Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 18:52

 

I Un regard avant le Tournant

Dans l’Histoire de l’Allemagne, RFA RDA parue en 1987 sous la direction de notre regretté Gilbert BADIA, après avoir fait état de la faiblesse de l’« opposition » au régime (par exemple, a mouvance pacifiste « alternative » protégée ou soutenue par les Eglises, n’étaient composée que de 5 000 à 10 000 sans cohérence idéologique), il est fait mention d’une série de déclarations publiques de hauts dignitaires des Eglises qui tendent à démontrer que la plupart des religieux, comme la majorité des citoyens n’ont pas « trahi » leur pays, mais qu’ils ont dû se plier aux exigences du « nouvel ordre mondial » issu de la défaite de l’URSS et de l’ensemble du camp socialiste européen. Voici ces pétitions de soutien à la RDA socialiste : « (…) En estimant d’autre part (synode de Dresde, septembre 1985) qu’il faut « partir de l’existence de deux Etats allemands souverains » et que « ceux qui disent autrement mettent la paix en péril, au moins indirectement », l’évêque de Dresde, J. Hempel, rejoint la position officielle.

Sur le plan intérieur, l’Eglise protestante reste fidèle à sa ligne de conduite résumée par la formule de « solidarité critique ». Néanmoins, soucieuse de contribuer à la stabilité du pays, l’Eglise ne se fait pas faute de souligner à l’adresse des fidèles les aspects positifs d’un pays où « d’importants droits sociaux et culturels ont été acquis » (Manfred Stolpe, président du Consistoire). Elle les invite à abandonner toute attitude systématique de rejet, demande aux candidats potentiels à l’émigration de bien peser le pour et le contre et les met en garde contre toute décision hâtive. Elle joue de ce fait un rôle d’intégration apprécié par l’Etat.

Au sein de l’Eglise catholique, diverses voix s’expriment, en 1986, dans un sens similaire. Que de chemin parcouru depuis les années 1950 ! En 1956, l’évêque Otto Spulbeck comparait la RDA à « une maison dont nous n’avons pas construit les fondations et dont nous pensons du reste que les bases sont fausses » ajoutant « cette maison reste pour nous une maison étrangère ». En 1986, l’évêque d’Erfurt-Meiningen, Joachim Wanke, déclare : « La RDA n’est pas mon destin, c’est mon pays (Heimat). (…) ». Cela étant dit, l’utilisation du mot « Heimat » et les positions actuelles de cet évêque peuvent donner un autre sens à cette phrase (par exemple : « Mon destin c’est de servir Dieu en Allemagne, la RDA est ma « petite patrie. »…

 

II Un regard après le Tournant

Ces quelques extraits d’un article de Frédéric Hartweg intitulé « Une révolution protestante ? Le rôle des Eglises évangéliques en RDA et les perspectives de l'unité. », paru en 1991 dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps, reprennent les principaux thèmes de la vulgate anticommuniste officielle, mais ils permettent également de douter de la stratégie de double-jeu des Eglises.

Dans cet article l’auteur nous écrit qu’un sondage récent indique que moins d’un quart (22,5 %) de la population de l’ex-RDA manifeste encore son attachement à une Eglise protestante.

Plus loin, on peut lire : « Les Eglises protestantes ont confirmé après l’unification leur attachement à un régime de séparation stricte entre Eglise et Etat qu’elles n’ont cependant pas pu maintenir pleinement après l’unification. »

Dans un chapitre intitulé « Les Eglises et la Révolution de 1989 » l’auteur précise « Tout en accentuant des critiques qui touchaient de plus en plus les fondements mêmes du régime les Eglises n’en misaient pas moins sur un processus de type évolutif à travers la mise en œuvre de réformes significatives dans le cadre du régime. »

Une autre analyse intéressante nous est proposée : « On pourra cependant objecter que les Eglises n’ont pas pleinement saisi la chance qu’offraient les réunions symboliquement entamées dans la salle de la confrérie de Herrnhut de la maison Dietrich Bonhoeffer pour établir plus clairement les responsabilités de tous les méfaits d’un régime au pouvoir depuis 40 ans. C’est sans doute la longue pratique de la négociation avec le pouvoir, associée à une stratégie considérant à mesurer l’adversaire à l’aune de ses propres déclarations et critères et à œuvrer pour un socialisme meilleur que celui réellement existant – c’est-à-dire à visage humain – qui explique cette démarche ».

