mais, dès 1952, la liberté de création des cinéastes est entravée par les bureaucrates du SED qui cherchent à faire du film un instrument de «consolidation du
socialisme» et à l'insérer dans le carcan du «réalisme socialiste». Le cinéaste devient fonctionnaire. Il touche 2.000 marks par mois et environ 15.000 marks par film. Le prix à payer pour cette
liberté financière est la liberté d'expression.


Cependant, des films comme «Trace des pierres» (1967) de Frank Beyer ou «la Légende de Paul et Paula» (1972) de Heiner Carow montrent la volonté
des meilleurs cinéastes est-allemands de repousser au maximum les limites imposées à leurs libertés. Seul inconvénient: ils sont restés à l'ombre et leurs films ont été «enterrés». «Nous vivions
de l'espoir qui est devenu une illusion et finalement un leurre,», dit Frank Beyer. «Pour survivre et pouvoir travailler, il était impossible de ne pas faire des compromis avec les autorités en
place.»


Pour en faire le minimum et pouvoir s'exprimer plus librement, Helke Misselwitz, elle, avait choisi le film documentaire («Adieu l'hiver», «Qui
a peur de l'homme noir?» acheté par la SEPT en France). Aujourd'hui, elle a enfin pu réaliser son premier film de fiction, «Herzprung», qui parle d'amour sur fond de réunification. «Il n'a pas
été facile de trouver les subventions nécessaires», avoue-t-elle. «Avant, il fallait se battre contre les bureaucrates du parti, aujourd'hui contre les puissances d'argent. Mais qu'importe, j'y
suis arrivée.» (…) »


Suite et fin : http://www.humanite.fr/node/272638


 



Joseph 13/11/2009 16:49


Actualité Arras
Avant et après le Mur : trois réalisateurs allemands au-delà des clichés
vendredi 13.11.2009, 05:01 - La Voix du Nord
Les réalisateurs ont évoqué le cinéma allemand avant et après le Mur.
EN MARGE DU FESTIVAL L'AUTRE CINÉMA
Lundi, le village du cinéma, sur la Grand-Place, réunissait trois réalisateurs allemands autour du thème « La chute du Mur et la réunification : qu'ont-ils changé dans votre cinéma ? » Andreas
Kleinert, né en RDA un an après la construction du Mur et réalisateur indépendant, répond : « Actuellement, il y a beaucoup de films qui véhiculent des clichés : les bons d'un côté, les méchants de
l'autre, il n'y a pas trop de nuances... Après la réunification, il y a eu une grande curiosité vis-à-vis de nous, réalisateurs de RDA. Mais entre l'Est et l'Ouest, on ne se connaît pas encore très
bien. On n'est qu'au début !
Venant de l'Est, on a découvert des réalisateurs de l'Ouest. Dans l'autre sens, ce n'est pas le cas. C'est valable aussi pour les arts plastiques, par exemple. J'ai eu la chance de terminer mes
études en 1989. J'ai été tout de suite confronté à la nécessité de se bagarrer sur un marché libéral et en même temps, on n'avait pas à faire du funambulisme entre censure et décorations. » Peter
Fleischmann, un « Wessi », un réalisateur de l'Ouest : « Maintenant, on a une autre censure, celle du capitalisme ». Et de citer Orson Welles : « Plus on vieillit, plus le cimetière des idées
grandit. C'est mieux qu'un film soit interdit qu'étouffé, ça lui donne force et énergie ! » Dans son film Allemagne, Allemagne, il a par exemple demandé aux Allemands ce qu'ils pensaient de la
réunification, pour montrer notamment les préjugés des deux côtés du Mur. Le film a été déprogrammé sur la première chaîne ouest-allemande.
Pour Günter Jordan, « À la DEFA (compagnie de cinéma est-allemande), il fallait faire des films politiques, de commande. L'histoire de ce studio, c'est l'histoire d'un combat entre les films de
propagande et les films de réalisateurs qui veulent trouver une trame narrative différente. Avec Auguststrasse, j'ai fait un film critique au plan social, et, bizarrement, ce film m'a été commandé
pour le trentième anniversaire de la RDA.
Une autre fois, j'ai fait un film où apparaissait un gros chien noir. Le film a été interdit parce qu'un responsable voyait là l'incarnation du drapeau noir de l'anarchisme ! » Andreas Kleinert
ajoute : « Avant la réunification, les créateurs avaient l'habitude de faire des métaphores, et les gens savaient lire entre les lignes. Avant la chute du Mur, le fait qu'un film puisse être
interdit, on s'en réjouissait, car on provoquait. C'est difficile maintenant de faire des films à contenu. On parle beaucoup de conditions financières. » Günter Jordan de renchérir : « En
1989-1990, en RDA, il y a eu une explosion de créativité, avec beaucoup d'humour, une liberté d'expression jusqu'à la réunification et son cortège de lois de l'Ouest. Il faudrait que les politiques
se rendent compte que c'est par la créativité que l'on peut régler un certain nombre de problèmes. » Le public était invité à poser des questions après la table ronde. Il est dommage que, faute de
temps, les invités n'aient pu y répondre. •
COLETTE CARPENTIER (CLP)
Source : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2009/11/13/article_avant-et-apres-le-mur-trois-realisateurs.shtml


Emile 06/11/2009 17:37


Très intéressant.
Continue comme cela, ce blog est génial.


Joseph 07/11/2009 13:38


Merci.
Maiss ce n'est q'un travail d'artisan qui ne pèse pas lourd face à la propagande "industrielle" capitaliste.
Pour aider au changement de société il est nécessaire que tous les artisans de mon acabit exercent leur art !
Bien cordialement.
Joseph


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  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
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