 

Texte intégral : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mat_0769-3206_1991_num_23_1_404065#

Repost 0
Published by Joseph - dans politique
commenter cet article
1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 16:26

Kpd1932.jpgSEd.jpgLogoKpf.gif

Bonne année !
Gutes Jahr !
Buon anno !

Repost 0
Published by Joseph
commenter cet article
28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 17:00

CheminéeUsineChimiqueHalleAvant1975Dans les années 1980, pour faire face au niveau élevé du prix des combustibles, la RDA est contrainte d’utiliser principalement le lignite abondant sur son territoire et bon marché.

Mais, il a deux inconvénients : il détruit, au moins provisoirement, des surfaces importantes lors de son extraction ; il émet de l’anhydride sulfureux.

Les autorités socialistes n’ignorent pas le problème. Elles n’achètent pas des stocks de masques à gaz, elles trouvent des solutions !

L’utilisation de l’énergie est rationalisée. En 1985, les émissions d’anhydride sulfureux sont aussi importantes qu’au début des années 1970 alors que la production industrielle a doublé.

Les centrales thermiques « classiques » sont remplacées par des centrales combinées chaleur-électricité et une extension du réseau des centrales nucléaires est prévue.

La désulfuration des gaz de fumée est étendue (suivant les techniquesMesureAirErfurtAvant1975.jpg employées le degré de désulfuration varie entre 60 % et 90 %).

En 1985, les responsables du pays prévoient de réduire ces émissions de 30 % d’ici 1993.

Les oxydes d’azote constituent un autre problème.

Là aussi, les dirigeants de la RDA n’attendent pas les conseils, plus ou moins avisés, de « Dany le rouge » passé au vert en 1984 : ils agissent !

Ainsi, dès le début des années 1980, ils limitent la vitesse des véhicules (à 100 km/h sur autoroute), ils rendent obligatoires le contrôle des gaz d’échappement et éventuellement le réglage du carburateur. Enfin, ils favorisent le transport par rail ou par voie fluviale. En 1985, 80 % des marchandises sont transportées par train.

On comprend donc que ce n’est pas la pollution atmosphérique qui a poussé Erich Honecker à voyager en URSS et au Chili après sa disgrâce…


Photos provenant de Terre, opération Survie paru aux édition de la Farandole en 1975. Cet ouvrage a été préfacé par Haroun Tazieff.
Photo n°1 : pose de filtres sur une usine de la Halle.
Photo n°2 : contrôle de la qualité de l'air à Erfurt.

Repost 0
Published by Joseph - dans économie
commenter cet article
28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 16:18

AtelierRestaurationLivresUnescoAnnees1980.jpgSur la photo, un atelier de restauration d'imprimés situé à Leipzig qui a fait l'objet d'un classement par l'UNESCO en 1986.

En novembre 1972, la République démocratique allemande devient membre de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) avant d’être admise en septembre 1973 à l’ONU. Cette adhésion n’est pas qu’une démarche supplémentaire visant à forcer la reconnaissance internationale de la République socialiste. En effet, la nouvelle venue participe tout de suite aux grands programmes intergouvernementaux.

Sans tapage, la RDA socialiste et « productiviste » collabore à un programme centre sur les relations entre l’homme et son milieu, sur l’utilisation rationnelle, et la conservation des ressources naturelles. A partir de 1977, et durant plusieurs années, des stages de 3e cycle de 10 mois sont organisés à l’université technique de Dresde. Des experts venus d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine y participent. Dans le cadre du programme « L’homme et la biosphère », la RDA fait connaître son expérience, liée à l’utilisation du lignite, de la reconstitution et la remise en culture des surfaces utilisées par l’industrie extractive.

Alors les dirigeants sont-ils des « écolos » ? Je n’irai pas jusque là (et je ne sais pas si cela serait un compliment), mais la réputation de pollueurs inconscients qui leur a été faite, si elle trouve son origine dans la guerre idéologique, est pour le moins injuste.

Par ailleurs, la RDA invite à plusieurs reprises des experts du secrétariat de l’UNESCO qui étudient sur place le système éducatif et la politique de développement culturel. Ces enquêtes feront l’objet d’une publication dans la série « Politiques culturelles : études et documents ». Aujourd’hui, une telle publication serait intitulée RDA, le totalitarisme à l’école ou, plus subtilement L’organisation de l’enseignement en RDA, la dictature et ses limites

 

Source photo : http://www.bild.bundesarchiv.de/cross-search/search/_1262016703/?search[view]=detail&search[focus]=2

 

Repost 0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 13:52

Amis Zorba et Jef accrochez-vous, les autre aussi : certains morceaux vont être durs à avaler !

 

I Lois et pratiques

Jusqu’en 1968

Dans un ouvrage favorable1 au régime socialiste, daté de 1966, on trouve les renseignements suivants : il y a 12 millions de protestants, un million et demi de catholiques et une communauté israélite numériquement insignifiante (sic). Je (Joseph) pense que ce décompte compte les baptisés et non les pratiquants. Je cite de nouveau le livre : « Les rapports de l’Eglise et de l’Etat sont en principes définis par la Constitution [de 1949] qui précise dans ses articles 41 à 48 « tout citoyen jouit d’une totale liberté de religion et de conscience. L’exercice du culte est libre et placé sous la protection de la République. (…) » Plus loin, il est écrit qu’« il n’y a pas d’Eglise d’Etat, mais les communautés religieuses qui s’administrent elles-mêmes sont habilitées à percevoir les cotisations de leurs membres sur la base du rôle des impôts de l’Etat (…) Les Eglises ont le droit de « dispenser l’enseignement religieux dans les locaux scolaires, par des maîtres qu’elles désignent », mais la fréquentation de ces cours d’éducation religieuse est totalement libre. »

Les auteurs précisent « Actuellement, la subvention annuelle est de l’ordre de 10 millions de marks pour [la communauté protestante], de 1 million de marks pour [les communautés catholiques et juives]. Ces sommes qui viennent s’ajouter au produit des cotisations quêtes, denier du culte, etc. sont destinées essentiellement à la rétribution des prêtres, à celle des pasteurs et de leur famille (pension des veuves et des orphelins, etc.) »

Ces informations prises telles quelles ne permettent pas de savoir quelle était la part des subventions publiques dans le budget de ces communautés. Il ne faut pas oublier que, dans cet ouvrage, les auteurs s’efforçant de défendre le régime socialiste, accusé de persécuter ou de brimer les croyants, se croient obligés de mettre l’accent sur les éléments favorables à ceux-ci. Par ailleurs, j’ai volontairement coupé les passages concernant les revenus provenant des propriétés des Eglises et sur les subventions destinées à l’entretien et à la restauration des bâtiments faisant partie du patrimoine national qui, à mes yeux, ne posent pas de problèmes majeurs.

Depuis 1968

Le plan de ce premier chapitre est fondé sur les périodes d’application des Constitutions mais on aurait pu également se baser sur les différentes phases de la politique du SED vis-à-vis du fait religieux. Ce dernier découpage nécessiterait une connaissance intime de l’histoire de la RDA que je ne possède pas…

Dans une publication de 19742 ayant reçu l’imprimatur des autorités est-allemandes, les rapports entre les Eglises et l’Etat sont ainsi présentées : « La liberté de conscience et celle de pratiquer le culte sont garanties par la Constitution [de 1968]. Chaque citoyen a le droit de se réclamer d’une confession religieuse, de pratiquer le culte de son choix ou d’opter pour l’athéisme. Il n’existe pas d’église d’Etat. Il y a une nette séparation entre l’église et l’Etat, entre l’école et l’église. 

Dans une autre publication « officielle »3, datée de 1969, on peut lire : « Malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat, malgré les grandes ressources qui proviennent de leurs terres, des quêtes publiques et des impôts versés par les croyants, le gouvernement alloue des subventions considérables. C’est ainsi que chaque année ont prévoit des subventions pour le traitement des pasteurs, pour leurs retraites, pour les pensions à leurs veuves et orphelins. » On reprend son souffle : «  Les églises évangélique et catholique ainsi que les autres communautés religieuses de la RDA disposent d’un grand nombre d’institutions et établissements confessionnels, ainsi on trouve 76 hôpitaux, 288 maisons de retraite, 61 centres de soins (…) » On apprend aussi que les Eglises disposent d’établissements de formation et de trois maisons d’édition.

Même remarque que précédemment : les auteurs font la promotion de leur pays à l’étranger et, si on s’en tient à ces textes, on ne sait pas ce que représentaient les subventions publiques dans le budget des communautés religieuses.

II Coopération avec les Eglises, risques et avantages

Je suis impressionné par toutes ces facilités accordées aux communautés religieuses.

N’oublions pas toutefois que les communistes, poursuivant le combat contre le nazisme, ont dû s’appuyer sur certains milieux bourgeois, et notamment sur la démocratie chrétienne, à l’époque des réformes antifascistes et démocratiques, et ce avec l’aval et même les encouragements de la puissance occupante soviétique.

Les communistes, toujours sous le regard sourcilleux du « grand frère », ont estimé que le socialisme serait plus solide et fécond s’il prenait en compte les intérêts des différentes couches du peuple ainsi que la diversité des opinions. Cela explique par exemple la persistance d’un secteur privé plus ou moins résiduel –mais intégré dans la planification-, ou sur un autre plan, le maintien du pluripartisme (la CDU étant des membres fondateurs avec le KPD du Bloc démocratique).

ChuteEgliseEst.jpgSi, pour des raisons politiques et pratiques le SED n’avait pas ouvertement combattu la religion ou coupé les cordons de la bourse, rien ne l’empêchait de se livrer à des manœuvres plus discrètes pour réduire l’influence des Eglises. Attardons nous sur un de ces « tours de passe-passe » dans la version rapportée par Gilbert BADIA4. Début 1950, le dirigeant de la CDU de Dresde, Hugo Hickmann, résistant et professeur de théologie, intervient dans le journal de son parti, Neue Zeit, pour s’opposer au rôle dirigeant du SED et à la réduction du secteur privé dans l’économie. Walter Ulbricht lui répond courtoisement dans Neues Deutschland. Malheureusement, quelques jours plus tard, le même Neues Deutschland nous informe que dans plusieurs entreprises des ouvriers, membres du SED et même de la CDU, protestent contre les propos d’Hickmann. Des pétitions et des manifestations prennent le relais, le professeur de théologie démissionne. Plusieurs responsables de la CDU subissent le même sort… C’est surtout dans les années 1950 que l’on assiste à ce genre d’épisodes qui ne peuvent être séparés du contexte de guerre froide et des attaques multiformes subies par la RDA. N’oublions pas qu’à la même époque, « en face », chez les « bons chrétiens » de RFA, les anciens nazis et leurs soutiens peuplent la haute administration (ex. : loi du 11 mai 1951 autorisant la réintégration dans la fonction publique des fonctionnaires du IIIe Reich) et le monde de l’économie (ex. : Flick et Krupp, industriels, bailleurs de fonds du NSDAP sont en liberté dans les années 1950). Rappelons-nous également qu’en RFA les communistes furent chassés de la fonction publique dès 1950 et que le KPD et toutes les organisations jugées proches de ce dernier, comme la FDJ, seront interdites en 1956

Mais là n’est pas l’essentiel. Le SED a surtout mené une guerre idéologique, organisée et tenace pour occuper l’espace dévolu ordinairement aux communautés religieuses.

Ainsi, la très grande majorité des enfants âgés de 7 à 13 ans sont membres des pionniers. Indépendamment de leur origine les pionniers bénéficient des prestations de l’organisation, sont sensibilisés aux problèmes sociaux, rencontrent les travailleurs de l’usine qui parraine l’école (l’organisation des pionniers fonctionne en liaison avec l’Ecole).

Plus tard un grand nombre de jeunes rejoindront la FDJ (qui intervient dans le fonctionnement de l’organisation des pionniers). Celle-ci se transforme rapidement en « vivier » pour le SED (un des dirigeants de la FDJ était un certain Erich Honecker).5

L’instauration de la Jugendweihe comportant un serment de fidélité à la République socialiste, à l’âge ou les jeunes font leur confirmation, n’a pas fait que des heureux chez nos amis de la « calotte ». Rappelons ce qu’en disait Marina Chauliac : « Mise en place et organisée sous la tutelle du SED à partir de 1954, [la Jugendweihe] était considérée comme un outil de propagande et une arme efficace pour contrer l’influence de l’Église sur la population et notamment sur les jeunes. Elle concernait, à partir de la fin des années 1950, plus de 80 % des élèves Est-allemands. Mais, plus qu’une simple obligation vis-à-vis de l’État, elle était devenue très populaire à partir des années 1970 et s’accompagnait de festivités importantes dans la sphère privée. »6

Enfin le SED ou la FGDB n’étaient pas du genre à faire la messe ou à organiser des « Journées de la Jeunesse » avec le Pape du moment !

Pour la bonne bouche, j’ai gardé les cours de marxisme-léninisme…

Il me semble que la plus grande partie de ces structures confessionnelles RencontreHoneckerReverend1987.jpgsoutenaient sincèrement la construction du socialisme pour des raisons diverses (acceptation plus ou moins résignée du cadre politique socialiste, légitimation réciproque de l’Etat et des Eglises, approbation du socialisme venant d’une lecture progressiste des Ecritures, etc.) même si une fraction jouait le double jeu sous l’œil attentif du MfS…

Ne prenons pas les dirigeants de la RDA et les responsables du SED pour des « buses », cette fraction était « sous contrôle ». Nous n’étions pas en Pologne, ce sont les bouleversements internationaux et, en premier lieu, la politique de l’Union soviétique gorbatchévienne qui ont transformé ces cercles oppositionnels plus ou moins folkloriques, bien connus des services de sécurité, en foyers de la contre-révolution.FresqueRenaissanceCommuniste.jpg

 

1.   Un pays méconnu : la République démocratique allemande, Gilbert BADIA et Pierre LEFRANC, 1966, verlag Zeit im bild ;

2.   La RDA se présente, collectif, 1974, verlag Zeit im bild ;

3.   La République démocratique allemande, 300 questions, 300 réponses, 1969, éditions Die Wirtschaft ;

4.   Histoire de l’Allemagne contemporaine, RDA RFA, dir. Gilbert BADIA, 1997, éditions Messidor ;

5.   J’ai fourni quelques éléments sur la FDJ dans mon article http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-une-date-une-image-7-mars-1946-creation-de-la-fdj-39727019.html ;

6.   Revue française de science politique, « La Jugendweihe : continuités et changements d’un rite hérité de la RDA », Presses de Sciences Po, Marina Chauliac, 2003 (repris dans mon article http://uneallemagnesocialiste.over-blog.fr/article-1954-organisation-par-le-regime-de-la-jugendweihe-39239889.html).

Repost 0
Published by Joseph - dans politique
commenter cet article
19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 15:05

ChoeurLeipzig.jpgChers lecteurs, Chers amis,


Je vous laisse quelques jours en compagnie de nos petits choristes de Leipzig qui, à défaut de faire la foire, réjouissent les anges dans une église entretenue par l’Etat des ouvriers et des paysans…

Ils profitent du patronage de Jean-Sébastien Bach qui finit sa carrière –et acheva son existence terrestre- dans cette ville, et celui du Cam. Walter Ulbricht qui y naquit !


Joseph

Repost 0
Published by Joseph
commenter cet article
12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 18:03

LogoGrenzeTruppenLa Deutsche Grenzpolizei (police allemande des frontières) créée le 1er Décembre 1946 précède la création des Grenztruppen. Cette Grenzpolizei est armée et organisée comme une force de police. Plus tard, le régime est-allemand décide d’en faire une force militaire.

En 1961, la Grenzpolizei est réorganisée et devient la DDR Grenztruppen (troupes frontalières de la RDA). Dans le cadre de cette réorganisation, les Grenztruppen der DDR sont placées sous l’autorité du ministère de la Défense nationale (MfNV) et ne dépendent plus du ministère de l'Intérieur. Durant toute une période cette armée des frontières fait partie de l'Armée nationale populaire (NVA). En 1973, elle est dissociée de cette dernière et dépend directement du MfNV.

Les troupes frontalières ont leurs propres uniformes de couleur verte. Les soldats portent un brassard sur le bras gauche où est écrit « Grenztruppen der DDR ». A partir de 1973, le service dans les DDR Grenztruppen est volontaire. Contrairement à la NVA, il n’y a pas de conscrits dans ses rangs.

 

Du fait de la concentration des forces sur les frontières avec l'Occident, il n’y a seulement environ que 600 soldats des Grenztruppen affectés à la garde des frontières de la RDA avec la Tchécoslovaquie et la Pologne.

 

Le 1er Juillet 1990, le régime de contrôle des frontières le loChienGardeFrontiere.jpgng des frontières avec la RFA et Berlin-Ouest prend fin. En Septembre 1990, peu avant la réunification de l'Allemagne, les Grenztruppen der DDR sont dissoutes. Leurs fonctions de patrouille des frontières le long des frontières Est de l'Allemagne unie sont assurées par la Bundesgrenzschutz (police fédérale des frontières) qui deviendra plus tard Bundespolizei (police fédérale).


 

Lors de la sortie de son livre Notes de prison (Honecker avait déjà commis un texte sous un titre analogue) Egon Krenz déclare, entre autres : « « la défaite de ma vie » c’est que l’on n'ait pas pu empêcher les morts en RDA, à la frontière de deux systèmes sociaux et de deux blocs militaires »

Le 24 octobre 2009, Egon Krenz participait à une réunion organisée par le KrenzOctobre2009Gesellschaft zur Rechtlichen und Humanitären Unterstützung (GRH) à Petershagen en présence de plus de 300 anciens fonctionnaires de la RDA. A cette occasion, il a prononcé l’éloge suivant : «Les gardes-frontières ont fait en sorte que ce soit le vin mousseux qui coulait et pas le sang [lors de l'ouverture du Mur] » il a obtenu un tonnerre d'applaudissements. Il a ensuite signé son ouvrage paru chez Ost Verlag, Notes de prison.

 

 



D'après une encyclopédie « libre » en ligne (après vérification d'un de mes contacts est-allemands).

Sources images :

http://www.gar-40.de/00014.html

http://www.welt.de/politik/article1098352/Zoegern_Sie_nicht_mit_der_Schusswaffe.html

http://www.bz-berlin.de/aktuell/mauerfall/krenz-und-co-verherrlichen-ddr-article622737.html

 

Repost 0
Published by Joseph - dans armée et police
commenter cet article
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 16:01

AdolfHennecheAdolf Henneche est une figure majeure de la geste est-allemande. Il étudie les méthodes des stakhanovistes soviétiques et décide, en plein accord avec ces supérieurs (voire plus…), de les adapter à la réalité de l’Allemagne orientale. Ainsi, le 13 octobre 1949, notre mineur de houille réalise 387 % de sa norme journalière.

Il ne s’agit pas de « se faire exploiter » puisqu’il n’y a plus de patron pour capter la plus-value, ni de « se crever la paillasse » pour faire l’intéressant… et toucher quelques primes aux dépens des collègues. Mais, tout simplement, de produire plus pour vivre mieux ! Cette attitude est normale car, comme le rappelle son hymne national, la RDA est alors « ressuscitée des ruines ». Le gain de productivité obtenu par les ouvriers de choc ou autres « novateurs » n’est pas obtenu en fournissant des efforts physiques supplémentaires ou en allongeant la durée du travail, mais en faisant preuve d’innovation.

On notera, qu’après la Libération, le Parti communiste français par la voix de son secrétaire général, Maurice Thorez, demande aux mineurs de « retrousser leurs manches » pour hâter la reconstruction du pays.


ConduiteEauMaxhutteMedaille.jpgAdolf Henneche, par la force de son geste –et la magie de la propagande- fait rapidement des émules dans toutes les régions et dans de nombreux secteurs d’activité. Des membres de la FDJ, auConduiteEauMaxhüttex côtés d’adultes expérimentés, ne reculent devant aucun obstacle pour réaliser d’ambitieux projets. Par exemple, ces jeunes participeront à la construction d’une conduite d’eau reliant la Saale au complexe sidérurgique Maxhütte d’Unterwellenborn.


Plus tard, et notamment dans les années 1970 et 1980, l’émulation socialiste évolue, on met l’accent sur les collectifs et on préfère l’aspect qualitatif à l’aspect quantitatif.


Ces travailleurs héroïques, ou considérés comme tels, créent un nouveau rapport avec le travail. S’ils aident à réaliser les plans et à faire de la RDA le pays ayant la meilleure productivité dans le camp socialiste, il ne peuvent pas entraîner la masse des travailleurs.

 

Repost 0
Published by Joseph - dans économie
commenter cet article
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 15:58

FaculteOuvriere-Paysanne1951.jpgEn 1949, la RDA naissante créé l’ABF, Arbeiter- und bauern-Fakultät (Faculté ouvrière et paysanne). De 1949 à sa disparition en 1963, elle permit à plus de 35 000 jeunes travailleurs déjà entrés dans la production d’atteindre le niveau du baccalauréat afin de poursuivre des études supérieures. Une personnalité de premier plan est passée par l’ABF, il s’agit d’Hermann Kant, électricien devenu enseignant puis romancier. Il sera élu président de l’Union des écrivains de RDA entre 1978 et 1990.

Dans les années 1980, différentes structures poursuivent le travail de l’héroïque ABF.

La Volkshochschule (école supérieure populaire), institution de l’Etat permettant de compléter le niveau scolaire et de rattraper la 10e ou 12e classe.

Les écoles d’entreprise, à caractère industriel ou agricole, sont utiliséeKammerDerTechnik.jpgs pour les recyclages spécialisés prévus dans les plans de production.

La société Urania, réactivée en 1954, et la KDJ, Kammer der Technik (Chambre de la technique), se chargent de la vulgarisation scientifique et technique.

Certains pensent qu’une trop grande part des effectifs soit en formation nuit à la productivité. A court terme ils ont raison, mais l’économie profitera dans l’avenir de cette augmentation de la qualification.

De plus, cette offre diversifiée, permanente et massive de formation permet à chaque travailleur de faire le choix de faire ce qu’ils appellent « un nouveau début »…

Cet article donne un aperçu d’un droit, existant en RDA, qui reste toujours à conquérir dans la France d’aujourd’hui : le droit à la formation continue (doublé de la sécurité de l’emploi).

Repost 0
Published by Joseph - dans culture
commenter cet article
5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 15:30

En 1969, La France, abrégé historique est édité par le VEB Deutscher Verlag der Wissenschaften (Berlin).

Mais ce ne sont pas Walter Ulbricht ni les dirigeants du SED qui rédigent ce pavé mais deux historiens. Ils sont contactés en 1967 par les éditions scientifiques allemandes. Le premier, Heinz Köller, se charge de l’histoire contemporaine, le second, Berhard Töpfer est un spécialiste du moyen-âge.

Heiz Köller précise : « Les deux parties [de l’ouvrage] furent un produit de nos idées, il n’y eut absolument pas de propositions restrictives. Partant de positions fondamentalement matérialistes, nous avons tous les deux pris parti ouvertement pour l’exploitation d’études scientifiques solides, celles d’historiens français de toutes tendances. » On retrouve en effet dans sa liste Tocqueville, Michelet, Lavisse ou Soboul…

Berhard Töpfer nous indique qu’il a soutenu une thèse en 1954 sur « la trêve de Dieu en France aux Xe et XIe siècles » et il souligne le fait que c’est bien lui qui a choisi ce sujet.

On s’aperçoit que le régime est parfois laxiste… Ainsi, en 1950, à l’université Humboldt, le professeur Fritz Röring, spécialiste de la Hanse, était un historien « aux idées très nationales » qui « faisait peu de cas de la conception marxiste de l’histoire » !

Toutefois, Berhardt Töpfer rappelle que cette conception devait être respectée dans une publication comme L’abrégé d’histoire. Mais notre brave historien n’a pas eu trop de mal pour se plier à cette contrainte car il affirme : « En réalité, je dois ajouter qu’en mon for intérieur, j’ai vraiment accepté certaines catégories de la conception marxiste de l’histoire. » Il ajoute qu’aujourd’hui (en 1995), à ses yeux, le marxisme, débarrassé de ses déformations dogmatiques, est toujours un bon outil d’analyse.

Le médiéviste, véritable Adolf Henneche de la plume, contraint l’éditeur, qui ne voulait faire qu’un seul volume, à faire paraître l’ouvrage en deux volumes.

Heinz Köller fait état de ses divergences avec des spécialistes d’un institut proche du SED après la première édition qui n’avait pourtant pas rencontré d’objections au niveau du contenu. Ces désaccords aboutirent à un « compromis inévitable ». Pour la quatrième édition il fut obligé d’utiliser une « langue réservée et pâle » sans pour autant faire des concessions fondamentales.

Cet ouvrage écrit relativement librement, très épais, rédigé par des universitaires jouant à cache-cache avec la censure, pris en compte dans les recensions occidentales, ne peut être réservé qu’à un petit cercle de spécialistes…

Eh non !

L’abrégé connaît quatre éditions, il fut édité sous licence et largement diffusé dans les bibliothèques. Au total, il fut tiré à 75 000 exemplaires…

 

 

 

Source : les citations des historiens et les faits que j’ai utilisés sont extraites de commentaires datés de 1995 et publiés dans Images de la France en République démocratique allemande, une histoire oubliée paru en 2004.

Repost 0
Published by Joseph - dans culture
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Joseph
  • Le blog de Joseph
  • : Bienvenue sur une "ALLEMAGNE SOCIALISTE". Bonjour ! Ce bloc-notes virtuel fait par un Français a pour but de donner une autre image de cette autre Allemagne. Il s'appelle "Une Allemagne socialiste" car il traitera essentiellement de la République démocratique allemande (RDA) mais aussi parce que Joseph espère que ses voisins d'outre-Rhin construiront une Allemagne socialiste... --- Benvenuto su "UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE" ("UNA GERMANIA SOCIALISTA").Buongiorno !
  • Contact

Recherche

Liens